Discours d'ouverture : la grandeur de l'œuvre et l'humilité
Joseph F. Smith
La soixante-dix-neuvième conférence générale annuelle de L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours s'est réunie dans le Tabernacle, à Salt Lake City, à 10 heures du matin, le dimanche 4 avril 1909, sous la présidence du président Joseph F. Smith. ¶
AUTORITÉS PRÉSENTES. ¶
Étaient présents, de la Première Présidence : Joseph F. Smith, John R. Winder et Anthon H. Lund ; du Conseil des douze apôtres : Francis M. Lyman, John Henry Smith, Heber J. Grant, Rudger Clawson, Hyrum M. Smith, George Albert Smith, George F. Richards, Orson F. Whitney, David O. McKay et Anthony W. Ivins ; le patriarche président John Smith ; du Premier Conseil des soixante-dix : Seymour B. Young, Brigham H. Roberts, J. Golden Kimball, Rulon S. Wells, Joseph W. McMurrin et Charles H. Hart ; de l'Épiscopat président : Charles W. Nibley, Orrin P. Miller et David A. Smith ; les historiens assistants A. Milton Musser et Joseph F. Smith fils. Étaient également présents un grand nombre de présidents de pieux et de missions, avec leurs conseillers, des évêques de paroisses, des patriarches, et de nombreux autres hommes et femmes éminents représentant diverses organisations de l'Église. ¶
Le président Joseph F. Smith ouvrit la séance et annonça qu'il avait été décidé d'ouvrir l'Assembly Hall attenant pour des réunions supplémentaires de la conférence, afin d'accueillir les nombreuses personnes qui ne peuvent être admises dans le Tabernacle. Il recommanda aux mères d'amener leurs jeunes enfants à la garderie qui avait été confortablement préparée pour eux dans la Lion House. ¶
Le chœur ouvrit les services en chantant le cantique « Salut, jour glorieux ». ¶
La prière d'ouverture fut offerte par le patriarche Joseph E. Taylor. ¶
Le chœur chanta le cantique « Bien que des épreuves croissantes encombrent votre chemin ». ¶
DISCOURS D'OUVERTURE. ¶
L'insignifiante individualité de l'homme comparée à la grande œuvre de Dieu. — Rien à perdre, tout à gagner par la fidélité. — Les vrais saints ne peuvent être conduits par de faux bergers. — Les amis de la justice ne sont pas les ennemis de Sion. — « Tout ce que le Seigneur exige de moi, je le ferai. » — L'Église du Christ subsistera, et sa puissance ira croissant désormais. — L'intégrité des premiers membres de l'Église, un digne exemple pour les saints d'aujourd'hui. ¶
C'est avec des sentiments de gratitude envers le Seigneur que je me tiens devant vous ce matin, à l'ouverture de notre soixante-dix-neuvième conférence générale annuelle. Je remercie le Seigneur pour toutes ses miséricordes et sa bonté aimante envers tout son peuple et, d'ailleurs, pour sa miséricorde et sa bonté continuelles envers tous les hommes. Je suis très reconnaissant d'avoir le privilège de nous réunir ce matin dans des circonstances si favorables, possédant, semble-t-il, la plupart sinon la totalité des bénédictions de la vie, de la santé et de la force, de la paix, et le désir dans nos cœurs d'honorer le Seigneur par notre présence, manifestant notre foi en nous rassemblant ici en cette occasion. C'est là un témoignage de notre dévouement à la cause de Sion. Mon cœur est plein de gratitude envers le Seigneur, et d'amour pour les saints des derniers jours, et pour l'Église de Jésus-Christ dans le monde entier. ¶
Pour moi, il n'y a rien dans la vie qui puisse se comparer à la grande œuvre que le Seigneur accomplit au milieu des enfants des hommes, en ces derniers jours. Bien que l'on puisse dire, et cela est vrai dans une certaine mesure, que nous ne sommes qu'une poignée en comparaison de nos semblables dans le monde, nous pouvons néanmoins être comparés au levain dont a parlé le Sauveur, qui finira par faire lever le monde entier. Nous avons pleinement l'assurance de l'accomplissement de cette pensée dans la croissance et le développement de la cause depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui, car elle a progressé et s'est développée dans le monde de façon constante et croissante, d'à peine une demi-douzaine d'hommes il y a soixante-dix-neuf ans, jusqu'à aujourd'hui où les membres de l'Église se comptent par centaines de milliers. Nous avons traversé les étapes de l'enfance et de la jeunesse irresponsable, et nous approchons en effet de l'état d'homme et de femme faits dans notre expérience de l'Évangile de Jésus-Christ, et dans toutes les conditions accessoires et liées à la croissance de l'Église et du peuple de Dieu, jusqu'à présent, dans la cause de Sion, ainsi que dans la nécessité où se trouve le peuple de Dieu de soutenir et de maintenir les principes de justice et de vérité contre tous les préjugés du monde, ainsi que contre leurs propres préjugés et leurs goûts, dégoûts et préférences individuels. Nous apprenons la grande vérité que l'homme est insignifiant dans son individualité en comparaison de la puissante cause qui concerne le salut des enfants des hommes, vivants et morts, et de ceux qui vivront encore sur la terre. Les hommes doivent mettre de côté leurs propres préjugés, leurs propres désirs, souhaits et préférences personnels, et faire déférence à la grande cause de la vérité qui se répand à travers le monde. ¶
À mon avis, il n'y a rien dans le monde entier d'aussi grand et d'aussi glorieux que l'œuvre que le Seigneur Tout-Puissant accomplit en ces derniers jours. Je suis reconnaissant d'avoir eu la permission, en tant qu'individu, de prendre part, humblement, à la promotion des intérêts de Sion, et de répandre sa cause à travers le monde, depuis les jours de ma jeunesse jusqu'à maintenant. J'espère et je prie sincèrement de pouvoir demeurer fidèle jusqu'à la fin du temps qui me reste à vivre. J'ai trop longtemps vécu pour songer maintenant à faiblir le moins du monde. J'ai mis la main à la charrue, et il est trop tard pour me détourner ou regarder en arrière ; et, du reste, il ne m'a jamais semblé y avoir la moindre raison pour laquelle je devrais regarder en arrière, ou relâcher mes efforts ou mon désir sincère de répandre la cause de la vérité et d'aider à bâtir Sion. Tout a témoigné du grand bien qui a été et qui sera accompli. Tout a témoigné de la justice et de la droiture de la cause et m'a rendu clair mon devoir, m'assurant progrès et croissance en connaissance et en compréhension en poursuivant la cause que j'ai poursuivie et que j'ai encore l'intention de poursuivre, avec l'aide de Dieu jusqu'à la fin. Je ne vois rien à perdre en suivant cette voie, mais je crois pouvoir voir que tout est à gagner par elle. Je suis donc déterminé à continuer, aussi fidèle que je puisse l'être, à mon devoir, aux charges qui me sont imposées. Autant qu'il est en mon pouvoir, je veux être fidèle à l'œuvre du Seigneur, afin de pouvoir enfin rendre compte de ma vie et de mon intendance d'une manière qui sera au moins acceptable au grand Juge des vivants et des morts. ¶
Comme on l'a dit bien des fois par le passé : « Je suis pour le royaume de Dieu, ou pour rien. » Sion, avant tout et par-dessus tout. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, afin que toutes les autres choses vous soient données en surplus, au temps voulu du Seigneur et selon son bon plaisir. Ce sont là des principes qui devraient imprégner l'esprit et le cœur de tous les saints des derniers jours. Nous devrions avoir acquis, à l'heure qu'il est, assez d'expérience pour comprendre qu'aucun homme, aucun individu, aucune clique et aucune organisation secrète ne peut réunir assez de force et de puissance pour renverser les desseins du Tout-Puissant, ou pour changer le cours de son œuvre. Bien des individus se sont élevés dans le passé, faussement persuadés qu'ils allaient opérer une merveilleuse réforme dans l'Église ; ils s'attendaient à ce que, en très peu de temps, tout le peuple abandonne son étendard, l'étendard de la vérité autour duquel il s'était rassemblé et rallié depuis le commencement de l'Église jusqu'alors. Ces personnes pensaient que le peuple suivrait les « nouveaux bergers », mais le peuple de Dieu connaît la voix du vrai berger, et il ne prêtera pas l'oreille à la voix de l'étranger, ni aux conseils de celui qui s'arroge une autorité qui ne lui appartient pas. Jamais ils ne suivront de tels hommes. Les saints des derniers jours connaissent l'esprit de l'Évangile ; ils comprennent l'esprit de la vérité. Ils ont appris leur devoir, et ils demeureront fermes dans la vérité, quoi qu'il arrive. Depuis le commencement jusqu'à maintenant, nous avons dû affronter le monde entier ; et le monde entier, comparativement, s'est dressé ou se dresse contre l'œuvre du Seigneur, non pas entièrement par haine, ni uniquement avec l'intention ou le désir de faire le mal ou de combattre la vérité, mais parce qu'il ignorait la vérité, et parce qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Beaucoup sont trompés par la voix des faux bergers, et sont égarés par de fausses influences. Ils sont trompés ; ils ne connaissent pas la vérité ; ils ne comprennent pas ce qu'ils font et, par conséquent, ils se dressent, pour ainsi dire, contre la vérité, contre l'œuvre du Seigneur ; il en a été ainsi depuis le commencement. Depuis le jour où le prophète Joseph Smith déclara pour la première fois sa vision jusqu'à maintenant, l'ennemi de toute justice, l'ennemi de la vérité, de la vertu, de l'honneur, de la droiture et de la pureté de vie ; l'ennemi du seul vrai Dieu, l'ennemi de la révélation directe de Dieu et des inspirations qui viennent des cieux jusqu'à l'homme, s'est dressé contre cette œuvre. Vous n'avez jamais trouvé l'ami de la justice, l'ami de la révélation, l'ami de Dieu, l'ami de la vérité, l'ami d'une vie juste et de la pureté de vie, ou celui qui est dévoué à la justice et qui est assez large d'esprit pour discerner la vérité de l'erreur et la lumière des ténèbres — je dis que vous n'avez jamais trouvé de tels hommes dressés contre la cause de Sion. Être dressé contre la cause de Sion, c'est être dressé contre Dieu, contre la révélation de Dieu, contre cet esprit qui conduit les hommes dans toute vérité qui vient de la source de la lumière et de l'intelligence, contre ce principe qui rassemble les hommes et les amène à abandonner leurs péchés, à rechercher la justice, à aimer Dieu de tout leur cœur, de tout leur esprit et de toute leur force, et à aimer leur prochain comme eux-mêmes. ¶
L'esprit de l'Évangile conduit les hommes à la justice : à aimer leur prochain et à œuvrer pour son salut et son exaltation ; il les inspire à faire le bien et non le mal, à éviter jusqu'à l'apparence du péché, à plus forte raison à éviter le péché lui-même. Voilà en vérité l'esprit de l'Évangile, qui est l'esprit de cette œuvre des derniers jours, et aussi l'esprit qui possède ceux qui l'ont embrassé ; et le but et l'objet de cette œuvre sont le salut, l'exaltation et le bonheur éternel de l'homme, tant dans cette vie que dans la vie à venir. Un homme, ou un ensemble d'hommes qui aiment vraiment la justice, aiment Dieu, aiment la pureté de vie, et qui recherchent la vérité, se dresseraient-ils, je le demande, contre l'œuvre dont l'objet même est ce qu'ils recherchent eux-mêmes ? Ceux qui combattent Sion, ou l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, combattent Dieu, sa vérité, la lumière et la connaissance, et la révélation des cieux à l'homme, que nous savons que l'homme a reçue de Dieu au jour où nous vivons. Que devons-nous faire ? Notre devoir est clair — si clair que personne ne devrait s'y méprendre, personne ne peut s'y méprendre à moins de laisser ses préjugés et ses faiblesses humaines l'emporter sur son meilleur jugement ; notre devoir clair est de vivre dans l'esprit de pardon, dans l'esprit d'humilité devant le Seigneur, dans l'amour de la vérité plus que dans l'amour de nous-mêmes et de nos intérêts personnels. ¶
Le Seigneur dit au jeune homme qui aimait le monde que, s'il désirait être parfait, il devait vendre tout ce qu'il avait et le donner aux pauvres ; puis le Seigneur dit : « Viens, et suis-moi. » Ce peut être là une manière d'exprimer les choses fort simple, mais il y a là beaucoup de vérité, il y a là un principe essentiel. Il s'agit de placer ce qui est sacré et divin, ce qui vient de Dieu, ce qui fait la paix et le bonheur de l'âme des hommes, avant nos richesses, avant tous nos honneurs et possessions terrestres. Le Seigneur Tout-Puissant exige cela des saints des derniers jours ; et tout homme et toute femme qui a embrassé l'Évangile devrait sentir dans son cœur aujourd'hui, et toujours dans son âme, que « tout ce que le Seigneur exige de moi, je le ferai », ou je le donnerai, quoi que ce soit. Dans une certaine mesure, nous avons atteint ce point, du moins dans la mesure où nous pouvons renoncer aux plaisirs du foyer, à l'occasion de faire fortune, de consacrer notre temps à des travaux et des entreprises qui nous rapporteraient un grand profit. Nous sommes disposés à quitter ces choses et à consacrer, pendant des années, notre temps et nos efforts à la prédication de l'Évangile aux nations de la terre, et à continuer de proclamer l'Évangile dans le monde jusqu'à ce qu'il nous soit dit « c'est assez », et que nous recevions une relève honorable pour retourner dans nos foyers. C'est là, bien entendu, un pas dans la bonne direction. Beaucoup d'entre nous peuvent faire cela, et beaucoup le font de temps à autre. Nous rencontrons parfois quelqu'un qui pense ne pas pouvoir le faire. Il pense ne pas pouvoir sacrifier les intérêts de son foyer, et les profits de ses affaires, qui requièrent son attention personnelle. Il pense ne pas pouvoir quitter ces intérêts pour aller dans le monde prêcher l'Évangile, et il demande à être dispensé d'être appelé à un tel travail. Je crains que, dans de tels cas, si on lui demandait de sacrifier une partie de ce qu'il possède de nature temporelle pour l'édification de Sion, ou pour la diffusion de la vérité, ou pour la défense du peuple de Dieu, il se montrerait également hésitant à se conformer à de telles exigences. Pour ma part, je voudrais vivre de telle sorte que, le cœur et l'esprit ouverts, devant Dieu et devant tous les hommes, si l'on exigeait de moi d'aller jusqu'aux extrémités de la terre et d'y demeurer à proclamer l'Évangile du Christ, je serais disposé à le faire ; ou si l'on me demandait de renoncer à ce que je possède dans le monde, pour l'édification de Sion, pour quelque besoin particulier et nécessaire, pour l'avancement de la cause de Sion dans le monde, que je serais prêt et disposé à dire : Père, voici tout ce que j'ai ; je le place librement sur l'autel et je le donne pour le bien de ton royaume sur la terre et pour l'avancement de ta cause. Je voudrais vivre de telle sorte que ce soit là véritablement ma détermination, et que je sois capable, si on me le demandait, de l'accomplir non seulement sans regret, mais avec joie. Mais voici ce que je désire ardemment — je veux vivre de telle sorte que, quoi que tout autre homme dans le monde puisse faire ou dire, en ce qui me concerne il n'y ait qu'une seule chose à faire, c'est d'être fidèle aux alliances que j'ai contractées avec Dieu et mes frères, de demeurer ferme et inébranlable pour l'avancement de Sion et pour l'édification du royaume de Dieu sur la terre. Je veux vivre de telle sorte que je puisse avoir en moi l'esprit et la détermination de pardonner à mon frère ses offenses, comme je désirerais qu'il me pardonne les offenses que j'ai commises envers lui. Nous devrions tous vivre de telle sorte que l'esprit de réconciliation, l'esprit de paix, l'esprit d'amour et d'union puisse s'élever au-dessus des passions et des sentiments de colère et de ressentiment qui peuvent naître dans le cœur des hommes, par suite de circonstances qui pourraient survenir de temps à autre. Nos vies devraient être telles que ces choses terrestres sombrent dans l'insignifiance, et que l'amour de Dieu dans le cœur des frères s'élève au-dessus de toute autre chose, quelles que soient les conditions ou les circonstances qui pourraient être portées contre nous pour provoquer ou blesser nos sentiments. ¶
Il n'y a de salut que par la voie que Dieu a indiquée. Il n'y a d'espoir de vie éternelle que par l'obéissance à la loi qui a été fixée par le Père de la Vie, « chez qui il n'y a ni changement, ni ombre de variation » ; et il n'y a pas d'autre voie par laquelle nous puissions obtenir cette lumière et cette exaltation. Ces choses sont, à mon esprit, au-delà de tout doute, au-delà de toute incertitude ; je sais qu'elles sont vraies. C'est pourquoi je vous rends témoignage, mes frères et sœurs, que le Seigneur Dieu Tout-Puissant règne, qu'il vit et que son Fils vit, lui qui est mort pour les péchés du monde, et qu'il est ressuscité des morts ; qu'il est assis à la droite du Père ; que tout pouvoir lui est donné ; qu'il nous est enjoint d'invoquer Dieu au nom de Jésus-Christ. Il nous est dit que nous devons nous souvenir de lui dans nos foyers, garder son saint nom présent à l'esprit, et le révérer dans nos cœurs ; nous devons l'invoquer de temps à autre, jour après jour, et, en fait, à chaque instant de notre vie, nous devrions vivre de telle sorte que les désirs de notre cœur soient une prière à Dieu pour la justice, pour la vérité et pour le salut de la famille humaine. Gardons-nous afin qu'il ne vienne dans nos âmes aucune goutte d'amertume, par laquelle notre être tout entier pourrait être corrodé et empoisonné par la colère, la haine, l'envie ou la malice, ou toute autre forme de mal. Nous devrions être libres de toutes ces choses mauvaises, afin d'être remplis de l'amour de Dieu, de l'amour de la vérité, de l'amour de notre prochain, afin de chercher à faire du bien à tous les hommes tous les jours de notre vie, et par-dessus tout d'être fidèles à nos alliances dans l'Évangile de Jésus-Christ. ¶
Je sais que ceci est l'Église du Christ. Je sais que les principes que nous avons reçus sont vrais, autant que j'ai pu les comprendre. Je n'ai pas besoin d'entrer dans un long discours à leur sujet, car vous les connaissez bien ; mais je sais que tout principe de l'Évangile de Jésus-Christ qui a été révélé par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, en ces derniers jours, vient de Dieu et est vrai, et subsistera à jamais — c'est-à-dire, quant à son mérite et à sa vérité ; il ne pourra jamais être renversé. Je le sais de tout mon être. Dieu m'en a doublement assuré par la présence et l'influence de son Esprit, et par l'inspiration éveillée dans mon âme d'aimer ce qui est bon, et de désirer abandonner ce qui est mauvais. Je sais aussi que le Seigneur Tout-Puissant accomplira ses desseins ; peu importe ce qu'il en soit de moi, peu importe ce que des individus, ou des dizaines d'individus, voire des centaines, ou peut-être des milliers, pourront faire, en se détournant de la vérité ou en tombant en chemin, trébuchant sur leurs propres faiblesses par suite des petites querelles et amertumes qui naissent dans leur cœur, les uns contre les autres. Des centaines ou des milliers pourront tomber en chemin, mais le royaume de Dieu ne tombera jamais. L'œuvre du Seigneur ne s'arrêtera ni ne cessera jamais, car Dieu a décrété qu'elle continuerait de progresser sur la terre jusqu'à ce que ses desseins soient accomplis. Cela étant vrai, aucune puissance en dessous du royaume céleste ne peut entraver son progrès. Cela ne peut se faire, car Dieu l'a décrété. Je vois dans le progrès de cette œuvre des derniers jours, depuis ses débuts, cette puissance irrésistible, cette merveilleuse providence divine qui œuvre pour la justice, pour la vérité et pour l'avancement de la cause de Sion ; agissant en cette Église, sous elle et tout autour d'elle, jusqu'à l'amener où elle est aujourd'hui. Cette même puissance deviendra de plus en plus forte et agira avec une rapidité et un élan plus grands à l'avenir qu'elle ne l'a fait par le passé, à proportion de la croissance et du développement de la foi, de la connaissance et de la fidélité du peuple de Dieu sur la terre. Le royaume de Dieu et l'œuvre du Seigneur se répandront de plus en plus ; ils progresseront plus rapidement dans le monde à l'avenir qu'ils ne l'ont fait par le passé. Le Seigneur l'a dit, et l'Esprit en rend témoignage ; et j'en rends témoignage, car je sais que cela est vrai. ¶
Nous croyons à la justice. Nous croyons à toute vérité, quel qu'en soit le sujet. Aucune secte ni aucune confession religieuse au monde ne possède un seul principe de vérité que nous n'acceptions ou que nous rejetterions. Nous sommes disposés à recevoir toute vérité, d'où qu'elle vienne ; car la vérité subsistera, la vérité perdurera. Ni la foi d'aucun homme, ni la religion d'aucun homme, ni aucune organisation religieuse au monde ne peut jamais s'élever au-dessus de la vérité. La vérité doit être au fondement de la religion, sinon celle-ci est vaine et manquera son but. Je dis que la vérité est au fondement, à la base et au sommet — et qu'elle pénètre entièrement cette grande œuvre du Seigneur qui fut établie par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète. Dieu est avec elle ; c'est son œuvre, non celle de l'homme ; et elle réussira, quelle que soit l'opposition. Nous considérons maintenant l'opposition dressée contre l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et nous sourions, pour ainsi dire, avec des sentiments de confiance doublement assurés par l'expérience du passé, en comparaison des sentiments qui habitaient l'âme de nos pères et de nos mères aux premiers jours de l'Église, lorsqu'ils n'étaient qu'une poignée, avec le monde entier dressé contre eux ; simplement quelques pauvres gens sans abri, chassés de leurs biens, rejetés des communautés où ils cherchaient à s'établir et à bâtir leurs foyers. Quand je pense à notre peuple, jeté dans le désert, errant et cherchant un lieu où poser la plante de ses pieds, et que je vois, alors, le monde dressé contre lui, et que je pense au peu de chances qui s'offraient à lui de réussir et d'accomplir ses desseins, je m'étonne que si peu d'entre eux aient tremblé et faibli ; mais certains d'entre eux demeurèrent fidèles au milieu de tout cela, jusqu'à la mort. S'il leur avait fallu être martyrisés pour la vérité, ils auraient volontiers donné leur vie, comme ils donnèrent tout ce qu'ils possédaient d'autre dans le monde, à cause de la connaissance qu'ils avaient de la divinité de l'œuvre à laquelle ils prenaient part. Sommes-nous aussi fidèles aujourd'hui ? Sommes-nous aussi dévoués que l'étaient nos pères ? Ô mon Dieu, aide-moi à être aussi fidèle qu'ils l'étaient ! Aide-moi à me tenir debout comme ils se tinrent, sur le piédestal de la vérité éternelle, afin qu'aucun pouvoir sur la terre, ni en enfer, ne puisse m'ôter de ce fondement. C'est là ma prière au Seigneur pour moi-même, et c'est ma prière à lui pour chaque saint des derniers jours dans toute l'étendue et la largeur du monde. ¶
Que Dieu vous bénisse, mes frères et sœurs. Puisse-t-il continuer à nous faire prospérer, et nous aider à croître en justice et en foi, en union et en amour, les uns pour les autres et pour Dieu notre Père, et pour notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui nous devons l'espérance et la promesse de la rédemption de la mort et du pouvoir du bannissement sans fin de la présence de Dieu. Telle est ma prière pour vous, mes frères et sœurs, au nom de Jésus. Amen. ¶
Un solo de basse, « Crains Dieu, ô Israël », fut interprété par Alexander C. Crawford. ¶