Pulpit

Mes bien-aimés frères et sœurs, je suis...

Delbert L. Stapley

1957 April General Conference·Second Day Afternoon Meeting·1957-04-06

Mes bien-aimés frères et sœurs, je suis vraiment reconnaissant des messages de cette conférence, à commencer par le grand message de notre bien-aimé président hier matin. Plusieurs ont établi le tremplin dont je voudrais partir dans ce que j'ai à dire cet après-midi.

Il est réjouissant de voir à l'œuvre le levain de l'Évangile, imprégné et fortifié par une direction de l'Église fidèle et dévouée, qui éveille la foi, encourage une activité renouvelée et suscite un regain de spiritualité parmi des membres dont la vie n'a pas, jusqu'ici, répondu pleinement aux enseignements et aux ordonnances de l'alliance de l'Évangile éternel, rétablie dans cette dispensation par la providence de Dieu comme une lumière pour le monde et comme un étendard pour son peuple. Les résultats sont si marqués, comme l'attestent les rapports d'activité, qu'on peut les mesurer et les totaliser. Le tout représente une réalisation satisfaisante qui a apporté joie, bonheur, paix et contentement à de nombreuses familles. La sagesse du programme actuel, qui vise à rejoindre tous les membres de l'Église et à toucher leur vie par l'Évangile du salut, ne saurait être contestée, car les bienfaits en ont été jusqu'ici très féconds et stimulants. Beaucoup ont été poussés à abandonner de mauvaises habitudes, ainsi que des attitudes d'indifférence, et ce faisant se sont préparés, qualifiés et rendus dignes des privilèges choisis et des bénédictions sacrées de l'Église, de la prêtrise et des temples de Dieu.

Ceux qui se consacrent à ce service utile ont eux aussi été bénis et pleinement récompensés. L'apôtre Jacques a donné cette exhortation et cette promesse :

Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité, et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. (Jacques 5:19-20.) Si je comprends correctement le plan d'exaltation, toutes les bénédictions éternelles s'obtiennent par la Sainte Prêtrise de Dieu et au moyen d'elle. Elles ne peuvent s'obtenir d'aucune autre manière. Cela étant, la Sainte Prêtrise, qui est l'autorité de Dieu et son pouvoir de scellement, est de grande importance non seulement pour l'homme qui la détient, mais aussi pour son épouse et ses enfants, car ils ne peuvent jouir pleinement des bénédictions, des occasions et des privilèges de l'Évangile que si le mari et père honore dignement son saint appel dans la prêtrise et l'exerce fidèlement et avec justice.

La relation entre mari et femme a été prévue par Dieu pour être une association éternelle. La famille qui est unie dans la fidélité et scellée ensemble par le pouvoir contraignant de la Sainte Prêtrise peut être assurée du grand privilège de partager ensemble la gloire éternelle dans une parfaite compagnie. Aucun véritable parent ne voudrait refuser à ceux qu'il aime la possibilité de recevoir des bénédictions, tant ici-bas dans la condition mortelle que pour l'éternité. Nos familles et le désir d'une association éternelle avec elles, en tant que cellule familiale dans la gloire céleste, valent tous les sacrifices qui nous sont demandés pour nous assurer de telles bénédictions. Nous ne pouvons nous permettre l'indifférence, car la vie à venir est trop importante. La joie et le bonheur de tous ceux que nous aimons dépendent de nos actions et de nos activités spirituelles.

Aucun homme ne peut être sauvé et exalté dans le royaume de Dieu sans la femme, et aucune femme ne peut atteindre la perfection et l'exaltation dans le royaume de Dieu seule. Il n'existe aucune union pour le temps et pour l'éternité qui puisse être rendue parfaite en dehors de la loi de Dieu et de l'ordre de sa maison. Un individu peut atteindre seul un certain degré de salut, mais lorsqu'ils seront exaltés, ils le seront selon la loi du royaume céleste.

L'apôtre Pierre a exhorté les maris à, . . . vivre avec elles selon la connaissance, rendant honneur à la femme, comme au vase plus faible, et comme étant héritiers ensemble de la grâce de la vie, afin que vos prières ne soient pas empêchées. (1 Pierre 3:7.) Ayant une connaissance parfaite, par la révélation ancienne et moderne, de l'éternité de la relation conjugale, nous pouvons comprendre comment mari et femme sont héritiers ensemble de la grâce de la vie. Nous savons aussi que, individuellement et séparément, ils ne peuvent atteindre à la plus haute gloire dans le royaume céleste. Aucun homme détenant la Sainte Prêtrise ne peut la rejeter, puis la porter à son gré et s'attendre à ce que les bénédictions qui lui ont été conférées soient ratifiées et scellées par le Saint-Esprit de promesse. Ce pouvoir de scellement céleste, appliqué à toutes les alliances, à tous les vœux et à tous les actes accomplis, s'acquiert par la justice des individus. Autrement, les ordonnances, les dotations et les bénédictions reçues ne sont pas efficaces dans les demeures célestes éternelles de Dieu.

Le prophète Joseph Smith a enseigné que le pouvoir, la gloire et les bénédictions de la prêtrise ne pouvaient se poursuivre chez ceux qui avaient reçu l'ordination que tant que leur justice se poursuivait. L'apôtre Pierre désigne cette autorité comme une prêtrise royale. Le droit de ce pouvoir appartient aux Dieux et est partagé par eux avec des hommes fidèles, divinement appelés.

C'est l'autorité par laquelle le Seigneur Tout-Puissant gouverne son peuple, et par laquelle aussi il crée et régit toutes les œuvres de ses mains. Le mépris de cette autorité conduit aux ténèbres, au péché, et souvent à l'apostasie, qui coupe un individu de tous les droits et privilèges de la maison de Dieu. Ceux à qui cette autorité divine est conférée devraient l'honorer et se montrer dignes des dons, des pouvoirs et des obligations qu'elle leur confère. Tout homme qui reçoit la dotation de la Sainte Prêtrise de Dieu peut faire remonter sa ligne d'autorité, en une chaîne ininterrompue, jusqu'au Sauveur. Le Seigneur a clairement fait savoir que tout homme qui détient cette prêtrise doit s'instruire de son devoir et agir dans l'office auquel il est désigné, en toute diligence ; et que s'il est paresseux et se montre déméritant, il ne sera pas considéré comme digne de demeurer. (Voir D. & A. 107:99-100.) Le Seigneur a aussi averti qu'il ne commandera pas en toutes choses, mais qu'il enjoint à chaque homme de s'engager avec zèle dans une bonne cause, de faire beaucoup de choses de son plein gré et de produire beaucoup de justice. Il déclare que si un homme n'obéit pas à ses commandements, il ne sera pas innocent devant lui. (Voir ibid., 58:26-30.) Ces Écritures enjoignent la fidélité et le dévouement à ceux qui reçoivent l'autorité de la Sainte Prêtrise de Dieu, laquelle leur permet d'officier dans les ordonnances sacrées du véritable Évangile du Christ. Dans une importante révélation sur la prêtrise, le Seigneur a déclaré :

Le pouvoir et l'autorité de la prêtrise supérieure, ou Prêtrise de Melchisédek, est de détenir les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de l'Église — ■ D'avoir le privilège de recevoir les mystères du royaume des cieux, que les cieux leur soient ouverts, de communier avec l'assemblée générale et l'Église du Premier-né, et de jouir de la communion et de la présence de Dieu le Père, et de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance. (Ibid., 107:18-19.) Ainsi, en raison de son caractère sacré et de son autorité, possédant des pouvoirs de lien et de scellement jusque dans les éternités, la prêtrise est acceptée par ceux à qui elle est conférée avec un serment et une alliance qui comportent des obligations et des responsabilités du caractère le plus sacré.

Ceux qui la reçoivent doivent, comme Dieu, y demeurer, car ils partagent avec lui et goûtent avec lui le droit de son autorité et de son pouvoir ; c'est pourquoi ils ne doivent pas se laisser détourner du droit chemin ni faillir.

Selon une révélation sur la prêtrise consignée dans la section 84 de Doctrine et Alliances, ce serment et cette alliance comportent deux exigences principales. La première est la fidélité, qui dénote l'obéissance aux lois de Dieu et sous-entend l'observance véritable de toutes les normes de l'Évangile. Pour mieux comprendre le serment et alliance de la prêtrise, puis-je soumettre ces questions :

  1. Un homme peut-il être fidèle s'il ne respecte pas les deux premiers grands commandements : aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée, et son prochain comme lui-même ?

  2. Un homme peut-il être fidèle s'il n'est pas honnête et véridique dans toutes ses transactions et dans toutes ses relations avec ses semblables ?

  3. Un homme peut-il être fidèle s'il n'honore pas le jour du sabbat et ne le sanctifie pas, s'il n'assiste pas aux réunions de sainte-cène et de la prêtrise, et s'il ne remplit pas aussi dignement tous les autres devoirs conformes à ses appels et à ses obligations ce jour-là ?

  4. Un homme peut-il être fidèle s'il ne prévoit pas et n'organise pas la prière familiale quotidienne dans son foyer ?

  5. Un homme peut-il être fidèle s'il n'enseigne pas à ses enfants les vrais principes de l'Évangile du Christ, puis ne leur donne pas un digne exemple en vivant selon ces vérités ?

  6. Un homme peut-il être fidèle s'il n'observe pas et ne garde pas la Parole de Sagesse ?

  7. Un homme peut-il être fidèle s'il ne paie pas une dîme intègre et une offrande de jeûne ?

  8. Un homme peut-il être fidèle s'il n'obéit pas à la loi de chasteté et n'est pas moralement pur dans sa vie et ses habitudes ?

  9. Un homme peut-il être fidèle s'il ne se prépare pas dignement, par l'obéissance et le sacrifice, aux saints temples de Dieu où il peut recevoir ses dotations et ses scellements dans les ordonnances supérieures de l'Évangile et ainsi lier sa famille, dans le bonheur et pour l'éternité, par l'amour et la compréhension ?

  10. Un homme peut-il être fidèle s'il n'honore pas et n'observe pas les lois du pays ?

Peut-être pourrions-nous résumer en demandant : « Un homme peut-il être fidèle s'il ne garde pas tous les commandements de Dieu ? » Le Sauveur a conseillé à l'homme qui vint à lui et lui demanda : « Bon Maître, quel bien dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » — en disant : « . . . si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. » (Matthieu 19:1617.) Ce conseil du Seigneur englobe tout et indique clairement la voie de la joie et du bonheur.

Ces pensées énumérées ne sont que quelques-unes des exigences associées à la fidélité, mais chacune est importante. En méditant sur le sens complet du mot, d'autres attributs qui sont d'importantes qualités de la fidélité s'imposeront aussi à votre esprit et à votre cœur, pour une meilleure compréhension et des résolutions personnelles.

La seconde exigence du serment et de l'alliance de la Sainte Prêtrise est de magnifier son appel. Magnifier, c'est honorer, exalter et glorifier, et faire tenir en plus haute estime ou en plus grand respect. Cela signifie aussi accroître l'importance de, agrandir et rendre plus grand.

En gardant cette définition à l'esprit, puis-je recourir de nouveau à quelques questions pour une compréhension plus lucide :

  1. Un homme peut-il magnifier son office et son appel s'il n'honore pas la prêtrise et n'y demeure pas fidèlement et dignement, en serviteur dévoué et véritable de Dieu ?

  2. Un homme peut-il magnifier son appel s'il ne confère pas une dignité spirituelle et humble à son office ?

  3. Un homme peut-il magnifier son appel s'il refuse d'accepter des postes et des responsabilités de confiance lorsque son président de pieu, son évêque ou une autre autorité constituée l'appelle à servir ?

  4. Un homme peut-il magnifier son appel s'il n'est pas obéissant aux normes et aux exigences de l'Évangile, et s'il néglige aussi d'être docile au conseil et à la direction d'hommes justes qui sont dûment appelés et approuvés par le peuple comme ses dirigeants autorisés ?

  5. Un homme peut-il magnifier son appel s'il refuse de soutenir par sa foi, ses prières et ses œuvres ceux que Dieu a appelés et ordonnés pour présider sur lui ?, 6. Un homme peut-il magnifier son appel s'il n'utilise pas sa prêtrise avec justice pour la bénédiction et le profit de ses semblables ?

  6. Un homme peut-il magnifier son appel s'il ne bannit pas toute iniquité de son âme, afin de gagner la faveur de Dieu et de jouir ainsi de pouvoir dans l'usage de la prêtrise pour bénir les gens ?

Là encore, puis-je résumer en demandant : « Un homme peut-il magnifier son appel s'il n'est pas disposé à tout sacrifier et à tout consacrer pour l'édification du royaume de Dieu dans la justice, la vérité et la puissance sur la terre ? »

Ici aussi, par une méditation faite dans la prière, vous pouvez ajouter d'autres considérations importantes applicables aux détenteurs de la Sainte Prêtrise qui magnifient leur appel, mais celles-ci suffiront pour le propos de ce discours.

Être fidèle et dévoué aux obligations de la prêtrise est la seule façon pour l'homme de gagner la faveur et la puissance auprès de Dieu et d'avoir un droit légitime sur lui à des bénédictions pour lui-même, sa famille et les autres auxquels il peut apporter son ministère. La prêtrise ne demeurera pas avec force et puissance chez celui qui ne l'honore pas dans sa vie en se conformant aux exigences du ciel. Le prophète Joseph Smith a déclaré : « Un homme ne peut rien faire pour lui-même si Dieu ne le dirige pas dans la bonne voie ; et la prêtrise est destinée à cela. » Pour magnifier son appel dans la prêtrise, un homme doit l'utiliser avec justice et au service de ses semblables. S'il le fait, il gagnera de la puissance dans son usage et verra ainsi s'accroître ses dons et ses capacités pour rendre un plus grand service. Tout homme qui reçoit la Sainte Prêtrise et est ordonné selon les dons et les appels de Dieu envers lui, et qui magnifie fidèlement son saint appel, ce qui accomplit les conditions du serment et de l'alliance, est sanctifié par l'Esprit pour le renouvellement de son corps. Il est alors digne d'être compté parmi les élus de Dieu, ayant aussi reçu le royaume du Père. Par le pouvoir de l'Esprit, qui est lumière et vérité, et en honorant la Sainte Prêtrise dans la fidélité et l'obéissance, un homme développe la sainteté de vie et de caractère ; c'est pourquoi il est mis à part, par cette régénération de l'âme, pour des responsabilités particulières et sacrées, avec la glorieuse promesse, pour avoir persévéré dans le serment et l'alliance de la prêtrise, que « tout ce que mon Père a lui sera donné ».

(Voir D. & A. 84:38.) Le Seigneur est tenu d'accomplir cette promesse envers ceux qui respectent les conditions du serment et de l'alliance. Si des hommes ne sont pas fidèles à magnifier leur appel, ils n'ont aucun droit d'attendre les bénédictions de cette promesse. Or le Seigneur a fixé une peine pour la violation du serment et de l'alliance de la Sainte Prêtrise en proclamant : . . . quiconque rompt cette alliance après l'avoir reçue et s'en détourne complètement n'aura pas la rémission des péchés dans ce monde ni dans le monde à venir.

(Ibid., 84:41.) Cette sévère peine pour la violation complète du serment et de l'alliance devrait amener les infidèles à se repentir de leurs actes, de leurs péchés et de leurs transgressions et à accomplir les œuvres de justice, afin qu'ils obtiennent le pardon et gagnent un renouvellement des promesses et des bénédictions de Dieu à leur égard. Si les hommes recommandés pour l'office d'ancien dans la Prêtrise de Melchisédek comprenaient à fond le serment et l'alliance, ainsi que la peine attachée à leur violation, au moment d'accepter la prêtrise, moins d'entre eux, j'en suis certain, transgresseraient ses obligations et sombreraient dans l'inactivité, tombant ainsi sous la condamnation.

Les pères qui détiennent ce grand don de la Sainte Prêtrise devraient donner l'exemple qu'ils désirent voir suivre par leurs enfants. Le bonheur éternel de leur famille dépend de l'obéissance du père aux lois de Dieu et de son exercice fidèle du saint appel de son office de la prêtrise.

J'espère, mes frères et sœurs, que ce grand et important travail parmi les inactifs, dont il a été question au cours de cette conférence, non seulement se poursuivra sans relâche, mais se poursuivra aussi avec une dévotion et une vigueur renouvelées et accrues. Les compensations comblent l'âme, et les inactifs reçoivent l'occasion de vivre de riches expériences et de recevoir de précieuses bénédictions. C'est aussi mon souhait sincère et ma prière que chaque père, avec sa famille, puisse atteindre ce privilège béni et cet état exalté d'unité et de compagnie éternelles dans les demeures célestes de Dieu.

Je témoigne de la véracité de ces choses au nom de Jésus-Christ.

Amen.

Citer ce discoursDelbert L. Stapley, « Mes bien-aimés frères et sœurs, je suis... », 1957 April General Conference, Second Day Afternoon Meeting (1957-04-06). Pulpit Vault, 1957-04-stapley-my-beloved-brothers-and-sisters-i-am. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).