La loi de la dîme, substitut temporaire à la consécration
George F. Richards
La loi de la dîme, substitut temporaire à la consécration. — L'observance fidèle de cette loi inférieure est absolument essentielle. — Attitude de ceux qui ne paient pas une dîme complète. — Bonnes raisons de payer régulièrement et promptement. ¶
Mon âme a été nourrie, durant cette conférence, par l'influence de l'Esprit du Seigneur, qui a été avec nous, et par les témoignages qui ont été rendus, ainsi que par les précieuses instructions données par les serviteurs du Seigneur alors qu'ils étaient mus par son Saint-Esprit. ¶
Je désire très sincèrement que le temps que j'occuperai, ce matin, soit profitable à nous tous. À cette fin, je prie le Seigneur de me bénir, et je sollicite votre sympathie et vos prières de foi. ¶
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. * * Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » ¶
Je lis un couplet d'un cantique de notre recueil de cantiques : ¶
« Des choses glorieuses sont chantées de Sion, la cité d'Hénoc vue jadis ; où les justes, étant parfaits, marchaient avec Dieu dans des rues d'or. ¶
L'amour et la vertu, la foi et la sagesse, la grâce et les dons étaient tous réunis ; chacun aimait son prochain comme lui-même ; tous étaient un de cœur et d'esprit. » ¶
Reprenant les paroles du premier orateur de ce matin, chaque fois que l'Évangile s'est trouvé sur la terre dans sa plénitude, la loi de consécration et l'ordre uni ont été donnés au peuple du Seigneur, comme ce fut le cas avec Hénoc et son peuple, lorsqu'ils atteignirent un tel degré d'excellence dans la foi et la droiture. Ils n'aimaient pas seulement le Seigneur de tout leur cœur mais, comme le dit le cantique, « chacun aimait son prochain comme lui-même ». C'est ce que nous pouvons proprement appeler la loi supérieure, la loi de consécration, l'ordre uni. Certains pourraient demander — si cette loi a été donnée au peuple chaque fois que l'Évangile dans sa plénitude s'est trouvé sur la terre, comment se fait-il que nous, saints des derniers jours, vivant dans la dispensation de la plénitude des temps, alors que l'Évangile dans sa plénitude a été rétabli à la loi supérieure. Elle a été retirée de la haute loi de consécration ? Pour répondre, je pourrais dire que la loi fut offerte à Israël en ces derniers jours, telle que je la comprends, mais le peuple n'était pas préparé à vivre la loi supérieure. Elle nous a été retirée, et, pour le moment du moins, on nous a donné la loi de la dîme, la loi de revenu de l'Église, et nous sommes tenus de vivre cette loi. De grandes promesses nous sont faites si nous sommes fidèles à observer cette loi, et une condamnation pèse sur nous si nous la rejetons. Je me rappelle ici l'ancien Israël et ses expériences. Paul, en parlant d'eux aux Hébreux, dit : « Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent. » Dans son épître aux Galates, il écrit en ce sens : la loi des commandements charnels fut donnée à Israël comme un pédagogue, pour les amener à une condition de foi où ils pourraient recevoir la loi supérieure et jouir des bénédictions de la sainte prêtrise. Le Seigneur a révélé, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, que Moïse et la Sainte Prêtrise furent retirés du milieu d'Israël, à cause de la dureté de leur cœur. Mais nous devrions être dignes de recevoir cette loi supérieure et capables de la vivre. Ce peuple, dont la foi était d'un caractère si faible qu'il ne lui fut pas permis de jouir des bénédictions de la Sainte Prêtrise, telles que nous en jouissons aujourd'hui, reçut la loi de la dîme. Israël devait payer la dîme. La tribu de Lévi fut choisie parmi les autres tribus pour officier dans la fonction sacerdotale, et elle était soutenue par les dîmes du peuple des autres tribus ; tandis qu'elle-même devait, à son tour, payer sa dîme sur tout ce qui lui parvenait. En considérant les plus grandes bénédictions qui nous sont données, nous devrions être plus fidèles que ne le furent les enfants d'Israël dans ces conditions ; mais la vérité est que certains ne vivent pas cette loi de la dîme aussi strictement que nous le devrions. Puisque nous sommes dans cette condition, il serait inutile de nous donner une loi supérieure, exigeant de plus grands sacrifices. L'observance, de la part des saints des derniers jours, de la loi de la dîme, telle que le Seigneur nous l'a donnée, consignée dans la 119e section de Doctrine et Alliances, est une nécessité absolue pour l'édification du royaume de notre Père dans les derniers jours. Une observance véritable de cette loi est nécessaire à notre bénédiction temporelle et spirituelle, et à notre salut éternel. Le Seigneur a promis que, si nous observons cette loi, il nous bénira temporellement. Nous avons eu un exemple rapporté ici par l'ancien Baliff, où l'homme qui payait sa dîme vit son salaire augmenté. Ce n'est là qu'un exemple parmi des milliers que l'on pourrait citer, illustrant comment, d'une manière temporelle, le Seigneur a béni ceux qui ont payé fidèlement leurs dîmes. Il a dit, comme il est consigné dans Proverbes, chapitre 3 : « Honore l'Éternel avec tes biens, et avec les prémices de tout ton revenu : alors tes greniers seront remplis en abondance, et tes cuves regorgeront de moût. » Puis il nous a dit, par l'intermédiaire de Malachie, certaines des choses qui arriveraient à ceux qui ne gardent pas ce commandement. Lorsqu'Israël manqua de se conformer à cette loi, il les accusa d'être des voleurs, « oui, des voleurs de Dieu », et les appela à la repentance. Je considère que les mêmes termes pourraient nous être appliqués si nous méprisons cette loi aujourd'hui ; et pourtant, c'est un fait que certains le méritent. ¶
Je me souviens, en lisant l'Écriture, que lorsque la loi de consécration était en vigueur parmi les saints de Jérusalem, un certain homme et sa femme, Ananias et Saphira, reçurent l'ordre de disposer de leurs biens et d'apporter le produit de la vente au trésor commun de l'Église. Vous vous souvenez de leur sort, de ce qui leur arriva parce qu'ils entreprirent de tromper les serviteurs du Seigneur. Ils vendirent leurs biens et n'apportèrent qu'une partie du produit à Pierre, et Pierre, par le pouvoir du Saint-Esprit, discerna et comprit la tromperie tentée par Ananias. Par le pouvoir du Seigneur, Ananias fut frappé de mort ; et parce que sa femme était complice de la tromperie, elle aussi fut frappée par le même pouvoir. ¶
Je pense parfois à notre attitude sur cette question, en tant que peuple. Le Seigneur a dit — « un dixième de vos revenus annuellement ». Si nous nous séparons des biens de ce monde et obtenons la vie éternelle, nous serons riches, mais si nous perdons la vie éternelle, perdons notre foi, entrons dans les ténèbres, apostasions de la vérité et perdons notre espérance de la vie éternelle, nous serons en vérité pauvres. Je crains que, parce que nous ne nous sommes pas conformés fidèlement aux exigences du Seigneur relatives à cette loi particulière, certains d'entre nous soient dans les ténèbres, et que la lumière de l'Esprit ne brille pas dans notre âme ; par conséquent, nous ne pouvons avoir l'espérance d'une glorieuse résurrection et du salut éternel dans le royaume céleste de notre Père. Il nous est dit, dans les révélations, que nous devons avoir l'assurance que notre conduite est approuvée du Seigneur, sinon nous ne pouvons exercer la foi nécessaire pour nous saisir des bénédictions de la vie éternelle. Si je néglige de me conformer à la loi, ou ne m'y conforme que partiellement, est-ce que je sais que ma conduite est approuvée du Seigneur ? Non, en vérité, c'est le contraire ; je saurais mieux que tout autre homme au monde que ma conduite n'est pas approuvée du Seigneur ; et il me serait impossible d'exercer suffisamment de foi pour me saisir des bénédictions de la vie éternelle. D'où le danger de négliger notre devoir relatif à cette loi si importante. J'ai dit qu'il est absolument nécessaire, pour le bien-être de l'Église et l'avancement de l'œuvre du Seigneur, que les saints des derniers jours paient leur dîme. C'est là une autre grande raison pour laquelle le Seigneur a commandé que nous donnions un dixième de nos revenus annuellement, afin que l'Église puisse être soutenue, que ses intérêts temporels puissent croître et se développer. La loi, telle que donnée dans les paroles du Seigneur à Joseph Smith, énonce que nous devons payer notre dîme, un dixième de nos revenus annuellement. Parce que la loi est ainsi énoncée, beaucoup parmi nous se sont fait l'idée qu'ils n'ont pas besoin de payer de dîme avant la fin de l'année, et qu'ils règlent alors ce qu'ils doivent au titre de la dîme — pourvu qu'ils en aient les moyens. Trop souvent, ils ne sont pas en mesure de régler entièrement lorsque la fin de l'année arrive. C'est une pratique dangereuse, et une mauvaise interprétation de la loi. Au fur et à mesure que le Seigneur nous donne, nous devrions verser la dîme, au moment même où elle nous est donnée. L'Église a besoin de la dîme tout autant au commencement de l'année, et au milieu de l'année, qu'à la fin de l'année. Les demandes adressées à l'administrateur des biens en fiducie sont continuelles, et considérables. Pour notre propre bien, et pour le bien-être de l'Église, nous devrions payer lorsque cela est dû, et éloigner de nous la tentation de retenir nos dîmes ; sachant, comme nous devrions le savoir, le tort qu'il y a pour nous-mêmes et pour l'Église à manquer de payer une dîme honnête. Si nous remettons cela à la fin de l'année, la tentation est plus grande : lorsque nous en venons à calculer ce que nous devons justement au Seigneur — un dixième de tous nos revenus — cela nous apparaît considérable. Nous avons employé, peut-être, tous nos moyens au fur et à mesure qu'ils nous parvenaient ; nous avons senti qu'il était nécessaire de vivre à la pleine mesure de notre revenu. Nous n'avons pas senti que nous pouvions réduire nos dépenses, vivre selon nos moyens, et mettre de côté un peu pour le paiement de notre dîme. Le résultat est que, lorsque la fin de l'année arrive, une multitude d'exigences pèsent sur nous — notre provision hivernale de combustible, les impôts, les vêtements pour la famille, d'innombrables obligations, certaines inattendues et imprévues. En plus de toutes ces exigences, nous avons devant nous le règlement de notre dîme. Nous constatons que certains ne sont pas mieux préparés à payer ne serait-ce qu'un mois de dîme à la fin de l'année qu'ils ne l'étaient au mois de janvier, février ou mars, pour payer la dîme due à ce moment-là. Bien entendu, il en est qui ne reçoivent pas leurs revenus mensuellement. Cela ne s'appliquera pas entièrement à eux ; mais lorsque des fonds leur parviennent, que ce soit une fois tous les trois mois, une fois tous les six mois, ou à la fin de l'année, ils devraient régler leurs comptes avec le Seigneur à mesure qu'ils obtiennent leurs revenus. Chez les agriculteurs, si nous mettons notre grain dans des silos et notre foin en meules et le réservons, l'attendant pour un meilleur prix, afin d'obtenir un peu plus de crédit sur les registres de la dîme, nous mettons en péril notre capacité à faire face à cette obligation plus tard ; c'est une pratique imprudente. Ce qu'il faut faire, c'est prendre notre grain sortant de la batteuse et en donner un dixième au Seigneur ; et le foin sortant du champ, et faire de même, ainsi que pour d'autres produits et revenus. Cela demande moins d'exercice de la foi et il y a moins de tentation de retenir une partie de notre dîme. Nous prions : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation » ; le Seigneur attend de nous que nous nous aidions nous-mêmes et évitions la tentation. C'est un moyen par lequel nous pouvons le faire ; et je recommande aux saints des derniers jours que, dorénavant, nous payions la dîme au fur et à mesure — une dîme juste et complète, afin que nous soyons consciencieux et que notre esprit soit libre et tranquille, afin que nous sachions, en ce qui concerne l'observance de cette loi, que nous avons fait la volonté du Seigneur et que nous pouvons revendiquer la bénédiction promise. ¶
Afin que la loi de la dîme puisse devenir universelle et générale — sachant que nous sommes enclins à dire que de telles instructions sont pour quelqu'un d'autre, et à ne pas nous les appliquer directement à nous-mêmes — je recommande que l'on procède comme on l'a fait à l'égard de la Parole de Sagesse. Il n'est pas rare d'entendre un président rapporter, dans un pieu de Sion, que tous les officiers du pieu, et tous les officiers de la paroisse, dans son pieu, gardent la Parole de Sagesse, ainsi qu'un très grand pourcentage du peuple. Pourquoi ? Parce qu'ils ont adopté un système consistant à commencer par le sommet, avec les présidences des pieux, pour veiller à ce que cette loi soit observée — tout comme nous avons commencé avec la Présidence de l'Église, les Douze, le Premier Conseil des Soixante-dix, le patriarche et l'Épiscopat président ; toutes ces autorités générales observent cette loi, et ce mouvement s'est étendu des officiers de l'Église au peuple. Ils ont ressenti l'influence de ce mouvement, et il est devenu universel, ou du moins populaire parmi nous en tant que peuple, d'observer la Parole de Sagesse. Si nous adoptons le même moyen avec cette loi de la dîme, qui est d'une importance plus grande, si possible, que la Parole de Sagesse, je crois que nous pourrons obtenir les mêmes résultats. Si nous le faisons, les bénédictions du Seigneur seront répandues sur nous. Nous nous préparerons ainsi à consentir le plus grand sacrifice, à nous soumettre à la loi supérieure, qui doit précéder notre sanctification. Tant que nous méprisons en partie la loi moindre, nous savons que nous ne sommes pas prêts pour cette loi sanctifiante de consécration. Plus le sacrifice est grand, plus la bénédiction est grande, car le sacrifice fait naître les bénédictions du ciel. Essayons-le. ¶
Que Dieu nous aide à être fidèles dans l'observance de cette loi, et de toutes ses lois et de ses commandements. Vivons selon notre profession de foi, afin que nous soyons vraiment une lumière pour le monde, afin que le monde, voyant nos bonnes œuvres, soit amené à glorifier Dieu et à le servir et l'adorer. Que le Seigneur nous bénisse à cette fin, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶