Les témoins du Livre de Mormon, et la croissance de l'Église par la révélation
Charles W. Nibley
C'est là un devoir auquel je me dérobe naturellement. M'adresser à une aussi vaste assemblée que celle que je vois devant moi remplit plutôt mon esprit de crainte respectueuse. Néanmoins, je suis heureux de me réunir avec vous et de tâcher d'accomplir les devoirs qui me sont toujours assignés dans l'Église. ¶
Je ne vois que du bien devant Israël, devant l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. L'Église croît, je crois, à tous égards — croissant en nombre, et croissant aussi en foi et en bonnes œuvres. C'est assurément un jour où notre foi devrait être affermie, en voyant ce qui se passe dans le monde et ce qui s'accomplit ; ce jour où les trônes chancellent et tombent ; où les abdications de rois et de pouvoirs royaux ont lieu, où tout est en émoi, et où le cœur des hommes défaille de crainte devant ce qui vient ou s'accomplit sur la terre. ¶
Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement que notre foi dans le Seigneur et dans l'Évangile de Jésus-Christ s'accroisse. L'Église a crû depuis le commencement, malgré la terrible opposition de l'ignorance, principalement de l'ignorance ; l'opposition aussi de la malveillance, de la méchanceté, des persécutions qu'elle a endurées jusqu'à des années très récentes, et qui étaient si prononcées contre elle de la part de tous ceux qui étaient mal informés à son sujet. ¶
Durant les quatorze années où le prophète Joseph Smith dirigea l'Église, elle s'accrut, malgré l'opposition malveillante et méchante qu'il rencontra, et que rencontra l'Église sous sa présidence. Durant les trente-trois années où le président Young dirigea l'Église, malgré ses épreuves et ses tribulations, elle s'accrut d'une manière merveilleuse — une œuvre merveilleuse et un prodige. Durant les dix années où le président Taylor présida l'Église, celle-ci continua encore de croître et de s'accroître ; et durant les quelque dix années de la présidence du président Woodruff, et les trois ou quatre années de la présidence du président Snow, ce qui fait au total soixante et onze ans de croissance de l'Église ; sous la présidence de ces frères que j'ai nommés, elle a crû et s'est accrue tout au long. Durant la présidence du président Smith, qui atteindra dix-sept ans dans quelques jours, l'Église a doublé en nombre et a plus que doublé en richesse ; c'est-à-dire que le nombre des membres de l'Église s'est accru jusqu'à égaler celui qu'il était après soixante et onze ans de croissance sous la présidence des cinq présidents précédents de l'Église, et durant ces dix-sept années, l'Église a plus que doublé en richesse et dans le paiement des dîmes. Ainsi, je ne vois que croissance, bien, développement, expansion et accomplissement de la mission de cette Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Pourquoi ne croîtrait-elle pas ? Dieu n'a-t-il pas parlé ? ¶
J'étais assis ici ce matin, contemplant cette vaste assemblée, et je me suis dit : « Pourquoi sommes-nous ici ? Pourquoi suis-je ici ? » Eh bien, la réponse me vint à l'esprit de cette manière. Si Joseph Smith n'avait pas déclaré avoir eu une manifestation du Père et du Fils, et une visite de leur part, et qu'il s'était entretenu avec le Père et le Fils, le Dieu Tout-Puissant et Jésus-Christ, son Fils, le Rédempteur du monde ; qu'il les avait vus et leur avait parlé et avait été instruit par eux ; je ne serais pas ici. C'est à cause de cette vision que je suis ici, que mes parents ont reçu cette vérité, y ont cru, l'ont acceptée de tout leur cœur, et c'est pour cette raison, primordialement, fondamentalement, que je suis ici, à cette conférence, ce matin. Si le Livre de Mormon n'avait pas été révélé de la manière merveilleuse et miraculeuse dont il l'a été, je ne serais pas ici aujourd'hui. Ce merveilleux rassemblement de saints des derniers jours que nous voyons ici aujourd'hui, et qui se rassemble ainsi à chaque conférence semestrielle, ne se rassemblerait pas ainsi, et nous ne contemplerions pas le spectacle que nous offre cette assemblée, si le Seigneur n'avait pas parlé ; si le Seigneur ne s'était pas manifesté ; si le Seigneur n'avait pas envoyé des anges révéler son Évangile, révéler le Livre de Mormon — une manifestation des plus merveilleuses et des plus prodigieuses. Le Livre de Mormon est quelque chose à quoi se raccrocher, venant du Seigneur. Tout comme les tables de pierre portant les dix commandements remises à Moïse devinrent quelque chose de réel et de personnel comme manifestation pour le peuple, de même le Livre de Mormon, transmis de la manière miraculeuse dont il l'a été, est quelque chose de réel et de tangible que nous pouvons saisir et croire. S'il n'est pas vrai, qu'est-ce donc ? D'où vient-il, s'il n'est pas vrai ? Si son origine n'est pas ce qu'il proclame être, quelle est donc son origine ? Il est là, et ne peut, à mon sens, s'expliquer autrement qu'en acceptant la vérité ; qu'en acceptant la déclaration faite par le prophète concernant son origine. ¶
Nous connaissons tous les témoins qui en ont témoigné. Trois hommes en témoignèrent ; des hommes véridiques, disant que le Dieu Tout-Puissant avait envoyé un ange leur révéler et leur attester la vérité, et leur témoignage subsiste ; il ne peut être récusé. Si Joseph Smith, de concert avec ces trois témoins, avait forgé une histoire pour tromper, escroquer et piéger le monde, cela aurait été rapidement démasqué, pour la raison que ces témoins, tous sans exception, devinrent des ennemis acharnés du prophète Joseph Smith et furent retranchés de l'Église. Or, n'auraient-ils pas dit alors : « Nous avons tenté de faire passer au monde quelque chose de frauduleux, qui n'est pas vrai, qui est faux ? » Ces trois hommes devinrent des ennemis acharnés du prophète ; ils furent retranchés de l'Église, si je me souviens bien, en 1838. Oliver Cowdery vécut dix ans hors de l'Église ; en 1848, il fut rebaptisé membre de l'Église, et je crois qu'il mourut cette même année. Durant ces dix années, il était en inimitié avec le prophète Joseph Smith et avec l'Église ; or, n'aurait-il pas dénoncé la chose comme une fraude et rétabli sa réputation devant le monde en publiant à la face du monde entier qu'il avait fait une fausse déclaration concernant le Livre de Mormon, si son témoignage n'avait pas été, dès le départ, absolument vrai ? ¶
David Whitmer vécut environ quarante-trois ans après avoir été retranché de l'Église en 1838, et n'y revint jamais. En 1878, feu l'ancien Orson Pratt et le président Joseph F. Smith, qui est avec nous aujourd'hui, rendirent visite à David Whitmer à son domicile de Richmond, dans le Missouri. C'était quarante ans après que David Whitmer eut été retranché de l'Église. David Whitmer était alors en pleine possession de ses facultés, l'esprit clair et vif. Plusieurs de ses parents et amis proches, qui n'étaient pas membres de notre Église, furent appelés dans sa chambre et s'y assirent avec l'ancien Pratt et le président Smith, et c'est alors que David Whitmer raconta de nouveau l'histoire de la visite de l'ange et de la voix de Dieu affirmant que le Livre de Mormon est vrai. Pendant quarante ans, cet homme, David Whitmer, était resté hors de l'Église, en être étranger, jamais réconcilié avec le prophète Joseph Smith. Ne pensez-vous pas que, s'il s'était trompé en croyant voir et entendre un ange et en entendant la voix de Dieu, il se serait, durant tout ce temps, ressaisi pour dire : « Cette chose est une fraude ; Joseph Smith n'était pas un vrai prophète ; notre témoignage concernant le Livre de Mormon est faux » ? Mais durant tout ce temps, malgré son inimitié envers l'Église, son ressentiment envers le prophète, non seulement il ne renia pas son témoignage concernant le Livre de Mormon, mais il l'affirma et le réaffirma maintes et maintes fois, et cette dernière fois dont je parle, en 1878, il l'affirma de la manière la plus vigoureuse possible, en présence de l'ancien Orson Pratt et du président Joseph F. Smith, et d'une pièce remplie d'amis non « mormons », qui étaient là et l'entendirent. Il leur déclara à tous que son témoignage était vrai, la vérité de Dieu ; qu'il avait bien vu et entendu l'ange du Seigneur, qu'il avait bien entendu la voix du Seigneur venant du ciel, et que son témoignage concernant le Livre de Mormon devait subsister comme la vérité à jamais. ¶
Et Martin Harris, le troisième témoin, de même. J'ai entendu Martin Harris, en 1870, se tenir juste ici, sur cette estrade, et bien qu'il fût resté hors de l'Église durant trente-deux ans, il revint néanmoins et se tint ici, et je l'ai entendu témoigner que son témoignage de la divinité du Livre de Mormon était vrai devant Dieu. ¶
Pouvez-vous trouver, où que ce soit dans le monde, un témoignage aussi convaincant et aussi irréfutable ? Non, vous ne le pouvez pas. Eh bien, voilà pourquoi je suis ici ; voilà pourquoi vous êtes ici ; voilà ce qui rassemble ce peuple. ¶
Le Seigneur a manifesté, par le pouvoir de l'Esprit, la vérité de son œuvre, et que par cette œuvre il a conféré à cette Église l'autorité divine, donnée à sa prêtrise. Il lui a conféré l'autorité d'agir en son nom, de sorte que chaque fois qu'un ancien de cette Église conduit un homme dans l'eau et le baptise, il le fait par l'autorité de Dieu, et cette ordonnance est reconnue par Dieu le Père éternel. Et lorsque les anciens lui imposent les mains et lui disent : « Recevez le Saint-Esprit », il reçoit le Saint-Esprit. Cette autorité divine est ici, et elle n'est nulle part ailleurs dans le monde qu'ici. Quoi ! Voulez-vous dire que le Seigneur n'agit qu'avec le petit nombre de saints des derniers jours qui sont dans le monde ? Oh, non ! Oh, non ! Le Seigneur agit dans le monde entier par son pouvoir, et le manifeste, oh, si glorieusement ces jours-ci, dans les batailles qui se déroulent. Le Seigneur y est présent pour veiller — pour veiller à quoi ? Pour veiller à ce que le droit triomphe et que la liberté prévale. Le Seigneur se révèle au monde de bien des manières. L'un des anciens prophètes a déclaré que, dans les derniers jours, le Seigneur répandrait son Esprit sur toute chair. Cela signifie les Chinois, les Japonais et tous les autres, aussi bien que les Blancs ; sur toute chair, dit-il, il répandra son Esprit. ¶
En cette merveilleuse époque où c'est un si glorieux privilège de vivre, depuis que cette vérité spirituelle fut introduite dans le monde par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, de la part de Dieu le Tout-Puissant lui-même, voyez ce qui s'est produit ; voyez ce qui s'est accompli ! Eh bien, pendant près de six mille ans, les navires avaient voyagé comme saint Paul dit avoir navigué, attendant trois jours un vent favorable. Ils ne pouvaient aller nulle part sans lui. Les gens pouvaient-ils voyager de-ci de-là comme ils le font maintenant ? Non. Daniel, le prophète, dit que, dans les derniers jours, la connaissance augmentera — c'est-à-dire que l'Esprit du Seigneur sera répandu sur le peuple, et qu'il recevra plus d'informations, plus de connaissances qu'il n'en a jamais eu auparavant. Et il ne répand pas cet Esprit sur nous seuls, mais sur le monde entier, et, comme l'a dit le prophète Daniel, la connaissance augmentera et beaucoup iront de-ci de-là. Je ne sais comment tout le changement survenu entre les temps anciens et aujourd'hui pourrait être exprimé en moins de mots que ceci : la connaissance augmentera et beaucoup iront de-ci de-là, car il n'y avait pas tant de connaissance sur bien des choses, et les gens ne voyageaient pas et n'avaient pas les moyens d'aller de-ci de-là ; ainsi, nous sommes dans les derniers jours, et le Seigneur a répandu son Esprit sur le peuple, et invention après invention, multipliée par millions ; connaissance après connaissance ; amélioration après amélioration, nous les voyons de tant de manières merveilleuses. Pourquoi ces inventions ne sont-elles pas venues plus tôt ? Parce que les derniers jours n'étaient pas encore arrivés. L'esprit de l'homme, durant les cinq ou six mille ans qui s'étaient écoulés jusqu'à la grande manifestation faite au prophète Joseph Smith en 1820, était-il moins vif, moins capable de comprendre que l'esprit de l'homme aujourd'hui ? Nous avons le témoignage des plus grands savants qu'il n'y a eu aucune différence appréciable entre l'esprit de l'homme aujourd'hui et l'esprit de l'homme il y a quatre mille ans. ¶
Alfred Russell Wallace, et d'autres savants, le déclarent ainsi, et ils déclarent en outre que l'esprit de l'homme est tout aussi dépravé aujourd'hui qu'il y a quatre mille ans ; ce n'est donc pas que l'esprit de l'homme soit plus brillant aujourd'hui pour saisir ces choses qu'il ne l'était autrefois, mais parce que le Seigneur Tout-Puissant a répandu son Esprit sur toute chair, dans toutes les nations, et ainsi invention après invention se poursuit. ¶
Qu'est-ce qui fit qu'un James Watt, assis là, près du feu de sa mère en Écosse, remarqua le couvercle de la bouilloire monter et descendre ? Une pensée, une inspiration du Tout-Puissant la fixa dans son esprit. « Il y a là une force », dit-il : « Il y a là quelque chose qui fait monter ce couvercle de bouilloire — la force de la vapeur. » Or, des hommes avaient regardé des bouilloires pendant cinq mille ans ou plus. Ils n'avaient pas pensé à cette force, parce que l'inspiration du Tout-Puissant n'avait pas touché leur esprit pour les amener à y penser. Voilà pourquoi, et c'est la seule raison. « Il y a un esprit dans l'homme, dit l'Écriture, et le souffle du Tout-Puissant leur donne l'intelligence », et ainsi il répand son Esprit sur toute chair, et ces merveilleuses et prodigieuses inventions en sont le résultat. Voyez ici, dans ce bâtiment, ces lumières électriques. Quelque part dans le canyon, à des kilomètres d'ici, de l'eau dévale la pente sur une roue, et voici la lumière. Merveilleux ! Prodigieux ! Voyez, chaque automobile possède une centrale électrique complète. Y avez-vous jamais pensé ? Tout cela nous est devenu si courant qu'il cesse presque d'être un prodige. Mais lorsque nous nous arrêtons pour y réfléchir, nous voyons combien tout cela est merveilleux. Pensez aux engins de destruction qui ont été inventés et fabriqués durant la présente guerre mondiale. Toute la face du monde semble transformée par la connaissance que l'homme a reçue du Tout-Puissant. C'est le Seigneur qui donne cette connaissance, et la gloire lui en revient, et non à l'homme. C'est là l'erreur du monde : il s'en attribue tout le mérite. ¶
Pendant environ six mille ans, les hommes avaient moissonné leur grain à la faucille. Pourquoi n'y eut-il aucune amélioration durant tout ce temps ? Je me souviens qu'il y a cinquante ou soixante ans, nous prenions une faucille pour moissonner le grain, déposant chaque petite gerbe à mesure qu'elle était coupée. Je me souviens que nous battions le blé au fléau, ou que nous le foulions avec des bœufs, comme cela se faisait au temps de Moïse, lorsqu'il donna la loi selon laquelle tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain. Il n'y avait pratiquement eu aucun changement dans toutes ces choses pendant environ six mille ans. Nous ne semons ni ne moissonnons plus de cette manière aujourd'hui. Toutes ces merveilleuses inventions et améliorations mécaniques, pratiquement chacune d'elles, ont été révélées à l'esprit des hommes par l'inspiration du Tout-Puissant, depuis le jour où le Seigneur parla au prophète Joseph Smith, se révéla à lui, et fit naître ce que frère Whitney a si magnifiquement appelé hier les nouvelles forces spirituelles destinées à révolutionner la pensée du monde, et qui portent en elles les moyens du salut du monde, car l'Évangile de Jésus-Christ est la puissance de Dieu pour le salut. Ce n'est pas à l'homme qui marche qu'il appartient de bien diriger ses pas. Le Seigneur accomplit ces prodiges et gouverne tout, et bien que nous sachions qu'il œuvre parmi les nations et lui en rendions tout l'honneur et tout le mérite, nous savons également, de manière absolue, que c'est d'une manière particulière qu'il œuvre avec cette organisation, l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, en laquelle seule se trouvent la force, l'instrument et le pouvoir qui sauveront le monde et racheteront l'humanité, et qui persisteront et continueront à jamais. ¶
Je pensais hier, tandis que frère Whitney parlait, à quelques vers de Byron qui, déplorant comment les nations s'élèvent et retombent, et comment l'histoire se répète — n'étant qu'une répétition de la vieille histoire — Byron dit dans ces vers : ¶
Il semblerait que ce ne soit toujours que la même vieille histoire, racontée sans cesse, mais je me suis dit : pauvre Byron, sceptique et incrédule. Le Seigneur Tout-Puissant n'a-t-il pas déclaré, par le prophète Daniel, que dans les derniers jours — et ce sont bien là les derniers jours, ne l'oubliez pas — dans les derniers jours, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui subsistera à jamais ; qui ne tombera jamais ; qui ne sera jamais donné à un autre peuple, mais qui durera éternellement ? ¶
Ceci est l'Église de Dieu. Ceci est l'Église du Christ ; Joseph Smith fut et est un prophète du Dieu Très-Haut. Les dirigeants de cette Église ont été inspirés, et sont inspirés du Tout-Puissant pour donner direction, pour donner révélation, pour guider cette grande œuvre, nul plus que l'actuel président de l'Église, qui vit et a toujours vécu de telle sorte que le Seigneur, par son Esprit, puisse se manifester à lui, donner direction, conseil et guidance aux saints des derniers jours ; et elle ne faillira pas, elle subsistera à jamais. Que Dieu l'accorde, par Jésus-Christ. Amen. ¶