Pulpit

Rapport sur la mission des États centraux

James G. Duffin

1906 October General Conference·Sunday Morning Overflow Session·1906-10-07

Je me sens reconnaissant, mes frères et sœurs, des bénédictions dont j'ai joui durant cette conférence, en me réunissant avec vous à Sion, et en écoutant les paroles de conseil, d'instruction et d'inspiration tombées des lèvres des serviteurs du Seigneur. Nous qui avons passé de longues années dans le monde comme missionnaires, séparés du corps de l'Église, pouvons pleinement apprécier, je crois, la communion de nos frères et sœurs, lorsque nous venons assister à ces conférences générales de l'Église. Les paroles prononcées par notre bien-aimé président, Joseph F. Smith, à l'ouverture de cette conférence, ont certainement dû inspirer l'âme de tous ceux qui aiment l'œuvre du Seigneur, d'une détermination à être plus fidèles encore, si possible, et plus dévoués aux principes éternels que Dieu a révélés pour le salut de ses enfants. J'ai senti, ce matin, que je voulais vous lire quelques mots tirés d'une révélation donnée au prophète Ésaïe concernant cette grande œuvre des derniers jours, et la joie et la satisfaction qu'elle apporterait dans l'âme de ceux qui recevraient la parole de Dieu, s'humilieraient devant lui et rendraient obéissance aux ordonnances sacrées qu'il a révélées des cieux. Je lis au vingt-neuvième chapitre d'Ésaïe : « En ce jour-là » (parlant du temps où Dieu devait accomplir une œuvre merveilleuse et un prodige parmi les peuples du monde) « les sourds entendront les paroles du livre ; et, délivrés de l'obscurité et des ténèbres, les yeux des aveugles verront. Les malheureux se réjouiront de plus en plus en l'Éternel, et les pauvres feront du Saint d'Israël le sujet de leur allégresse. Car le violent ne sera plus, le moqueur aura fini, et tous ceux qui veillaient pour l'iniquité seront exterminés, ceux qui condamnaient un homme pour un mot, tendaient des pièges à qui défendait sa cause à la porte, et violaient par la fraude les droits de l'innocent. »

Pour ceux qui recevraient l'Évangile que Dieu devait établir sur cette terre, cette œuvre devait leur apporter joie et paix. Ils devaient se réjouir dans le Saint d'Israël, leur esprit devait être éclairé, leurs oreilles ouvertes pour entendre, afin qu'ils puissent comprendre les principes que Dieu devait révéler, et de ce fait, la joie et la paix devaient entrer dans leur âme. Pour ceux qui aiment le mensonge plutôt que la vérité, parce que leurs actes sont mauvais, cette œuvre devait apporter la haine dans leur cœur ; leurs voix et leurs mains devaient s'élever contre les doctrines de la droiture et contre l'oint de Dieu. Mais il a laissé consigné le fait que ceux-là ne prospéreraient pas dans leurs voies mauvaises, et que la méchanceté de leur cœur ne prévaudrait pas sur ces principes éternels de vérité qu'il avait révélés, ni sur ceux qui rendent obéissance à ces principes.

Maintenant, je veux attirer votre attention sur une autre promesse que le Seigneur a faite par l'intermédiaire d'un autre de ses serviteurs, qui a vécu plusieurs centaines d'années après le temps où il donna cette révélation à son serviteur Ésaïe. Je ne m'arrêterai pas pour vous la lire, mais je citerai la révélation donnée au disciple bien-aimé de notre Seigneur et Maître, alors qu'il était prisonnier sur l'île de Patmos. Il dit : « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. »

Or, mes frères et sœurs, voici deux promesses que notre Père céleste a autorisé son serviteur à consigner, concernant la grande œuvre qu'il devait accomplir dans les derniers jours. Elle devait être rétablie sur la terre par un ange — un messager envoyé des cours de gloire. Lorsque ce message viendrait sur la terre, il devait apporter joie et paix dans l'âme de ceux qui le recevraient. Notre Père céleste a toujours envoyé ses messagers aux hommes qu'il a choisis, en raison de leur fidélité prémortelle, et ils viennent sur la terre au temps que Dieu a fixé pour qu'ils y soient. Ces messagers devaient venir vers les instruments choisis du Seigneur, pour délivrer leurs messages et conférer l'autorité venue des cieux, et c'est par cette autorité que ce message s'est répandu parmi les nations de la terre, en ces derniers jours. En accomplissement de ces promesses, Dieu a envoyé des messagers en ces jours, précédés d'abord par sa propre apparition glorieuse et celle de son Fils bien-aimé, Jésus-Christ. Ces messagers ont apporté l'Évangile de la vie éternelle. Ils apparurent à Joseph Smith, le prophète, et à son compagnon de service, Oliver Cowdery, leur imposèrent les mains sur la tête et leur conférèrent l'autorité de la Sainte-Prêtrise. Ainsi revêtus de la puissance d'en haut, ces hommes allèrent parmi le peuple ; ils enseignèrent les voies de la vie ; ils administrèrent les ordonnances sacrées à ceux qui recevraient cette glorieuse bénédiction, par laquelle ils étaient amenés dans l'Église et devenaient membres du royaume de Dieu. Et d'autres furent appelés à l'œuvre du ministère, et eux aussi allèrent porter ce message d'un Évangile rétabli ; et depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, l'œuvre de proclamer la vérité n'a jamais cessé. Mais elle n'est pas encore pleinement accomplie, car il a dit qu'elle devait aller « à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple », et que les principes de la vie éternelle devaient leur être enseignés, et qu'ils devaient être avertis des jugements à venir.

Maintenant, mes frères et sœurs, depuis l'âge de vingt-six ans, j'ai passé neuf années comme missionnaire auprès du peuple de ce pays où nous vivons. Le Seigneur a jugé bon de m'appeler à présider durant les sept dernières années, et j'ai pensé qu'il pourrait vous intéresser que je vous donne quelques statistiques de l'œuvre que nous avons accomplie dans la mission des États centraux, où je travaille actuellement. Ces statistiques que je vais citer couvrent une période de six ans et demi, commençant le 1er janvier 1900 et se terminant le 1er juillet 1906. Durant cette période, 515 anciens et neuf sœurs — des esprits d'élite que Dieu a envoyés pour aider dans cette œuvre des derniers jours — ont travaillé dans cette mission. Durant ces six ans et demi, les missionnaires ont visité 709 314 familles d'étrangers, soit environ quinze fois le nombre de familles que compte l'État de l'Utah. Ils ont revisité 55 226 de ces familles. Ils ont rendu visite à des membres de l'Église au nombre de 65 994 ; ils ont eu 738 879 conversations sur l'Évangile, et distribué 1 146 848 tracts. Ces humbles serviteurs de Dieu, et les pures sœurs qui les assistaient, ont vendu 54 349 livres et en ont prêté 14 807 ; ils ont tenu 43 036 réunions, avec une assistance de 944 798 personnes, soit près d'un million de personnes à qui ils ont prêché l'Évangile dans des réunions publiques, ainsi que dans des réunions de rue et de chaumière. Ils ont accompli, durant cette période, 1 808 baptêmes, et béni 1 576 enfants. Je veux maintenant attirer votre attention sur le nombre de pages de littérature que cela représente. Des tracts que nous avons utilisés, aucun ne comptait moins de 16 pages. L'un d'eux fut écrit par l'apôtre Charles W. Penrose, intitulé « Ce que croient les mormons », dont nous avons distribué environ 50 000 exemplaires. Les autres tracts que nous avons employés comptaient pour la plupart 32 et 44 pages. En multipliant le nombre de tracts par le nombre de pages que chacun contenait, nous trouvons un total de 35 949 000 pages de lecture distribuées sous cette forme durant la période mentionnée. Il y avait 24 500 000 pages de lecture dans les livres qui ont été vendus et prêtés, ce qui fait un total général de soixante millions quatre cent quarante-neuf mille pages de lecture distribuées dans cette seule mission durant six ans et demi.

Mes frères et sœurs, le Seigneur a dit que cet Évangile devait aller à toute nation, tribu, langue et peuple, et voici un échantillon de l'œuvre accomplie par les serviteurs du Seigneur, et par nos sœurs missionnaires, en accomplissement de la promesse que Dieu a faite lorsqu'il donna une révélation à son serviteur Jean, sur l'île de Patmos. Si vous alliez parmi ces missionnaires leur demander quel effet ce labeur a eu sur eux-mêmes, ils vous diraient qu'il a apporté la paix dans nos familles, qu'il nous a donné la joie, qu'il a apporté la satisfaction dans notre âme, et que nous nous réjouissons en effet dans le Saint d'Israël. Vous voyez donc que, par l'œuvre qu'accomplissent vos fils, vos maris et vos filles, les promesses consignées par notre Père céleste s'accomplissent dans cette grande œuvre des derniers jours.

Je veux dire un mot sur l'intégrité de ces jeunes frères parmi lesquels j'ai travaillé avec tant de satisfaction. Ceci vous racontera toute l'histoire que je vais maintenant vous lire : « Des 515 missionnaires sur lesquels j'ai présidé durant cette période, deux sont restés en mission un mois ; un est resté deux mois ; trois ont servi trois mois ; trois autres six mois ; deux, quatre mois ; et trois, dix mois ; tous les autres missionnaires sont demeurés sur le terrain de seize à trente mois chacun. Sur l'ensemble, il n'y en eut que deux qui désertèrent la cause du Maître. Ils vinrent nous trouver, exprimèrent leur intention d'abandonner l'œuvre missionnaire qui leur était confiée, et rentrèrent chez eux sans être libérés. Douze autres eurent de bonnes raisons de rentrer chez eux après un séjour de seulement un à dix mois en mission, à cause d'une maladie contractée dans leur œuvre missionnaire, d'un décès, ou d'une maladie grave d'un proche parent à la maison ; ils reçurent donc des libérations honorables, à la demande de la prêtrise chez eux ou pour d'autres bonnes raisons. Songez à ces missionnaires servant sans aucun espoir de récompense terrestre, ne regardant qu'à leur Père céleste pour leur récompense, payant leurs propres dépenses, la plupart d'entre eux voyageant sans bourse ni sac, quittant leur foyer et leurs affaires, et allant accomplir joyeusement ce labeur ardu ! Quand vous considérez que seulement deux d'entre eux ont déserté la cause du Maître, pouvez-vous trouver un tel bilan où que ce soit dans les pages de l'histoire, en dehors de l'œuvre de notre Père céleste ? »

Autre chose que je veux dire : pas un seul de ces jeunes hommes ne s'est souillé ; pas un seul. Ils ont conservé leur vertu. Lorsqu'ils sont rentrés chez eux, et que les bras de leurs épouses bien-aimées, de leurs mères, de leurs pères et de leurs sœurs les ont enlacés, ceux-ci ont su que ces maris, ces fils et ces frères revenaient dans leurs bras aussi purs qu'ils avaient quitté le foyer familial.

Mes frères et sœurs, le temps approche où je quitterai cette mission, et je veux vous dire qu'il n'y a jamais eu un seul instant, depuis que je suis entré dans la mission des États centraux, il y a sept ans cet automne, où je n'aie pas apprécié mon labeur ; chaque jour et chaque instant ont été pour moi une joie et une satisfaction. Lorsque je la quitterai, ce sera avec gratitude dans le cœur envers mon Père céleste, qui m'a donné le privilège d'entrer dans cette mission et d'y demeurer toutes ces années. La mort est entrée dans ma famille durant ce temps. Un doux petit enfant, âgé de deux ans et demi, est mort ; et ma chère mère a déposé son corps épuisé pendant que j'étais là-bas. Je veux dire un mot au sujet de cette noble mère qui était la mienne. Bien que son corps fût tourmenté par la douleur, bien qu'elle eût aimé revoir son fils avant que son corps ne fût mis au tombeau, quel fut pourtant son message ? « Mon garçon, reste à ton poste de devoir. » Le même sentiment a été exprimé par ma noble épouse et chacun de mes enfants. Il y a trois ou quatre ans, alors que mon foyer était dans le sud de l'Utah, mon fils aîné, qui était resté fidèle et loyal durant cette œuvre missionnaire, voulut aller à l'école. Il désirait recevoir une instruction dans l'un des établissements d'enseignement supérieur, mais il me dit, m'écrivant au sujet de quelques-uns de ses compagnons qui partaient : « Je regrette de ne pouvoir les accompagner », mais, dit-il, « j'ai pris la résolution de rester ici, à la maison, jusqu'à ce que nous ayons achevé cette mission que Dieu nous a donnée. » Il a maintenant vingt-quatre ans, et il est encore à la maison, fidèle et loyal à cette œuvre que Dieu nous a donnée à accomplir, et il en est de même de chacun de mes enfants, et de chaque membre de ma famille. Comme je dois, dans quelques semaines, rentrer définitivement chez moi, et qu'un homme de Dieu a été choisi pour prendre ma place, j'ai jugé bon de vous présenter quelques-unes de ces choses, à vous, saints des derniers jours, afin que vous sachiez ce qui a été accompli par vos fils et vos filles dans cette mission.

Encore un point avant de terminer. Nous avons publié, dans cette mission, il, 500 exemplaires du Livre de Mormon, dont la totalité a été écoulée, à l'exception d'environ 200. Nous avons publié 20 000 exemplaires de la Voix d'avertissement ; ainsi que 6 980 exemplaires des Discours de Cowley, et près de 2 000 000 de tracts. Beaucoup d'entre eux ont été envoyés à d'autres missions, et ont été achetés par les saints. Voilà encore un peu de l'œuvre qui s'accomplit en accomplissement des promesses et des prophéties de Dieu, consignées à travers les écrits et les paroles de ses serviteurs, tant dans les temps anciens que dans les temps plus récents.

Que la paix du ciel soit avec vous, mes frères et sœurs. Que le Saint-Esprit soit dans votre âme. Puissiez-vous être fidèles et loyaux à cette œuvre de Dieu et à la Sainte-Prêtrise. Je me réjouis que vos fils et vos filles soient revenus de cette mission fidèles et loyaux. Pendant qu'ils y étaient, ils ont été instruits dans la vérité et encouragés à conserver leur vertu, et ils ont été exhortés à demeurer fidèles et diligents à leur retour chez eux. Je sens que mon désir est de continuer à œuvrer au service de mon Maître tous les jours de ma vie. Que Dieu vous bénisse. Amen.

Citer ce discoursJames G. Duffin, « Rapport sur la mission des États centraux », 1906 October General Conference, Sunday Morning Overflow Session (1906-10-07). Pulpit Vault, 1906-10-duffin-report-central-states. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).