Félicitations et la croissance de l'Église
Joseph F. Smith
La Soixante-dix-septième Conférence générale annuelle de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours s'ouvrit au tabernacle, à Salt Lake City, à dix heures du matin, le vendredi 5 avril 1907, sous la présidence du président Joseph F. Smith. ¶
Étaient présents, de la Première Présidence, Joseph F. Smith, John R. Winder et Anthon H. Lund ; du Conseil des douze apôtres, Francis M. Lyman, John Henry Smith, George Teasdale, Heber J. Grant, Rudger Clawson, Reed Smoot, Hyrum M. Smith, George Albert Smith, George F. Richards, Orson F. Whitney et David O. McKay ; le patriarche président John Smith ; du Premier Conseil des soixante-dix, Seymour B. Young, Brigham H. Roberts, J. Golden Kimball, Rulon S. Wells, Joseph W. McMurrin et Charles H. Hart ; de l'Épiscopat président, William B. Preston et Orrin P. Miller. Étaient également présents un grand nombre de présidents de pieux et de missions, avec leurs conseillers, des évêques de paroisses, et de nombreuses autres personnes éminentes, hommes et femmes, représentant diverses organisations de l'Église. ¶
Le président Joseph F. Smith ouvrit la séance, et les services commencèrent par le chant, par le chœur et l'assemblée, de l'hymne : ¶
Guide-nous, ô toi, grand Jéhovah, Conduis-nous vers la terre promise, Nous sommes faibles, mais tu es puissant — Tiens-nous de ta main puissante. Esprit saint, Nourris-nous jusqu'à ce que le Sauveur vienne. ¶
La prière d'ouverture fut offerte par l'ancien David McKenzie. ¶
Le chœur et l'assemblée chantèrent ensuite l'hymne : ¶
Rédempteur d'Israël, Notre seule joie, Toi vers qui nous appelons pour une bénédiction, Notre ombre le jour, Et notre colonne la nuit, Notre Roi, notre Libérateur, notre tout. ¶
Je suis ravi de vous saluer à la réunion d'ouverture de notre conférence générale. C'est certainement rassurant et extrêmement agréable de voir tant de personnes réunies dès la première réunion. Je pense que cela indique un intérêt pour l'occasion, en particulier de la part des autorités dirigeantes de l'Église et des principaux membres. Nous sommes ravis de vous voir ici, et nous n'avons que des félicitations à vous offrir, ainsi qu'à tous les saints des derniers jours, pour l'abondance des miséricordes et des bénédictions du Seigneur sur son peuple dans tout le pays. ¶
Je ne désire rien dire ce matin dans un esprit de vantardise, ni avec une confiance excessive en nous-mêmes, mais ce que je dirai, je souhaite sincèrement que ce soit inspiré par l'Esprit du Seigneur, qui est l'esprit de sagesse, afin que je ne dise rien que le Seigneur ne puisse approuver et qui ne serait pas acceptable pour vous dans l'esprit de la vérité. Je désire présenter brièvement devant cette vaste assemblée, selon que l'Esprit m'en donnera le pouvoir, l'état actuel de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, tel que je le vois. Je parlerai d'abord de la Présidence de l'Église et de ses associés, le Conseil des apôtres. Je souhaite seulement les mentionner très brièvement ; car nous sommes ici devant vous, et il est probable que vous nous entendrez individuellement au cours de cette conférence, et que vous pourrez juger par vous-mêmes de notre esprit, de notre foi et de nos œuvres. Je suis très heureux de vous dire que la Présidence est aussi unie dans son esprit, dans sa foi et dans ses œuvres qu'elle l'a jamais été depuis l'organisation de cette Présidence. Nous vous laissons le soin de juger si notre esprit est droit, et si notre foi est fondée sur la vérité ou non. La Présidence et les apôtres sont unis dans leurs sentiments et dans leur amour les uns pour les autres. Pour autant que je puisse en juger, il n'y a pas une seule pensée dans l'esprit d'un seul membre de la Présidence ou des Douze apôtres qui ne rencontrerait la bénédiction, l'approbation et la sanction manifestes de notre grand Père et Juge. En disant cela des frères qui se tiennent à la tête, je crois ne faire que leur rendre justice et représenter brièvement, mais fidèlement, l'état réel de ces deux conseils dirigeants de la sainte prêtrise. Je suis également heureux de dire que la même bonne volonté, la même union, le même amour et la même confiance existent entre ces deux corps et les soixante-dix qui président dans l'Église. Les sept premiers présidents des soixante-dix sont unis à nous, et nous à eux. Tous ces frères sont diligents dans l'accomplissement de leur devoir. Ils sont disposés, prêts, et toujours à portée de main pour répondre à tout appel qui leur est adressé. Vous les connaissez vous-mêmes, puisqu'ils vous ont visités et ont prêché dans vos pieux et vos paroisses, de sorte que vous pouvez juger de leur esprit, et qu'ils sont dans la foi de l'Évangile, pour y demeurer à jamais, s'ils continuent à jouir de l'esprit de l'Évangile et à le cultiver, ainsi que l'amour de la vérité qui pénètre leur âme aujourd'hui. Nous nous y attendons ; nous le recherchons ; et nous ne pourrions admettre un seul instant dans nos pensées qu'il puisse jamais en être autrement avec ces trois principaux collèges de l'Église. ¶
Je suis désolé de dire que la santé et la vigueur de certains membres de l'Épiscopat président ne sont pas ce que nous pourrions désirer ; mais ils sont unis, et ils reçoivent une aide efficace dans leur office. Ce sont des hommes qui ont été éprouvés pendant des années dans leur épiscopat. Ce sont des hommes de Dieu, des hommes de vérité et de sobriété, des hommes de sagesse et de jugement, sous l'inspiration du Saint-Esprit ; et Dieu a été avec eux, en tant que collège dirigeant de la moindre prêtrise de l'Église, et ils ont été merveilleusement bénis. Ce sont des hommes vrais, selon la lumière et l'intelligence dont ils sont dotés. ¶
Je n'ai pas besoin de dire grand-chose sur notre patriarche président. Il est devant le peuple. Il n'a pas pu voyager parmi le peuple et prendre conseil avec les patriarches des différents pieux de Sion autant que nous le souhaiterions, à cause de la maladie dans sa famille ; mais nous espérons que le patriarche président de l'Église se trouvera fortifié et délivré des embarras et des obligations qui l'entravent, et pourra s'efforcer de visiter les saints et de leur administrer consolation et bénédictions, de fortifier leur foi en rendant témoignage de la vérité auprès d'eux, et ainsi de magnifier et d'honorer son saint et éminent appel ; car c'est là son devoir. En effet, on attend de tout homme sur qui repose une responsabilité, et qui est appelé par la voix de l'Esprit et soutenu par le vote du peuple, qu'il fasse son devoir jusqu'au bout, selon sa capacité et l'inspiration à laquelle il a droit dans l'accomplissement des devoirs de son office et de son appel. ¶
Je peux parler chaleureusement et avec ferveur de la fidélité, de l'intelligence et de la sagesse, de la force et de l'influence de ceux qui aujourd'hui exercent la charge de présidents de pieux. À de rares exceptions près — et je voudrais à peine admettre qu'il en existe, mais s'il en existe, elles sont bien peu nombreuses — les présidents de pieux et leurs conseillers sont des hommes selon le cœur de Dieu, fidèles à leur appel et à leurs épiscopats, fidèles à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, fidèles à leur office, fidèles et unis dans l'accomplissement de leur devoir, et veillant avec diligence sur le bien-être spirituel et temporel des pieux de Sion sur lesquels ils président. Ce sont des hommes en qui nous plaçons la confiance la plus absolue, des hommes d'intégrité, de foi éprouvée, de noble caractère, de vie pure, des pères en vérité au milieu du peuple, dont la mission est de veiller sur le bien-être de Sion et l'édification de la portion du royaume de Dieu qui leur est confiée. Je parle en bien des présidents de pieux et de leurs conseillers. Des membres des divers grands conseils, nous ne pouvons pas parler de manière aussi complète, car ils sont trop nombreux pour que nous les connaissions individuellement. Mais nous connaissons les présidents de pieux, et nous sommes plus ou moins familiers avec leurs conseillers, et nous croyons que l'on veille, dans tous les pieux de Sion, à avoir des membres de grand conseil efficaces, des hommes exemplaires dans leur vie, des hommes de bonne influence dans le pieu où ils sont appelés à être douze conseillers de la présidence, et douze juges également, pour siéger avec la présidence du pieu et régler et arbitrer les difficultés et les différends qui peuvent survenir dans le pieu, et pour veiller à la proclamation de l'Évangile, tant par le précepte que par l'exemple. Nous croyons que l'on veille avec grand soin à choisir et à maintenir des grands conseils efficaces dans tout Sion. Là où il y a de la faiblesse et quelque nécessité de changement, notre conseil aux présidences des pieux de Sion est de procéder à de tels changements, de pourvoir aux vacances dans les grands conseils, et de se munir de suppléants qui seront efficaces dans l'accomplissement du devoir qui leur incombe. On peut dire presque universellement la même chose des évêques de l'Église et de leurs conseillers. Bien sûr, les épiscopats sont fréquemment changés. Il arrive souvent que des évêques déménagent vers d'autres régions du pays, et il devient nécessaire de réorganiser les épiscopats. Puis les paroisses sont fréquemment divisées en deux ou plusieurs, et cela appelle davantage d'évêques et de conseillers. Parfois des hommes s'affaiblissent avec l'âge, et après avoir servi pendant de nombreuses années, il devient nécessaire de les libérer de la grande responsabilité de leur appel, et d'appeler des hommes plus jeunes et plus forts pour occuper leur place. C'est ainsi que nos épiscopats sont probablement changés plus fréquemment qu'aucun autre collège de la prêtrise. Mais nous ne connaissons aucune insuffisance particulière dans cette partie importante de la prêtrise. Je ne pense pas qu'il y ait dans l'Église d'organisation de plus grande importance que celle de l'épiscopat. Ce sont en effet des pères pour le peuple. C'est leur devoir de veiller sur la veuve, l'orphelin, le pauvre, le nécessiteux, le malade et l'affligé. On attend d'eux qu'ils soient non seulement des pères temporels du peuple, mais aussi des pères spirituels. Une double charge repose sur eux avec une force puissante. C'est leur affaire de veiller sur celui qui erre autant que sur celui qui est faible, et de rechercher ceux qui sont enclins à s'éloigner des chemins de la vertu et de l'honneur. On s'attend à ce que les épiscopats des paroisses soient en contact constant avec leur peuple, et que l'évêque connaisse chaque membre de sa paroisse, par les moyens établis dans l'Église par révélation divine, moyens par lesquels chaque membre de l'Église peut être atteint et son état, spirituel et temporel, connu. C'est là une grande responsabilité qui repose sur nos évêques, et en règle générale ce sont des hommes fidèles choisis par inspiration. Le choix de nos évêques n'est pas fait par le corps des membres. Permettez-moi de dire un mot à ce sujet, sur ce principe. Il n'y a aucun officier dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours choisi par le corps des membres. Le Seigneur nous a donné sa manière de faire ces choses. Il nous a révélé qu'il est du devoir des autorités dirigeantes de désigner et d'appeler ; et ensuite ceux qu'elles choisissent pour toute position officielle dans l'Église doivent être présentés au corps des membres. Si le corps des membres les rejette, il en est responsable. Il a le droit de les rejeter, s'il le veut, ou de les recevoir et de les soutenir par sa foi et ses prières. Cela est strictement conforme à la règle établie par le Seigneur. Si un officier de l'Église a ma sympathie, c'est bien l'évêque. Si un officier de l'Église mérite d'être loué pour sa patience, sa longanimité, sa bonté, sa charité, et pour son amour sans hypocrisie, c'est bien l'évêque qui accomplit son devoir. Et nous nous sentons portés à soutenir dans notre foi et notre amour les évêques et les conseillers de Sion. Nous disons aux épiscopats des diverses paroisses : Soyez unis ; voyez les choses du même œil, même s'il vous faut vous mettre à genoux devant le Seigneur et vous humilier jusqu'à ce que vos esprits se fondent et que vos cœurs soient unis les uns aux autres. Quand vous verrez la vérité, vous verrez les choses du même œil et vous serez unis. ¶
La vérité ne divisera jamais les conseils de la prêtrise. Elle ne séparera jamais les présidents de leurs conseillers, ni les conseillers de leurs présidents, ni les membres de l'Église les uns des autres, ni de l'Église. La vérité nous unira et nous cimentera ensemble. Elle nous rendra forts, car c'est un fondement qui ne peut être détruit. C'est pourquoi, lorsque des évêques et leurs conseillers ne voient pas les choses du même œil, ou lorsque des présidents et leurs conseillers ont une quelconque différence dans leurs sentiments ou dans leur politique, il est de leur devoir de se réunir, d'aller ensemble devant le Seigneur et de s'humilier devant lui jusqu'à ce qu'ils reçoivent la révélation du Seigneur et voient la vérité de la même manière, afin qu'ils puissent se présenter unis devant leur peuple. C'est le devoir des présidents de pieux et des membres du grand conseil de se réunir souvent, de prier ensemble, de tenir conseil ensemble, d'apprendre à se connaître mutuellement dans l'esprit, de se comprendre les uns les autres, et de s'unir, afin qu'il n'y ait ni dissension ni division parmi eux. Il en va de même pour les évêques et leurs conseillers. On peut en dire autant des conseils de la prêtrise du premier au dernier. Qu'ils se réunissent et s'unissent dans leur compréhension de ce qui est juste et vrai, et qu'ils avancent alors comme un seul homme à l'accomplissement du but qu'ils ont en vue. ¶
Un effort est fait (cela nous a été signalé plus particulièrement dans les pieux proches de Sion) par les présidents de pieux et les présidents des divers collèges de la prêtrise pour inciter les membres de ces conseils à s'acquitter de leurs devoirs sacerdotaux. Les collèges des grands prêtres devraient tenir leurs réunions régulières. Ils devraient se réunir aussi souvent que les circonstances le permettront ou que la nécessité l'exigera, et grandir et s'unir. Ils devraient établir leurs écoles d'instruction et d'illumination ; car c'est le devoir du collège des grands prêtres d'enseigner les principes du gouvernement, de l'union, de l'avancement et de la croissance dans le royaume de Dieu. Ils sont en effet les pères du peuple en général. Dans nos collèges des grands prêtres sont comptés les présidents de pieux et leurs conseillers, les évêques et leurs conseillers, les patriarches, et tous ceux qui ont été ordonnés à l'office de grand prêtre dans la Prêtrise de Melchisédek. Tous ceux-là appartiennent au collège des grands prêtres. Ils relèvent de sa supervision, et ils devraient avoir avec lui une union vivante, non un lien mort. Ils devraient être unis au collège de telle manière qu'ils lui donnent toute la force qu'ils peuvent lui apporter pour le bien. Ils devraient lui donner leur influence individuelle, leur soutien sincère, leur confiance, et le bénéfice de leur avis et de leur conseil. Ils ne devraient ni se désolidariser ni se désintéresser de ces questions. ¶
On peut en dire autant des collèges des soixante-dix. Je crois que les sept présidents des soixante-dix ont à cœur d'établir un meilleur système de croissance, d'avancement et d'instruction dans ces collèges. Les soixante-dix sont appelés à être les assistants des douze apôtres ; en effet ils sont apôtres du Seigneur Jésus-Christ, soumis à la direction des Douze, et c'est leur devoir de répondre à l'appel des Douze, sous la direction de la Première Présidence de l'Église, de prêcher l'Évangile à toute créature, à toute langue et à tout peuple sous les cieux à qui ils peuvent être envoyés. Ils devraient donc comprendre l'Évangile, et ils ne devraient pas dépendre entièrement de nos organisations auxiliaires pour leur instruction, ni dépendre entièrement des classes missionnaires de nos écoles de l'Église pour leur connaissance de l'Évangile et leurs qualifications pour prêcher cet Évangile au monde. Ils devraient entreprendre l'étude de l'Évangile, l'étude des Écritures et de l'histoire des rapports de Dieu avec les peuples de la terre, dans leurs propres collèges, et faire de ces collèges des écoles d'apprentissage et d'instruction, où ils pourront se qualifier pour toute œuvre et tout devoir qui pourra être exigé d'eux. Les évêques devraient prendre spécialement en charge la moindre prêtrise, et former ceux qui exercent les devoirs de leur appel — les prêtres, les instructeurs et les diacres. On devrait veiller sur nos jeunes gens. Les garçons, dès que cela sera prudent, devraient être appelés à prendre part à la moindre prêtrise. S'il était possible de les faire progresser par degrés, du diacre au prêtre, et du prêtre en montant à travers tous les offices qui leur incomberont éventuellement, ce serait l'une des meilleures choses que l'on puisse faire. Toutes ces choses devraient être suivies par les autorités dirigeantes de l'Église, spécialement celles qui président les collèges. Je répéterai ce que j'ai dit auparavant, on attend de tout homme sur qui repose une responsabilité qu'il accomplisse fidèlement son devoir, et qu'il soit diligent dans son accomplissement. Nos organisations auxiliaires, je crois, sont en excellente condition. Il me suffit de vous mentionner que nos Écoles du Dimanche n'ont probablement jamais eu de meilleure organisation qu'aujourd'hui. Il n'y a jamais eu, dans l'Église, de moment où l'on ait accordé plus d'attention à dispenser l'instruction et à établir des plans pour guider les instructeurs, dans nos Écoles du Dimanche, qu'on ne l'a fait dernièrement ; et il y a un esprit et une influence bons et vivants parmi les ouvriers de l'École du Dimanche. Je parlerai de la Société de secours comme d'une grande organisation dans l'Église, organisée par le prophète Joseph Smith, dont le devoir est de veiller aux intérêts des femmes de Sion et de toutes les femmes qui pourraient relever de leur supervision et de leurs soins, sans distinction de religion, de couleur ou de condition. Je m'attends à voir le jour où cette organisation sera l'une des plus parfaites, des plus efficaces et des plus efficientes organisations pour le bien dans l'Église ; mais ce jour sera celui où nous aurons des femmes qui soient non seulement imprégnées de l'Esprit de l'Évangile de Jésus-Christ, et du témoignage du Christ dans leur cœur, mais aussi de la jeunesse, de la vigueur et de l'intelligence qui leur permettront de s'acquitter des grands devoirs et responsabilités qui reposent sur elles. Aujourd'hui, on constate trop souvent que nos femmes jeunes, vigoureuses et intelligentes estiment que seules les personnes âgées devraient être liées à la Société de secours. C'est une erreur. Nous voulons que les jeunes femmes, les femmes intelligentes, les femmes de foi, de courage et de pureté, soient associées aux Sociétés de secours des divers pieux et paroisses de Sion. Nous voulons qu'elles se saisissent de cette œuvre avec vigueur, avec intelligence et unité, pour l'édification de Sion et l'instruction des femmes dans leurs devoirs — devoirs domestiques, devoirs publics, et tout devoir qui pourrait leur incomber. Nos Associations d'amélioration mutuelle sont en excellente condition, et font du bon travail. Je pense que le frère Heber J. Grant, tout juste revenu du champ de mission, confirmera mon affirmation que les jeunes gens qui ont reçu une formation dans les Associations d'amélioration mutuelle deviennent les missionnaires les plus efficaces et les plus accomplis au monde. Nous voulons que ce travail se poursuive, non seulement parmi les jeunes gens, mais aussi parmi les jeunes filles. Les Associations de la Primaire font une grande quantité de bien, tout comme nos ouvriers des classes de religion également. L'œuvre des classes de religion a été considérablement entravée, en conséquence des préjugés de certaines personnes et d'une disposition à faire obstacle à la voie de l'Évangile ; néanmoins elle accomplit du bien. Tout ce qui est le plus efficace pour le bien est le plus haï et combattu par l'ennemi de la vérité. ¶
Je veux dire à mes frères et sœurs ici présents ce matin que, à mon avis, il n'y a jamais eu de période où les membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours vivaient mieux, étaient plus fidèles et plus diligents qu'aujourd'hui. Nous avons divers moyens d'en juger. Une manière très précise de le savoir est le fait que la loi de la dîme est observée. Il n'y a jamais eu, dans l'histoire de l'Église, je crois, de période où la loi de la dîme ait été observée plus universellement et plus honnêtement qu'elle ne l'a été récemment par les saints des derniers jours. Les dîmes du peuple durant l'année 1906 ont dépassé la dîme de toute autre année. C'est un bon signe que les saints des derniers jours font leur devoir, qu'ils ont foi en l'Évangile, qu'ils sont disposés à garder les commandements de Dieu, et qu'ils s'appliquent plus fidèlement peut-être que jamais auparavant. Je veux vous dire encore une chose, et je le fais à titre de félicitation, c'est que nous avons, par la bénédiction du Seigneur et la fidélité des saints à payer leur dîme, pu rembourser notre dette obligataire. Aujourd'hui, l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne doit pas un dollar qu'elle ne puisse payer sur-le-champ. Nous sommes enfin en position de payer au fur et à mesure. Nous n'avons plus besoin d'emprunter, et nous n'aurons pas à le faire si les saints des derniers jours continuent à vivre leur religion et à observer cette loi de la dîme. C'est la loi du revenu pour l'Église. De plus, je veux vous dire que nous ne pourrons peut-être pas l'atteindre tout de suite, mais nous espérons voir le jour où nous n'aurons plus à vous demander un seul dollar de donation pour quelque fin que ce soit, sauf ce que vous offrirez de votre plein gré, parce que nous aurons des dîmes suffisantes dans le magasin du Seigneur pour payer tout ce qui est nécessaire à l'avancement du royaume de Dieu. Je veux vivre pour voir ce jour, si le Seigneur veut bien épargner ma vie. Cela ne change rien, toutefois, à cet égard, que je vive ou non. Telle est la vraie politique, le vrai but du Seigneur dans la gestion des affaires de son Église. ¶
Avant de m'asseoir, je voudrais faire une autre déclaration. Nos ennemis ont publié au monde que la Présidence de l'Église et les principaux officiers consomment les dîmes du peuple. Or, je vais vous confier un petit secret, le voici : il n'y a pas une seule des autorités générales de l'Église qui tire un seul dollar des dîmes du peuple pour son propre usage. Eh bien, direz-vous, comment vivent-ils ? Je vais vous en donner la clé : l'Église a aidé à soutenir, dans son enfance, l'industrie sucrière de ce pays, et elle possède des moyens investis dans cette entreprise. L'Église a aidé à établir la Z. C. M. I., et elle y a un petit intérêt, ainsi que dans d'autres institutions qui versent des dividendes. En d'autres termes, des fonds de la dîme ont été investis dans ces institutions, qui donnent de l'emploi à beaucoup, pour lesquelles le Trustee-in-Trust détient des certificats d'actions, qui valent aujourd'hui davantage que ce qui a été donné pour eux ; et les dividendes de ces investissements couvrent largement le soutien des autorités générales de l'Église. Ainsi, nous n'utilisons pas un dollar de votre dîme. J'ai pensé qu'il conviendrait de vous en dire autant, afin que, lorsque vous entendrez des hommes parler de Joseph F. Smith et de ses associés consommant les dîmes du peuple, vous puissiez le leur jeter à la figure : ils n'utilisent pas un dollar de la dîme pour leur soutien. J'aimerais que nos « amis », si l'on me permet une expression un peu vulgaire, « mettent cela dans leur pipe et le fument ». (Rires.) Un mot sur nos écoles de l'Église. Nos écoles de l'Église n'ont jamais été plus efficaces qu'aujourd'hui. Nous avons de bons hommes à leur tête, et de bons instructeurs, saints des derniers jours, qui enseignent à vos enfants les principes de droiture, d'honneur, de vertu, de vérité et d'intégrité, tout en leur donnant le bénéfice d'une éducation profane. Jusqu'à présent, nous avons eu des moyens suffisants pour prendre soin de nos écoles, mais il n'y a rien dont je m'occupe dans l'Église qui ait grandi aussi vite en si peu de temps que nos écoles de l'Église. Je ne sais pas si elles ne finiront pas par dépasser l'Église elle-même, si nous ne leur mettons pas un peu de frein. Nous devrons faire preuve d'un peu de jugement et de sagesse dans leur gestion, car elles pourraient devenir si grandes que nous ne pourrions plus du tout les porter. Nous devrons peut-être les restreindre un peu, et régler leur croissance et leur augmentation de façon à correspondre aux moyens disponibles pour leur soutien. ¶
Beaucoup de choses me viennent à l'esprit, mais je parlerai encore d'une chose. Nous avons dix-sept missions ou plus dans le monde, et ce sont surtout de jeunes gens qui président sur elles. [Il y a en tout 23 missions.] Mes frères et sœurs, laissez-moi vous dire que ces jeunes gens sont vos fils, et ce sont des hommes selon le cœur de Dieu. Nous avons une confiance absolue en leur intégrité. Nous savons qu'ils sont nés vrais et faits d'un métal véritable. Nous savons qu'on peut leur confier les grandes responsabilités qui leur incombent. Ce sont de nobles jeunes gens, des hommes d'intelligence, de vertu, d'honneur et d'intégrité, dont la parole vaut autant que la caution de n'importe quel homme, quelle que soit la solidité de cette caution. Je recommande donc ces jeunes gens, et je dis dans mon cœur : Que Dieu bénisse les présidents des missions de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours dans le monde entier. L'ancien Charles W. Penrose préside actuellement la Mission européenne, où il met à profit les capacités que le Seigneur lui a données (dont nous savons qu'elles ne sont pas de mince valeur) pour la proclamation de l'Évangile, en rédigeant des éditoriaux pour le Millennial Star, et en exerçant son influence et son intelligence dans la défense de la cause de Sion, et dans la promotion des principes de l'Évangile auprès du monde ; et il a un grand nombre d'anciens jeunes, des plus fidèles, énergiques et méritants, qui secondent ses efforts dans cette mission. ¶
Je sens que j'ai vraiment empiété sur votre temps. Je désire maintenant vous annoncer que la Présidence et les Douze ont préparé un document contenant nos vues, notre foi et nos doctrines, et affirmant la vérité en relation avec l'édification de Sion et les desseins de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, document que nous nous proposons de vous faire lire ce matin par l'ancien Orson F. Whitney, et que nous voulons ensuite vous présenter pour votre acceptation ou votre rejet, comme vous le désirez, afin qu'il sorte de cette conférence, s'il est approuvé, comme une déclaration faisant autorité de notre foi, de nos desseins et de nos œuvres, en tant qu'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. ¶
Que Dieu vous bénisse, telle est ma prière au nom de Jésus. Amen. ¶
ADRESSE AU MONDE. ¶
L'Adresse à laquelle le président Smith a fait référence dans ses remarques de clôture fut alors lue à l'assemblée, d'une manière claire et impressionnante, par l'ancien Orson F. Whitney. ¶
Le document intégral est inséré en annexe au présent compte rendu officiel des délibérations de la conférence. ¶
Après la lecture de l'Adresse par l'ancien Whitney, le président Francis M. Lyman fit la déclaration et la motion suivantes : ¶
Mes frères et sœurs — Le Conseil des douze apôtres approuve et soutient très chaleureusement les principes et les vues contenus dans l'adresse qui vient d'être lue. Le ton de ce document est admirable. Il respire un esprit de vérité et de modération qui le recommandera au jugement et à l'approbation de tous les hommes raisonnables. Comme il est dit dans le document lui-même, nous désirons la paix ; et comme la première condition à cela est une juste compréhension de la position que l'Église se propose d'adopter à l'égard des questions qui se sont posées dans le passé récent, il est très opportun qu'une déclaration franche des principes et de la politique par lesquels l'Église sera gouvernée soit faite. L'adresse qui vient d'être lue couvre ce terrain de manière très complète ; et les temps sont propices pour la publier au monde. Les orages qui se sont abattus sur nous si longtemps se sont apaisés. Ils sont passés sur nous, grâce au Seigneur, sans nous causer de dommage important. Nous ne travaillons sous aucune tension de sentiment, et nous sommes donc dans un état d'esprit propice à l'adoption de l'adresse. ¶
Je propose donc que, représentant l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, réunie en conférence générale, nous adoptions maintenant ce document présenté par la Première Présidence, et que nous l'acceptions comme une expression des principes et de la politique de l'Église que nous soutiendrons et défendrons. ¶
L'ancien John Henry Smith, en appuyant la motion pour l'adoption de l'Adresse, dit : « Croyant que les meilleurs intérêts de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont liés à cette affaire, ainsi que le bien-être du peuple américain et du monde en général, j'appuie de tout cœur cette proposition. » ¶
Le président Smith invita tous ceux qui étaient favorables à l'adoption de l'Adresse à se lever. En réponse, presque toutes les personnes de l'assemblée se levèrent, manifestant ainsi leur approbation du document. Avant de demander le vote négatif, le président Smith déclara que le sujet était soumis à la seule considération des membres de l'Église, et que si l'une de ces personnes présentes n'était pas en accord avec le contenu du document lu en leur présence, elles devaient également se lever. Personne ne répondit, et la motion fut déclarée adoptée à l'unanimité. Le chœur et l'assemblée chantèrent l'hymne : ¶
Fais ce qui est juste, l'aube se lève, Annonçant un avenir de liberté et de lumière ; Les anges au-dessus de nous notent en silence Chaque action ; fais ce qui est juste. ¶
La conférence fut ajournée jusqu'à deux heures de l'après-midi. ¶