Pulpit

J'ai conscience de m'adresser à...

Gordon B. Hinckley

1965 October General Conference·Second Day (Saturday, October 2) — Morning Meeting·1965-10-02

J'ai conscience de m'adresser à un nombre de personnes bien plus grand à l'extérieur de cet édifice historique qu'il n'y en a de rassemblées ici. Je recherche l'inspiration du Seigneur afin que mes paroles puissent trouver un écho dans vos cœurs.

L'un des spectacles fascinants et stimulants de cette saison est le cortège de millions de jeunes gens et de jeunes filles retournant à l'université. On perçoit non seulement leurs grandes espérances, mais aussi leurs craintes et leurs frustrations. D'autres de leur âge sont abattus par le fait d'être appelés sous les drapeaux pour former une vaste réserve militaire, tandis que leurs camarades en service actif sont engagés dans une guerre non déclarée, mais néanmoins réelle et sanglante, dans un pays lointain et étranger.

Une époque frustrante pour la jeunesse

Nul n'a besoin qu'on lui rappelle que c'est une époque frustrante pour la jeunesse. Beaucoup se trouvent en rébellion contre les pratiques et les institutions de notre temps. Ils sont sincères dans leur mécontentement. Ils ont soif de quelque chose de meilleur.

Ils en sont venus à comprendre qu'il y a des valeurs que l'argent ne peut acheter. La stabilité de la vie de famille d'autrefois leur manque ; ils aspirent à une relation plus personnelle avec des instructeurs qui stimuleraient leur esprit curieux. Beaucoup sont désillusionnés face aux anciennes normes de patriotisme et de loyauté. Même dans les églises, trop nombreux sont ceux qui se sont retrouvés à vénérer un rituel sans vie plutôt que le Dieu vivant. Ils ont eu faim de pain et on leur a donné une pierre.

Ceux d'entre vous qui ont été témoins des émeutes de Berkeley au printemps dernier, ou qui en ont lu le récit, ainsi que des émeutes de moindre ampleur dans d'autres établissements, ne peuvent minimiser la gravité de la détresse dans laquelle se trouvent des milliers de nos jeunes.

Je ne peux approuver une grande part de ce qu'ils ont fait pour exprimer leurs doléances, mais je peux convenir que nombre d'entre eux méritent mieux que ce qu'ils reçoivent. Ils sont trompés — par eux-mêmes en partie — mais plus encore par nous, leurs parents, leurs instructeurs, leurs dirigeants. Ils ont droit à davantage, et c'est notre obligation de le leur offrir. C'est pourquoi j'aimerais m'adresser à ceux de ma propre génération et proposer en toute sincérité une charte pour la jeunesse fondée sur l'Évangile que nous embrassons.

C'est une charte en quatre points. C'est une déclaration de droits, énonçant brièvement certaines de ces valeurs inestimables que nous devons à chaque jeune Américain et à la jeunesse du monde entier. Ce sont : 1. Un foyer où grandir.

  1. Une éducation qui vaut la peine de lutter.

  2. Un pays dont être fier.

  3. Une foi selon laquelle vivre.

Un foyer où grandir

Je mentionne en premier lieu un foyer où grandir.

J'ai lu récemment un article écrit par un jeune homme qui a parcouru le campus de Berkeley et ses environs. Ses descriptions étaient habiles, mais ses exemples étaient tragiques. Il parlait d'une jeune fille, étudiante issue d'un foyer aisé. Son père était un homme riche, cadre d'une grande entreprise, loyal envers sa compagnie, loyal envers son club, loyal envers son parti, mais sans le vouloir traître à sa famille. Sa mère avait sauvé l'opéra civique, mais avait perdu ses enfants. La fille, une enfant pleine de promesses, s'était laissé entraîner dans une révolte étudiante et, sans point d'ancrage, avait quitté l'école et s'était jointe à la communauté beatnik, ses satisfactions illusoires ne venant que de nuits de fête et de jours de rébellion.

Naturellement, son père s'est lamenté et sa mère a pleuré. Ils l'ont blâmée, visiblement inconscients de leur propre et misérable exemple parental qui avait grandement contribué à la conduire aux circonstances tragiques dans lesquelles elle se trouvait.

En lisant ce récit, il m'est venu à l'esprit la déclaration classique prononcée à cette chaire par le président McKay : « Aucun autre succès ne peut compenser l'échec au foyer. »

C'est l'héritage légitime de chaque enfant d'avoir un foyer où grandir — grandir dans l'amour des relations familiales, grandir dans l'estime mutuelle, grandir dans la compréhension des choses du monde, grandir dans la connaissance des choses de Dieu.

On m'a récemment remis ces statistiques tirées des registres du comté de l'une de nos collectivités du Sud-Ouest. En 1964, dans le comté dont je parle, il y a eu 5 807 mariages et 5 419 divorces, soit presque un divorce pour chaque mariage. Pouvons-nous attendre la stabilité de l'instabilité ? Faut-il s'étonner que beaucoup de nos jeunes s'égarent dans la rébellion quand ils viennent de foyers où il n'y a aucune preuve d'amour, où il y a un manque de respect mutuel, où il n'y a aucune expression de foi ? Nous entendons beaucoup parler ces jours-ci de la Grande Société, et je ne dénigre nullement les intentions de ceux qui y adhèrent, mais nous n'aurons une grande société que dans la mesure où nous formerons des personnes de bien, et la source des personnes de bien, ce sont de bons foyers.

Il a été dit autrefois : « Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain... » (Psaumes 127:1.) Nos enfants méritent un tel foyer pour y grandir. Je ne parle pas de l'architecture ni de l'ameublement.

Je parle de la qualité de notre vie de famille. Je suis reconnaissant que nous ayons, en tant qu'Église, comme partie fondamentale de notre programme, la pratique de la soirée familiale hebdomadaire. C'est une chose remarquable qu'en ces jours affairés, des milliers de familles à travers le monde fassent un effort sincère pour consacrer une soirée par semaine à chanter ensemble, à s'instruire mutuellement dans les voies du Seigneur, à s'agenouiller ensemble dans la prière, afin d'y remercier le Seigneur de ses miséricordes et d'invoquer ses bénédictions sur notre vie, nos foyers, nos travaux et notre pays.

Je pense que nous mesurons peu l'immense bien qui résultera de ce programme.

Je le recommande à notre peuple, et je le recommande à chaque parent du pays, et je dis que nous sommes prêts à aider ceux d'entre vous qui ne partageraient pas notre foi.* Nous serons heureux de vous envoyer des suggestions et de la documentation sur la façon de tenir une soirée familiale hebdomadaire, et je n'hésite pas à vous promettre que vous et vos enfants deviendrez de plus en plus reconnaissants pour l'observance de cette pratique. C'est Jean qui a déclaré : « Je n'ai pas de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » (3 Jean 4.) Telle sera votre bénédiction.

Et c'est Ésaïe qui a dit : « ... tous tes fils seront disciples de l'Éternel, et grande sera la prospérité de tes fils. » (És. 54:13.) Nous ne pouvons pas nous permettre de négliger le mandat sacré qui nous est confié d'instruire nos enfants, premièrement par l'exemple de notre propre vie, et deuxièmement par ces préceptes qui, s'ils sont suivis, apporteront la paix dans leur existence. Chaque enfant a droit à la bénédiction d'un bon foyer.

Une éducation qui vaut la peine de lutter

J'en viens au deuxième point de cette charte pour la jeunesse : une éducation qui vaut la peine de lutter. Le temps ne me permettra guère plus qu'une brève mention de quelques observations.

L'éducation est devenue notre plus grande entreprise. Sur le seul plan économique, elle est plus importante que l'acier, l'automobile ou la chimie. Sur le plan de son influence sur notre société, son impact est incalculable. Son ampleur même, en particulier dans nos universités, a mis en relief son problème le plus grave : un manque de communication entre l'instructeur et l'étudiant, et par conséquent un manque de motivation de la part de ceux qui viennent s'instruire.

Un article récent paru dans l'un de nos magazines nationaux contenait cette déclaration d'un professeur d'université : « ... d'après mon expérience, il n'y a guère eu d'époque où les étudiants aient eu davantage besoin d'attention et d'une écoute patiente de la part de professeurs expérimentés qu'aujourd'hui. Ce qui est dommage, c'est qu'un si grand nombre d'entre nous se retranchent dans la recherche, les contrats gouvernementaux et les voyages sabbatiques, laissant les conseils et l'instruction à des collègues débutants et à des assistants diplômés... Ce dont on a besoin, c'est de moins de livres et d'articles rédigés par des professeurs d'université, et de davantage de recherche concertée entre l'instructeur et l'étudiant pour trouver une autorité sur laquelle fonder la liberté et l'individualité. » (J. Glenn Gray, Harper's Magazine, mai 1965, p. 59.) J'ai bien conscience de la pression de « publier ou périr » sous laquelle travaillent les instructeurs dans certaines de nos universités, mais j'aimerais dire à ces professeurs que vos monographies savantes ne vous procureront que peu de satisfaction au fil des années si vous découvrez que pendant que vous publiiez, vos étudiants périssaient.

Les grandes pensées, les grandes expressions, les grands actes de tous les temps méritent plus qu'une critique superficielle.

Ils méritent d'être présentés avec bienveillance et enthousiasme à la jeunesse, qui, dans son cœur, a soif d'idéaux et aspire à contempler les étoiles. Notre responsabilité en tant qu'instructeurs n'est pas non plus de détruire la foi de ceux qui viennent à nous ; c'est au contraire l'occasion pour nous de reconnaître cette foi et de bâtir sur elle. Si Dieu est l'auteur de toute vérité, comme nous le croyons, alors il ne peut y avoir de conflit entre la vraie science, la vraie philosophie et la vraie religion. Et de plus, comme l'a dit George Santayana : « Ce n'est pas sagesse que d'être seulement sage, et de fermer les yeux sur la vision intérieure, mais c'est sagesse que de croire au cœur. »

(« Ô Monde ».) Vos étudiants méritent plus que vos connaissances. Ils méritent et ont soif de votre inspiration. Ils désirent la chaleur bienfaisante de relations personnelles. Cela a toujours été la marque d'un grand instructeur « qui est le complice de l'étudiant dans l'apprentissage, plutôt que son adversaire ». C'est là l'éducation qui vaut la peine de lutter et l'éducation qui vaut la peine d'être dispensée.

Un pays dont être fier

J'en viens au point suivant : un pays dont être fier. Le Congrès a récemment adopté une loi imposant de lourdes peines pour la destruction volontaire des livrets militaires. Cette destruction était essentiellement un acte de défiance, mais elle était particulièrement grave comme symptôme d'une maladie qui ne sera probablement pas guérie par la loi. Le patriotisme a manifestement déserté le cœur d'un grand nombre de nos jeunes.

Peut-être cet état de fait provient-il d'un manque de connaissances, d'un provincialisme qui ne connaît rien d'autre et tourne en dérision le peu qu'il sait. Peut-être provient-il de l'ingratitude. Cette attitude n'est pas nouvelle.

Josué, parlant au nom du Seigneur, avait sans doute à l'esprit cette même indifférence lorsqu'il dit à une nouvelle génération qui n'avait pas connu les épreuves de l'ancienne : « ... Je vous ai donné une terre que vous n'aviez point cultivée, des villes que vous n'aviez point bâties et que vous habitez, des vignes et des oliviers que vous n'aviez point plantés et qui vous servent de nourriture. »

(Josué 24:13.) Ceux qui ont payé de leur labeur et de leurs larmes leur héritage ont aimé la terre sur laquelle ils vivaient. Les ancêtres de beaucoup de ceux qui sont rassemblés dans ce Tabernacle aujourd'hui ont parcouru la longue piste à travers les plaines et les montagnes. Dans ces vallées, ils ont défriché et peiné pour arracher leur subsistance au désert. Ils ont appris à aimer ce pour quoi ils avaient œuvré, et un grand patriotisme a rempli leur âme.

Nous ne bâtirons pas l'amour de la patrie en retirant à notre jeunesse les principes qui ont fait notre force : l'économie, l'esprit d'initiative, l'autonomie et un sens prédominant du devoir envers Dieu et envers les hommes.

Un prix terrible a été payé par ceux qui nous ont précédés afin que nous puissions jouir des bénédictions de la liberté et de la paix. Je me trouvais il n'y a pas longtemps à Valley Forge, où George Washington et son armée en haillons passèrent l'hiver de 1776. En cet endroit, j'ai pensé à une scène de la pièce de théâtre de Maxwell Anderson dans laquelle Washington regarde un petit groupe de ses soldats jeter à la pelle la terre glacée sur un camarade mort, et déclare d'un ton sombre : « Cette liberté paraîtra bien facile par la suite, quand personne ne mourra pour l'obtenir. »

Combien nous avons besoin d'allumer dans le cœur des jeunes un amour à l'ancienne de la patrie et un respect pour la terre de leur naissance ! Mais nous n'y parviendrons pas par de vulgaires manœuvres politiques et d'énormes aumônes pour lesquelles rien n'est donné en retour.

L'amour de la patrie naît d'une étoffe plus noble — de l'épreuve de la lutte qui rend précieux le prix mérité.

C'est un bon pays, déclaré par le Seigneur dans les Écritures auxquelles nous croyons comme étant « ... un pays... de choix par-dessus tous les autres pays » (1 Néphi 2:20), gouverné par une constitution conçue sous l'inspiration du Tout-Puissant.

« Existe-t-il un homme à l'âme si morte qui ne se soit jamais dit : C'est là mon pays, ma terre natale ! »

(Sir Walter Scott, extrait de « The Lay of the Last Minstrel », chant VI, st. 1.) C'est là ce dont la jeunesse a besoin : la fierté de ses origines, la fierté de son héritage, la fierté de la patrie dont chacun fait partie.

Une foi selon laquelle vivre

Et maintenant, le quatrième point de ma charte : une foi selon laquelle vivre.

Il a été dit autrefois que « quand il n'y a point de vision, le peuple est sans frein... »

(Prov. 29:18.) La vision de quoi ? La vision des choses de Dieu, et un attachement ferme et inflexible aux principes divinement proclamés. Il existe d'abondantes preuves que les jeunes répondront à l'appel clair de la vérité divine, mais ils sont prompts à déceler et à abandonner ce qui n'a qu'une apparence de piété mais en renie la force, « enseignant des préceptes qui sont des commandements d'hommes ». (Matthieu 15:9 ; voir Joseph Smith 2:19.) J'ai un respect sincère pour mes frères d'autres confessions, et je sais qu'ils sont conscients du grave problème auquel ils font face dans l'édulcoration de leurs enseignements lorsque certains tentent de rendre leur doctrine plus généralement acceptable. Le docteur Robert McAfee Brown, professeur de religion à Stanford, a récemment été cité comme ayant déclaré :

« Une grande partie de ce qui se passe actuellement sur la scène protestante donne l'impression d'être prêt à jeter par-dessus bord tout ce qui est nécessaire afin de plaire à la mentalité moderne...

« Ce n'est pas la tâche des chrétiens d'amenuiser leur héritage jusqu'à ce qu'il soit finalement agréable à tous. » (The Daily Herald [Provo, Utah], 12 août 1965, p. 13A.) À cela, nous pourrions ajouter que ce qui est agréable à tous n'est probablement satisfaisant pour personne, et en particulier pour une génération de jeunes gens et de jeunes filles qui cherchent, s'interrogent, aspirent et sondent.

Au milieu de tous les changements qui les entourent, ils ont besoin de la constance de la foi dans des vérités immuables. Ils ont besoin du témoignage de leurs parents et de leurs instructeurs, de leurs prédicateurs et de leurs dirigeants attestant que Dieu, notre Père éternel, vit et gouverne l'univers ; que Jésus est le Christ, son Fils unique dans la chair, le Sauveur du monde ; que les cieux ne sont pas scellés ; que la révélation est accordée à ceux qui sont désignés par Dieu pour la recevoir ; que l'autorité divine est sur la terre.

Je sais que les jeunes gens et les jeunes filles répondront à cette foi et à ce défi. Nous en avons près de douze mille aujourd'hui qui servent dans le monde entier en tant que missionnaires. Leur force réside dans une foi assurée. Leur cause est la cause du Christ, le Prince de la paix. Leur proclamation est un témoignage que Dieu a de nouveau parlé depuis les cieux. Leur ministère est au service de leurs semblables. Leur joie, comme celle du Maître, réside dans l'âme qui se repent.

J'ai été avec eux dans les ruelles boueuses de Corée et sur les routes encombrées de Hong Kong. J'ai été avec eux dans les petites et grandes villes d'Amérique. J'ai été avec eux dans les grandes capitales et les paisibles villages d'Europe. Ils sont les mêmes partout, servant pendant deux ans ou plus à leurs propres frais dans la cause du Maître et de l'humanité.

J'espère sincèrement que s'il y a parmi ceux qui m'écoutent aujourd'hui quelqu'un à la porte duquel frappe un missionnaire mormon, vous l'accueillerez et l'écouterez. Vous découvrirez en lui un jeune homme ayant une foi selon laquelle vivre et une conviction à faire partager. Vous découvrirez en lui un jeune homme heureux, alerte et plein de vie, qui n'a pas honte de l'Évangile de Jésus-Christ et qui a la capacité d'expliquer la raison de l'espérance et de la foi qui sont en lui.

Et à mesure que vous apprendrez à mieux le connaître, vous découvrirez qu'il a probablement grandi dans un foyer où régnaient l'amour et la vertu, la patience et la prière ; qu'il poursuivait ses études lorsqu'il est parti en mission et espère revenir s'asseoir aux pieds de bons conseillers et d'instructeurs compétents pour s'abreuver de sagesse et de connaissances mêlées de foi ; qu'avec un grand héritage d'ancêtres qui ont défriché le désert par fidélité à leur conscience, il aime le pays dont il fait partie ; et qu'il porte dans son cœur une paisible et certaine conviction de la réalité vivante de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, ainsi que l'assurance que la vie est éternelle et pleine de dessein.

Plaise au ciel que chaque jeune homme et chaque jeune fille de ce pays ait la bénédiction de s'épanouir et de vivre sous une telle charte pour la jeunesse — que chacun puisse avoir un foyer où grandir, une éducation qui vaut la peine de lutter, un pays dont être fier, une foi selon laquelle vivre.

Nous, leurs parents, leurs instructeurs, leurs dirigeants, pouvons les aider. Que Dieu nous vienne en aide pour que nous puissions bénir leur vie et, ce faisant, bénir la nôtre, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursGordon B. Hinckley, « J'ai conscience de m'adresser à... », 1965 October General Conference, Second Day (Saturday, October 2) — Morning Meeting (1965-10-02). Pulpit Vault, 1965-10-hinckley-i-am-aware-that-i-speak-to. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).