Rapport sur la mission des États centraux
Samuel O. Bennion
(Président de la mission des États centraux.) Mes frères et sœurs, cela me procure un grand plaisir d'avoir le privilège d'assister à la conférence, et de pouvoir vous rencontrer ici à Salt Lake City ce printemps. J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt les remarques de frère Pratt, sachant qu'il a parlé d'après son expérience et qu'il s'intéresse à l'œuvre de notre Père dans sa mission. ¶
Nous avons un grand nombre des fils et des filles de Sion dans la mission des États centraux, environ cent quarante-cinq d'entre eux. Je voudrais que nous en ayons cent de plus pour aider à la grande œuvre qui s'accomplit dans cette mission. Dans le seul État du Missouri, où il y a peut-être deux millions d'habitants, nous n'avons qu'environ vingt-quatre anciens, et certains comtés de cet État n'ont jamais été visités par un missionnaire mormon. Nous recevons des demandes et des invitations pour envoyer les anciens leur rendre visite, afin que le peuple puisse se familiariser avec les principes et les doctrines du Christ tels qu'ils sont exposés et enseignés par les Saints des derniers jours. Je suis heureux de dire aussi que dans cet État, où l'on nous était autrefois si hostile, il règne maintenant un sentiment d'amitié à notre égard. Dans la ville d'Independence, où nous avons récemment établi notre siège, les gens sont en général assez amicaux. Ils nous rencontrent dans la rue et nous serrent la main, comme s'ils nous avaient déjà rencontrés auparavant. Apparemment, ils ont l'impression d'avoir toujours résidé parmi nous, et il n'y a plus l'esprit d'antagonisme qu'il y avait autrefois. Je suis très reconnaissant envers le Seigneur qu'il en soit ainsi, que nous vivions en paix avec nos voisins, bien que ce soit un bastion de l'église réorganisée. Un certain nombre de membres laïcs de cette organisation assistent aux services que nous tenons. Le deuxième ou le troisième dimanche que nous y étions, nous avons dû louer une salle à Independence pour accueillir les gens — des gens qui avaient appartenu aux Whitmerites et à diverses autres ramifications issues de l'Église mormone. Ils assistent à nos classes des Écoles du sabbat. Deux vieux messieurs m'ont dit, quelques jours avant mon départ : « Nous nous intéressons à votre œuvre ; nous aimons le Livre de Mormon que vous utilisez comme manuel dans votre École du sabbat. » L'un d'eux a dit : « Cela me plaît ; c'est la première fois que je m'y intéresse depuis ma jeunesse. » Ils appartenaient à l'église whitmerite, mais, dirent-ils, « nous allons enquêter, nous allons rester avec vous et voir ce que vous avez à nous enseigner. » ¶
L'œuvre du Seigneur croît dans la mission des États centraux. Frère Duffin, qui y a travaillé et présidé avant moi, y a posé de bonnes fondations, et nous progressons bien, et nous prenons plaisir à nos travaux. Les anciens sont honnêtes et énergiques ; je ne pense pas que nous ayons un fainéant dans la ruche ; nous distribuons dans les environs de deux mille livres chaque mois. Ces anciens sont occupés à tenir des réunions, et trouvent de nombreux curieux, peut-être trois là où nous n'en trouvions qu'un autrefois, et ils travaillent avec zèle à l'édification de l'Église et du Royaume de Dieu. Je veux vous dire, frères et sœurs, que vous devriez les aider ici, chez vous. Priez pour le succès de ces anciens, afin qu'ils ne soient pas égarés, mais qu'ils restent fidèles et patriotes dans la grande œuvre qu'ils ont été envoyés accomplir. Et quand vous écrivez aux missionnaires, à vos fils et à vos filles, écrivez des lettres encourageantes, et n'écrivez pas des choses qui leur donneront le mal du pays. Ce sentiment ne vient pas de notre Père céleste, et nous ne devrions pas être des instruments pour le faire naître dans le cœur des anciens. Cela a été l'une des difficultés auxquelles nous avons eu à faire face, des gens à la maison écrivant des choses qui ont tendance à décourager les anciens. Les gens à la maison devraient aider les anciens à garder l'esprit de leur mission et de leur appel. ¶
J'aime l'œuvre du Seigneur, l'œuvre dans cette mission, et chaque ancien qui y travaille ; ils sont unis et de bonne volonté. Ce sont des hommes de Dieu, travaillant à l'édification de son Église et de son Royaume, et ce ne sont pas des oisifs. Je ne connais pas un seul cas d'un ancien qui ne fasse pas son devoir en ce moment, du mieux qu'il le peut. Ils s'efforcent de garder les commandements du Seigneur, et travaillent avec zèle. Quatre-vingt-dix pour cent des anciens de cette mission voyagent sans bourse ni sac ; aujourd'hui, vous pourriez trouver environ cent vingt de ces jeunes gens qui parcourent péniblement ce pays, du nord au sud, sans argent, prêchant l'Évangile, distribuant des tracts, tenant des réunions et écoulant des livres. Le Seigneur les bénit, et ils n'ont que rarement à dormir dehors. Nous avons récemment tenu quatre conférences, et je pense que pas plus de trois de nos anciens ont rapporté avoir dû dormir dehors au cours des six derniers mois. Je vous le dis, le Seigneur bénira tout homme qui sort prêcher son Évangile selon la méthode qu'il a commandée, c'est-à-dire sans bourse ni sac, surtout là où on le peut. Nous avons cependant certains endroits où nos anciens ne sont pas autorisés à voyager sans bourse ni sac, mais dans ces cas la responsabilité ne repose pas sur nos épaules. Si nous sommes fidèles dans nos travaux, personne ne peut se lever et nous accuser de négligence. Après cette vie, lorsque ces anciens rencontreront les hommes ou les femmes à qui ils auront rendu un témoignage fidèle, et leur auront dit : « Je veux que vous lisiez ces livres qui sont les nôtres, et que vous vous mettiez en mesure de voir si nous avons raison ou tort ; lisez le Livre de Mormon et ces brochures », s'ils ont fait cela, on ne pourra pas se lever dans le monde éternel pour les accuser de négligence de devoir. Parmi les brillants jeunes gens qui sont venus nous aider au cours des six derniers mois, il y en a qui ont fréquenté des collèges, et qui ont eu de l'expérience dans diverses occupations de la vie, ce qui les rend d'autant plus précieux. Un homme qui a reçu une éducation collégiale et une bonne expérience pratique de la vie, et dans l'Église de Dieu chez lui, est inestimable. Nous en avons quelques-uns de cette sorte, et il semble que nous ne puissions pas nous en séparer. mais bientôt, bien sûr, il le faudra. J'espère que nous en obtiendrons davantage, et que nous obtiendrons assez d'anciens pour accomplir l'œuvre que nous nous efforçons d'accomplir dans ce champ. Nous avons dans notre colonie de l'État du Texas environ 500 personnes. Il y a parmi elles de jeunes personnes brillantes et intelligentes, mais nous n'avons pas assez d'aide pour les instruire, ou pour travailler dans leurs Écoles du dimanche. Nous avons là un ancien qui enseigne dans une école, et qui enseigne la musique. Si nous pouvions obtenir au moins deux sœurs, fidèles et solides dans la foi, qui pourraient descendre là-bas et enseigner à quelques-unes de ces jeunes filles comment enseigner à ces jeunes gens dans l'École du sabbat et dans les associations, ce serait une grande bénédiction. Les anciens qui vont dans cette mission, qui ont été de bons hommes dans la communauté ici, et qui ont assisté à leurs réunions et à leurs devoirs chez eux, font les meilleurs missionnaires. Nous avons trois anciens du Canada, venus dans le champ de la mission depuis des postes actifs dans la vie. Ils avaient fréquenté les associations d'amélioration mutuelle, et chacun d'eux pouvait répondre intelligemment aux questions et accomplir tout travail missionnaire qui leur était demandé. Cela indique que le peuple du Canada est zélé dans l'œuvre du Seigneur. ¶
Que les bénédictions du Seigneur reposent sur ce peuple et ses dirigeants, et sur cette conférence, et sur les anciens d'Israël et ses Saints partout, je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶