Pulpit

L'honnêteté des saints et l'hommage de Dickens aux émigrants

Reed Smoot

1907 April General Conference·Second Day Morning Session·1907-04-06

Mes chers frères et sœurs, je suis extrêmement heureux d'avoir le privilège d'assister à cette conférence générale de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. J'ai écouté tout ce qui a été dit, et je suis heureux de dire que cela trouve un écho dans mon cœur, et je peux dire « Amen » à tous les sentiments exprimés jusqu'ici par les frères durant cette conférence.

En accord avec le président Winder, je vous témoigne que je suis en plein accord avec les sentiments de l'Adresse lue hier, et approuvée par cette conférence.

J'espère que, pour les quelques minutes où je me tiendrai devant vous, je serai dirigé et guidé dans ce que je dirai par ce même esprit bienveillant et charitable manifesté dans les paroles des orateurs précédents.

Il n'y a nul endroit sur cette terre qui me soit aussi cher que notre bienheureux État de l'Utah, et il n'y a nul peuple que j'aime autant. Je suis fier d'être membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je suis également fier d'être né de bons parents, et je remercie Dieu chaque jour de ma vie d'être né membre de son Église. J'espère et je crois que notre but et nos désirs sont de vivre en membres dignes et fidèles de l'Église, et que nous serons vrais et loyaux envers chaque principe révélé en cette dernière dispensation.

J'aime l'honnêteté et la sincérité, et je crois qu'aucun autre peuple sur la terre n'est aussi sincère dans sa croyance et sa foi que les saints des derniers jours. Ils sont honnêtes dans leurs affaires et dans leur religion ; ils disent ce qu'ils pensent, et pensent ce qu'ils disent. Quand c'est « Oui », c'est « Oui » ; quand c'est « Non », c'est « Non ». Ils sont dépourvus de l'hypocrisie si commune dans le monde. Je remercie Dieu que ce peuple, dans son ensemble, soit vrai et loyal envers sa foi et envers la volonté de Dieu à son égard.

Dans l'Adresse prononcée hier, le sentiment a été exprimé que nous espérons une enquête éclairée sur ce que le monde appelle le « mormonisme ». Mes frères et sœurs, j'espère voir le jour — et que Dieu accorde qu'il vienne bientôt — où une enquête juste et impartiale sera menée sur tous les principes de l'Évangile, et sur la vie des saints des derniers jours. Jamais il n'y a eu d'enquête d'aucune sorte mettant en question les principes de l'Évangile ou la vie des saints des derniers jours qui n'ait tourné à notre avantage en tant que peuple, et nous en avons été et en serons les bénéficiaires. Je sais dans mon cœur que si les hommes éclairés de ce monde prennent le temps de s'enquérir du véritable « mormonisme », de ce qu'en sont les fruits, la moitié de notre grande bataille dans ce monde sera gagnée.

Hier soir, j'ai pris un des ouvrages de Dickens, et après avoir lu l'article qu'il a écrit sur sa visite à un navire d'émigrants, je me suis dit combien d'hommes travaillent sous la même méprise et la même prédisposition à l'égard du peuple « mormon » que Charles Dickens, le grand romancier et écrivain anglais, avant qu'il n'ait fait une enquête personnelle. Il pensait que le « mormonisme » n'enlevait des rivages de l'Angleterre que l'écume du pays — la classe ignorante. L'article en question raconte le but de sa visite et ce qu'il a trouvé, et combien il fut profondément étonné de trouver exactement le contraire de ce qu'il attendait. Il visita le navire d'émigrants nommé « Amazon » — peut-être y a-t-il des personnes dans cette assemblée qui ont traversé l'océan sur ce navire — et voici ce qu'il dit :

« Mon navire d'émigrants se trouve amarré flanc contre le quai. Deux grandes passerelles faites d'espars et de planches la relient au quai ; et sur ces passerelles, se pressant continuellement en tous sens, comme des fourmis, se trouvent les émigrants qui vont naviguer sur mon navire d'émigrants. Je sors sur la dunette pour prendre l'air, et en examinant les émigrants sur le pont en contrebas (en effet ils sont aussi entassés autour de moi, là-haut également), je trouve encore plus de porte-plumes et d'encriers en action, et davantage de papiers, et d'interminables complications relatives aux comptes avec des particuliers pour des boîtes de fer-blanc et je ne sais quoi encore. Mais personne n'est de mauvaise humeur, personne n'a trop bu, personne ne jure ni n'emploie un mot grossier, personne ne paraît abattu, personne ne pleure ; et sur le pont, dans chaque coin où il est possible de trouver quelques pieds carrés pour s'agenouiller, s'accroupir ou s'allonger, des gens dans toutes les postures les plus incommodes pour écrire, écrivent des lettres.

« Or, j'ai vu des navires d'émigrants avant ce jour de juin. Et ces gens sont si étonnamment différents de toutes les autres personnes dans des circonstances semblables que j'aie jamais vues, que je me demande à haute voix : « Que supposerait un étranger que sont ces émigrants ! »

« Le visage vif et attentif du capitaine hâlé de l'Amazon est à mon épaule, et il dit : « Quoi, en effet ! La plupart d'entre eux sont montés à bord hier soir. Ils venaient de diverses parties de l'Angleterre, en petits groupes qui ne s'étaient jamais vus auparavant. Pourtant ils n'avaient pas passé deux heures à bord qu'ils avaient établi leur propre police, fait leurs propres règlements, et posté leurs propres gardes à toutes les écoutilles. Avant neuf heures, le navire était aussi ordonné et aussi tranquille qu'un vaisseau de guerre ! » Plus tard dans la journée, lorsque ce même canot fut rempli d'un chœur, qui chanta des glees et des rondes pendant longtemps, l'une des chanteuses, une jeune fille, chanta sa partie mécaniquement tout du long, et écrivit une lettre au fond du canot en même temps.

« « Un étranger serait bien en peine de deviner le nom qui convient à ces gens, monsieur l'Extra-commercial », dit le capitaine.

« « En effet il le serait.

« « Si vous ne le saviez pas, auriez-vous jamais pu supposer — ? » « Comment aurais-je pu ! J'aurais dit qu'ils étaient, dans leur genre, la fine fleur de l'Angleterre. » « Moi de même », dit le capitaine.

« « Combien sont-ils ? » « Huit cents, en chiffres ronds », —

« « Huit cents quoi ? Des oies, coquin ? » Huit cents mormons. Moi, voyageur extra-commercial pour la firme des Frères de l'Intérêt Humain, j'étais venu à bord de ce navire d'émigrants pour voir à quoi ressemblaient huit cents saints des derniers jours ! Et je les trouvai (à la déroute et au renversement de mes attentes) tels que je les décris maintenant avec une exactitude scrupuleuse. »

En clôturant l'article, le grand romancier dit ceci :

« Ce qui est réservé à ces pauvres gens sur les rives du Grand Lac Salé, quelle heureuse illusion ils nourrissent maintenant, sur quel aveuglement misérable leurs yeux pourront alors s'ouvrir, je ne prétends pas le dire. Mais je suis monté à bord de leur navire pour témoigner contre eux s'ils le méritaient, comme je le croyais fermement ; à mon grand étonnement, ils ne le méritaient pas ; et mes préjugés et mes penchants ne doivent pas m'affecter en tant que témoin honnête. J'ai quitté le bord de l'Amazon en sentant qu'il était impossible de nier que, jusqu'ici, quelque influence remarquable avait produit un résultat remarquable, que des influences mieux connues ont souvent manqué de produire. »

Mes frères et sœurs, tout ce que je désire en ce monde, en tant que membre de l'Église de Jésus-Christ, c'est que des hommes intelligents enquêtent honnêtement sur la vie, le caractère et la foi des saints des derniers jours. Gagnons-nous du terrain ? Certainement. Il n'y a guère d'étranger qui entre dans cet édifice et entend l'orgue — le plus doux au monde par sa sonorité — qui n'en soit favorablement impressionné. Il n'y a pas de visiteur qui assiste à nos services et écoute notre chœur qui ne mette en doute les histoires absurdes racontées sur nous. J'ai rencontré des milliers d'étrangers qui m'ont exprimé le plaisir qu'ils avaient eu à rencontrer des membres de l'Église en lien avec le Bureau d'Information, et qui ont dit que leurs idées sur le « mormonisme » en avaient été complètement changées. J'ai été stupéfait de rencontrer des centaines et des milliers d'hommes et de femmes influents de ce pays et de découvrir qu'ils ne connaissaient absolument rien de nos croyances et de nos buts, et qu'ils ignoraient ce que nous avons accompli dans le passé et ce que nous faisons maintenant en tant que peuple. Dieu merci, j'ai eu le privilège de rendre témoignage à des centaines de personnes concernant votre honnêteté, vos vertus, vos espoirs et vos buts dans la vie. Beaucoup m'ont dit qu'ils étaient ravis d'apprendre la vérité concernant les saints des derniers jours. J'ai rencontré des centaines de femmes influentes du pays, et après leur avoir parlé pendant dix ou quinze minutes, presque la première chose qu'elles me disaient était : « Eh bien, sénateur Smoot, j'ai signé la pétition demandant votre expulsion du Sénat des États-Unis, parce que je croyais les histoires publiées et racontées contre vous et l'Église mormone. » Mais elles ont été assez honnêtes pour dire que, à partir de ce moment-là, elles essaieraient de défaire tout ce qu'elles avaient tenté d'accomplir contre moi, et qu'à l'avenir elles se garderaient d'une telle injuste imposition.

Mes frères et sœurs, je crois pouvoir reconnaître la main de Dieu en dirigeant la pensée des meilleures personnes de ce pays favorablement envers les croyances et la vie du peuple mormon. Que Dieu accorde que les futures enquêtes soient honnêtes et éclairées. Si elles le sont, nous en sortirons grandement avancés, et serons reconnus comme un peuple industrieux, honnête et craignant Dieu. Au lieu de soutenir la théorie que nous ne voulons pas que quiconque sache ce que sont nos vies, nos buts, nos ambitions et nos doctrines, nous désirons tout le contraire, et voulons que tous les peuples, d'un bout du monde à l'autre, comprennent que nous désirons qu'ils nous connaissent.

Je n'ai pas honte de l'Évangile de Jésus-Christ, ni honte des fruits du « mormonisme ». Comparé à d'autres peuples, intellectuellement, le peuple mormon se situe presque au sommet, selon les statistiques. Seuls trois États de l'Union ont un pourcentage supérieur à celui de l'Utah ; et, notez-le bien, leur pourcentage supérieur est si faible qu'il est à peine perceptible. Parler de ce que le peuple mormon ne croit pas en l'éducation ! Je dis, sans crainte de contradiction réussie, que nous y croyons de toute notre âme. Nous dépensons une grande proportion des dîmes pour éduquer nos fils et nos filles en vue d'en faire des hommes et des femmes honorables, des membres dignes de l'Église, et de vaillants citoyens de ce grand pays dans lequel nous vivons.

Certains des hommes réfléchis de ce pays en sont venus à la conclusion qu'il y a quelque chose de déséquilibré dans le christianisme moderne. Il y a peu, j'ai découpé dans le « Saturday Evening Post » un article intitulé « A Weekday Religion ». Il dit :

« Il y a un sentiment général que le monde a besoin d'une nouvelle vague de sentiment religieux qui châtie le matérialisme des riches et réconcilie les pauvres avec leur sort. Il est difficile de dire si les églises ont perdu ou non toute emprise sur le peuple aujourd'hui. Les indices sont confus et partiels. Mais il est manifestement vrai que le monde n'a jamais eu davantage besoin d'une conviction religieuse authentique pour restreindre ses passions et élever ses idéaux. Quand la religion nouvelle viendra, ou que l'ancienne foi sera remodelée pour répondre aux besoins modernes, une chose est absolument certaine : ce devra être une religion qui traite les hommes activement six jours sur sept, au lieu de ne s'occuper d'eux qu'un seul jour. »

Je ne prendrai pas le temps de lire le reste de l'article. Je vous dis que le monde devra apprendre qu'une religion qui vaille la peine d'être considérée doit être une religion qui gouverne chaque individu sept jours par semaine, et non pas seulement une partie d'un jour par semaine. Nous tenons à ce point de vue en tant qu'Église, et, par conséquent, nous sommes parfois critiqués. Certaines personnes se plaignent que notre religion interfère avec les affaires temporelles de la vie. Je ne donnerais pas un sou pour une religion qui ne ferait pas partie de la vie temporelle de chaque adepte, et ne l'affecterait pas. Dieu l'a ainsi voulu. C'est le genre de religion qu'il a eu dans chaque dispensation, du commencement jusqu'à aujourd'hui — une religion qui s'adresse à l'homme chaque jour de la semaine, et chaque heure de la journée.

Je remarque, mes frères et sœurs, que le temps passe rapidement. J'avais un certain nombre de choses que je voulais dire aux jeunes gens, mais le temps qui m'était accordé est écoulé. Cependant, il y a quelques choses que je veux maintenant présenter aux saints des derniers jours. Je vous demande de les considérer comme des suggestions, et chaque suggestion comme un sermon. J'espère que vous vous en souviendrez.

Alors que j'étais assis chez moi hier soir, je pensais à certaines des choses que ma mère avait l'habitude de m'inculquer, en me demandant d'en faire une partie de ma vie. J'en ai noté quelques-unes, et je veux vous les lire aujourd'hui. Les voici :

« Priez votre Père céleste pour son aide et sa bénédiction, et, avec son amour dans votre cœur, appuyez-vous sur votre propre force de corps et d'âme.

« Prenez pour devise : la foi en Dieu, la confiance en soi, l'honnêteté et l'assiduité.

« Inscrivez à l'endroit le plus visible de votre foyer : « La chance est une folle, la ténacité est une héroïne. » »

Permettez-moi d'attirer particulièrement votre attention sur cette dernière parole, car il règne parmi le peuple une fièvre de spéculation, surtout dans les actions minières, et l'on se fie à la chance plutôt qu'à la force de son propre bras et de son propre esprit.

« Prenez garde de qui vous tenez vos conseils, et souvenez-vous que le grand art de commander est de s'attribuer une large part du travail.

« Élevez-vous au-dessus des envieux et des menteurs volontaires.

« Placez vos ambitions, vos buts dans la vie, bien au-dessus du but que vous vous proposez d'atteindre.

« Souvenez-vous que l'énergie, la détermination indomptable, jointe à un mobile approprié, sont les leviers qui font mouvoir le monde.

« Ne buvez pas de boissons enivrantes. Ne chiquez pas. Ne fumez pas. Gardez la Parole de Sagesse. Ne jurez pas. Ne lisez pas de livres de mauvais aloi, et épargnez votre temps et votre tranquillité d'esprit en ne prêtant pas attention aux journaux vicieux et mensongers.

« Soyez sérieux. Soyez généreux. Soyez civil. Aimez votre Dieu et vos semblables.

« Aimez la vérité et la vertu. Aimez votre pays et priez pour son succès.

« Soyez forts. Nous ne sommes pas ici pour jouer, pour rêver, pour dériver ; nous avons un dur labeur à accomplir, et des fardeaux à soulever : ne fuyez pas la lutte ; affrontez-la ; c'est là le don de Dieu. » « Soyez forts : ne dites pas « Les temps sont mauvais ; à qui la faute ? » et ne croisez pas les mains en vous résignant. Oh, honte ! levez-vous, parlez, et courageusement, au nom de Dieu ! »

Mes frères et sœurs, j'espère et je prie que l'esprit de Dieu soit dans vos cœurs. Je veux vous laisser aujourd'hui mon témoignage que Dieu vit, et que Jésus est le Christ. Je vous laisse aussi mon témoignage que Dieu tient la barre du navire Sion, et qu'il ne lui permettra jamais d'échouer sur les rochers, mais qu'il le protégera et le guidera. La mission confiée au prophète Joseph Smith, d'établir l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en cette dernière dispensation, pour ne plus jamais être renversée ni donnée à un autre peuple, réussira. Soyons tous humbles, et vivons de telle manière que notre conduite soit digne d'émulation. Que Dieu nous donne la force de le faire, afin que notre influence se fasse sentir d'un bout du monde à l'autre. Puissent nos jeunes gens être purs de cœur et purs dans leur vie, vivre selon les lois de Dieu et recevoir ses bénédictions ; ce que je demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Le frère William D. Phillips chanta un solo de ténor, intitulé « The Perfect Life ».

Citer ce discoursReed Smoot, « L'honnêteté des saints et l'hommage de Dickens aux émigrants », 1907 April General Conference, Second Day Morning Session (1907-04-06). Pulpit Vault, 1907-04-smoot-honesty-and-emigrants. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).