Pulpit

À l'intention des téléspectateurs et...

Paul H. Dunn

1966 April General Conference·Third Day Morning Meeting·1966-04-10

Président N. Eldon Tanner :

À l'intention des téléspectateurs et des auditeurs de la radio qui viennent de se joindre à nous, nous annonçons à nouveau que nous sommes réunis dans le tabernacle historique de Temple Square à Salt Lake City pour la sixième session de la 136e conférence annuelle de l'Église.

Nous allons maintenant entendre frère Paul H. Dunn, du premier conseil des soixante-dix, qui sera suivi de frère Alvin R. Dyer, assistant des Douze.

Frère Dunn.

Mes frères et sœurs bien-aimés, et j'inclus tous ceux qui écoutent dans cette salutation, j'ai été ému par les témoignages qui m'ont apporté une preuve nouvelle, ces jours passés et ce matin, de la véracité de l'Évangile. Je suis reconnaissant d'avoir l'occasion de vous exprimer les sentiments profonds de mon cœur. Il y a quelques jours à peine, ma petite fille de six ans, Kellie, s'est précipitée vers moi et, se jetant dans mes bras avec toute l'exubérance que seule la jeunesse peut manifester, m'a dit : « Papa, savais-tu qu'il ne reste plus que trois jours avant Pâques ? » Je lui ai assuré que je le savais. Puis, d'un regard anxieux, elle a voulu savoir ce que tout cela signifiait vraiment, et nous avons donc pris un moment pour discuter. Nous avons parlé des choses éternelles qui ont été si importantes au cours de cette conférence. En abordant les vérités éternelles de l'Évangile de Jésus-Christ au niveau de compréhension d'une enfant de six ans, j'ai commencé à réfléchir au sens réel de Pâques, comme nous le faisons en ces occasions. Cela m'a rappelé le charmant poème que Grace Daniels a écrit pour nous. Permettez-moi de le partager avec vous :

« PÂQUES APPROCHE »

« 'Pâques approche', dis-je à un petit garçon, Un tout petit bonhomme, soit dit en passant ; Ses yeux brillaient et il sourit avec ravissement En levant prestement les yeux de ses jeux.

'Oh oui, je connais Pâques, car c'est le moment Où le lapin apporte des œufs rouges et bleus, Et à l'intérieur ils sont comme ceux que pond la poule, Mais il y en a aussi en vrai bonbon.' 'Pâques approche', dis-je à une jeune fille, Aux yeux bruns et aux cheveux châtains luisants.

Je regardai dans ses yeux et sans surprise J'y vis briller la lueur rêveuse de la jeunesse.

'Oui, je sais qu'elle approche', répondit-elle timidement, 'Et si vous promettez de ne jamais le répéter, Il y aura un mariage ce jour-là et je m'en irai Vers un doux petit foyer sur la colline.' 'Pâques approche', dis-je à un homme À qui l'âge mûr n'accordait aucun répit.

Ses cheveux grisonnants parlaient de soucis et de peines, Et sa voix trahissait une pointe d'agacement.

'Ne me parlez pas de Pâques, c'est tout ce que j'entends : Chapeaux de Pâques, robes de Pâques, chaussures de Pâques, Et pour les froufrous et les dentelles, c'est le vieux papa qui paie, Vous vous étonnez que j'aie le cafard ?' 'Pâques approche', dis-je à un homme Au corps courbé et à la barbe blanche comme neige.

Ses yeux affaiblis s'illuminèrent d'un éclat d'émerveillement Et son vieux visage flétri rayonna.

'Ah, mon ami, c'est un message que je voudrais proclamer À l'humanité en lutte. Pour moi, cela signifie la vie, la résurrection de la jeunesse, Pour durer à travers l'éternité.' Je méditai sur leurs réponses pendant bien des jours, Car chacune d'elles était chargée de sens, Et chacune si différente, et pourtant juste à sa manière, Mais quelle était la réponse que je cherchais ?

Le plaisir doit-il passer avant tout, quel qu'en soit le prix, Tant que la vie, la jeunesse et l'amour connaissent leur heure ?

Et le véritable sens de Pâques doit-il être perdu Jusqu'à ce que nous arrivions au bout du chemin ?

« Alors que le printemps s'approche d'un geste invitant Avec la promesse de choses 'renouvelées', Et que Pâques se profile avec sa foule de projets, Qu'est-ce que cela signifie vraiment pour vous ? »

Je suis certain que pour beaucoup d'entre nous, cela évoque de nouveaux vêtements, peut-être des vacances scolaires, le printemps enfin arrivé ou le début de la saison de baseball. Tout cela est fort merveilleux et important pour nous, mais ce ne sont pas les véritables raisons pour lesquelles nous célébrons Pâques.

Il y a quelques semaines à peine, je me trouvais près du cercueil d'un ami très cher qui avait été emporté dans la force de l'âge, laissant une jeune veuve et quatre enfants en bas âge. Et tandis que nous nous tenions dans cette pièce sacrée pendant que la famille faisait ses derniers adieux, comme cela m'a serré le cœur de voir un petit garçon de quatre ans glisser sa main dans celle de sa mère et, levant vers elle un regard plein d'espérance triste, lui demander : « Maman, reverrons-nous jamais papa ? » Je suis certain que cette scène s'est répétée de nombreuses fois à travers le monde entier, car la mort nous place face à face avec la question séculaire. Pour citer Job, comme nous le faisons fréquemment à cette époque de l'année : « Si l'homme une fois mort pouvait revivre ! » (Job 14:14.) Espoir pour l'avenir Il y a tout juste vingt et un ans, en un autre matin de Pâques, une grande armada de navires s'était rassemblée dans la baie au large de l'île d'Okinawa. Et en ce matin de Pâques, alors que je regardais les visages de ceux qui devaient monter à l'assaut du rivage, l'une des très grandes questions de toutes les époques semblait à nouveau se lire chez ces hommes : « Quel espoir y a-t-il pour l'avenir ? »

La réponse m'est venue, je crois, au milieu de l'une de mes heures les plus sombres. Tandis que je progressais sur le rivage avec mes compagnons, j'ai rampé sur quelques mètres dans le sable, et là, j'ai trouvé un jeune soldat au dernier instant de sa vie.

J'ignorais son nom, et je ne saurais vous dire à quelle religion il appartenait.

Alors que j'essayais de lui apporter un peu de réconfort, ses dernières paroles furent celles-ci :

« De cette souillure, de cette mort, de cette destruction, sortiront un monde nouveau et un nouveau mode de vie. » Devant ce qui semblait être sa défaite, il a entrevu la véritable victoire. Et presque de façon providentielle, à quelques pas seulement de l'endroit où il gisait, se trouvait un parterre de lys de Pâques, annonçant à ceux qui voulaient bien l'observer la nouvelle naissance et la vie nouvelle.

Ce fut plus tard que je découvris qu'Okinawa était la capitale du lys de Pâques en Orient.

C'est lorsque nous vivons de telles expériences que surgissent souvent des questions que l'on est en droit de se poser, et à juste titre : Comment pouvons-nous connaître la réalité de la résurrection ? Est-elle vraie ?

L'un des grands éducateurs de notre Église, le docteur Lowell Bennion, a énuméré pour nous quatre voies par lesquelles nous pouvons parvenir à connaître la vérité ou la réalité. Premièrement, dit-il, en l'acceptant sur l'autorité d'autrui ; deuxièmement, par la réflexion ; troisièmement, par l'expérience ; et quatrièmement, par le sentiment, ce que dans cette Église nous appelons l'inspiration ou la révélation.

Permettez-moi d'examiner un instant chacun de ces canaux par lesquels nous parvenons à savoir.

L'autorité Premièrement, l'autorité. Il fut un temps où un esprit prodigieux, tel que celui d'Aristote et d'Herbert Spencer, pouvait embrasser tout le champ des connaissances humaines et en tirer des conclusions. Mais avec la vaste accumulation de savoirs issue de la spécialisation, aucune personne ne peut à elle seule saisir l'ensemble des connaissances qui sont aujourd'hui

accessibles à l'humanité. Pour cette raison, l'homme est contraint de s'en remettre à l'expérience ou à l'autorité d'autrui pour une part de ses informations. Chacun de nous se tourne vers le médecin, le dentiste, l'avocat, l'enseignant, le mécanicien, les dirigeants spirituels et bien d'autres personnes pour être guidé face à des problèmes particuliers. L'étudiant en chimie, par exemple, ne commence pas à partir de rien en ne s'appuyant que sur sa propre expérience. Il utilise le travail de l'enseignant, le manuel scolaire, l'ouvrage de référence et d'autres sources d'autorité. Contourner une telle accumulation de savoirs serait une véritable folie.

De même, dans la religion, nous avons conservé les paroles, les enseignements et les témoignages de Moïse, d'Amos, de Paul ; d'Alma dans le Livre de Mormon ; de Joseph Smith dans sa vie et ses enseignements ; et bien sûr, du Christ.

Ce n'étaient pas des personnes excentriques, mais des individus d'une envergure remarquable, vivant des situations réelles de la vie, se réclamant de la sagesse de Dieu et portant le témoignage personnel que les choses rapportées dans nos Écritures sont bel et bien vraies. Eux aussi méritent une écoute sincère.

La raison Deuxièmement, la raison ou la réflexion. Dans la recherche de la vérité par l'homme, l'esprit joue un rôle de premier plan. L'homme, en tant qu'enfant de Dieu, a été créé à l'image de son Père céleste, dont la gloire de l'intelligence se reflète dans la beauté et l'ordre de l'univers. Pourquoi l'homme, enfant de Dieu vivant dans son monde, ne ferait-il pas confiance à son propre esprit et ne l'utiliserait-il pas avec ferveur comme une voie lui permettant de parvenir à la vérité sur la réalité — en l'occurrence, la résurrection ?

L'esprit a la capacité d'articuler les expériences distinctes de la vie en des vues plus vastes et plus unifiées. Chaque jour, l'esprit est assailli de nombreuses idées, impressions, perceptions et sentiments provenant de l'extérieur comme de l'intérieur. Ceux-ci pénètrent dans l'esprit de manière désordonnée et hétéroclite, mais l'esprit humain possède la faculté de faire naître une part d'ordre du chaos en établissant des relations signifiantes entre les phénomènes qu'il expérimente.

Cependant, la raison seule ne constitue pas un guide suffisant vers la vérité. Car, comme l'a dit Goethe : « La vie humaine divisée par la raison laisse un reste. » Par la seule raison, on ne peut choisir un conjoint, trouver Dieu ou déterminer toutes les choses qui ont le plus de prix.

L'expérience Troisièmement, l'expérience. L'une des voies les plus sûres menant à la vérité passe par l'expérience. Chacun de nous en possède une riche mesure, car elle est commune à tous. Dans les affaires de la vie courante, nous apprenons à nous fier à l'expérience. Nous apprenons la douceur par le goût, la tendresse par le toucher, les couleurs par la vue, ainsi que la joie et la tristesse, l'amour et la haine directement dans les situations de la vie.

Il n'y a aucun substitut à l'expérience, et sans elle nous ne pouvons connaître la vérité.

Deux types d'expérience ont été décrits : celle qui repose sur la science et ses découvertes, et celle qui est commune à chacun de nous dans la vie de tous les jours. Cette dernière, qui est une expérience non scientifique, est tout aussi réelle et peut également constituer une source valable de connaissance, mais elle est souvent soit plus générale, soit plus singulière et, par conséquent, un peu plus difficile à communiquer à autrui.

Les expériences de cette nature jouent un rôle prépondérant dans la religion. De nombreux principes religieux peuvent être pratiqués et éprouvés dans la vie quotidienne. La validité de la religion ne repose pas sur la seule foi. Nous ressentons et observons les effets de l'égoïsme, de la cupidité, de la convoitise et de la haine. Nous observons et ressentons également les effets contraires du désintéressement, de la générosité, de la pureté de cœur et de l'amour. La foi, le repentir et le pardon ne sont pas des principes abstraits, mais des composantes réelles de la vie. La prière et le culte sont des expériences religieuses pour quiconque y prend part avec foi.

La révélation Et enfin, la révélation. Malgré l'accent considérable mis sur la raison et l'expérience de la science, l'inspiration (ou l'intuition, comme certains ont préféré la définir) joue également un rôle très important dans la découverte de la vérité. Des hommes de science ont témoigné que certaines de leurs intuitions les plus profondes leur sont venues, non pas par le lent processus de la pensée logique, mais sous la forme de pressentiments inattendus, spontanés, peut-être comme des éclairs de l'imagination, du subconscient, ou même venant de Dieu. Eux aussi reconnaissent l'inspiration comme une source de connaissance.

La révélation est la communication de Dieu à l'homme. C'est une autre voie vers la vérité, vers une connaissance exacte de la réalité.

La révélation englobe toutes les autres voies.

Un prophète n'est pas dépourvu d'expérience dans la vie humaine, car il vit parmi les hommes et avec lui-même. Il n'est pas insensible au bien et au mal, au juste et à l'injuste, à la joie et à la peine, à la vie et à la mort. Des questions et des problèmes se posent à son esprit. Il réfléchit, il médite et il cherche les réponses ; et alors — et cette étape est caractéristique de la vie d'un prophète — il se tourne vers Dieu avec humilité et foi.

Lorsque la réponse arrive, elle n'est généralement pas transmise sur un ton audible, bien que cela puisse être le cas et le fut souvent dans les temps anciens comme dans les derniers jours, mais le plus souvent elle se fait entendre par le « murmure doux et léger » du Consolateur. Ce Consolateur, l'Esprit de vérité, éclaire l'esprit du prophète et fait brûler son sein au-dedans de lui afin qu'il connaisse la volonté de Dieu. Puis il la proclame à l'homme. Le témoignage ou la réalité de ces choses peut devenir l'expérience personnelle de chaque individu sincère qui cherche dans le monde.

Par ces canaux, l'homme est parvenu à connaître la réalité de la vie, de la mission divine, de la mort et de la glorieuse résurrection du Christ.

« Si l'homme une fois mort pouvait revivre »

En réponse aux questions : « Si l'homme une fois mort pouvait revivre ? » et « Quel espoir y a-t-il pour l'avenir ? »

je résume les paroles de notre prophète, voyant et révélateur, le président David O.

McKay, qui s'est exprimé hier :

Pour les croyants sincères dans le christianisme, pour tous ceux qui acceptent le Christ comme leur Sauveur, sa résurrection n'est pas un symbole, mais une réalité. De même que le Christ a vécu après la mort, ainsi en sera-t-il de tous les hommes, chacun prenant dans l'autre monde la place à laquelle il s'est le mieux préparé. Avec cette certitude, l'obéissance à la loi éternelle devrait être une joie et non un fardeau, car la soumission aux principes de l'Évangile apporte le bonheur et la paix.

« Il n'est point ici », déclara un témoin il y a bien des siècles, « mais il est ressuscité. » (Luc 24:6.) Parce que le Christ vit, nous vivrons nous aussi.

Et le président McKay a ensuite rendu son témoignage sacré à cet effet.

Et je tiens à déclarer au président McKay ainsi qu'à vous tous en ce jour que, moi aussi, je sais que mon Rédempteur est vivant, et je vous rends ce témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursPaul H. Dunn, « À l'intention des téléspectateurs et... », 1966 April General Conference, Third Day Morning Meeting (1966-04-10). Pulpit Vault, 1966-04-dunn-for-the-benefit-of-the-television-and. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).