Pulpit

Historical Progress and Records of the Church

Andrew Jenson

1908 April General Conference·Sunday Morning Overflow Session·1908-04-05

On m'a demandé, sous la direction de l'apôtre Grant, d'occuper une place pour parler entre deux présidents de mission et deux présidents de pieu. Je l'ai remarqué particulièrement dans la nomination annoncée hier, et cela introduit naturellement dans mon esprit les deux grands objectifs que nous, saints des derniers jours, avons en vue, ou plutôt que Dieu avait en vue en commençant sa grande œuvre sur la terre en ces derniers jours, à savoir : prêcher l'Évangile dans le monde entier, d'une part, et, d'autre part, édifier des pieux de Sion — édifier des places fortes, où les élus des quatre coins de la terre puissent se rassembler pour apprendre plus parfaitement les voies du Seigneur, et marcher selon ses statuts et ses commandements. J'ai découvert, par une étude approfondie de l'histoire de l'Église, que chaque fois que les conditions au pays ont été favorables et bonnes, et chaque fois que les fils et les filles de Sion ont marché dans les sentiers de la droiture, l'esprit de Sion s'est naturellement fait sentir pour le bien à l'étranger, parmi toutes les nations où des champs missionnaires ont été établis ; et ces champs ont toujours prospéré davantage lorsque les conditions étaient favorables au pays, c'est-à-dire que les missionnaires partis à l'étranger emportaient généralement avec eux l'esprit qui régnait au pays. Lorsque les lieux de rassemblement étaient ce qu'ils devaient être, et lorsque le peuple, au pays, prospérait dans les bonnes œuvres, les champs missionnaires prospéraient généralement en proportion. Il n'y eut jamais de meilleure époque dans le champ missionnaire que peu après que les saints se furent établis dans ces montagnes, lorsque les bonnes nouvelles se répandirent que Sion avait enfin trouvé un lieu de repos, et que le peuple persécuté de Dieu, en ces derniers jours, avait finalement été amené dans une terre où il était abrité par de hautes montagnes, loin du monde méchant. Les glorieuses nouvelles qui se répandirent depuis ces vallées, en ces premiers jours, répandirent la vie parmi les saints dans le monde entier ; et, comme je le dis, jamais dans l'histoire de l'Église nos travaux missionnaires n'ont mieux prospéré que dans les années cinquante.

Cela nous introduit au grand principe du rassemblement, le grand principe des saints de Dieu se réunissant en des lieux que le Seigneur désigne comme lieux de rassemblement pour son peuple, où ils peuvent être convenablement formés et devenir ce que le Seigneur entend qu'ils soient. Ce principe remonte au commencement de la création. Vous n'y avez peut-être jamais pensé sous cet angle, mais moi, si. Au commencement, comme Moïse nous le dit, le Seigneur créa ce beau monde dans lequel nous vivons, plus beau, au commencement de son existence, qu'il ne l'est maintenant. Le Seigneur pouvait, en toute cohérence, regarder « tout ce qu'il avait fait, et voici, cela était très bon. » Néanmoins, il planta un jardin « à l'orient, en Éden, et il y mit l'homme qu'il avait formé. » Ce jardin était donc un lieu de choix sur cette terre, où tout était bon. Le jardin d'Éden fut la première demeure de l'homme, un lieu de choix, que le monde a vainement tenté avec beaucoup d'efforts de localiser, mais que nous, saints des derniers jours, par les révélations de Dieu, sommes parvenus à localiser. Cela se passa au commencement. Un peu plus tard, comme les hommes commençaient à se multiplier sur la terre, et que certains de ses habitants devenaient méchants tandis que d'autres restaient justes, le Seigneur suscita un grand patriarche, Hénoc, à qui il fut commandé de bâtir une ville, et vers cette ville les justes se rassemblèrent, et dans cette ville les habitants conformèrent leur vie aux glorieux principes de la droiture, jusqu'à ce que la ville devînt assez sainte pour être élevée jusqu'à Dieu. Nous trouvons que, dans d'autres cas, le peuple de Dieu fut averti de fuir la méchanceté et la destruction, comme au temps du déluge, lorsque le peuple était devenu si méchant qu'il fut nécessaire pour le Seigneur d'appeler ceux qui voudraient lui obéir, afin qu'ils puissent être préservés, à bâtir une arche dans laquelle il les préserva de la destruction, tandis que les méchants périssaient dans le déluge. D'une époque un peu plus tardive, nous lisons au sujet de certaines « villes de la plaine », plus tard partie du royaume d'Israël, où les justes reçurent le commandement de fuir les villes méchantes de Sodome et Gomorrhe, et de chercher refuge dans les montagnes, parce que le Seigneur avait décidé de détruire les villes méchantes de la plaine.

Peu après le déluge, également, nous trouvons que le Seigneur décida de confondre le langage du peuple, afin qu'il fût dispersé sur toute la face de la terre. À ce propos, nous lisons dans le Livre de Mormon au sujet d'un homme appelé Jared, mais plus particulièrement au sujet de celui dont le nom n'est pas donné dans le récit, appelé le frère de Jared — un homme d'une foi puissante, qui pria le Seigneur afin que le langage de lui-même et de sa famille ne fût pas confondu ; et le Seigneur entendit sa prière. Et après que le Seigneur lui eut accordé cette première requête, il pria de nouveau pour que Dieu les conduise vers une terre où lui, ses parents et ses amis pourraient demeurer seuls ; et le Seigneur lui accorda aussi cette requête, et les conduisit vers une terre de promission, vers une terre qui était « préférable à toutes les terres de la terre » (Éther 1:42). Ce fut là l'introduction des Jarédites en Amérique, et leur histoire nous dit que tant qu'ils gardèrent les commandements de Dieu dans ce pays, ils prospérèrent extrêmement.

Le cas suivant, peut-être, dans l'ordre chronologique, fut l'appel d'Abraham à Ur, en Chaldée, où le peuple s'était égaré et adorait des dieux étrangers. Dieu appela Abraham et lui commanda de sortir de son pays, et de ses parents, et de la maison de son père, vers une terre que le Seigneur lui montrerait. Et après qu'il eut voyagé, en obéissance aux commandements de Dieu, et se fut trouvé dans ce qui est maintenant le pays de Palestine, le Seigneur dit : « Je donnerai ce pays à ta postérité » (Gen. 12:7). Nous avons devant nous l'histoire des Israélites, et sans entrer dans les détails, je dirai qu'il fallut quelques centaines d'années avant que les descendants d'Abraham fussent assez nombreux pour posséder la terre de promission, et qu'ils passèrent alors quelque temps à se préparer à prendre possession de cette terre. Nous nous souvenons tous qu'ils passèrent quarante ans dans le désert, recevant des lois et se préparant à entrer dans le pays que le Seigneur avait promis à Abraham — une promesse qui fut ensuite répétée à d'autres patriarches, au fur et à mesure qu'ils se succédaient dans leur lignée. L'histoire nous dit que, plus tard, les enfants d'Israël, dans cette terre promise de Canaan, fléchirent les genoux devant Baal et d'autres idoles, et devinrent très méchants, à cause de quoi ils furent sévèrement châtiés et réduits en esclavage sous des nations païennes, et finalement dispersés parmi les nations, pour être rassemblés au temps voulu du Seigneur. Ensuite, j'attirerai votre attention sur une autre dispensation de rassemblement, ou plutôt de rassemblement au-dehors, lorsqu'un homme de bien — un prophète à Jérusalem — du nom de Léhi, quelque six cents ans avant la naissance de notre Sauveur, reçut de Dieu le commandement de quitter son pays natal — de quitter son propre peuple, et de prendre sa famille, et de partir dans le désert (1 Néphi 2:2). Et comme il entrait dans le désert, en obéissance au commandement de Dieu, le Seigneur lui parla ainsi : « Dans la mesure où vous garderez mes commandements, vous prospérerez, et vous serez conduits vers une terre de promission, oui, une terre même que j'ai préparée pour vous ; oui, une terre préférable à toutes les autres terres » (1 Néphi 2:20). Ainsi devint-il bientôt évident que Léhi et sa famille ne perdraient rien à quitter la terre de Jérusalem, car le Seigneur le conduirait vers une terre plus préférable qu'aucune autre terre à la surface de la terre ; cette terre se révéla être la même terre où les Jarédites étaient allés bien longtemps auparavant. C'est ainsi que la terre d'Amérique nous est de nouveau présentée comme la terre de Sion.

Nous avons en effet toute l'histoire du monde devant nous, en relation avec ce commandement de Dieu, de se rassembler au-dehors ou de se rassembler au-dedans, selon le cas. Le peuple de Dieu a été, encore et encore, appelé à se rassembler au-dehors ou à se réunir ensemble en certains lieux, que le Seigneur lui désignait.

Cette Église n'avait que neuf mois d'existence lorsque le Seigneur révéla aux saints des derniers jours que ce serait, elle aussi, une dispensation de rassemblement, que le temps du rassemblement d'Israël était venu, que les dispersés de Juda devaient être rassemblés, que les tribus perdues d'Israël devaient être recherchées, et que des lieux de rassemblement devaient être prévus pour eux. Quelques années plus tard, Moïse apparut au prophète Joseph Smith dans le premier temple bâti en cette dispensation, celui de Kirtland, en Ohio, et confia aux anciens de cette Église les clés du rassemblement d'Israël depuis les quatre coins du globe. Mais avant même que ces clés fussent données, le rassemblement commença vers le comté de Jackson, dans le Missouri. Je n'ai pas le temps d'entrer dans les détails, mais en 1831, pas à pas, et tout cela en très rapide succession, le Seigneur fit savoir à ses saints, en ces derniers jours, qu'il leur donnerait, comme il l'avait autrefois donné aux enfants d'Israël, une terre d'héritage dans laquelle ils demeureraient, et dans laquelle ils bâtiraient des villes à son nom, et dans laquelle ils garderaient ses commandements et ses lois comme leurs ancêtres l'avaient fait autrefois aux jours de Canaan. Notre histoire nous conduit à travers le comté de Jackson, au Missouri. Une partie de notre histoire est liée à Kirtland, en Ohio, et cela aussi d'un caractère fort intéressant ; puis nous avons nos expériences dans les comtés de Clay, de Caldwell et de Daviess, dans le Missouri. Là, nous avons une histoire de rassemblement et une histoire de dispersion ; l'histoire des attaques de foules et des persécutions, en partie à cause du manquement du peuple de Dieu à garder les commandements du Seigneur avec la fidélité requise. Ils furent chassés d'un lieu à l'autre, mais dans ces divers lieux, les saints des derniers jours firent des efforts pour bâtir des villes, et dans deux d'entre eux, dans l'État du Missouri, ils commencèrent aussi à bâtir des temples. Nous nous trouvâmes ensuite à Nauvoo, dans l'Illinois, où nous réussîmes mieux que nous ne l'avions jamais fait dans aucun autre lieu que nous avions occupé jusqu'alors dans l'est, en ce sens que nous y bâtîmes une ville plus grande et un temple plus grand que nous n'en avions jamais bâti auparavant dans notre histoire.

Puis vint le grand exode de Nauvoo vers ces montagnes, et ce fut notre privilège de nous établir dans la seule terre où les saints des derniers jours aient jamais été autorisés à demeurer en paix. Je veux vous dire ici même que, durant les derniers mois de ma vie, j'ai éprouvé le plus grand plaisir possible, en préparant les annales de l'Église, à me familiariser à fond avec les événements survenus dans ces montagnes aux premiers jours de l'Utah, ou même avant que cette région intermontagneuse fût connue sous le nom d'Utah, alors qu'il n'y avait ici aucun gouvernement, sinon celui qu'avaient institué les saints des derniers jours. Ce pays était territoire mexicain à cette époque, il est vrai ; mais aucune juridiction mexicaine ne s'y étendait, et aucune loi mexicaine n'y était appliquée, car il était si éloigné du centre du gouvernement mexicain que, par conséquent, toutes les lois qui prévalaient dans ces vallées, durant environ trois ans et demi, étaient celles édictées par ce même peuple venu de Nauvoo, accusé par ses ennemis, qui l'avaient chassé, de tous les crimes connus du code criminel. Mais ce peuple vint ici et adora Dieu, et établit une communauté dont nous sommes, aujourd'hui, à juste titre fiers, et dans laquelle existaient bien des conditions excellentes. La liberté et la justice que les pionniers de l'Utah dispensèrent en ces premiers jours nous font, vous et moi et tout saint des derniers jours, sentir de la reconnaissance. Ces vallées des montagnes devinrent notre lieu de rassemblement, et en ce lieu nous eûmes l'occasion de montrer quels étaient les fruits véritables du « mormonisme » ; nous y posâmes le fondement d'une communauté dont nous sommes justement fiers jusqu'à ce jour.

Or, mes frères et sœurs, je soulignerai simplement ce fait : que nous, saints des derniers jours, sommes soumis à des obligations semblables à celles qui pesaient sur les enfants d'Israël aux jours de Canaan, aux jours de Josué, aux jours des Juges, aux jours des rois de Juda. Les Israélites étaient tenus d'adorer le seul vrai Dieu vivant. Il leur était défendu de tomber à genoux et d'adorer les idoles des nations qui les entouraient. Et leur histoire nous dit que, tant qu'ils se souvinrent du Dieu d'Israël, et tant qu'ils gardèrent les lois qu'il leur avait tonnées du mont Sinaï, ils prospérèrent dans le pays, et personne n'eut le pouvoir de les renverser ou de les soumettre. Mais ce fut lorsqu'ils firent le mal et abandonnèrent les commandements de Dieu que les Philistins, les Madianites et les autres nations environnantes fondirent sur eux et les réduisirent en servitude ; et ce fut après qu'ils eurent crucifié le Fils de Dieu, et tué les prophètes qui leur avaient été envoyés, que les armées de leurs ennemis fondirent sur eux et les dispersèrent parmi toutes les nations de la terre, jusqu'à ce qu'ils devinssent un objet de raillerie et un proverbe parmi toutes les nations.

Le Seigneur nous a commandé, en ces derniers jours, de faire quelque chose de semblable à ce que fit l'ancien Israël en ces jours dont je parle. Il nous a donné une terre dans laquelle nous pouvons demeurer et garder ses lois et ses commandements, et notre histoire est déjà suffisamment longue pour nous raconter cette grande et véritable histoire : que lorsque nous avons fait la volonté de Dieu, lorsque nous avons écouté le conseil du Tout-Puissant, lorsque nous avons été obéissants aux hommes que le Seigneur a placés sur nous, et que nous avons écouté les murmures du Saint-Esprit, nous avons bien fait et avons prospéré dans le pays que le Seigneur notre Dieu nous a donné. Et c'est généralement dans les temps où nous n'avons pas si bien écouté que le malheur est venu sur nous.

Et maintenant, mes frères et sœurs, je sens dans mon cœur que le Seigneur nous a confié la possession du sol de cette terre occidentale, que ces vallées montagneuses sont les vallées d'Éphraïm moderne, qu'Israël doit se rassembler ici, et que la tribu d'Éphraïm y prédomine. Nous pouvons parcourir aujourd'hui le pays de Palestine, et y trouver les vallées d'Éphraïm, jadis bénies, et maintenant maudites ; mais ces vallées d'Éphraïm, en Occident, sont bénies du Seigneur. Faisons de ceci une véritable terre de Sion ; gardons les lois de Dieu et honorons ses commandements dans cette terre occidentale. Écoutons la voix de l'inspiration, et faisons de ceci une terre de tempérance, de vertu et d'honneur ; qu'il n'y ait pas d'ivrognerie dans cette terre, pour autant que nous, en tant que peuple, soyons concernés ; qu'il n'y ait pas de fornication dans le pays, et qu'aucun adultère ne demeure impuni. N'adorons aucune idole étrangère ; celles-ci ne sont peut-être pas, comme aux jours anciens, faites de bois ou de pierre, mais elles peuvent consister en des modes insensées, l'extravagance vestimentaire et des maux apparentés. Que le peuple de Sion garde aussi la Parole de Sagesse. Je ne sache pas que la prohibition, selon des principes généraux, ait été prêchée plus fortement dans aucune partie du monde que la Parole de Sagesse ne l'a été prêchée chez nous, au pays. Nous répugnons à penser qu'il soit nécessaire de nous engager par un vœu formel, ou de rejoindre une société ou une organisation particulière, dans le but de rester sobre, ou pour qu'un homme s'écarte des boissons fortes, ou de la boisson à l'excès. Il ne nous est nécessaire que d'exercer une forte volonté personnelle pour garder les commandements de Dieu ; et nous devrions être les plus disposés à les recevoir et à les observer, et nous devrions certainement accueillir la tempérance parmi le peuple de notre État, même si elle était imposée par la loi.

J'espère, mes frères et sœurs, que nous ferons ce qui est juste, afin que cette terre continue d'être pour nous une terre de Sion, et que nous continuions d'être bénis et de prospérer dans ces vallées montagneuses, afin que la parole de Dieu se répande d'ici vers toutes les nations de la terre, afin que la droiture et l'esprit du véritable Évangile de Jésus-Christ répandent leurs rayons de lumière sur les nations, et que la cause de Sion prospère en toutes terres et en tous climats, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit établi et ait domination sur la terre entière. Que Dieu hâte ce jour, telle est ma prière, au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursAndrew Jenson, « Historical Progress and Records of the Church », 1908 April General Conference, Sunday Morning Overflow Session (1908-04-05). Pulpit Vault, 1908-04-jenson-historical-progress. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).