L'influence du chant et l'observance de la tempérance
John Henry Smith
Je désire posséder le bon esprit dont ont joui les frères qui nous ont parlé jusqu'ici pendant la conférence. Pour cela, je voudrais lire deux ou trois strophes de ce merveilleux cantique écrit par frère Phelps : ¶
Il n'y a pas de fin à la vertu ; Il n'y a pas de fin à la puissance ; Il n'y a pas de fin à la sagesse ; Il n'y a pas de fin à la lumière ; ¶
Il n'y a pas de fin à l'union ; Il n'y a pas de fin à la jeunesse ; Il n'y a pas de fin à la prêtrise ; Il n'y a pas de fin à la vérité ; ¶
Il n'y a pas de fin à la gloire ; Il n'y a pas de fin à l'amour ; Il n'y a pas de fin à l'être : — ¶
La mort implacable ne règne pas là-haut. ¶
Je vous félicite, mes frères et sœurs, d'avoir pu assister à cette conférence, d'avoir trouvé le temps, les moyens, et d'avoir eu l'envie d'être présents pour commémorer ce merveilleux jour. Pour moi, c'est l'un des jours mémorables de ma vie, du fait qu'il commémore l'anniversaire de naissance de mon fils aîné vivant, ainsi que l'un de mes jours de mariage. ¶
Je suis heureux du privilège d'assister à cette conférence et de recevoir l'empreinte de l'esprit dans les chants rendus par le chœur, ainsi que dans le solo donné par notre sœur, que nous venons d'entendre. Le contact de l'inspiration qui nous vient de cette source réjouit et adoucit ces réunions, et nous amène à réfléchir, probablement plus sérieusement et plus profondément, sur notre condition. Nous sommes portés à peser avec attention les possibilités de notre conduite future, en regardant en arrière sur notre vie, sous l'influence de l'esprit du chant. Je présume que des résolutions ont été prises par chaque homme et chaque femme présents, bien des fois dans leur vie passée, alors qu'ils ressentaient l'influence de l'esprit du chant, ou qu'ils écoutaient les paroles d'inspiration tombées des lèvres de leurs frères, résolutions selon lesquelles, à l'avenir, ils s'efforceraient très sincèrement et sérieusement d'appliquer dans leur vie les principes et les doctrines de l'Évangile du Rédempteur. Je présume que probablement tous ceux qui entendent ma voix, qu'ils soient membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ou de toute autre organisation religieuse du monde, ont pris ces résolutions assez fréquemment dans leur expérience, et beaucoup d'entre eux, peut-être, se sont approchés d'assez près de l'accomplissement des alliances qu'ils ont contractées dans des conversations secrètes avec eux-mêmes et avec leur Père céleste. Sans doute en sera-t-il de même de notre expérience lorsque nous quitterons cette assemblée aujourd'hui, tandis que nous pesons le passé, que nous regardons le présent, et que nous considérons et réfléchissons aux possibilités qui sont dans l'avenir. Lorsque nous regardons la liste des appels qui ont été faits parmi nos rangs ces derniers mois, et que nous considérons la possibilité qu'un tel appel nous parvienne, en tant que soldats de la croix du Rédempteur, nous ferions bien de considérer avec réflexion et attention le caractère de la semence que nous avons semée, telle qu'elle se manifeste dans la vie des enfants que notre Père céleste a confiés à notre sollicitude, et qui auraient dû être marqués, par le caractère de notre vie, à l'égard des principes de la vie éternelle. Je crois que tous les pères et mères réunis ici aujourd'hui aimeraient que chacun de leurs enfants suive attentivement, sérieusement et prudemment les doctrines qu'ils ont acceptées lorsqu'ils ont embrassé l'Évangile du Rédempteur. Nous serions très heureux si les principes moraux que nous avons eu pour but d'implanter dans l'esprit de nos semblables, en tant que hérauts de droiture, avaient laissé une empreinte dans leur esprit, aussi bien que dans le nôtre, si complètement et si profondément qu'il ne serait pas nécessaire de donner des paroles d'avertissement et de conseil, comme celles que nous continuons de donner concernant les problèmes que comporte cet Évangile des derniers jours. Malgré tout notre succès, et malgré tous les efforts que nous avons faits pour implanter ces vérités dans l'âme de nos enfants, et malgré les efforts que nous avons déployés pour établir ces principes dans l'esprit de nos semblables, nous constatons des conditions qui ne sont pas tout à fait en harmonie avec nos souhaits à cet égard. On ne trouve pas non plus, suffisamment, une considération convenable de ces problèmes dans l'esprit de ceux qui ont peut-être reçu l'empreinte de cette grande mission des derniers jours, et qui s'attachent encore à la vérité, mais qui manquent d'en appliquer les doctrines aussi complètement qu'ils le pourraient dans leur vie, et dans l'œuvre qui continue de se présenter devant eux. ¶
Notre attention a souvent été attirée sur ce principe de tempérance, dont le président Smith et les frères ont parlé ce matin, et auquel le président Lyman a fait allusion cet après-midi. Combien profondément il aurait dû s'implanter dans nos âmes. Combien complètement son empreinte aurait dû se graver dans la vie de nos enfants. Combien pleinement nous aurions dû observer cette loi, afin que, dans l'accomplissement de notre devoir à cet égard, notre exemple ait pu marquer nos semblables partout où, dans les providences de notre Père céleste, il a été de notre devoir de travailler et de servir. Elle a probablement laissé son empreinte dans des cercles plus larges que nous ne l'imaginons parfois, mais combien plus étendue aurait été son influence parmi les enfants des hommes, par suite de notre compagnie, si nous en avions reçu l'esprit. S'il y avait eu une application plus réfléchie de ce principe dans la conduite de notre vie quotidienne, sa puissance pour le bien se serait probablement répandue beaucoup plus loin qu'elle ne l'a fait. Mais mon but n'est pas de poursuivre mon discours sur ce sujet, si ce n'est pour dire que je crois que, proportionnellement à notre nombre, nous avons observé cette loi de tempérance plus pleinement que les gens du monde. Je crois que les saints des derniers jours, pris dans leur ensemble, qu'ils se trouvent dans l'État de l'Utah ou au-delà de ses frontières dans les divers États de notre Union, dans la République du Mexique ou le Dominion du Canada, ou parmi les gouvernements du monde, en ont, dans une plus grande proportion, appliqué les principes de tempérance, selon les lignes tracées par notre Père céleste, que vous n'en trouverez chez un nombre égal de personnes n'importe où dans le monde. Il est vrai qu'il existe, dans tout pays et sous tout climat, des milliers d'hommes et de femmes de bien dont le cœur s'est si pleinement donné au respect et à la révérence envers le Maître divin et ses enseignements, qu'ils ont largement appliqué ces principes moraux dans leur vie. Beaucoup de gens ont accepté ces doctrines, mais lorsqu'il s'agit de considérer leur empreinte sur une communauté entière, je crois que ces principes se sont enracinés plus profondément dans nos cœurs que dans ceux de tout autre peuple. J'espère qu'à l'avenir, en préservant nos propres droits et les droits et libertés de nos semblables, nous chercherons pleinement et complètement à obéir à l'Esprit de notre Père céleste en cette matière de tempérance, et que, par notre compagnie, son empreinte se fera sentir parmi toutes les classes de personnes avec lesquelles nous aurons le privilège de nous mêler. ¶
Mes frères et sœurs, je pense que les jeunes gens des saints des derniers jours devraient se réjouir, en effet, des privilèges qui ont été les leurs. Peu importe où ils se trouvent, ou combien ils se sont éloignés du chemin de la droiture et de la tempérance, je ne pense pas qu'aucun d'eux puisse jamais dire que les doctrines de l'Église, dont leurs parents étaient membres, n'ont pas imprimé dans leur esprit l'importance d'une vie droite. Le but de l'Église a été d'enseigner le meilleur qui pût être trouvé, et d'implanter dans le cœur de ses membres des idéaux tels que, en cherchant à se rapprocher des conditions présentées par ces idéaux, ils puissent être en avance sur les conditions trouvées chez les autres avec qui ils se sont mêlés. Pour moi, il n'existe, dans l'histoire du monde, aucun système présenté aux mortels qui offre une perspective aussi brillante que le système qui nous a été donné et qu'on appelle l'Évangile du Rédempteur. Il n'y a rien au monde qui présente aux mortels des possibilités et des privilèges tels que ceux qui sont donnés aux saints des derniers jours dans cette religion que le monde appelle le « mormonisme » — si vaste, si complète, si minutieuse en tout détail, et présentant des possibilités et des probabilités si incomparables. ¶
Songez seulement à une proposition qui touche le cœur des mères réunies ici aujourd'hui, à portée de ma voix. Comparez leur situation avec celle des mères qui croyaient aux doctrines de Calvin et du bon vieux John Knox, à l'époque où prévalait l'idée que des enfants, par milliers innombrables, étaient à jamais perdus, à moins que, par chance, leurs parents n'aient eu la prévoyance et la sagesse de leur faire administrer certaines ordonnances ; et que si, par quelque hasard, ces ordonnances n'étaient pas administrées, leurs enfants étaient éternellement perdus. Comparez cette doctrine à celle présentée par le jeune Joseph Smith, lors de l'introduction de l'Évangile en ces derniers jours, disant à toutes les mères du monde — non seulement aux mères des saints des derniers jours, mais aux mères de l'Église catholique, des Églises protestantes, de l'Église juive, de l'Église bouddhiste, et aux mères de toute confession dans le monde : « Vos enfants sont rachetés par le sang du Christ ; pas un seul d'entre eux ne sera perdu. » Quelle belle proposition, dans son ampleur, dans sa générosité ! Elle touche avec joie et allégresse la maternité de cette organisation dont nous sommes membres. Quel réconfort cela est pour elles, lorsqu'elles pressent leurs nourrissons contre leur sein et prennent soin d'eux. Et si l'un de leurs bébés s'endort dans la mort, elles se rendent compte que ces petits sont accueillis par le Rédempteur du monde, qu'ils ne sont pas des rejetés, qu'ils ne se trouveront pas parmi les injustes, les impurs, les vicieux qui ont rejeté Dieu et sa vérité. ¶
Il nous est enseigné que tout être humain qui parvient à comprendre le bien et le mal sera jugé sur la base de son acceptation ou de son rejet de la vérité. À tout homme et à toute femme, il est fait clairement et pleinement savoir que la justice de notre Père céleste opère dans l'intérêt de tous ses enfants parvenus à maturité, que tous ceux qui comprennent le bien et le mal sont responsables de la vie qu'ils mènent, et qu'à la fin ils seront appelés à répondre de leurs actes, qu'ils soient bons ou mauvais. Lorsque s'ouvriront les livres où sont consignés les faits de leur vie, ils seront jugés selon leurs œuvres et selon leur compréhension du bien et du mal. Nous ne pouvons pas traverser le monde dans l'irréflexion, le vice, l'impureté, l'injustice, en faisant le mal, en foulant aux pieds tout principe de droiture, et puis penser qu'en déclarant, avec notre dernier souffle, que nous croyons au Rédempteur du monde, la porte du ciel nous sera ouverte. Pensez à ces choses, vous, garçons et filles « mormons », lorsque les gens parlent de l'ampleur des doctrines du monde sectaire, et condamnent, et flétrissent d'infamie les doctrines et le système introduits par les providences de notre Dieu, par la déclaration du Père lui-même, dans la présentation de son Fils et dans le don des clés de la vie éternelle. ¶
Le président Winder nous a parlé ce matin de la grande œuvre accomplie dans les temples, en faveur des millions de personnes qui sont mortes sans connaître le Rédempteur du monde, sans avoir une conscience éclairée du but de son Évangile, sans connaître ces édifices glorieux consacrés à notre Dieu, où l'œuvre s'accomplit pour le salut des morts, rassemblant sous l'Évangile du Rédempteur tous ceux pour qui ces ordonnances seront administrées. ¶
Pourquoi un garçon ou une fille « mormons », où que ce soit dans le monde, devraient-ils baisser la tête lorsque des hommes flétrissent d'infamie, de manque de largeur d'esprit, de manque de valeur, de puissance ou de bonté, un système qui rend les hommes purs et sans tache, par le don de Dieu, les rachète par son sang et les couronne de la vie éternelle ? Pourquoi devrions-nous baisser la tête, ou avoir honte d'une cause qui vise à l'établissement de la droiture, et enseigne que, selon les lois de Dieu, nous serons tous jugés selon nos œuvres individuelles ? Trouverons-nous à redire à la justice et à la miséricorde de notre Dieu, alors que son grand plan, tel qu'il nous a été révélé, prévoit la rédemption de millions de personnes disparues avant nous sans connaître son Évangile, et à qui le témoignage de l'Esprit n'était pas parvenu ? Il dit à ceux qui vivent : Accomplissez votre devoir en harmonie avec les principes de droiture, alors la clé de la connaissance sera tournée, et les milliers de personnes disparues avant nous entendront et accepteront l'Évangile dans le monde des esprits ; la justice de notre Père se manifestant ainsi pour eux comme pour nous. ¶
Mes amis, particulièrement vous, jeunes gens qui entendez ma voix, je vous demande de peser ces propositions, d'étudier ces principes. Me tenant en votre présence, et ressentant l'empreinte de l'Esprit et la nature de cette grande œuvre, je vous déclare que, dans tous les systèmes et dispositifs que les hommes ont conçus par leur propre habileté, par leur propre sagesse, lumière et connaissance, il n'y a rien qui puisse s'y comparer. Tout le reste dans le monde s'évanouit en insignifiance quand nous pensons à ce merveilleux plan de vie et de salut qui a été rétabli sur la terre de nos jours. Il n'y a aucune vérité dans le monde, que ce soit dans les sciences des hommes ou dans les révélations de Dieu, qui ne fasse partie intégrante de l'Évangile que le Rédempteur nous a donné. Je vous rends témoignage de sa vérité, et j'implore votre considération réfléchie à son sujet. J'espère que ces jeunes gens peseront ses possibilités, qu'ils se garderont purs et sans tache du monde, et accompliront la mission et la destinée de saints des derniers jours véritables, sincères, dévoués et complets. Que la paix abonde avec vous tous, telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen. ¶