Pulpit

Puis-je dire à ces étudiants...

David O. McKay

1958 April General Conference·First Day Morning Meeting·1958-04-04

LE PRÉSIDENT DAVID O. McKAY

Puis-je dire à ces étudiants que leur présence, et surtout leur chant inspirant, ajoutent beaucoup au caractère sacré de cette assemblée. Il est glorieux d'entendre plusieurs centaines d'étudiants chanter avec tant d'esprit et de dévotion. Nous sommes fiers d'eux et de l'université dont ils viennent. Nous apprécions la coopération du président Wilkinson, des membres du corps enseignant et des étudiants, qui ont reporté leur travail habituel de la journée à l'école pour se joindre à ce culte.

Il y a plus de cinquante ans que je me suis tenu ici pour la première fois comme l'une des autorités générales de l'Église. Je me souviens bien alors de mon tremblement et de mon humilité devant un tel auditoire et en acceptant une position de dirigeant. Le passage d'un demi-siècle n'a pas rendu plus facile de faire face à ce vaste auditoire et de prendre conscience de la responsabilité que l'on porte en s'acquittant d'une telle responsabilité. Ce matin, comme alors et pendant les années intermédiaires, je sollicite votre sympathie et vos prières.

Une année s'est écoulée depuis que nous nous sommes réunis en une telle occasion. Au nom de la Première Présidence, je vous souhaite la bienvenue, non seulement à ceux qui sont ici dans le Tabernacle, l'Assembly Hall et les autres salles environnantes, mais aussi au vaste auditoire qui écoute par la radio et la télévision. Nous sommes très heureux que vous preniez le temps de participer à la conférence générale de l'Église.

Nous souhaitons la bienvenue tout particulièrement aux 31 817 convertis de l'Église durant l'année écoulée. Ce groupe à lui seul constituera six pieux de cinq mille membres chacun. Nous vous souhaitons la bienvenue et avons confiance que vous, avec tous les autres qui écoutent, réaliserez la responsabilité supplémentaire qui est la vôtre en assumant la responsabilité de membre de l'Église du Christ.

Nous voulons féliciter les missionnaires dans les pieux et dans le champ de la mission qui ont contribué à amener ces effectifs supplémentaires à l'Église du Christ — six nouveaux pieux, plus que cela si nous limitons le nombre à trois mille chacun.

« Et s'il arrive que vous travailliez tous vos jours à crier repentance à ce peuple, et que vous m'apportiez, ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! » (D&A 18:15.)

Et si vous amenez beaucoup d'âmes, quelle joie vous éprouverez. Nous félicitons ceux qui ont été diligents durant l'année écoulée pour porter le message de bonnes nouvelles à tant de gens.

Je ne prendrai pas le temps de rendre compte des progrès du travail de la prêtrise, du travail des organisations auxiliaires et d'autres aspects de l'Église, mais vous pouvez vous féliciter en effet du travail de l'année écoulée.

Il m'a été difficile de mettre ne serait-ce qu'en plan le message que j'ai eu dans le cœur pour le peuple de l'Église et les peuples du monde. Il y a une parole de Paul, selon laquelle « avoir l'esprit charnel, c'est la mort ; mais avoir l'esprit spirituel, c'est la vie et la paix. » (Romains 8:6.)

Le charnel se rapporte, vous le savez, au physique. Il inclut le sensuel. Mais nous avons à l'esprit ce matin l'entourage physique et nos instincts animaux, la colère qui nous vient, les paroles désagréables qui sont prononcées et rendent la vie désagréable, plutôt que de mettre l'accent sur le côté spirituel, le côté réel de notre nature.

Ce texte a été suggéré il y a plusieurs semaines, et particulièrement mis en relief à ce moment-là, par un rapport qui m'est parvenu d'une situation désagréable dans un foyer, et je me suis demandé pourquoi nous ne pouvons pas mettre l'accent sur des attitudes spirituelles dans nos foyers au lieu d'attitudes désagréables ; pourquoi, ayant devant nous toutes les admonitions du Seigneur, toutes les occasions offertes par l'Église, nous ne pouvons pas exprimer des attitudes spirituelles chaque jour de notre vie. À quoi sert la religion si elle ne rend pas meilleure notre vie quotidienne ? Pourquoi faudrait-il mettre l'accent sur le côté charnel de notre nature ? Certes, c'est la réaction naturelle de tous les animaux. Mais, ayant en notre possession les principes élevés de l'Évangile tel qu'il a été révélé par le Christ, pourquoi les membres de l'Église ne peuvent-ils pas, au moins au foyer, à l'école, dans toutes leurs relations, mettre l'accent sur le côté spirituel de leur nature au lieu du côté charnel ?

J'ai appris par une lettre une situation qui, je pense, en ce qui concerne les membres de l'Église, est absolument inexcusable. Un mari et sa femme se querellant — le mari s'abaissant au point d'accabler sa femme de jurons et, dans un accès de colère folle, de renverser une table couverte de vaisselle — une créature en forme d'homme abritant la nature d'un animal ! Un homme dans un tel état d'esprit que la colère elle-même lui fait plus de mal que la situation qui a suscité sa colère, et en réalité, frères et sœurs, il souffre davantage de la contrariété que des actes qui ont suscité cette contrariété.

Je me demande combien de temps il nous faudra pour comprendre qu'en matière de colère rien ne peut nous nuire, sauf nous-mêmes — nous sommes responsables de ce qui nous aide et de ce qui nous nuit — que le mal que chacun subit, il le porte avec lui, et qu'il n'est jamais un véritable souffrant que par sa propre faute. Je pense que vous saisissez cette idée, et pourtant la tendance de chacun est d'en blâmer quelqu'un d'autre, l'épouse blâmant le mari, le mari blâmant l'épouse, les enfants reprochant aux parents ce dont la faute leur revient à eux-mêmes. Si, dans la dignité de l'âge d'homme, un tel homme cessait de grossir ses ennuis ; regardait les choses comme elles sont réellement ; reconnaissait les bénédictions qui l'entourent immédiatement ; cessait de nourrir des souhaits dépréciateurs à l'égard d'un autre ; combien plus homme il serait, sans parler d'être un meilleur mari et un père plus digne ! Un homme qui ne peut maîtriser sa colère n'est guère susceptible de maîtriser sa passion, et quelles que soient ses prétentions en matière de religion, il se meut dans la vie quotidienne tout près du plan animal.

On suppose que la religion nous élève à un niveau supérieur. La religion s'adresse à l'esprit en l'homme, la personne réelle, et pourtant, combien souvent, malgré notre possession d'un témoignage de la vérité, nous cédons au côté charnel de notre nature. L'homme qui se querelle chez lui bannit de son cœur l'esprit de la religion. Une mère dans cette Église qui allumerait une cigarette au foyer cède au côté charnel de sa nature. Combien c'est loin de l'idéal de l'Église ! Toute querelle au foyer est contraire à la spiritualité que le Christ voudrait nous voir développer en nous, et c'est dans notre vie quotidienne que ces manifestations produisent leur effet.

L'homme fait de grands progrès en science et en invention, plus grands peut-être que jamais auparavant, mais il ne fait pas de progrès comparables en caractère et en spiritualité.

J'ai lu il y a quelque temps une remarque du général Omar N. Bradley, ancien chef d'état-major de l'armée, qui a dit un jour : « Avec les armes monstrueuses que l'homme possède déjà, l'humanité risque d'être piégée dans ce monde par son adolescence morale. Notre connaissance de la science a manifestement dépassé notre capacité à la maîtriser.

« Nous avons trop d'hommes de science ; trop peu d'hommes de Dieu. Nous avons saisi le mystère de l'atome et rejeté le Sermon sur la montagne. L'homme trébuche à l'aveugle dans une obscurité spirituelle tout en jouant avec les secrets précaires de la vie et de la mort.

« Le monde a atteint la brillance sans la sagesse, la puissance sans la conscience. Le nôtre est un monde de géants nucléaires et de nourrissons éthiques. Nous en savons plus sur la guerre que sur la paix, plus sur le fait de tuer que sur le fait de vivre. »

Notre vie se vit d'heure en heure et de jour en jour au foyer, dans nos relations d'affaires, dans nos rencontres avec des étrangers. C'est l'attitude de la personne au cours des contacts quotidiens qui montre si nous faisons appel au charnel ou au spirituel en nous et en ceux avec qui nous sommes en relation. C'est une affaire quotidienne. Je ne sais pas si nous pouvons faire passer cette idée ou non. Et cela est au pouvoir de chacun, surtout des membres de l'Église qui ont de telles prétentions. On ne peut imaginer un chrétien réel et vrai, et surtout un membre de l'Église mormone, proférant des jurons contre sa femme. Voyons, il est inconcevable qu'une chose pareille puisse exister dans un foyer, et surtout avec des enfants autour. Comment peut-on justifier que des parents se querellent devant leurs enfants ! Dans le cas auquel j'ai fait allusion, l'homme (je devrais dire la brute) a même frappé sa femme. Une chose pareille ne devrait jamais être. Cela n'a pas sa place dans la vie des membres de l'Église.

Le Christ nous a demandé de développer le spirituel en nous.

L'existence terrestre de l'homme n'est qu'une épreuve pour savoir s'il concentrera ses efforts, son esprit, son âme sur les choses qui contribuent au confort et à la satisfaction de sa nature physique ou s'il fera de l'acquisition de qualités spirituelles le but de sa vie.

« Toute impulsion noble, toute expression désintéressée d'amour, toute souffrance courageuse pour le bien ; tout abandon de soi à quelque chose de plus élevé que soi ; toute loyauté envers un idéal ; tout dévouement désintéressé à un principe ; toute aide apportée à l'humanité ; tout acte de maîtrise de soi ; tout excellent courage de l'âme, invaincu par la prétention ou la politique, mais par l'être, le faire et le vivre du bien pour l'amour du bien même — voilà la spiritualité. »

La route spirituelle a le Christ pour idéal — non la satisfaction du physique, car celui qui voudra sauver sa vie, en cédant à cette première satisfaction d'un besoin apparent, perdra sa vie, perdra son bonheur, le plaisir de vivre en ce moment présent. S'il veut chercher le véritable but de la vie, l'individu doit vivre pour quelque chose de plus élevé que soi. Il entend la voix du Sauveur, qui dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14:6.) En suivant cette voix, il apprend bientôt qu'il n'y a pas une seule grande chose qu'il puisse faire pour atteindre le bonheur ou la vie éternelle. Il apprend que « la vie n'est pas faite de grands sacrifices ou de grands devoirs, mais de petites choses où les sourires, la bonté et les petites obligations données habituellement sont ce qui gagne et conserve le cœur et assure le réconfort. »

La spiritualité, notre véritable but, est la conscience de la victoire sur soi et de la communion avec l'Infini. La spiritualité pousse à vaincre les difficultés et à acquérir de plus en plus de force. Sentir ses facultés se déployer et la vérité s'étendre dans l'âme est l'une des expériences les plus sublimes de la vie.

« Ce qu'un homme prend pratiquement à cœur », dit Carlyle, « et sait avec certitude au sujet de ses rapports vitaux avec cet Univers mystérieux, et de son devoir et de sa destinée en lui, cela est dans tous les cas la chose primordiale pour lui, et détermine de façon créatrice tout le reste. . . . Et, dis-je, si vous me dites ce que c'est, vous me dites dans une très large mesure ce qu'est l'homme, quelle sorte de choses il fera. »

L'homme qui met son cœur dans les choses du monde, qui n'hésite pas à tromper son frère, qui mentira pour le gain, qui volera son prochain, ou qui, par la calomnie, ravira à un autre sa réputation, vit à un bas niveau d'existence, animal, et étouffe sa spiritualité ou la laisse dormir. Avoir ainsi l'esprit charnel, c'est être spirituellement mort.

D'autre part, en gardant à l'esprit nos occupations quotidiennes, l'homme qui cultive la terre, récolte ses fruits, accroît ses troupeaux et ses bêtes, ayant à l'esprit de rendre meilleur le monde dans lequel il vit, désirant contribuer au bonheur de sa famille et de ses semblables, et qui fait toutes choses pour la gloire de Dieu, développera sa spiritualité dans la mesure où il se renonce à lui-même pour ces idéaux. En effet, ce n'est que dans la mesure où il le fait qu'il s'élèvera au-dessus du plan du monde animal.

Il y a des années, nous avons lu à l'école ce qui suit de Rudolph Eucken :

« Je ne puis », dit-il, « concevoir le développement d'une personnalité puissante, d'un esprit profond et bien enraciné, d'un caractère s'élevant au-dessus de ce monde, sans qu'il ait éprouvé une divinité dans la vie d'en haut, au-delà du monde de la réalité sensible, et aussi sûrement que nous créons en nous une vie en contraste avec la pure nature, croissant par degrés et s'étendant jusqu'aux sommets du vrai, du bon et du beau, nous pouvons avoir la même assurance de cette religion dite universelle. »

Paul, vous vous en souviendrez, l'exprime plus précisément :

« Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez consumés les uns par les autres.

« Je dis donc : Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas la convoitise de la chair.

« Car la chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair : et ces deux choses sont contraires l'une à l'autre : de sorte que vous ne pouvez pas faire ce que vous voudriez.

« Mais si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes pas sous la loi.

« Or, les œuvres de la chair », dit-il, « sont manifestes, et les voici : L'adultère. . . . »

Le jeune homme qui quitte son foyer le soir avec en tête quoi que ce soit qui pourrait nuire au caractère, à la vie ou à la réputation d'une jeune femme dont la compagnie lui est confiée, a l'esprit charnel au lieu de l'esprit spirituel.

« . . . la fornication, l'impureté, . . .

« . . . la haine, les dissensions, les émulations . . . les querelles, les séditions. . . .

« Les envies . . . l'ivrognerie, les orgies, et les choses semblables : dont je vous préviens, comme je l'ai aussi dit dans le passé, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront pas le royaume de Dieu.

« Mais le fruit de l'Esprit est l'amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la foi,

« La débonnaireté, la tempérance : contre de telles choses il n'y a pas de loi.

« Et ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.

« Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit », chaque jour, à chaque heure. (Galates 5:15-25.)

Cela peut se faire, et cela devrait se faire dans tous les foyers de l'Église des Saints des Derniers Jours.

Malgré toute notre civilisation dont nous nous vantons, il n'y a jamais eu de temps où l'éveil spirituel et les idéaux spirituels étaient plus nécessaires. La civilisation est devenue trop complexe pour que l'esprit humain la visualise ou la maîtrise. À moins que l'humanité ne parvienne à comprendre rapidement que ce sont les qualités supérieures, et non les plus basses, de l'homme qu'il faut développer, l'état actuel de la civilisation est en péril. La vie sur le plan animal a pour idéal la survie du plus apte, écraser ou être écrasé, mutiler ou être mutilé, tuer ou être tué. Pour l'homme, avec son intelligence, c'est une route sûre vers l'angoisse et la mort.

Il y a une cinquantaine d'années, lord Balfour, Premier ministre de Grande-Bretagne, a donné une conférence dans le McEwen Hall de l'Université d'Édimbourg sur le sujet « Les valeurs morales qui unissent les nations ». D'une manière intéressante et convaincante, ce monsieur a présenté quatre liens fondamentaux qui unissent les différentes nations du monde : (1) « La connaissance commune » ; (2) « Les intérêts commerciaux communs » ; (3) « Les échanges des relations diplomatiques » ; (4) « Les liens de l'amitié humaine ». L'auditoire a salué son discours magistral par un grand éclat d'applaudissements.

Comme le président de séance se levait pour exprimer sa reconnaissance et celle de l'auditoire, un étudiant japonais qui faisait des études supérieures à l'Université se leva et, se penchant par-dessus le balcon, dit : « Mais, monsieur Balfour, qu'en est-il de Jésus-Christ ? »

M. Robin E. Spear, à qui le professeur Lang a raconté cet incident, écrit :

« On aurait pu entendre une épingle tomber dans la salle. Chacun a senti aussitôt la justesse de la réprimande. Le principal homme d'État du plus grand empire chrétien du monde avait traité des différents liens qui doivent unir l'humanité, et avait omis le lien fondamental et essentiel. Et chacun a senti aussi l'élément dramatique de la situation — que le rappel de son oubli venait d'un étudiant japonais d'un pays lointain non chrétien. »

La vie, frères et sœurs, est un fleuve qui coule sans cesse, sur lequel on s'embarque à la naissance et où l'on navigue, ou l'on est mené à la rame, pendant cinquante, soixante-dix, quatre-vingts ans ou plus. Chaque année qui passe entre dans une éternité, pour ne jamais revenir ; pourtant chacune n'emporte avec elle dans le passé aucune faiblesse personnelle, aucun mal corporel, aucun chagrin, aucun rire, aucune pensée, aucune noble aspiration, aucun espoir, aucune ambition : tout cela, avec chaque trait de caractère, chaque inclination, chaque tendance, demeure avec chaque individu. En d'autres termes, notre vie est faite de pensées et d'actes quotidiens. Nous pouvons résoudre de laisser tous nos chagrins et toutes nos faiblesses s'en aller avec le temps qui passe, mais nous savons que chaque pensée, chaque inclination a laissé son empreinte indélébile sur notre âme, et il nous faudra nous en occuper aujourd'hui.

Vivez donc de telle sorte que chaque jour vous trouve conscient de n'avoir délibérément rendu personne malheureux. Nul qui a vécu une journée bien remplie n'aura une nuit sans sommeil à cause d'une conscience tourmentée. Daniel Webster a dit un jour que la plus grande pensée qui eût jamais occupé son esprit était la prise de conscience du fait que, et je cite, « il n'est aucun mal que nous ne puissions affronter ou fuir, sauf les conséquences du devoir négligé. Le sentiment de l'obligation nous poursuit toujours. Il est omniprésent comme la Divinité. Si nous prenons les ailes de l'aurore et habitons aux extrémités de la mer, le devoir accompli ou le devoir violé est encore avec nous, pour notre bonheur ou notre malheur ; si nous disons que la nuit nous couvrira, dans les ténèbres comme dans la lumière, nos obligations sont encore avec nous. Nous ne pouvons échapper à leur pouvoir ni fuir leur présence. Elles sont avec nous en cette vie, seront avec nous à son terme, et dans cette scène d'une solennité inconcevable qui se trouve plus loin encore, nous nous verrons suivis par la conscience du devoir — pour nous faire souffrir à jamais s'il a été violé, et nous consoler dans la mesure où Dieu nous aura donné la grâce de l'accomplir. Comparé à la conscience, le monde lui-même n'est qu'une bulle. Car Dieu lui-même est dans la conscience et lui prête autorité. »

Il faut à l'humanité un éveil spirituel, frères et sœurs ; ceux qui ont l'esprit charnel causent des peines de cœur et menacent l'extinction de la race.

Mais le soleil de l'espoir se lève. Les hommes et les femmes qui réfléchissent reconnaissent la nécessité pour l'homme de regarder vers les cieux au lieu de ramper en réponse à l'instinct animal. Un homme, commentant ceci, a dit que si tous les destructeurs de la civilisation pouvaient être éliminés, et si les traits du reste d'entre nous qui viennent de lignées destructrices pouvaient être éliminés, un rapprochement du millénium d'ici une centaine d'années environ n'est nullement inconcevable.

« Pouvez-vous imaginer », continue-t-il, « ce que serait ce pays si dix ou vingt milliards de dollars par an » (c'est le montant dépensé pour s'occuper de nos criminels) « étaient ajoutés à notre revenu national ? Cela signifierait cinq cents dollars, ou mille dollars par famille ; mais la moyenne aujourd'hui, même en incluant Henry Ford, n'est que de deux mille cinq cents, ou trois mille dollars. Que se passerait-il si cette somme était augmentée de vingt, voire de quarante pour cent tout autour ? Même si vous ne pouvez imaginer le résultat, vous rendez-vous compte de ce que ce serait de ne ressentir aucun besoin de verrouiller portes et fenêtres, aucune crainte de laisser votre voiture sans protection, aucun danger que votre épouse ou votre fille soit insultée, ou que vous-même soyez assommé si vous sortiez la nuit, aucune crainte d'avoir des créances irrécouvrables autrement que par accident ou malheur inévitable, aucune crainte que dans une élection politique il y ait de la corruption, ou en politique du détournement de fonds, et aucune crainte que quelqu'un, où que ce soit, essaie de « vous avoir » — pouvez-vous imaginer tout cela ? Ce serait presque le ciel sur terre. Bien sûr, cela ne peut arriver » (un jour cela devra arriver) « . . . et pourtant, si tous les destructeurs de la civilisation pouvaient être éliminés, et si les traits du reste d'entre nous qui viennent de lignées destructrices pouvaient être éliminés, un rapprochement d'un tel état d'ici une centaine d'années environ n'est nullement inconcevable. »

Un éveil spirituel dans le cœur de millions d'hommes et de femmes changerait le monde. J'espère, mes frères et sœurs, que l'aube de ce jour n'est pas très éloignée. Je suis conscient, comme j'espère que vous l'êtes tous, que la responsabilité d'essayer d'amener un tel jour repose sur la prêtrise de l'Église de Jésus-Christ, sur les membres, sur les maris et les épouses et sur les enfants dans les foyers mormons.

Que ce message se fasse sentir tout au long de la conférence que nous tenons maintenant. Nous ne pouvons pas simplement venir, nous réunir, parler de bonnes choses, puis rentrer chez nous et exprimer nos sentiments, les sentiments de notre nature charnelle.

Ma foi dans le triomphe final de l'Évangile de Jésus-Christ m'assure qu'un éveil spirituel doit venir. Il viendra par l'acceptation de Jésus-Christ et l'obéissance à son Évangile et d'aucune autre façon de manière complète. Je crois qu'il n'y a jamais eu dans l'histoire du monde un moment où une position unie et résolue pour soutenir le Christ et le rétablissement de l'Évangile par le prophète Joseph Smith fût aussi nécessaire qu'aujourd'hui.

Que Dieu vous bénisse, vous ici rassemblés, afin que nous ressentions comme jamais auparavant l'efficacité de l'Évangile rétabli et que nous tenions pour un devoir l'application des traits spirituels dans nos relations quotidiennes les uns avec les autres au foyer, en affaires, en société, je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « Puis-je dire à ces étudiants... », 1958 April General Conference, First Day Morning Meeting (1958-04-04). Pulpit Vault, 1958-04-mckay-may-i-say-to. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).