Pulpit

Mes chers frères et sœurs et amis...

David O. McKay

1967 October General Conference·First Day Morning Meeting·1967-09-29

Mes chers frères et sœurs et chers auditeurs et téléspectateurs : conscient de la profonde responsabilité qui m'incombe d'adresser un message aux membres de l'Église lors d'une conférence générale, je sollicite sincèrement votre bienveillance, votre compréhension et votre soutien spirituel. Je prie pour que les bénédictions du Seigneur soient avec nous afin que nous ayons une réceptivité spirituelle sans précédent aux vérités de l'Évangile, non seulement au cours de cette session d'ouverture, mais tout au long des réunions de cette 137e conférence semi-annuelle. Je souhaite à chacun de vous une cordiale bienvenue, et je tiens à vous exprimer ma reconnaissance pour votre présence dans ce tabernacle historique, dont nous célébrons le centième anniversaire ce mois-ci.

Je reconnais avec une profonde gratitude la loyauté et la foi des membres de l'Église, et j'exprime de nouveau mes sincères remerciements pour vos prières en ma faveur, qui m'ont soutenu et fortifié. C'est véritablement une joie et une riche bénédiction d'être associé avec vous dans l'œuvre du Seigneur, et je suis reconnaissant pour le succès et la croissance de l'Église au cours des six derniers mois.

Vous serez sans doute intéressés d'apprendre que, pour la première fois, les sessions de cette conférence sont retransmises en couleur sur plus de 200 stations aux États-Unis et au Canada, et toucheront un potentiel de 40 millions de foyers.

« Afin que tous soient un »

« Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

« Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

« Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

« Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité.

« Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.

« Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.

« Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,

« afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.

« Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jean 17:14-22).

Ce texte est extrait de l'une des prières les plus glorieuses — je suppose la plus grande prière — jamais prononcées en ce monde, sans même excepter la Prière du Seigneur. C'était la prière du Christ prononcée juste avant qu'il n'entre dans le jardin de Gethsémané la nuit de sa trahison. Ce dut être impressionnant pour Jean de s'en souvenir avec une telle fidélité et de l'écrire mot pour mot, comme il l'a fait ici.

L'occasion elle-même devait être impressionnante pour Jean, et sans doute tandis qu'ils s'agenouillaient dans cette chambre haute avant de franchir cette belle porte pour entrer dans Gethsémané, le jardin d'oliviers au pied du mont des Oliviers, il nota particulièrement la supplication du Sauveur. Je ne connais aucun chapitre plus important dans la Bible. Les passages que j'ai cités contiennent deux messages importants pour vous et pour moi. L'un de ces messages se trouve dans ces mots : « Rends-les un comme toi, Père, et moi sommes un. »

Le principe de l'unité

C'est le principe de l'unité qui a permis aux paroisses, aux pieux, aux branches et aux missions de l'Église de progresser et d'accomplir les desseins pour lesquels l'Église a été établie. Cela n'aurait pas pu se faire par la dissension et la haine. Il y a eu des difficultés. Chaque membre de l'Église a ses propres idées. Parfois, elles ne coïncident pas avec celles de l'épiscopat, ni avec celles de la présidence du pieu, ni avec celles de la Présidence de l'Église ; mais chacun a dû subordonner ses idées propres au bien de l'ensemble, et dans ce but unifié, nous avons accompli des choses admirables.

Pour l'avenir de l'Église

En songeant à l'avenir de cette Église et au bien-être des jeunes gens et des jeunes filles, ainsi que des mères et des pères, je me sens inspiré qu'il n'y a pas de message plus important à transmettre que celui « d'être un », et d'éviter tout ce qui pourrait provoquer une scission parmi les membres. Je sais que l'adversaire n'a pas d'arme plus redoutable contre un groupe quelconque d'hommes ou de femmes dans cette Église que d'enfoncer un coin de discorde, de doute et d'animosité.

Le prophète Joseph Smith a parlé du nuage qui pèse sur l'Église lorsque nous ne sommes pas unis. Il a déclaré : « Le nuage qui pesait sur nous a éclaté en bénédictions sur nos têtes, et Satan a été déjoué dans ses tentatives de me détruire ainsi que l'Église, en faisant naître des jalousies dans le cœur de certains frères ; et je remercie mon Père céleste pour l'union et l'harmonie qui règnent maintenant dans l'Église. » (Documentary History of the Church, vol. 2, p. 355 ; italiques ajoutées.)

L'expérience des enfants choisis du Seigneur en d'autres occasions nous signale les causes d'échecs temporaires découlant de la discorde et du refus de se soumettre à la volonté de Dieu. Aux Juifs de l'ancienne Jérusalem, le Seigneur a dit :

« Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu !

« Voici, votre maison vous sera laissée déserte » (Matthieu 23:37-38).

Et dans notre propre dispensation, aux saints qui, une fois de plus par la division et la désunion, n'ont pas vu la rédemption de Sion, il a dit :

« Voici, je vous le dis, n'étaient les transgressions de mon peuple, parlant de l'Église et non d'individus, ils auraient pu être rachetés dès maintenant » (D&A 105:2).

Le défi est devant nous ; nous ne pouvons faillir aux engagements divins qui nous ont été confiés en tant que peuple. L'unité d'intention, tous travaillant en harmonie au sein de la structure de l'organisation de l'Église telle qu'elle a été révélée par le Seigneur, doit être notre objectif. Que chaque membre, instructeur et dirigeant ressente l'importance du poste qu'il occupe. Tous sont importants pour le succès de l'accomplissement de l'œuvre de Dieu, qui est notre œuvre.

L'unité dans la foi

Aux saints d'Éphèse, l'apôtre Paul a donné ce sage conseil :

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ;

« il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,

« un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.

« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,

« pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ,

« jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éphésiens 4:4-6, 11-13).

L'unité d'intention, avec chacun travaillant en harmonie, est nécessaire pour accomplir l'œuvre de Dieu. Dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith environ un an après l'organisation de l'Église, le Seigneur fait connaître dans un sens large pourquoi sa grande œuvre à accomplir a été rétablie pour le bien de l'humanité et pour préparer la voie de sa seconde venue. Il dit : « Et c'est ainsi que j'ai envoyé mon alliance éternelle dans le monde, pour être une lumière pour le monde et un étendard pour mon peuple, afin que les Gentils la recherchent, et pour être un messager devant ma face pour préparer la voie devant moi » (D&A 45:9).

Nous y apprenons les grandes obligations placées sur ce peuple d'aider le Seigneur à réaliser ces desseins parmi les hommes. Cela exige l'unité et le dévouement à ses objectifs. Devant cette nécessité, le Seigneur a donné cet avertissement : « ... Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister » (Matthieu 12:25).

La plus grande protection

La plus grande sauvegarde que nous ayons pour l'unité et la force dans l'Église réside dans la prêtrise, en l'honorant et en la respectant. Ô mes frères — présidents de pieu, évêques de paroisse, et vous tous qui détenez la prêtrise — que Dieu vous bénisse dans votre rôle dirigeant, dans votre responsabilité de guider, de bénir, de réconforter le peuple sur lequel vous avez été appelés à présider et à qui vous rendez visite. Guidez-les pour qu'ils aillent vers le Seigneur et recherchent l'inspiration afin de vivre de manière à s'élever au-dessus de la bassesse et de la mesquinerie, et de vivre dans le domaine spirituel.

Reconnaissez ceux qui président sur vous et, si nécessaire, demandez leurs conseils. Le Sauveur lui-même a reconnu cette autorité sur la terre. Vous vous souvenez de l'expérience qu'eut Paul alors qu'il approchait de Damas avec des mandats d'arrêt en poche pour saisir tous ceux qui croyaient en Jésus-Christ. Une lumière resplendit soudain autour de lui, et il entendit une voix qui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »

Et Saul dit : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire » (Actes 9:4, 6).

Il aurait pu dire à Saul en quelques mots ce qu'il devait faire, mais il y avait une branche de l'Église à Damas, présidée par un humble homme nommé Ananias, et Jésus a reconnu cette autorité. Il connaissait la nature de Saul. Il savait que dans l'avenir il serait difficile pour Saul de reconnaître l'autorité de l'Église, comme les faits l'ont prouvé plus tard. Saul dut recevoir des instructions concernant l'Évangile de Jésus-Christ de l'homme même qu'il s'apprêtait à arrêter.

Reconnaître l'autorité locale

C'est là une leçon pour nous tous dans cette Église. Nous aussi, reconnaissons l'autorité locale. L'évêque peut être un homme humble. Certains d'entre vous peuvent penser qu'ils lui sont supérieurs, et cela se peut, mais il a reçu son autorité directement de notre Père céleste. Reconnaissez-la. Recherchez ses conseils et les conseils de votre président de pieu. S'ils ne peuvent répondre à vos difficultés ou à vos problèmes, ils écriront aux Autorités générales et obtiendront les avis nécessaires. La reconnaissance de l'autorité est un principe fondamental.

L'unité et ses synonymes

L'unité et ses synonymes — l'harmonie, la bienveillance, la paix, la concorde, la compréhension mutuelle — expriment un état auquel le cœur humain aspire constamment. Ses contraires sont la discorde, la querelle, le conflit, la confusion.

Je ne puis guère imaginer de choses plus répréhensibles dans un foyer que l'absence d'unité et d'harmonie. D'un autre côté, je sais qu'un foyer où règnent l'unité, l'entraide mutuelle et l'amour est un véritable coin de ciel sur la terre. Je suppose que presque chacun d'entre vous peut témoigner de la douceur de vivre dans un foyer où ces vertus prédominent. Avec la plus profonde et humble reconnaissance, je chéris le souvenir de n'avoir jamais vu, enfant dans le foyer de ma jeunesse, la moindre querelle entre mon père et ma mère, et que la bonne entente et la compréhension mutuelle ont été le lien d'union qui a soudé une fratrie privilégiée. L'unité, l'harmonie et la bienveillance sont des vertus à cultiver et à chérir dans chaque foyer.

Prendre garde à l'égoïsme et à la jalousie

L'un des premiers facteurs qui engendrent la discorde est l'égoïsme ; un autre est l'envie : « Frère Untel m'a croisé sans m'adresser un mot. » « L'épiscopat a choisi sœur Untel comme organiste, alors qu'elle ne joue pas deux fois moins bien que moi. » « Je ne vais plus à la réunion de la prêtrise parce que l'épiscopat a désigné tel homme comme conseiller des prêtres. » « L'École du Dimanche a choisi Untel comme instructeur. » « Le surintendant m'a relevé et j'en suis blessé. » « La présidence de pieu ne m'a jamais remarqué et je me sens offensé. » « Les Autorités générales ne voient pas toujours les choses du même œil. » Oh ! cent et une petites futilités de ce genre peuvent survenir — de petites choses, insignifiantes en elles-mêmes comparées aux réalités plus grandes et plus vraies de la vie. Et pourtant, je sais par expérience que l'adversaire peut les grossir au point d'en faire des montagnes dans nos vies, et nous nous formalisons, et notre spiritualité dépérit parce que nous nourrissons de tels sentiments.

Prendre garde à l'esprit de critique

Il est un autre élément — la propension à critiquer — lié à cet esprit d'envie. Nous critiquons un voisin. Nous disons du mal les uns des autres. Quand ce sentiment survient, c'est une bonne chose que de chanter ce cantique mormon bien connu, « Ne disons point de mal ».

« Non, ne médisons point ; un mot bienveillant ne saurait laisser de blessure cuisante ; et oh ! colporter chaque histoire entendue est indigne d'une âme noble. Bien souvent, une meilleure semence est jetée en choisissant la voie la plus douce, car, si peu de bien soit-il connu, efforçons-nous d'en dire le meilleur.

« Ne disons donc point de mal, mais soyons indulgents envers les faiblesses d'autrui comme envers les nôtres. Si vous êtes le premier à voir un défaut, ne soyez pas le premier à le divulguer, car la vie n'est qu'un jour qui passe ; aucune lèvre ne peut dire combien elle est brève ; alors, dans le peu de temps qu'il nous reste, disons de chacun le meilleur possible. » (Hymns, n° 116.)

La parabole de la rose, de la branche d'aubépine et du lis

« Disons de chacun le meilleur possible. » Ne serait-ce pas une magnifique leçon pour le monde aujourd'hui, au milieu des fausses propagandes qui se propagent d'une nation à l'autre — insultant, souillant, diffamant ? N'est-ce pas terrible lorsque vous y pensez à la lumière de l'Évangile ?

Et cela me rappelle une belle histoire que j'ai lue il y a de nombreuses années. Cela se passait avant que les canons anglais n'ouvrent les portes de la nation japonaise. En ce temps-là, ils vénéraient leurs ancêtres comme ils le font aujourd'hui, mais ils adoraient également les beaux recoins de la nature ; et aujourd'hui encore, si vous empruntez un sentier gravissant l'une de ces collines, vous pouvez être certain qu'il vous mènera à un panorama magnifique où contempler les beautés de la nature.

L'histoire raconte qu'un vieux philosophe rencontrait les gens et leur enseignait les leçons de vertu et de droiture qu'il tirait des fleurs et des arbustes qui poussaient si abondamment dans ce pays. Un matin, à l'issue de son exposé, le vieux philosophe fut abordé par un artisan qui lui dit : « Ce soir, quand vous rentrerez de votre promenade, voudriez-vous m'apporter une rose pour que je puisse en étudier les étamines, les pétales, et comprendre la leçon que vous nous avez donnée hier soir ? »

Le vieux philosophe dit : « Je vous donnerai la rose ce soir. »

Un deuxième s'approcha et dit : « Voudriez-vous m'apporter une branche d'aubépine afin que je poursuive mon étude de cette plante ? » Et il répondit : « Je vous apporterai une branche d'aubépine. »

Et un troisième dit : « Voudriez-vous m'apporter un lis ce soir pour que je puisse étudier la leçon de la pureté ? »

« Je vous apporterai un lis. »

Après la journée de travail, les trois hommes attendaient le philosophe à la porte. Au premier, il remit la rose, au deuxième la branche d'aubépine, et au troisième le lis, comme il l'avait promis.

Soudain, l'homme à la rose s'écria : « Oh, il y a une épine sur la tige de ma rose ! »

Et le deuxième dit : « Et il y a une feuille morte accrochée à ma branche d'aubépine. »

Et le troisième, encouragé par les remarques de ses compagnons, ajouta : « Et il y a de la terre attachée à la racine de mon lis. »

« Voyons voir », dit le vieux philosophe, et il reprit la rose au premier, la branche d'aubépine au deuxième et le lis au troisième. De la rose, il cassa l'épine et la donna au premier. Il détacha la feuille morte de la branche d'aubépine et la tendit au deuxième. Il enleva la terre des racines du lis et la mit dans les mains du troisième. Tenant la rose, la branche d'aubépine et le lis, il dit : « Eh bien, chacun de vous a obtenu ce qui l'a attiré en premier. J'avais laissé l'épine sur la rose à dessein, la feuille morte sur l'aubépine, et la terre sur le lis. C'est cela qui a attiré votre attention d'abord. Vous pouvez les garder maintenant, et je garderai la rose, la branche et le lis pour la beauté que j'y vois. »

Nombreux sont ceux parmi nous qui ont une écharde dans la chair, comme Paul. Peut-être à certains d'entre nous s'accroche-t-il une feuille morte de quelque action passée. Il se peut qu'il y ait un peu de boue dans notre caractère, mais chacun possède aussi une rose dans sa vie, une branche d'aubépine ou un lis. Et c'est une leçon glorieuse à apprendre pour nous : voir la rose et fermer les yeux sur l'épine ; voir la branche d'aubépine et fermer les yeux sur la feuille morte ; voir le lis et ignorer la terre dans le caractère de notre prochain.

La bienveillance parmi les hommes

Je ne connais rien qui contribuera davantage à l'unité dans une paroisse, dans un pieu et dans l'Église que le fait pour les membres de voir le bien en l'homme et de dire du bien les uns des autres.

À l'horizon mondial, les calamités continuent de menacer les peuples — la tragédie de la guerre avec la souffrance des innocents, l'harmonie brisée des foyers dans la mort d'un vaillant fils ou d'un époux. Les germes de discorde et de confusion parmi les foules, provoqués par les émeutes et les violences de toutes sortes, rendent indispensable la nécessité d'une unité absolue dans nos propres rangs, alors que nous voyons ces troubles mondiaux déchirer le foyer et saper notre civilisation même.

Être vigilant contre la discorde

Alors que nous nous préoccupons de l'unité dans l'Église, nous ne devons pas être insensibles aux forces du mal qui nous entourent, tant ici en Amérique que dans le reste du monde — des influences dont le but avoué est de semer la discorde et la querelle parmi les hommes en vue de saper, d'affaiblir, sinon de détruire complètement les formes constitutionnelles de gouvernement. Si je m'exprime clairement et si je condamne les pratiques et les objectifs répréhensibles de certaines organisations, ne pensez pas que je nourrisse de la malveillance ou de l'inimitié dans mon cœur envers d'autres citoyens des États-Unis ou les citoyens de tout autre pays dont les opinions sur les politiques gouvernementales ne concordent pas avec les miennes. Mais lorsque des actes et des complots sont manifestement contraires à la parole révélée du Seigneur, nous nous sentons justifiés d'en avertir les hommes. Nous pouvons être charitables et indulgents envers le pécheur, mais nous devons condamner le péché.

Les desseins corrupteurs des forces du mal

Des avertissements opportuns et appropriés ont été donnés de temps à autre sur le danger et les ravages de la guerre. Il existe un autre danger plus menaçant encore que la menace d'invasion d'une nation pacifique par un ennemi étranger. Ce sont les agissements antipatriotiques et les complots sournois de groupements et d'organisations déloyales au sein d'une nation, provoquant la désagrégation, qui sont souvent plus dangereux et plus fatals qu'une opposition extérieure.

Par exemple, un individu peut d'ordinaire se protéger des orages, et même des tempêtes, du froid glacial ou de la chaleur intense, de la sécheresse, des inondations ou d'autres extrêmes de la nature ; mais il est souvent sans défense lorsque des germes pernicieux pénètrent dans son corps ou qu'une tumeur maligne commence à saper les forces d'un organe vital.

La perfidie de « l'ennemi de l'intérieur »

L'Église n'est que peu ou pas du tout blessée par les persécutions et les calomnies d'ennemis ignorants, mal informés ou malveillants. Un obstacle bien plus grand à son progrès vient des critiques, des paresseux, des transgresseurs de commandements et des cliques apostates au sein même de ses quorums et de ses instances ecclésiastiques.

Il en va de même pour tout gouvernement. C'est l'ennemi de l'intérieur qui est le plus menaçant, surtout lorsqu'il menace de désagréger les formes établies de bon gouvernement.

Aujourd'hui, il y a dans ce pays des ennemis sous forme d'« -ismes ». Je les appelle des anti-américanismes, et ce qui est vrai en Amérique l'est aussi dans d'autres pays. Seuls quelques-uns des dirigeants combattent à visage découvert ; la plupart des troupes agissent comme des termites, semant secrètement la discorde et sapant le gouvernement stable. De la vérité de cette affirmation, les enquêtes menées par un comité du Sénat des États-Unis et par le FBI apportent d'abondantes preuves. Sur la menace de l'un de ces mouvements, le docteur William F. Russell, doyen du Teachers College de l'université Columbia, et l'une des nombreuses autorités que nous pourrions citer concernant l'activité pernicieuse de ces groupes, a déclaré il y a près de 30 ans dans un discours qui s'est depuis révélé prophétique :

Le plan de l'ennemi

« Les dirigeants communistes n'ont cessé de soutenir que le communisme ne peut subsister dans un seul pays. Tout comme nous avons combattu pour "rendre le monde sûr pour la démocratie", ils luttent pour rendre le monde sûr pour le communisme. Ils mènent ce combat aujourd'hui. Chaque pays doit devenir communiste, selon leur conception. Ils ont donc envoyé des missionnaires. Ils les ont abondamment pourvus de fonds. Ils ont gagné des adeptes. Ces convertis ont été organisés en petits groupes appelés "cellules", agissant chacun comme une unité sous les ordres d'un supérieur. C'est presque une organisation militaire. Ils attaquent là où sévit le chômage. Ils attisent le mécontentement parmi les opprimés. Ils publient et diffusent de nombreux journaux et brochures. »

Poursuivant, le docteur Russell déclare : « Ce sont des feuilles diffamatoires. Dans un seul numéro, j'ai relevé vingt-neuf inexactitudes factuelles. Après l'un de mes récents discours, ils ont distribué un tract m'attaquant, avec une inexactitude délibérée dans chaque paragraphe... L'idée est de tenter d'attirer dans leurs filets ces enseignants, prédicateurs, travailleurs sociaux et réformateurs généreux et animés d'esprit civique qui connaissent la détresse et veulent y porter remède. Ces communistes savent ce qu'ils font. Ils obéissent à leurs ordres. Ils aimeraient particulièrement dominer nos journaux, nos universités et nos écoles. La campagne est très similaire partout dans le monde. J'ai vu les mêmes articles, presque les mêmes brochures, en France et en Angleterre qu'aux États-Unis. » ("How to Tell a Communist and How to Beat Him", allocution prononcée en 1939.)

La perfidie de la désobéissance civique

L'un de nos sénateurs américains attirait tout récemment l'attention sur les conditions qui règnent aujourd'hui dans notre pays. Il a déclaré : « L'Amérique a été frappée ces trois ou quatre dernières années par une épidémie d'actes dits de désobéissance civile. Des arrêtés municipaux et des lois des États ont été délibérément et intentionnellement enfreints par des individus et des groupes. La propriété privée a fait l'objet d'intrusions délibérées.

« Des foules sont descendues dans la rue, perturbant le commerce, créant le désordre public et portant atteinte à la paix. La désobéissance civile a parfois été préconisée du haut de certaines chaires à travers le pays et encouragée, à l'occasion, par des déclarations malavisées de représentants publics. Les attroupements ont fréquemment été si importants que la police était impuissante à procéder à des arrestations.

« Ces actes de soi-disant désobéissance ont été proclamés par d'importantes personnalités politiques comme s'inscrivant dans la plus pure tradition américaine. On a prétendu que c'était une bonne doctrine chrétienne de passer outre aux lois des hommes qui s'opposaient à la conscience individuelle, et bien sûr, par déduction, que ceux qui appliquaient ces lois humaines devaient être pareillement ignorés. C'est là [en vérité] une doctrine étrange et fausse...

« Rares sont ceux qui ont osé élever la voix par crainte d'être qualifiés de "fanatiques", et les représentants de l'ordre public ont été dépeints comme des méchants, tandis que les manifestants et les partisans du sit-in défiant la loi devenaient les figures suscitant la compassion. »

Le péril de bafouer la discipline

Le sénateur poursuit ensuite : « Enfin, le facteur le plus responsable et le plus dévastateur qui sous-tend les émeutes, la criminalité galopante et le mépris de la loi et de l'ordre est sans doute le relâchement de la discipline, qui est manifeste aujourd'hui parmi un nombre croissant de jeunes dans notre société. Le foyer américain n'est plus ce qu'il était, et cela se traduit par une discipline parentale qui a perdu de sa rigueur.

« Trop d'enfants n'apprennent pas à respecter leurs aînés. L'atmosphère générale de permissivité imprègne trop de foyers, trop d'écoles et trop d'églises en Amérique. Quelques hommes d'Église, très éloquents et très audibles, préconisent la mort de la divinité.

« Ce sont là tous les symptômes d'une société malade, une maladie qui, si on la laisse poursuivre son cours sans réagir, détruira l'ordre légal et une société progressiste d'hommes libres.

« Dans un tel climat de permissivité, de désobéissance civile et d'irrespect de la loi civile, les graines du crime ont pris des racines plus profondes et la nation récolte à présent la moisson. » (Sénateur Robert C. Byrd de Virginie-Occidentale, Deseret News, 7 août 1967.)

Ainsi assistons-nous aux tentatives déployées en ce moment même par des forces insidieuses pour introduire la querelle et la confusion au sein des sociétés organisées de l'humanité.

« Préserve-les du mal »

Et maintenant, mes frères et sœurs, je me fais l'écho de la prière du Sauveur : « Rends-les un, Père, comme toi et moi sommes un. Dans le monde, mais non du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. » (Voir Jean 17:15 et suivants.)

Que Dieu nous aide afin que nous puissions continuer à servir l'humanité ; que nous puissions ressentir dans nos cœurs le privilège que nous avons de servir les enfants de Dieu ; que nous soyons unis en tant que son peuple, et que nous soyons unis en tant que nation.

« Marcher avec droiture devant le Seigneur »

Puisse chaque père magnifier la prêtrise de Dieu dans son propre foyer et, avec sa tendre épouse et compagne, enseigner à ses enfants les voies du Seigneur telles qu'elles nous ont été révélées.

Les détenteurs de la prêtrise doivent veiller sur l'Église toujours, car le Seigneur a donné cette instruction afin que nos familles marchent avec droiture devant notre Père céleste : « Le devoir de l'instructeur est de veiller toujours sur l'Église, d'être avec les membres et de les fortifier,

« de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'iniquité dans l'Église, ni de dureté réciproque, ni de mensonge, de médisance ou de calomnie,

« de veiller à ce que l'Église se réunisse souvent et à ce que tous les membres fassent leur devoir » (D&A 20:53-55).

Je témoigne que nous sommes engagés dans l'œuvre de Dieu, dans le salut des âmes. Puissions-nous trouver la force, grâce à l'unité au sein de l'Église, d'aller de l'avant dans l'accomplissement de ses desseins. C'est là ma prière humble, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « Mes chers frères et sœurs et amis... », 1967 October General Conference, First Day Morning Meeting (1967-09-29). Pulpit Vault, 1967-10-mckay-my-dear-brethren-and-sisters-and. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).