Pulpit

Hier, on vous a lu une histoire...

S. Dilworth Young

1956 October General Conference·Second Day Afternoon Meeting·1956-10-06

Hier, on vous a lu une histoire, par frère Clifford E. Young, concernant Pierre et Jean guérissant, dans la cour du temple, un boiteux qui demandait l'aumône. Permettez-moi de vous finir l'histoire :

Lorsqu'ils virent l'assurance de Pierre et de Jean, et qu'ils s'aperçurent que c'étaient des hommes du peuple sans instruction, ils furent étonnés ; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus.

Et voyant l'homme qui avait été guéri se tenir avec eux, ils ne purent rien dire contre cela.

Mais quand ils leur eurent ordonné de sortir du sanhédrin, ils délibérèrent entre eux, disant : Que ferons-nous à ces hommes ?

car il est manifeste pour tous les habitants de Jérusalem qu'un miracle signalé a été accompli par eux, et nous ne pouvons pas le nier.

Mais afin que la chose ne se répande pas davantage parmi le peuple, menaçons-les sévèrement de ne plus parler désormais à personne en ce nom-là.

Et les ayant appelés, ils leur ordonnèrent de ne pas parler du tout ni enseigner au nom de Jésus.

Mais Pierre et Jean leur répondirent : S'il est juste aux yeux de Dieu de vous écouter plutôt que Dieu, jugez-en vous-mêmes.

Car nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues. (Actes 4:13-20.) C'est de cette dernière expression que je désire parler. Je voudrais l'appliquer aux enfants. C'est le fardeau de l'Église, si une telle chose peut être un fardeau, de témoigner de choses « vues et entendues ». Comment devons-nous enseigner les enfants ?

Ils ne savent pas tout ce qu'un adulte devrait savoir, mais ils ne devraient avoir aucun doute quant à la position des adultes.

Tout garçon a le droit d'avoir le sentiment que son père et sa mère et son instructeur de la prêtrise, son instructeur de l'École du Dimanche et son chef scout, ou toute personne avec qui il entre en relation dans l'Église, connaissent avec certitude des choses « vues et entendues ». Toute fille a le droit d'avoir la même assurance que ses parents et ses dirigeants connaissent des choses « vues et entendues ». Les jeunes eux-mêmes ne savent pas encore, mais la confiance qu'ils doivent développer vient de ce que ceux qui sont en contact étroit avec eux leur rendent constamment témoignage, par leurs actes, par leurs œuvres, par leurs paroles, qu'ils connaissent des choses « vues et entendues », ces choses vues et entendues dont parlent Pierre et Jean ; les choses dont parle Néphi au premier chapitre du Livre de Mormon en parlant de son père Léhi, des choses qu'il vit et entendit ; les gloires de l'Évangile et de Jésus-Christ et de toutes les choses « vues et entendues » de lui, et des choses que Joseph Smith « vit et entendit ».

Les enfants ne sont pas bien instruits par le simple fait qu'on leur dise les choses. Quand j'étais jeune homme, j'ai travaillé un temps dans un ranch de l'Idaho, pour une grosse exploitation d'élevage de bovins. Les clôtures étaient alors plus une curiosité qu'aujourd'hui. Le premier matin où j'allai travailler pour eux (et j'étais novice dans ce métier), le patron envoya l'homme qui s'occupait de la « remuda »,

les chevaux, les chercher avant l'aube. J'étais curieux de savoir comment ces cow-boys allaient s'y prendre pour prendre leurs chevaux au lasso et les seller, car je ne voyais pas de corral. Je supposais que les « punchers » allaient avoir bien du mal à les poursuivre. Mais au lever du jour, ils arrivèrent, cinquante ou soixante têtes de chevaux au galop, et ils entrèrent dans un corral que je n'avais pas remarqué. Des piquets avaient été plantés en un grand cercle dans la prairie, chaque piquet dépassant du sol d'environ dix-huit pouces. Au sommet de chaque piquet se trouvait un œillet, et une corde y était passée ; des ailes partaient d'une entrée de vingt pieds, peut-être cent pieds de chaque côté. Ces chevaux entraient dans l'enclos à plein galop. La corde n'arrivait pas à leurs genoux, et pourtant pas un cheval ne l'enjamba. Les « punchers » entrèrent dans ce petit corral improvisé et prirent leurs bêtes au lasso, les sellèrent et les bridèrent, les montèrent et leur firent passer l'envie de ruer, et pas un cheval ne sauta par-dessus cette corde pour sortir du corral.

Je demandai au contremaître pourquoi il en était ainsi, et il dit : « Ils savent mieux. » Je n'ai appris que plus tard ce que ce « mieux »

signifiait, mais les chevaux, d'abord par crainte et ensuite par habitude, avaient appris depuis longtemps où ils pouvaient aller et où ils ne le pouvaient pas, et ce qu'ils pouvaient faire et ce qu'ils ne devaient pas faire au sujet de cette corde à enjamber.

Eh bien, les enfants ne sont pas des chevaux, ni même semblables à des chevaux, et nous ne pouvons pas les instruire par la crainte, car cela a un mauvais effet sur eux, mais les instruire, nous le pouvons, et nous le devons.

Permettez-moi de vous donner une demi-douzaine de suggestions simples et familiales qui me semblent simples, relativement à l'enseignement des enfants. Avant de vous les donner, permettez-moi de dire que l'enseignement est une attitude.

On n'apprend pas par les mots prononcés, mais plutôt par l'attitude et l'esprit dans lesquels ils sont prononcés. On n'apprend pas toujours par l'action, mais par la joie avec laquelle l'action est accomplie. Et la leçon doit être répétée maintes et maintes fois pendant tout le temps où l'enfant grandit. Assurément, le Seigneur savait ce qu'il faisait lorsqu'il a dit, en substance : « Je vais vous donner ces enfants pour une vingtaine d'années, avant qu'ils ne mûrissent, et, pendant ces vingt années, répétez avec eux ce qu'ils doivent bien savoir. » Vingt ans, c'est long pour un enfant. Vous avez tout le temps de leur donner l'habitude de ne pas enjamber la corde sans qu'ils la craignent.

Premièrement, ravivons cette heureuse coutume de prendre nos repas ensemble. Abolissons les comptoirs à casse-croûte de nos cuisines et établissons une table autour de laquelle tous puissent s'asseoir, et que le père prenne le petit déjeuner avec ses enfants aussi bien que le souper, et qu'ils restent assis là quelques instants après chaque repas et s'entretiennent des sujets dont le père et la mère aimeraient parler. Cette coutume disparaît rapidement de notre existence.

C'est une chose puissante ; elle fera des merveilles chez les enfants.

Deuxièmement, quand le père rentre le soir, je lui suggère de résister vraiment à cette tentation et de mettre le journal dans un endroit caché jusqu'à ce que les enfants soient couchés. Le journal n'a pas sa place dans le foyer où il y a des enfants tant que le père n'a pas passé la soirée avec eux. Et c'est comme lire quinze minutes par jour — si vous passez quinze ou vingt minutes avec chaque enfant, selon son âge, à faire des choses qui l'intéressent et à être un compagnon pour lui, vous vous êtes rapproché de l'accomplissement de vos obligations de père. Si vous vous en remettez à la mère et vous cachez derrière le journal, je pense que vous avez commis un péché, parce que l'enfant est négligé et que vous n'avez pas fait votre devoir. Soyez donc ferme ; mettez le journal sous le paillasson jusqu'à ce que les enfants soient couchés.

Troisièmement, veillez à passer du temps avec chaque enfant, selon l'âge et les intérêts de cet enfant. Avec une petite fille de trois ans, s'il le faut, mettez-vous à quatre pattes et jouez aux poupées de papier. Avec un fils de dix-sept ans, qui veut aller au match Brigham Young-Université d'Utah, c'est là que vous devriez être (à moins que vous ne deviez être à cette réunion de la prêtrise).

Le point essentiel est que, lorsque l'enfant a vingt ans, il devrait avoir une telle camaraderie avec son père qu'il puisse lui parler de tout ce qu'il veut. Le moyen d'y parvenir est d'être un compagnon à chaque âge de sa vie, dès le commencement.

C'est pourquoi il est important d'apprendre à" s'occuper d'un bébé, pères, et à faire toutes les choses que requiert un bébé.

Quatrièmement, c'est un mauvais parent que celui qui n'est pas levé ou éveillé quand les enfants rentrent de soirées tardives ou de rendez-vous tardifs.

C'est alors le moment de les inviter à raconter ce qui s'est passé ; à jouir des choses qui étaient bonnes et à être conseillés sur la manière d'éviter les choses qui ont été tristes ; à les conseiller sagement au sujet des choses qu'ils pourraient avoir faites de mal. Cette pratique, maintenue tous les jours de son enfance, sera un grand frein pour un enfant qui a hâte de rester dehors plus longtemps qu'il ne le devrait. Ma mère m'attendait debout, et je n'ai jamais eu le front de la faire attendre trop longtemps. Je savais qu'elle était là. Cela m'a aidé. Cela aidera tous les enfants.

Cinquièmement, aucun parent dans cette Église ne fait son devoir s'il ne fait pas du jour du sabbat ce qu'il doit être. Cela devrait être un jour heureux passé ensemble, avec la participation de toute la famille. Dès le matin, le père et Johnny vont à la réunion de la prêtrise, et c'est le père qui doit y emmener Johnny, non Johnny qui doit y emmener son père. Ils devraient parler de diverses choses en chemin, et au retour aussi.

Chacun devrait sentir que l'autre est son égal, et le père devrait veiller particulièrement à ce que Johnny comprenne sa prêtrise. La Prêtrise d'Aaron est vitale. Cela réussit non pas tant à cause de ce qui est dit qu'à cause des émotions et des sentiments non exprimés qui sont suscités.

Et puis, les parents encouragent les enfants, et eux-mêmes autant qu'ils le peuvent, à aller à l'École du Dimanche et aux organisations auxiliaires. Mais par-dessus tout, toute la famille, si elle veut faire ce qu'elle doit faire, doit aller à la réunion de sainte-cène. Le père et la mère doivent montrer le chemin, les enfants les suivant de près et y restant jusqu'à la fin de la réunion. Si un enfant est trop petit, l'un peut sortir avec lui, le promener de long en large jusqu'à ce qu'il se soit dégourdi les jambes, ou, si un petit enfant pleure, il faudra peut-être le ramener à la maison ; mais la famille comprend qu'à l'heure voulue, tous sont ensemble à la réunion de sainte-cène.

Or ces suggestions, suivies avec soin et assiduité, en amèneront d'autres. Je n'ai pas parlé de bien des choses qui devraient se passer au foyer, mais elles se produiront : la prière, l'amour, toutes les choses qui les accompagnent.

Permettez-moi de conclure en vous rappelant la première chose que j'ai dite, les choses « vues et entendues ». Combien il est nécessaire qu'un parent rende ce témoignage ! J'ai une arrière-grand-mère âgée, morte depuis longtemps, à qui, dans sa quatre-vingt-dix-septième année, s'adressa quelqu'un qui avait perdu la foi et qui, pensant peut-être que la grand-mère, elle aussi, en avait perdu un peu, lui dit : « Vous avez connu le Prophète. Que pensiez-vous de lui ? » Cette femme âgée avait supporté les vicissitudes de la marche des soixante-dix de Kirtland au Missouri, avait souffert à Haun's Mill avec son bébé dans les bras, avait compté les longs milles à travers les plaines, puis avait vécu des années de pauvreté en Utah. Elle sourit en regardant cette personne, et je pense qu'elle la déçut aussi, parce que voici ce qu'elle dit : « Nous savions tous que c'était un prophète. »

Nous savons donc tous que c'était un prophète, mais nos enfants le savent-ils ?

Nos enfants savent-ils que nous le savons ? C'est là, je pense, notre plus grande obligation lorsque nous faisons face à la vie avec ces petits qui nous sont donnés pour être élevés jusqu'à l'âge adulte.

Mon témoignage est semblable à celui de mon arrière-grand-mère : je sais que Joseph Smith était un prophète et qu'il a vu et entendu des choses glorieuses. Je sais qu'il détenait les clés, et je sais qu'il les a transmises à ses successeurs, jusqu'au président McKay et à ceux qui l'assistent. C'est là mon témoignage que je vous rends, au nom du Christ. Amen.

Citer ce discoursS. Dilworth Young, « Hier, on vous a lu une histoire... », 1956 October General Conference, Second Day Afternoon Meeting (1956-10-06). Pulpit Vault, 1956-10-young-yesterday-there-was-a-story-read-to. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).