Répandre la vérité dans l'Est
John G. McQuarrie
(Ancien président de la mission des États de l'Est). ¶
Il y a environ quatre-vingt-neuf ans, un jeune homme, possédant cette foi d'enfant qui ne connaît pas le doute, reçut, à la suite d'une prière sincère et humble, la visite du Père et du Fils. La première question qu'il eut le privilège de poser fut : « Laquelle de toutes les dénominations ou Églises est la vraie ? » C'était un garçon de seulement 14 ans ; mais que les hommes soient vieux ou jeunes, instruits ou non, chacun doit se poser cette question très importante lorsqu'il désire se réconcilier avec Dieu, ou trouver la véritable philosophie de la vie. Et ceux qui ne se posent pas cette question n'ont pas cessé de le faire à cause de sa simplicité, mais plutôt à cause de sa complexité. Il en est peut-être qui ne posent pas la question : « Laquelle de toutes les dénominations est la vraie », mais s'ils ne la posent pas, ils essaient de trouver pour eux-mêmes, ou de se tailler pour eux-mêmes, un chemin à travers la forêt de la théorie, une route à travers le désert du doute, sans carte ni boussole, et sans direction ecclésiastique. Sans quelque connaissance venue d'une source divine, il serait impossible, à partir des diverses philosophies de la vie, de déterminer et de pouvoir répondre à cette question. Il y en a qui sont sensibles à l'impression de l'Esprit, qui connaissent et sentent la vérité par intuition, inspiration et révélation. Il y en a d'autres, comme Thomas, qui ont besoin d'avoir des lignes de raisonnement assez tangibles pour être conduits jusqu'à la porte de la connaissance, afin qu'ils puissent y frapper pour qu'elle leur soit ouverte. C'est probablement pour guider cette catégorie de personnes que le Maître dit : « C'est à leurs fruits que vous les connaîtrez », et que l'apôtre Paul dit : « Ce que vous planterez, cela aussi vous le moissonnerez. » Nous savons donc, d'après ces deux autorités incontestées, qu'il existe une loi naturelle qui règne dans le monde spirituel, que notre salut vient aussi naturellement que pousse le maïs ; que le caractère se développe tout comme d'autres productions peuvent se développer, en harmonie avec la loi naturelle. ¶
Mais laquelle de ces deux règles allez-vous appliquer pour déterminer ce que vous ferez ? Sans doute, l'épreuve de toute fleur, de toute plante ou de tout arbre en fleurs se trouve finalement dans le fruit qu'il porte. Mais l'agriculteur, pour réussir même modestement, doit pouvoir déterminer bien avant que le fruit ne soit mûr, oui, avant même que la fleur n'ait éclos, et même avant que la moindre pousse n'ait percé le sol, quelle sera la récolte. De même, dans nos vies, nous pouvons juger quelque chose d'après le fruit, mais si nous attendons que le fruit soit mûr dans notre propre vie, il est alors trop tard pour changer la récolte, en ce qui vous concerne comme moi. Nous voulons connaître le genre de semence que nous allons planter. ¶
Quand il s'agit de mettre à l'épreuve les diverses maisons de semences, les divers services agricoles, etc., ce n'est pas dans les catalogues, ce n'est pas dans les images qu'ils peignent, mais c'est dans la semence qu'ils fournissent. De même, dans les diverses Églises, ce n'est pas aux vertus qu'elles proclament que l'on peut juger. C'est dans la semence de vérité éternelle qu'elles sont capables d'implanter ; et je suis certain, mes amis, que si vous descendez jusqu'à ces vérités-semences, puis appliquez votre raison pour voir quel en sera le résultat, vous pourrez assez bien déterminer quel peut être le fruit de tout système. Certaines de ces vérités ont été mentionnées par le président Rich. Ils ont cessé de planter certaines des vieilles erreurs qui avaient été jusqu'ici plantées dans le cœur des hommes. Avant de quitter cette analogie, je voudrais faire cette remarque : il n'y a pas un homme dans cette assemblée qui ne reconnaisse une bonne pêche ou une bonne pomme quand il en voit une. Mais pourquoi tous ne récoltent-ils pas de bonnes pommes et de bonnes pêches ? C'est parce que vous êtes trop paresseux pour vous procurer la bonne semence à planter ; vous ne vous procurez pas la bonne sorte d'arbres à mettre en terre ; vous ne préparez pas le sol comme il faudrait. Vous savez à quoi ressemble un bon cheval ; pourquoi n'avez-vous pas de bons chevaux ? Vous êtes trop négligents pour vous procurer, au départ, la bonne race ; vous n'avez pas la bonne sorte de chevaux. Il en est de même lorsqu'on examine les diverses Églises. On entre dans telle Église, on y entend un beau sermon sur la vertu, et l'on dit : « N'importe qui peut croire cela, c'est vrai. On a prêché la vertu avant le Christ, et depuis les jours d'Adam jusqu'à aujourd'hui. Tout homme connaît la vertu. » Mais il s'agit d'obtenir la semence qui la produira. J'ose dire que vous pouvez entrer dans une communauté où chaque homme et chaque femme sont ivrognes, et prêcher que l'ivrognerie vaut mieux que la tempérance, et l'on vous chassera de cet endroit. Dressez-vous en un lieu où le vice abonde, et prêchez que le vice vaut mieux que la vertu, et l'on vous huera, parce que, instinctivement, les hommes semblent savoir ce qu'est la vertu, même lorsqu'ils l'ont perdue. ¶
Bien qu'on ait prêché la charité pendant des centaines et des milliers d'années, nous n'avons pourtant pas pratiqué la charité. Et pourquoi cela ? C'est parce que la bonne sorte de semences n'a pas été plantée. Nous pouvons parler de charité. Vous pouvez parler de l'ère de la fraternité humaine. Mais cette ère ne viendra jamais tant qu'elle ne sera pas précédée de cette croyance innée qu'il existe entre nous une relation réelle. L'un des plus grands prédicateurs de notre époque a prêché, il y a quelque temps, un sermon à New York. On l'a appelé le plus grand sermon jamais prêché sur cette île, depuis qu'elle fut achetée aux Indiens pour environ 25 dollars de babioles ; et il s'accorde avec ce que le frère Rich vous a témoigné. Il dit : « Combien de temps avons-nous entendu le vieux slogan des « misérables pécheurs », des « êtres dépravés », des « créatures » ! Mais si vous voulez jamais tirer quelque chose de grand des hommes, vous devez leur faire croire qu'il y a en eux quelque chose de grand ; et si vous leur faites croire qu'ils ne sont que des « créatures », des « misérables êtres », des « pécheurs éternels », attendant un tourment et une damnation éternels et sans fin, vous ne tirerez jamais rien de grand d'eux. Si j'avais un garçon destiné à devenir ramoneur, je voudrais lui faire sentir qu'il était assez bon pour ramoner le Vésuve. » Il raconta ensuite des anecdotes et des histoires sur le pouvoir qu'a la croyance sur les actions des hommes, puis il dit : « Nous ne pouvons pas insister trop fortement sur l'idée que nous sommes en réalité les fils de Dieu ; que nous ne sommes pas des « créatures », mais des esprits engendrés. Si vous faites sentir à un homme qu'il est un vagabond, il sera un vagabond. Si vous lui faites sentir qu'il est un roi, il sera un roi. Faites-lui sentir qu'il est réellement un fils de Dieu, et il s'efforcera de ressembler à son Père. » L'humanité se ressemble beaucoup partout dans le monde, et quelle que soit la semence de pensée plantée, elle finit par se traduire en action. À l'époque où l'on croyait au tourment éternel, où l'on pensait qu'un homme était un hérétique lorsqu'il différait des autres par sa croyance, où l'on pensait que le Seigneur, le grand Créateur, attendait simplement qu'il eût franchi les portes de la mort pour plonger les hommes dans un châtiment éternel, on pensait, bien sûr, ne faire qu'un peu du service de Dieu en administrant un peu de ce châtiment avant qu'ils n'y passent, et pour les avertir. Ce n'était pas leur méchanceté naturelle, ce n'était que le produit naturel de la semence qui avait été plantée. Voyez-vous la différence entre une vérité et une erreur implantées dans l'esprit ? L'une, que vous n'êtes qu'une « créature » ; l'autre, l'idée que vous êtes un esprit engendré. Cette seule et grande révélation opère une réforme dans le monde entier, la vérité éternelle s'implante dans le cœur des hommes, à savoir que Dieu est un être éternel, qu'il est véritablement le père de nos esprits. En suivant cette idée, nous en venons peu à peu à sentir que, si Dieu est notre Père, le Christ est réellement notre Frère aîné, et que nous sommes tous frères et sœurs. Tant que les hommes ne ressentiront pas cela, ils n'agiront jamais en conséquence, car là où il n'y a pas de relation comprise, il n'y aura pas d'obligation reconnue, et là où il n'y a pas d'obligation reconnue, il n'y aura pas de conscience, car la conscience est l'obligation que nous ressentons les uns envers les autres. Indépendamment des credo, indépendamment des dogmes, indépendamment, peut-être, de la révélation, nous ressentons instinctivement une sorte de relation les uns envers les autres. Mais dans la mesure exacte où cette idée est floue ou incertaine dans l'esprit des hommes, dans cette même mesure nos actions seront égoïstes et peu sincères. Vous pouvez le vérifier. Supposez que vous rencontriez un homme ; il est, peut-être, en prison, il n'a aucun moyen de s'en sortir seul. S'il se trouve être votre propre frère, vous donnez votre dernier dollar pour l'aider à sortir de sa détresse, parce que vous sentez qu'il fait partie de vous-même. Supposez qu'il soit votre cousin, vous dites : « Que son frère l'aide. » Vous ne ressentez pas beaucoup d'obligation. Supposez qu'il soit votre cousin au quarante-deuxième degré, ressentez-vous la même obligation ? Vous ne sentirez qu'il est votre frère que dans la mesure où vous reconnaîtrez cette relation. Il y a très peu de conscience entre l'homme blanc d'Europe et l'homme jaune d'Asie ; aucune relation n'est reconnue entre eux. Il n'y avait aucune conscience entre l'homme noir du Sud et son maître blanc, parce qu'aucune relation n'était reconnue entre eux. Et c'est exactement dans la mesure où cette idée, cette grande et magnifique vérité révélée par le prophète des temps modernes, deviendra généralement comprise et pleinement ressentie, que nous nous rapprocherons de cette ère de la fraternité humaine. ¶
Supposez qu'au lieu de prêcher, au lieu de croire au châtiment éternel, que la colère de Dieu dure à jamais, vous implantiez dans le cœur des hommes que la miséricorde de Dieu dure à jamais, que vous implantiez dans leur esprit l'idée que le Christ a dessein de sauver le monde entier, que, que les hommes soient infidèles en ce monde ou non, qu'ils viennent au Christ ici-bas ou non, qu'ils aient eu ou non l'occasion de l'entendre, que, bien qu'ils puissent souffrir pour les péchés qu'ils ont commis, un châtiment infini ne sera pas permis pour un péché fini ; que, lorsqu'ils auront foi en Jésus-Christ, lorsqu'ils se seront conformés à ces conditions, lorsqu'ils se repentiront de leurs péchés, lorsqu'ils se tourneront vers Dieu, sa miséricorde leur sera accordée. Or, vous ne pourriez jamais traiter un homme qui ne croit pas ou ne voit pas comme vous, comme vous le traiteriez si vous croyiez cela. Si ce seul principe avait été implanté dans l'esprit des hommes aux premiers temps, pensez-vous qu'il y aurait jamais eu une inquisition ? Pensez-vous qu'on aurait inventé ces terribles machines de torture pour punir les hommes ? Non. Leur cœur aurait été plein de charité, plein de tolérance. ¶
Si les hommes avaient toujours cru en la révélation continue, si l'on avait enseigné aux enfants, dans leurs écoles du dimanche : « Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu », pensez-vous que le chrétien aurait voulu tuer le mahométan simplement parce que le mahométan apportait les vérités qu'il possédait, en concurrence, croyait-on, avec les vérités de la Bible ? Le mormonisme est prêt à recevoir la vérité de tout homme, à recevoir toute révélation que Dieu peut envoyer par quelque canal qu'il utilise, et à laisser la lumière pénétrer par toute fenêtre dans cette chambre obscurcie de l'humanité où nous vivons. La vérité ne s'oppose pas à la vérité. ¶
Vous savez que les hommes ont prêché la charité à travers tous les âges. Le chrétien a-t-il jamais été charitable envers le Juif ? Non ; les pharaons d'Égypte, les tsars de Russie, les rois d'Assyrie, les inquisiteurs impies d'Europe se sont tous unis pour exterminer ce peuple. Mais lorsque l'Évangile fut rétabli, l'une des premières choses que fit le prophète fut d'envoyer des hommes à Jérusalem. Pour voir ce qu'ils pourraient piller, dérober et leur prendre ? Non, il envoya ces hommes bénir la terre et la consacrer, afin que le Juif pût de nouveau avoir un foyer et une nation ; et nous éprouvons de la bienveillance envers le Juif. Pourquoi ? Parce que nous pouvons sentir notre relation avec lui ; et nous prions pour le jour où le Seigneur se souviendra de ses promesses envers eux, et où ils se tourneront et se repentiront de leurs voies. L'Indien aussi, comment a-t-il été traité par les chrétiens, même de cette nation chrétienne ? On pensait qu'il était presque aussi légitime de chasser et de tuer des Indiens que des bisons ; mais lorsque la prêtrise fut rétablie, et que ce Livre de Mormon nous fut donné, nous avons appris que nous avions joué avec les Indiens sous les tentes de Jacob. Nos ancêtres jouaient ensemble autour des tentes des anciens Israélites, et nous éprouvons de nouveau de l'amitié envers l'Indien. Brigham Young disait : « Il est moins coûteux de les nourrir que de les combattre. » Vous ne verrez jamais un Saint des derniers jours qui comprend ce récit tuer un Indien. Je crois que l'un des nôtres préférerait tuer un homme blanc, parce qu'il le sent davantage son égal, plutôt que l'Indien dans son état d'affaiblissement. Qu'est-ce qui cause cette différence d'attitude ? Ce n'est pas parce que nous sommes un peuple différent ; c'est à cause des semences de vérité qui germent dans nos âmes et qui portent la moisson de la charité, de la tolérance et de la fraternité. ¶
Le mormonisme porte un message d'amour et de paix à tout le monde, au Juif et au Gentil, à l'Indien et au païen, et qu'ils soient grands ou petits, nous ressentons cette relation avec eux. S'ils sont faibles, ils ont besoin de notre aide ; s'ils sont grands, nous ne faisons que nous en réjouir. Et nous devons ce fruit de charité aux semences des vérités de l'Évangile qui ont été implantées dans nos âmes. À moins que les hommes n'aient cette connaissance d'un seul Dieu suprême, à moins qu'ils ne connaissent leur relation avec lui, ils ne peuvent absolument pas connaître leur relation les uns avec les autres, et sans connaître cette relation les uns avec les autres, sans ressentir cette relation, cette fraternité, l'ère de la fraternité humaine ne pourrait jamais advenir ; mais en la ressentant, en y croyant vraiment, elle ne pourrait jamais être arrêtée. Si nous pouvons convertir les hommes à cela, jusqu'à ce que, tout au fond de leur âme, ils croient et ressentent cette seule vérité éternelle, alors le succès du monde, le triomphe de la justice, est assuré. J'espère que, en tant que Saints des derniers jours, nous saurons apprécier cet héritage de vérité qui nous a été donné, et que nous qui nous sommes enrôlés sous l'étendard de la justice glorifierons cette cause, et continuerons à combattre sous ce drapeau jusqu'à ce que la justice triomphe, jusqu'à ce que les royaumes de ce monde deviennent les royaumes de notre Dieu, à qui il appartient de régner. ¶
Je vous rends mon témoignage, mes frères, mes sœurs et mes amis, que je sais que Jésus est le Christ, que Joseph Smith était un prophète du Dieu vivant, et que l'Évangile a été rétabli sur la terre en ce jour et en cette époque du monde. Comme le président Joseph F. Smith l'a dit ce matin, et comme le frère Ellsworth en a témoigné, vous tous qui entendez le son de ma voix pouvez recevoir ce même témoignage, en appliquant les principes de l'Évangile à votre vie. ¶
Je demande les bénédictions de Dieu sur vous tous, afin qu'il scelle dans votre esprit les vérités que vous avez entendues dans cette conférence, et je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶
Le professeur Elihu Call chanta le cantique bien-aimé, « O my Father, Thou that dwellest ». ¶