Je vous assure que ce n'est pas mon désir
Thomas D. Rees
Je vous assure que ce n'est pas mon désir d'occuper cette position ce matin. Je préférerais de loin être assis parmi vous dans l'assistance, et écouter les instructions de mes frères. Lorsque je fus appelé à occuper cette position, la pensée de ne pas être présent ne m'est jamais venue à l'esprit, même si je craignais de ne pas être capable de vous instruire dans notre très sainte foi. On m'a enseigné, dans cette Église, que l'obéissance est l'un de ses grands principes — que ceux qui lui obéissent ne s'écartent jamais des enseignements du Seigneur. ¶
On m'a enseigné à obéir aux lois de notre grand gouvernement, aux autorités de cette Église, et à mon père et à ma mère, leur donnant l'obéissance d'un fils. Cette leçon me vint tôt dans la vie. Je me souviens qu'une fois, mon père m'invita à l'accompagner dans une vallée voisine. Il y avait d'autres personnes dans le groupe, et nous traversâmes le canyon d'une vallée à l'autre, changeant souvent de direction, et lorsque nous débouchâmes dans la vallée qui m'était étrangère, je vis, à mon grand étonnement, que le soleil se couchait à l'est. Mais toute la journée, j'avais été curieux de poser des questions, et je pensai que je resterais silencieux et attendrais le matin. Et quand le matin vint, voici que le soleil se levait à l'ouest, et je me tournai vers l'un de mes frères et dis : « Quel endroit étrange, le soleil se lève à l'ouest ! » En plaisantant, il dit : « Encore une de tes merveilleuses questions. » L'un des garçons d'un autre lieu déclara que j'avais perdu le nord. Mon père vint à mon secours, disant : « Non ; le soleil se lève bien à l'est », et je le regardai. Je pouvais voir. J'avais des yeux. Je connaissais les points cardinaux, et le soleil se levait à l'ouest, même si mon père me disait qu'il n'en était pas ainsi, et il ne parvint pas à me convaincre ; pourtant j'obéis. Vous êtes-vous déjà retrouvé désorienté, et quelqu'un a-t-il tenté de vous faire changer d'avis quant à la bonne direction par la conversation ? Vous comprendrez ma situation. Et lorsque nous partîmes avec le chariot, il me confia les rênes. J'étais un gamin de sept ans, impatient de conduire. Lorsque nous arrivâmes à la bifurcation des routes, je savais que nous devions aller vers le sud, et je tournai l'attelage vers le sud, à ce que je croyais. Mon père dit : tourne à gauche, et voilà que, lorsque je tournai à gauche, l'attelage se retrouva face au nord. Maintenant, dit-il, avance vers le sud, et je partis. En roulant vers le nord, je savais pouvoir voir le soleil se lever à l'ouest, et les points cardinaux — eh bien, j'étais persuadé que j'allais vers le nord, et que mon père se trompait. Il me parla. Il dit : « Oui, tu vas vers le sud. Continue d'aller vers le sud », et je savais que j'allais vers le nord. Et je continuai d'aller vers le nord, mais l'idée de désobéir à mon père ne me vint jamais à l'esprit. Je pensais qu'il avait tort, mais j'obéis, et je continuai de conduire. Finalement, nous arrivâmes à destination sans encombre. ¶
Dans mon travail, enfant, puis en grandissant, j'ai rencontré bien des gens qui venaient me dire : « L'Église n'est plus la même qu'aux jours du prophète. Elle n'est plus la même qu'aux jours de Brigham Young. » Je pensais dans mon cœur : votre sens de l'orientation est perdu, même si vous êtes absolument convaincus d'avoir raison ; si vous obéissez, le moment viendra, comme il vint pour moi dans cette vallée, où les choses se remettront d'elles-mêmes en place, tout comme j'ai pu voir que mon père avait raison et que j'avais tort. Ainsi, lorsque je vois certains de ceux qui étaient nos frères s'écarter de l'Église, tout en étant persuadés d'avoir raison, je pense à la leçon que j'ai apprise étant enfant. En eux-mêmes, ils semblent sentir qu'ils ont raison, mais s'ils avaient le pouvoir d'obéir, ils se remettraient eux-mêmes en place. ¶
En tant que saints des derniers jours, nous devons au principe d'obéissance de l'enseigner à nos garçons et à nos filles, en leur disant que cette Église est l'Église et le royaume de Dieu, qui nous a été donné par l'intermédiaire de ses prophètes. Nous n'avons pas peur de déclarer au monde entier que c'est là la véritable Église à laquelle nous appartenons, et les gens ne devraient pas s'en offenser, ni prétendre qu'en le faisant nous sommes prétentieux, car le Christ nous dit sans équivoque qu'il n'y a qu'une seule Église qui soit ou puisse être la sienne sur la terre. En tant que saints des derniers jours, nous ne faisons que suivre son avertissement, et déclarons hardiment au monde que nous possédons cette vérité. Il est possible que toutes les Églises soient dans l'erreur, mais il n'est pas possible que plus d'une seule ait raison. C'est pourquoi nous sentons avoir le droit de témoigner au monde de ces vérités. C'est la raison pour laquelle nous chérissons tant le salut des hommes, considérant que vivre sur cette terre est un privilège, et tenant l'être humain pour le plus grand des dons. Nous avons donné à nos garçons et à nos filles les plus grandes richesses que Dieu nous ait jamais données, car ils se tiendront avec nous dans les éternités comme notre richesse, pour soutenir nos mains. Ce sont les richesses que Dieu a voulu que nous ayons lorsqu'il nous a envoyés sur cette terre pour vivre et jouir de l'Évangile. ¶
Oh, quelle belle chose que la vertu pour chaque garçon et chaque fille de cette Église ! Comme il est magnifique que nous puissions leur donner cet esprit merveilleux et progressif que Dieu nous a donné, la connaissance que nous pouvons retourner à notre Père éternel. ¶
Le « Je Suis » qui est en nous nous enseigne que nous existions avant de venir ici, que nous existons maintenant, et il semble impossible, avec le sentiment que nous portons en nous, de jamais cesser d'exister. Nous devrions donc enseigner à nos garçons et à nos filles les leçons de l'obéissance, de la vertu, de l'honnêteté et de la vérité, afin qu'ils marchent devant leur Père céleste comme il voudrait qu'ils marchent, et devant leurs semblables, avec dignité et dans le pouvoir de la sainte prêtrise. Nous revendiquons la plus grande bénédiction qui puisse être donnée aux enfants des hommes — ces garçons et ces filles — car ils seront avec nous durant toute l'éternité. Dans les éternités, ils pourront être perfectionnés avec nous. Pensez aux possibilités, à ce qu'ils représentent pour nous, ces petits enfants que Dieu place dans nos bras pour que nous les instruisions. Pensez à l'esprit de ces enfants et au pouvoir inhérent qu'ils ont de devenir créateurs dans l'au-delà ! Ne signifient-ils pas davantage pour nos vies que nos terres et nos biens ? Car nos enfants auront le pouvoir de la progression éternelle, jusqu'à ce que de leurs mains se déroulent des systèmes de mondes, avec toute la richesse nécessaire à leur création. Bien plus grandes sont ces bénédictions pour nous que les choses de cette vie. Lorsque nous les mesurons, combien nous chérissons ce privilège d'être venus sur cette terre et d'avoir revêtu ce tabernacle de chair, afin de pouvoir avancer dans ce grand progrès de l'éternité ! ¶
J'ai toujours dit qu'il faut apprendre au garçon à s'agenouiller et à prier son Père céleste, car il faut un caractère fort pour s'agenouiller en prière. Il faut un caractère dont l'âme s'élargira au point d'oublier les petites choses de la vie, et de devenir puissant en lui-même, en s'élevant dans l'esprit d'une bonne prière. ¶
C'est pourquoi chaque père et chaque mère devraient apprendre à leurs garçons et à leurs filles à s'agenouiller en prière devant Dieu, afin qu'ils soient exaltés en eux-mêmes. Il faut de l'obéissance, et une force de caractère, pour s'agenouiller chaque jour en prière. Cela nous édifie de manière à nous rapprocher de ce que Dieu a voulu que nous soyons lorsqu'il nous a envoyés ici sur cette terre. Cela nous édifie de manière à pouvoir considérer nos semblables comme nos frères, et à regarder toutes les créatures de Dieu en leur tendant une main compatissante, ce qui nous permet de sentir que toute l'humanité est enfant de Dieu. Mais nous méprisons le péché. Nous aimons le genre humain et les enfants de Dieu, mais les péchés que les hommes commettent, nous les méprisons. Notre mission sur cette terre est de chercher à faire disparaître le péché, et d'enseigner aux hommes que la plus grande joie, le plus grand bonheur, le plus grand amour peuvent venir de mener une vie honnête, de vivre cette religion qui est la nôtre, où la jalousie ne devrait trouver aucune place, mais où l'esprit trouve la paix avec Dieu, et la bonne volonté envers nos semblables. ¶
Que Dieu nous bénisse et nous aide, afin que nous puissions le servir, afin que nous ayons le temps de nous détourner des choses de la terre et de passer plus de temps avec la richesse que Dieu nous a donnée, nos garçons et nos filles ; car, après tout, ils nous accompagneront et seront nôtres lorsque nous laisserons derrière nous tous les biens de ce monde. Telle est ma prière pour les saints des derniers jours et pour les peuples de cette terre. Et puisse la paix venir sur cette terre, et puisse le jour venir bientôt où nous vivrons comme notre Père désire que nous vivions ; telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen. ¶