Progrès et glorieuse destinée de l'Église
George F. Richards
La conférence reprit à 14 heures. ¶
Le chœur et l'assemblée chantèrent l'hymne commençant par : ¶
Ô dis-moi, qu'est-ce que la vérité ? C'est le plus beau joyau Que les richesses des mondes puissent produire ; Et la valeur de la vérité sera sans prix Quand le diadème le plus précieux du fier monarque Ne sera compté que comme scorie et rebut. ¶
La prière fut offerte par l'ancien German E. Ellsworth. ¶
Le chœur et l'assemblée chantèrent l'hymne : ¶
Ô vous, montagnes hautes, où le ciel bleu et pur S'arque au-dessus des vallées des hommes libres, Où soufflent les brises pures, et où coulent les clairs ruisseaux, Comme j'ai désiré fuir vers votre sein. ¶
Mon âme a été remplie d'une paix extraordinaire pendant les réunions de cette conférence. Je pensais, tandis que le chœur chantait, combien les vérités qui ont été prononcées, accompagnées de l'Esprit du Seigneur qui a été avec nous, se sont insérées dans la structure de ma foi comme un beau marbre taillé s'insère dans un temple. Je n'ai eu aucune occasion d'en tailler les angles ou d'en rejeter le moindre matériau. Cela semble faire partie de mon être même, et je n'ai pas été embarrassé par ce qui a été dit. Je témoigne de la vérité des choses qui ont été dites, et je me tiens prêt à défendre ces principes, sachant qu'ils sont la vérité éternelle. ¶
En tant que peuple, et en tant que membres individuels de l'Église, nous avons raison d'être très reconnaissants envers notre Père céleste pour ce qu'il a fait pour nous par l'Évangile. Nous n'avons aucune raison d'être découragés, mais avons beaucoup de quoi nous encourager, tant comme individus que comme peuple de l'Église de Dieu sur la terre. Le Seigneur a accompli ses promesses envers nous et concernant son œuvre. Bien que nous ayons parfois l'impression de ne progresser que lentement, la fin me semble en vue, et la glorieuse destinée de cette œuvre est assurée. Les vrais saints des derniers jours n'ont aucun doute à ce sujet. Nous avons vu cette Église croître depuis son enfance. Il y aura demain soixante-dix-sept ans et demi que fut organisée l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, dans l'État de New York, avec seulement six membres. Elle a grandi régulièrement en force et en nombre, face à de grands obstacles, à la persécution de ses membres, aux mensonges, aux déformations et aux invectives lancées depuis la chaire et depuis la presse ; tout cela, du reste, au lieu d'entraver le progrès de cette œuvre, à la barre de laquelle se tient Dieu, le Père éternel, n'a fait que lui donner un nouvel élan. Je crains que, lorsque les persécutions cesseront, — lorsque ceux qui ne sont pas des nôtres cesseront d'élever la voix et d'employer leur plume contre cette grande œuvre, — nous ne devenions indifférents et n'oubliions nos responsabilités. Je me souviens de la charge que le Sauveur donna à ses apôtres dans l'Église primitive. Nous lisons dans Jean, chapitre 15 : ¶
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. ¶
Devant cette injonction que le Sauveur donna à ses apôtres, qu'ils soient liés ensemble par les liens de l'amour, plus forts que les liens de la mort, les avertissant que le monde se dresserait contre eux, que pouvons-nous attendre sinon la persécution de la part de ceux qui ne veulent pas recevoir le témoignage du Seigneur Jésus-Christ que nous rendons aux enfants des hommes. La persécution a accompagné cette œuvre tout au long de son histoire, et cela nous a aidés à demeurer dans le chemin de notre devoir. Ce que ce peuple doit craindre, c'est que, lorsqu'une paix aussi extraordinaire viendra sur le pays et nous enveloppera, nous en venions à oublier le Seigneur et nos devoirs religieux. Je me rends compte qu'à l'heure actuelle règne une ère de paix, que ce peuple jouit d'une liberté qu'il n'a pas toujours connue pour adorer le Seigneur et poursuivre l'œuvre sous ses diverses formes ; mais je suis heureux de constater, là où j'ai eu l'occasion de fréquenter les saints, tant sur le champ de mission que dans les pieux de Sion, qu'ils ne relâchent pas leurs efforts. Ils avancent avec ardeur et zèle, comme pour tirer le meilleur parti possible du temps de paix ; et l'esprit de recherche se répand par toute la terre à l'égard de ce peuple et des doctrines qu'il enseigne. Cela se manifeste dans les champs de mission, où les présidents de mission ont mieux organisé leurs forces. De nouvelles politiques, améliorées, ont été adoptées pour porter l'Évangile devant les peuples du monde. Il y a peut-être plus de personnes qui s'informent, plus d'investigateurs sincères de la vérité et des doctrines de l'Évangile que jamais auparavant dans l'histoire de cette Église ; et je puis dire, avec la même force et la même vérité, qu'il y a plus de convertis que jamais auparavant. Cette œuvre progresse dans le monde, et nous nous accroissons de cette source autant que de l'intérieur. Comme vous l'avez entendu ce matin, d'après les chiffres qui ont été présentés, il n'y a sur la face de la terre aucun peuple aussi prolifique, aucun qui réalise aussi pleinement l'importance du premier grand commandement de notre Père, que nous nous multipliions et remplissions la terre, aucun aussi fidèle à accomplir ce commandement et toutes les autres exigences que le Seigneur nous a imposées. Par ces moyens, nous croissons en nombre, en force, en puissance et en influence, chez nous, dans les pieux de Sion. Comme il a été dit, nous croissons aussi dans le monde, et exerçons sur les peuples du monde une influence que nous n'avons jamais eue auparavant. Nous commençons à comprendre ce que l'avenir réserve à Sion. Nous commençons à réaliser que ce que le Seigneur, par ses prophètes, a dit de Sion, ce qu'elle atteindra en nombre, en puissance, en influence et en gloire, s'accomplira véritablement. J'ai à l'esprit un songe que le Seigneur donna à Nebucadnetsar, roi de Babylone, plus de six cents ans avant la naissance de notre Sauveur, et comment le Seigneur, par ce songe, et par l'interprétation qu'en donna le prophète Daniel, montra très clairement la destinée de l'œuvre qu'il devait commencer dans les derniers jours. L'établissement de cette Église, son organisation le 6 avril 1830, fut le commencement de l'accomplissement de cette prophétie si importante. Je pense que le Seigneur avait un dessein, un dessein noble et grand, en donnant à Nebucadnetsar ce songe, et en en donnant l'interprétation, afin que nous, qui devions nous engager dans cette grande œuvre, puissions en recevoir du réconfort ; et afin qu'il puisse être cité par nous en défense des principes de justice, après l'organisation de cette Église. Le Seigneur nous dit, par d'autres prophètes d'autrefois, que cette grande œuvre devait être établie dans les derniers jours. Par Daniel, le Seigneur fit savoir qu'il établirait un royaume qui ne serait jamais détruit, un royaume qui ne serait pas donné à un autre peuple, mais qui subsisterait à jamais, et il est comparé à une petite pierre détachée de la montagne sans le secours d'aucune main. On vit cette petite pierre rouler et briser en morceaux la grande statue représentant les royaumes de la terre ; et il fut dit qu'elle roulerait jusqu'à ce qu'elle remplisse toute la terre, sans qu'aucune puissance pût l'arrêter. Puisque l'Évangile a été sur la terre à maintes reprises, et en a été retiré autant de fois à cause de la méchanceté des enfants des hommes, il semble important que le Seigneur donne à son peuple des derniers jours cette assurance, que son Église ne sera plus jamais retirée de la terre, ni donnée à un autre peuple. En cela, nous trouvons grande satisfaction et grand encouragement. Bien entendu, le monde ne croit pas que l'organisation de cette Église soit l'accomplissement de cette prophétie. Il ne considérera pas non plus le rétablissement de l'Évangile, par l'entremise de l'ange Moroni, comme l'accomplissement de la prédiction de Jean, sur l'île de Patmos, consignée au chapitre 14 de l'Apocalypse ; lorsque, à travers la perspective du temps, il porta son regard jusqu'aux derniers jours, à propos desquels il dit : ¶
Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. ¶
Non, le monde n'accepte pas cela ; mais quelle joie et quelle satisfaction c'est pour les saints des derniers jours de savoir que le rétablissement de l'Évangile est l'accomplissement de cette prophétie, de savoir que l'Évangile est venu de la manière même que le Seigneur, par la bouche de ses serviteurs, avait prédit et annoncé qu'il viendrait. Quelle joie et quelle satisfaction ! Nous ne pouvons attendre des gens du monde, qui rejettent les simples doctrines de l'Évangile énoncées par le Fils de Dieu lui-même, qu'ils acceptent ces prophéties et leur accomplissement dans le rétablissement de l'Évangile et l'organisation de l'Église en ces derniers jours. Non, mais les saints des derniers jours ont lieu d'être reconnaissants et encouragés par ce que le Seigneur nous a donné — soixante-dix-sept ans et demi de croissance ; et quel peuple puissant nous sommes devenus ! ¶
J'ai dans ma poche une coupure du Deseret News du 20 avril dernier, que je désire vous lire. Elle se rapporte à ce sujet, et représente la vérité telle qu'on la voit à l'extérieur : ¶
LES MORMONS DÉSORMAIS HUITIÈMES. ¶
Une estimation du Christian Cynosure sur la croissance et l'expansion du mormonisme se révélera assurément intéressante, sinon instructive, en ce moment, pour bien des gens tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Église. C'est un fait bien connu que son nombre de membres augmente considérablement, et que « la petite pierre détachée de la montagne sans le secours d'aucune main » roule rapidement vers l'accomplissement de la destinée que le Tout-Puissant lui a tracée. Et cette destinée sera atteinte aussi sûrement que le monde tourne ou que le soleil brille. ¶
Aux membres de l'Église, s'il en est, qui se sont impatientés à l'idée qu'elle n'avançait pas à la vitesse que leur zèle bien intentionné pourrait souhaiter, il convient de rappeler que soixante-dix-sept ans à peine se sont écoulés depuis son rétablissement sur la terre. Atteindre la huitième place parmi les Églises d'Amérique, du point de vue numérique, en tout juste trois quarts de siècle, malgré les obstacles considérables qu'elle a dû affronter, constitue, selon nous, un résultat tout à fait remarquable. Si elle ne fait que maintenir son taux actuel d'accroissement de ses membres, elle se sera hissée à une position tout à fait dominante lorsque son premier centenaire sera célébré en 1930. Sa vigueur, sa force et sa cohésion étonnent les hommes et les femmes réfléchis du monde entier. Bientôt, ils apprendront que c'est une Église américaine dans tout ce que ce terme implique. Et lorsque cette grande vérité sera comprise, nous pouvons nous attendre à voir une croissance qui surprendra les sages de la terre. ¶
À propos de notre référence initiale au Christian Cynosure, publié à Chicago, nous attirons l'attention sur le fait qu'il fonde son affirmation sur le rapport écrit de la plus haute autorité du pays en la matière, et que ses comparaisons prouvent que la croissance des saints des derniers jours dépasse de loin celle de toute autre organisation religieuse. Voici ses propres termes : ¶
« Les mormons, selon les chiffres des services du gouvernement des États-Unis, croissent très rapidement. Le rapport de Carroll D. Wright, commissaire des États-Unis, montre qu'ils ont augmenté en nombre de 138 pour cent au cours des seize dernières années. C'est-à-dire qu'ils ont doublé leur nombre tous les douze ans. Ils étaient 166 125 en 1890. Ils étaient 396 354 en 1906. Aucun autre corps religieux n'a autant augmenté au cours de la même période. Ils occupent désormais la huitième place en nombre parmi les confessions des États-Unis. » ¶
Je crois qu'il s'agit là d'un rapport fiable, et nous pouvons nous féliciter, en tant que saints des derniers jours, d'être identifiés à l'Église la plus christianisée d'Amérique, une Église destinée à être reconnue comme l'Église la plus américanisée d'Amérique. Pourquoi pas ? Nous possédons les principes de la vérité éternelle, nous possédons l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et nous l'enseignons comme lui et ses apôtres l'ont enseigné. Nous possédons l'organisation avec tous les officiers tels qu'ils existaient dans l'Église primitive. Nous possédons l'autorité de prêcher cet Évangile et d'administrer ses ordonnances pour le salut de la famille humaine. Nous sommes ici sur la terre de Sion — l'Amérique. Pourquoi l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne serait-elle pas considérée comme l'Église la plus américanisée du pays ? Telle est sa destinée. ¶
Y en a-t-il, parmi nous, qui soient découragés ? Y en a-t-il, parmi nous, qui reviendraient sur leurs pas ? Désirons-nous retourner à la foi incertaine que nous avions avant que la lumière de l'Évangile n'entre dans nos âmes ? Non, assurément. Parmi ceux qui ont entrepris de marcher sur le chemin étroit, en montant un sentier escarpé et semé d'épines, hérissé d'obstacles de toutes sortes, seuls se sont découragés ceux qui n'ont pas eu le pouvoir de se refuser les choses qui vont à l'encontre des enseignements de l'Évangile, ceux qui ne veulent pas accepter ce qui rend les hommes et les femmes semblables au Christ et les prépare à entrer en la présence de notre Père. Ceux qui se découragent et abandonnent cette œuvre sont généralement ceux qui ont satisfait leurs passions et leurs désirs, jusqu'à perdre toute la spiritualité qui était en leur âme, et qui n'ont plus l'ambition de poursuivre vers le but de la gloire. Ceux qui sont demeurés vrais et fidèles donneront leur vie plutôt que de renoncer à ces principes, ou d'abandonner l'espérance qu'ils ont d'obtenir la vie éternelle. Le Seigneur a planté dans nos cœurs un témoignage ; oui, de nombreux témoignages, de l'origine divine de cette œuvre et de ses pouvoirs salvateurs, et nous n'en doutons pas, mais nous parlons de ce que nous savons. Voici mon témoignage pour vous, mes frères et sœurs, et amis de partout : Dieu vit, Jésus est le Christ, Joseph Smith est un prophète de Dieu, l'Évangile a été rétabli, et nous l'avons pour vous le donner — oui, ceux qui en ont l'autorité l'ont pour le donner librement à toute l'humanité qui, le cœur brisé et l'esprit contrit, avec foi en Dieu, se prépare à en recevoir les ordonnances et à en vivre les lois. ¶
Que Dieu vous bénisse, tous autant que vous êtes ; puissions-nous être préservés de tout mal, afin que l'Esprit de Dieu demeure en nous, que nous puissions voir les beautés de l'Évangile, que nous puissions apprécier ces bénédictions, et, par la fidélité et l'obéissance, obtenir finalement la vie éternelle, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶