Frères de la prêtrise, et chers...
David O. McKay
Frères de la prêtrise, et chers collègues dans l'œuvre, mon cœur est plein de gratitude ce soir pour le privilège de participer à cette réunion avec vous. Il y a une concentration de puissance dans ces réunions de la prêtrise qui est une source d'inspiration. Nul qui y assiste ne peut échapper à cette influence, et la responsabilité de vous adresser un message est écrasante. Je prie donc pour votre bienveillance, votre foi et vos prières afin que le message donné soit divinement guidé. ¶
« Chers collègues »
Il a toujours été dans ma nature d'apprécier la compagnie de mes associés. J'aime être avec mes amis, et plus je vieillis, plus profonde devient mon appréciation de la fraternité dans le Christ, et je le ressens ce soir plus profondément, plus sincèrement que jamais auparavant. En ressentant votre esprit, je me représente ceux d'entre vous qui sont réunis dans l'Assembly Hall, et dans les 478 autres réunions tenues en cette heure à travers les États-Unis et au Canada. Je n'ai dans mon cœur que des bénédictions pour vous. J'aime vous appeler mes chers associés et compagnons de travail, et cet amour est semblable à celui que nous portons à nos familles. Si nous pouvons préserver cette unité, cette confiance, rien au monde ne pourra arrêter la progression de cette œuvre. ¶
Réconfort d'une relation étroite avec Dieu
Le plus grand réconfort dans cette vie est l'assurance d'avoir une relation étroite avec Dieu, et je crois en cette affirmation que « la plus grande bataille de la vie se livre dans les chambres silencieuses de votre propre âme ». Il a été dit que « la conscience de Dieu est la plus haute réalisation de l'expérience humaine et le but suprême de la vie humaine. C'est là la vraie religion. C'est une expérience mentale et spirituelle de l'ordre le plus élevé ». Beaucoup d'entre vous, membres de la prêtrise, savent ce qu'est cette expérience. C'est une bonne chose que de s'asseoir et de communier avec soi-même, de parvenir à une entente avec soi-même et de décider, dans ce moment de silence, quel est son devoir envers sa famille, envers son Église, envers son pays, et ce que l'on doit à ses semblables. ¶
Besoin de spiritualité, de méditation, de communion
Compte tenu des responsabilités qui incombent à ce corps de détenteurs de la prêtrise et de dirigeants de l'Église, particulièrement en ces temps incertains et cruciaux, j'aimerais souligner le besoin d'une plus grande spiritualité, de plus de méditation et de communion avec notre Père céleste. Je demande à vous, hommes de la prêtrise — présidents de pieu, évêques et autres dirigeants de pieux et de paroisses — de veiller à ce qu'un esprit de recueillement soit maintenu dans nos foyers et dans nos lieux de culte. ¶
Nos lieux de culte offrent une occasion merveilleuse de communier avec soi-même et de communier avec le Seigneur, particulièrement durant le moment de la Sainte-Cène. Le dimanche est un jour de culte, que nous lui consacrons. Nous pouvons être assurés qu'il sera présent dans cette maison de culte pour nous inspirer si nous venons dans une disposition d'esprit convenable pour le rencontrer. ¶
Nous ne sommes pas prêts à le rencontrer si nous apportons avec nous des pensées concernant les affaires matérielles, et particulièrement si nous venons en sachant que nous avons été déloyaux envers nos épouses et d'autres membres de nos familles, et en apportant des sentiments de haine, d'inimitié et de jalousie envers notre prochain. Très certainement, aucune personne ne peut espérer entrer en communion avec le Père si elle nourrit une telle déloyauté ou éprouve de tels sentiments, car ils sont étrangers au culte et tout particulièrement en désaccord avec la participation à la Sainte-Cène. ¶
Valeur de la méditation
Je pense que nous accordons trop peu d'attention à la valeur de la méditation, principe de dévotion. Dans notre culte, il y a deux éléments : l'un est la communion spirituelle issue de notre propre méditation ; l'autre est l'instruction venant d'autrui, en particulier de ceux qui ont l'autorité de nous guider et de nous instruire. Des deux, le plus profitable sur le plan intérieur est la méditation. ¶
La méditation, langage spirituel
La méditation est le langage de l'âme. Elle est définie comme « une forme de dévotion privée ou d'exercice spirituel, consistant en une réflexion profonde et continue sur un thème religieux ». La méditation est une forme de prière. Nous pouvons réciter des prières sans susciter la moindre réponse spirituelle. Nous pouvons réciter des prières comme le roi injuste dans Hamlet, qui disait : « Mes paroles volent vers le ciel, mes pensées restent en bas : des paroles sans pensées ne vont jamais au ciel. » (William Shakespeare, Hamlet, acte III, scène 3.) ¶
Le poète Robert Burns, mettant en contraste la forme extérieure du culte et la prière de l'âme, a dit : ¶
« La Puissance céleste irritée fuira ce vain spectacle, ces accents pompeux, cette étole sacerdotale ; mais peut-être, dans quelque chaumière isolée, entendra-t-elle avec joie le langage de l'âme, et inscrira-t-elle dans son Livre de vie ses pauvres habitants. » (Robert Burns, « The Cotter's Saturday Night ».) ¶
Porte sacrée vers la présence du Seigneur
La méditation est l'une des portes les plus secrètes et les plus sacrées par lesquelles nous entrons dans la présence du Seigneur. Jésus nous a montré l'exemple. Dès qu'il eut été baptisé et qu'il eut reçu l'approbation du Père — « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Matth. 3:17) —, Jésus se retira sur ce qui est aujourd'hui connu comme la montagne de la Tentation où, durant quarante jours de jeûne, il communia avec lui-même et son Père et médita sur la responsabilité de sa propre grande mission. L'un des résultats de cette communion spirituelle fut une force telle qu'elle lui permit de dire au tentateur : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matth. 4:10.) ¶
Avant de prononcer le magnifique Sermon sur la montagne, il était dans la solitude, en communion. Il fit de même après ce jour de sabbat bien rempli, lorsqu'il se leva de bon matin après avoir été l'hôte de Pierre. Pierre trouva sans doute la chambre d'amis vide, et lorsqu'avec d'autres il chercha Jésus, ils le trouvèrent seul. C'est ce matin-là qu'ils lui dirent : « Tous te cherchent. » (Marc 1:37.) ¶
De nouveau, après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus dit aux Douze de renvoyer la foule. Puis Jésus, dit l'historien, monta sur la montagne pour être dans la solitude ; et « le soir venu, il était là seul. » (Matth. 14:23.) Méditation ! Prière ! ¶
La méditation lors de la Sainte-Cène
Je crois que le bref moment de l'administration de la Sainte-Cène est l'une des meilleures occasions que nous ayons pour une telle méditation, et rien ne devrait, durant ce moment sacré, distraire notre attention du dessein de cette ordonnance. ¶
L'un des services religieux les plus impressionnants auxquels j'aie jamais assisté réunissait plus de huit cents personnes à qui la Sainte-Cène fut administrée, et durant cette administration, on ne pouvait entendre d'autre son que le tic-tac de l'horloge — huit cents âmes, dont chacune avait au moins l'occasion de communier avec le Seigneur ! Il n'y avait aucune distraction, aucune musique, aucun chant, aucune parole. Chacun avait l'occasion de s'examiner intérieurement et de considérer sa dignité ou son indignité à prendre la Sainte-Cène. C'était son privilège de se rapprocher de son Père céleste. C'est l'idéal ! ¶
Plus de recueillement pendant la méditation
J'insiste vivement pour que cette ordonnance sacrée soit entourée de plus de recueillement, d'un ordre parfait ; afin que chacun de ceux qui viennent dans la maison de Dieu puisse méditer et exprimer silencieusement et avec ferveur sa reconnaissance pour la bonté de Dieu. C'est à vous, évêques, de veiller à ce que la Sainte-Cène ne soit administrée que par des garçons et des jeunes gens qui sont dignes d'officier dans cette ordonnance sacrée, et que cela soit fait avec recueillement et avec une pleine compréhension de sa signification pour eux et pour l'assistance. Que l'heure de la Sainte-Cène soit une expérience de la journée au cours de laquelle le fidèle essaie au moins de comprendre en lui-même qu'il lui est possible de communier avec son Dieu. ¶
Réponse à l'inspiration du Tout-Puissant
N'oubliez jamais que de grands événements se sont produits dans cette Église grâce à une telle communion, et grâce à la réceptivité de l'âme à l'inspiration du Tout-Puissant. Je sais que c'est réel ! Vous constaterez que lorsque ces moments les plus inspirants viennent à vous, vous êtes seul avec vous-même et votre Dieu. Ils viennent à vous probablement lorsque vous faites face à une grande épreuve, lorsqu'un mur se dresse sur votre chemin et qu'il semble que vous affrontiez un obstacle insurmontable, ou lorsque votre cœur est lourd en raison de quelque drame dans votre vie. Je le répète, le plus grand réconfort qui puisse nous venir dans cette vie est de ressentir la réalité de la communion avec Dieu. ¶
De grands témoignages sont nés dans ces moments-là. C'est précisément une expérience de ce genre qui est arrivée à mon père dans le nord de l'Écosse lorsqu'il pria Dieu d'éloigner de lui un esprit de tristesse et d'abattement qui l'accablait. Après une nuit d'inquiétude et d'agitation, il se leva à l'aube et se rendit dans une grotte sur le rivage de la mer du Nord. Il s'y était déjà rendu auparavant pour prier. Là, au moment même où les rayons de la lumière matinale commençaient à se lever sur la mer, il épancha son âme devant Dieu, comme un fils ferait appel à son père. La réponse vint : « Témoigne que Joseph Smith est un prophète de Dieu. » La cause de son découragement lui apparaissant alors clairement à l'esprit, il dit à haute voix : « Seigneur, cela suffit ! » ¶
Ceux qui ont connu mon père ont pu témoigner de son intégrité et de son honnêteté. Un témoignage de ce genre a une valeur absolue. ¶
Ces prières secrètes, ces moments consciencieux de méditation, ces aspirations de l'âme à tendre la main pour ressentir la présence de Dieu — tel est votre privilège et le mien ! ¶
Le recueillement, manifestation de la spiritualité
L'attitude de recueillement est inséparable de l'acceptation de l'existence de Dieu. La plus grande manifestation de la spiritualité est le recueillement ; en vérité, le recueillement est la spiritualité. Le recueillement est un respect profond mêlé d'amour. C'est une « émotion complexe faite des sentiments mêlés de l'âme ». Carlyle dit que c'est « le plus élevé des sentiments humains ». Si le recueillement est le plus élevé, alors l'irrévérence est l'état le plus vil dans lequel un homme puisse vivre dans le monde. Quoi qu'il en soit, il n'en demeure pas moins vrai qu'un homme irrévérencieux dégage une grossièreté qui est repoussante. Il est cynique, souvent sarcastique, et toujours iconoclaste. ¶
Le recueillement englobe la considération, la déférence, l'honneur et l'estime. Sans un certain degré de recueillement, il n'y aurait donc ni courtoisie, ni délicatesse, ni considération pour les sentiments d'autrui ou pour les droits d'autrui. Le recueillement est la vertu fondamentale dans la religion. C'est l'un des signes de force ; l'irrévérence, l'une des indications les plus sûres de faiblesse. « Aucun homme ne s'élèvera bien haut », dit un auteur, « s'il se moque des choses sacrées. Les nobles loyautés de la vie doivent être révérées, sinon elles seront reniées au jour de l'épreuve. » ¶
Votre attitude envers la Présence infinie
Les églises sont consacrées et mises à part comme des lieux de culte. Cela signifie que tous ceux qui y entrent le font, ou prétendent du moins le faire, avec l'intention de s'approcher plus près de la présence du Seigneur qu'ils ne le peuvent dans la rue ou au milieu des soucis de la vie quotidienne. En d'autres termes, nous allons dans la maison du Seigneur pour le rencontrer et communier avec lui en esprit. Un tel lieu de réunion devrait donc, avant tout, être convenable et approprié à tous égards, que Dieu soit considéré comme l'hôte invité, ou les fidèles comme ses invités. ¶
Que le lieu de réunion soit une humble chapelle, ou un « poème architectural » fait de marbre blanc et incrusté de pierres précieuses, cela ne change que peu ou rien à notre approche et à notre attitude envers la Présence infinie. Savoir que Dieu est là devrait suffire à nous inciter à nous conduire avec ordre, avec recueillement. Les autorités qui président dans les réunions de pieu, de paroisse et de collège, et particulièrement les instructeurs dans les classes, devraient faire un effort tout particulier pour maintenir un meilleur ordre et plus de recueillement durant les heures de culte et d'étude. Moins de bavardages derrière la chaire aura un effet salutaire sur ceux qui lui font face. Par l'exemple et par le précepte, les enfants devraient être impressionnés par le caractère inapproprié de la confusion et du désordre dans une assemblée de fidèles. Il faudrait leur inculquer dès l'enfance, et le souligner dans leur jeunesse, qu'il est irrespectueux de parler ou même de chuchoter pendant un sermon, et que c'est le comble de l'impolitesse, sauf en cas d'urgence, de quitter une assemblée de culte avant la fin de la réunion. ¶
Le langage du recueillement
Le respect du nom de Dieu devrait prédominer dans chaque foyer. Les paroles profanes ne devraient jamais être prononcées dans un foyer de cette Église. C'est mal ; c'est un manque de respect que de prendre le nom de Dieu en vain. Il n'y a aucune provocation qui puisse le justifier. Appliquons cette qualité et cette vertu du recueillement en tout temps. ¶
S'il y avait plus de recueillement dans le cœur des hommes, il y aurait moins de place pour le péché et le chagrin, et il y aurait une capacité accrue de joie et d'allégresse. Rendre plus précieux, plus applicable, plus attrayant ce joyau parmi les vertus éclatantes est un projet digne des efforts les plus unis et les plus fervents de chaque parent, de chaque dirigeant et de chaque membre de l'Église. ¶
Mon témoignage
Mon âme est remuée d'une profonde émotion quand je pense à ce que l'Évangile a accompli pour ce peuple, et à ce qu'il fera encore si seulement nous restons à l'écoute de son Esprit et de ses commandements. J'aime l'Évangile et j'y crois de toute mon âme ; je sais qu'il est la puissance de Dieu pour le salut. Je rends témoignage que l'Évangile de Jésus-Christ a été révélé dans sa plénitude au prophète Joseph Smith, et je prie pour que nos jeunes gens, et tous les hommes partout dans le monde, soient amenés à connaître sa vérité. ¶
Que Dieu vous bénisse, hommes de la prêtrise, vous, instructeurs de la jeunesse, vous, parents, et toutes les personnes de bien en tous lieux. Que les groupes ecclésiastiques de l'Église soient bénis de l'esprit d'unité et d'harmonie. Que soient bannis de leurs cœurs l'esprit d'inimitié, la médisance et les propos malveillants, et qu'ils gardent dans leur cœur la vérité exprimée par Jésus lorsqu'il a dit : « ... si vous n'êtes pas un, vous n'êtes pas de moi. » (D&A 38:27.) ¶
Vivre pour avoir la compagnie du Saint-Esprit
Je prie pour que nous ayons la force de vivre de telle manière que nous méritions la direction et l'inspiration divines ; afin que, par le culte, la méditation, la communion et le recueillement, nous puissions ressentir la réalité de pouvoir jouir d'une relation étroite avec notre Père céleste. Je vous rends mon témoignage que c'est une réalité ; que nous pouvons communier avec notre Père céleste. Et si nous vivons de manière à être dignes de la compagnie du Saint-Esprit, il nous guidera dans toute la vérité ; il nous montrera les choses à venir ; il nous rappellera toutes choses ; il témoignera de la divinité du Seigneur Jésus-Christ et du rétablissement de l'Évangile. Que Dieu vous bénisse tous pour votre foi et votre loyauté, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶