Pulpit

Mes frères et sœurs, je voudrais...

Delbert L. Stapley

1956 October General Conference·Third Day Afternoon Meeting·1956-10-07

MES FRÈRES ET SŒURS, je voudrais tout d'abord exprimer ma reconnaissance pour l'élévation spirituelle de cette grande conférence. J'en ai été inspiré. J'en ai été béni. Je suis sûr que vous l'avez été aussi.

Dans son discours d'ouverture de la dernière conférence générale d'avril, notre bien-aimé président David O. McKay a lancé un appel en faveur de la stabilité et de l'harmonie dans le foyer. Il a exprimé cette préoccupation opportune :

« Je ne suis pas très sûr que nous maintenions les hautes normes que l'on exige de nous dans nos foyers. Je me sens donc pressé, à cette séance d'ouverture, de faire un appel en faveur de plus de stabilité, de plus d'harmonie et de bonheur dans la vie du foyer. »

Je recommanderais, mes frères et sœurs, de relire et d'étudier ce discours inspiré et important. La sagesse en est si évidente pour les dirigeants de paroisse et de pieu qui connaissent les problèmes de la vie familiale de certains couples de l'Église, ainsi que les mauvaises relations entre certains parents et leurs enfants.

Elle est évidente aussi pour les dirigeants qui travaillent avec la jeunesse. Le message vital du Président a suscité une réponse immédiate de la part des responsables administratifs du Conseil de l'éducation de l'Église. Ils ont eu la bonté de m'inviter à prendre la parole et à diriger une discussion sur le sujet « Conseils touchant les normes de moralité », lors d'un séminaire d'été prévu pour les instructeurs de séminaire et d'institut de l'Église, sur le campus de l'Université Brigham Young.

Lors de mes entretiens personnels avec des jeunes à travers l'Église, et en m'entretenant avec des dirigeants de paroisse et de pieu, j'avais acquis une certaine connaissance de l'existence de problèmes moraux dans des groupes de jeunes de l'Église. Toutefois, en préparation de cette mission particulière et importante auprès des instructeurs de séminaire et d'institut, qui sont chargés d'enseigner l'Évangile aux jeunes de l'Église et qui, de ce fait, sont proches d'eux et de leurs problèmes, j'ai invité à mon bureau un groupe représentatif de chacun, ainsi que quatre jeunes gens choisis, deux garçons et deux filles. Le résultat de ces entretiens, joint aux renseignements tirés de la discussion en classe sur le sujet, a été révélateur et quelque peu alarmant. Au risque de m'attirer peut-être quelque critique, je désire souligner franchement et honnêtement quelques faits concernant les problèmes inquiétants qui nous assaillent et faire ce que j'espère être quelques suggestions utiles.

Je voudrais ici emprunter le premier paragraphe d'un article que j'ai récemment préparé pour le numéro de novembre du Relief Society Magazine, qui paraîtra sous le titre « Élaborer des sauvegardes pour la jeunesse » :

« L'un des problèmes sérieux qui se posent aux parents aujourd'hui est une tendance croissante au relâchement moral chez les jeunes.

Trop de parents n'ont pas pleinement conscience qu'un tel état de choses existe. Aussi, aveugles aux maux auxquels leurs enfants sont exposés, sans le soupçonner, et donc sans y penser, contribuent-ils à l'accroissement des pratiques immorales et coupables parmi eux. »

Des foyers heureux où l'Évangile est enseigné et vécu et où l'amour prédomine sont à la base du véritable caractère et des hautes normes morales de la jeunesse. Les parents doivent reconnaître qu'il y a dans ce monde moderne beaucoup de choses qui mettent à l'épreuve les centres d'intérêt des jeunes.

Une grande partie de ce qui est offert est bonne, mais une partie est mauvaise, vulgaire et de bas niveau.

Les pressions des influences malsaines sont parées de façon si séduisante et exercées avec tant de ruse que, si elles étaient acceptées, elles détruiraient les vertus qui font la véritable noblesse de caractère et une vie de joie et de bonheur.

Bien que nous ne voudrions pas qu'il en soit autrement, il y a tant de connaissances dans le monde aujourd'hui ; et demain, et chaque jour qui suivra, la découverte, l'invention et la connaissance continueront de croître et deviendront si aisément accessibles que le développement de l'esprit et l'instruction viendront de plus en plus tôt dans la vie des jeunes. Avec elles, à moins que les jeunes ne soient bien enracinés dans la foi, viendront la sophistication du monde ainsi que les activités et les plaisirs matériels. Sans maturité des sentiments et du jugement, on peut facilement s'engager dans de mauvaises voies et prendre de mauvaises attitudes qui compromettraient la promesse qui leur est faite d'une vie riche, utile et heureuse.

Les parents et les dirigeants de la jeunesse doivent reconnaître les pressions du monde auxquelles les jeunes sont constamment soumis et ne pas fermer les yeux sur les maux du monde qui rongent sans cesse les véritables modèles moraux que Dieu a ordonné à l'homme d'observer.

Notre grand défi est de préparer dès maintenant les jeunes, par un enseignement et des conseils sages et compréhensifs, à échapper à ces dangers qui guettent et qui détruiraient leur âme même. Attendre que les péchés soient commis avant d'agir n'éliminera ni les conséquences ni le chagrin et la douleur qui suivent la transgression. Satan, par ses auxiliaires humains, a ingénieusement conçu des combinaisons et des séductions alléchantes qui troublent et frustrent les jeunes quant aux véritables valeurs de la vie. Les normes morales et spirituelles de l'Évangile sont fréquemment mises en danger. La connaissance de la vie et de ses réalités est trop souvent acquise par les jeunes auprès de sources erronées et indésirables, parce que le foyer et les parents, la source appropriée, ferment trop fréquemment la porte en éludant le problème ou la question, alors qu'une réponse ou une explication opportune, intelligente ou compréhensive pourrait changer pour le bien tout le cours de la vie d'un jeune.

Sans doute beaucoup de parents manquent-ils d'un vocabulaire suffisant pour s'exprimer sur des sujets aussi intimes, mais s'ils sont parents d'adolescents, cela les dispense-t-il de s'instruire et d'obtenir les conseils et la formation appropriés pour remplir la responsabilité que Dieu leur a donnée d'élever leurs enfants dans les voies véritables du Seigneur ?

Si les parents tiraient pleinement parti des plans et des programmes de l'Église, par l'intermédiaire des collèges de la prêtrise, des organisations auxiliaires et des cours d'extension de l'Université Brigham Young sur la vie de famille, ils se qualifieraient de façon compétente pour la tâche importante de guider la jeunesse. Si les parents ne font pas pleinement connaissance avec les problèmes de leurs enfants qui grandissent en cet âge de libération des contraintes dans les relations entre garçons et filles, peuvent-ils reconnaître les signaux de danger qui risquent de se développer dans leur vie ?

La plupart des jeunes sont merveilleux, disposés à apprendre et maîtrisables. Le monde des adultes, avec sa conduite, les déroute.

Une correction dans ce domaine résoudrait en grande partie les perplexités et les problèmes de la jeunesse. Dans quelle mesure les parents connaissent-ils le jargon et la terminologie employés par les jeunes, de façon à pouvoir évaluer le sens et la gravité du « necking », du « petting » léger et poussé, des jeux de défi, de l'onanisme et d'autres pratiques mauvaises que les jeunes ne connaissent souvent que trop bien, qui affaiblissent les freins et la résistance et détruisent ainsi les véritables conceptions morales de la vie ?

Parents, vivez près de vos enfants, et plus particulièrement pendant les années de l'adolescence, tandis qu'ils sont en train de grandir et de connaître des changements physiques, ainsi que des émotions nouvelles et étranges qu'ils ne comprennent pas pleinement. C'est une période critique de leur vie, où une influence constante de conseil et de stabilisation est si nécessaire et si utile. C'est un moment où ils doivent apprendre à connaître les sentiments étranges qui motivent leur vie et leurs actes. Il se développe en eux des troubles émotionnels et des conflits difficiles à maîtriser, et si la connaissance et l'aide dont ils ont besoin ne peuvent être obtenues de leurs parents, les jeunes peuvent solliciter de l'aide auprès de sources indésirables ou auprès de relations dont la connaissance et le sens des valeurs sont aussi immatures et peu solides que les leurs. Il y a là un danger sérieux et un piège qu'il faut éviter.

Peut-être les enfants ne devraient-ils pas rejeter sur les parents la responsabilité de leurs propres erreurs, mais souvent ils le font, après une transgression qu'une instruction et des conseils appropriés et opportuns auraient pu prévenir. Une réponse simple et honnête aux questions et aux problèmes si vitaux pour les jeunes pourrait faire une grande différence dans leur vie lorsque les tentations surviennent.

Les parents devraient bâtir la camaraderie et l'amour dans le foyer et éliminer les relations tendues afin d'assurer aux enfants la stabilité et la sécurité de la vie du foyer. Dans leurs rapports avec les enfants, il devrait toujours y avoir de l'amour et de la bonté, mais aussi de la fermeté lorsqu'on établit des règles de contrôle et de conduite.

Les jeunes, s'ils sont bien enseignés, attendent et désirent pour la plupart des restrictions pour les guider dans leurs activités sociales et leurs rendez-vous. Des garde-fous et des conseils protecteurs sont nécessaires pour les fortifier contre les familiarités et les intimités qui conduisent au péché.

Ce qui apparaît aux jeunes comme un amusement, une excitation ou un attrait brillant peut présenter des dangers cachés. Si les parents jouissent de la confiance de leurs enfants et savent quels sont leurs projets, ils pourront alors voir les périls cachés qui sont devant eux et, grâce à l'expérience de la paternité et de la maternité, donner une direction et des conseils protecteurs pour aider à maîtriser leurs émotions et à sauvegarder la vertu et l'honneur, si essentiels aux jeunes pour une vie heureuse et satisfaisante.

La possession personnelle des voitures de la famille ou la liberté de s'en servir semble être un besoin dans la vie des jeunes d'aujourd'hui ; pourtant, faute de contrôles suffisants et du respect d'heures convenables après les réceptions ou les bals, les voitures deviennent souvent des instruments d'intimités et d'infractions morales.

La responsabilité des parents et des dirigeants de la jeunesse, dans ce monde scientifique moderne où nous vivons, est d'enseigner aux jeunes et de leur montrer comment vivre au milieu de ces facteurs modernes tout en exprimant à leur égard une réponse saine et intégrée, et de bâtir un ensemble de normes de vie, des objectifs qui élimineront dignement de la vie les choses qui détruisent et cultiveront les vertus qui fondent la sécurité et la paix de l'âme. Les parents devraient aider les jeunes à comprendre qu'un esprit et un corps purs font le bonheur maintenant et éternellement.

Les jeunes d'aujourd'hui ont trop d'excitation, de distraction et de divertissement passif. Peut-être faisons-nous trop de choses pour eux et les privons-nous de l'enthousiasme, légitime et pleinement satisfaisant, de la créativité dont jouissait autrefois la jeunesse.

La moralité est l'une des plus hautes réalisations auxquelles un être humain puisse aspirer. Elle indique une maturité et une orientation émotionnelles pleines et entières. Elle est donc très complexe et s'étend à des domaines de la vie que nous n'associons pas ordinairement à la moralité. Si quelque chose fait obstacle à ce développement de la maturité, cela peut être la cause profonde de l'immoralité.

Le milieu familial et la formation reçue au foyer deviennent donc une considération importante et primordiale. Un jeune homme a fait cette déclaration profonde :

« Je sais que, dans ma propre vie, l'une des raisons pour lesquelles j'ai été chaste est que je n'ai jamais pensé à être autrement. J'avais un milieu bon et sain et un profond amour pour mes parents, et les tentations ont été éliminées en partie grâce à cela. »

Les parents et les instructeurs, ainsi que les orateurs de la chaire, ont au cours des années insisté auprès des jeunes de l'Église sur l'observance complète de la Parole de Sagesse. Nos jeunes ont pleinement conscience de cette loi divine de santé. Le même effort constant et la même compréhension, cependant, n'ont pas été consacrés à la loi de chasteté. C'est peut-être à cause de sa nature très délicate et intime que la chasteté ne reçoit pas, au foyer, en classe ou de la chaire, la même attention que la Parole de Sagesse.

La violation de la pureté morale est, des deux péchés, de loin le plus grave aux yeux de Dieu. Les jeunes qui sont coupables d'offenses morales sont souvent de véritables observateurs de la Parole de Sagesse. C'est une preuve que la loi de chasteté ne reçoit pas l'attention qu'elle mérite dans le programme du foyer ou de l'Église.

Dans une enquête menée par un groupe de séminaires de l'Église, on a remis à chaque jeune une liste de commandements et de lois qui régissent l'Église, parmi lesquels figuraient la Parole de Sagesse et la chasteté. On a demandé aux jeunes de classer ces commandements et ces lois par ordre d'importance. Dans le dépouillement des résultats de cette enquête, la plupart des étudiants ont placé la Parole de Sagesse en première position. Quelque part dans leur formation, on ne leur avait pas enseigné comme il convient que le péché le plus grave, à l'exception du meurtre, est celui de l'immoralité. Les valeurs véritables et d'une importance vitale de la moralité doivent être établies clairement et sans équivoque dans l'esprit et le cœur des jeunes pour assurer qu'ils les acceptent et s'y conforment.

La religion devrait toujours se situer, au foyer, à un niveau compréhensible et pratique où les enfants puissent la vivre et en jouir. Peut-être l'Église devrait-elle offrir des cours d'étude pour la prêtrise, appliquant l'Évangile pour aider les hommes à devenir de meilleurs maris et de meilleurs pères. Un cours comparable pourrait être proposé à la Société de secours, traitant du rôle de la femme comme Sainte des derniers jours, épouse, mère et bâtisseuse de foyer.

Pour avoir de la valeur, de tels cours ne doivent pas se borner à des généralités et à des exhortations, mais doivent relier les principes de l'Évangile à la connaissance concrète de la nature et du comportement humains.

Dieu ne nous excusera pas de n'avoir pas trouvé le sens plein de la vie dans notre théologie, ni de n'avoir pas appliqué ses valeurs aux relations du foyer et de la famille. Les enfants, grâce à un enseignement religieux solide au foyer, peuvent être aidés à atteindre des satisfactions saines dans la vie en développant des loyautés fondamentales envers la Divinité, envers l'Évangile rétabli du Christ, envers les dirigeants désignés du peuple, envers le foyer et la famille, et aussi envers les principes fondamentaux d'une bonne conduite morale.

Les mères, sauf nécessité absolue, ne devraient pas chercher d'emploi à l'extérieur du foyer, mais devraient plutôt remplir honorablement leur mission première dans la vie comme épouses, mères et maîtresses de maison. Beaucoup de problèmes de la jeunesse viennent de ce que des mères acceptent des postes rémunérés qui les éloignent du foyer, elles et leur influence salutaire. La mère et le foyer sont synonymes, et donc importants pour l'éducation sûre de la jeunesse.

En terminant, mes frères et sœurs, je reviens à l'appel du président McKay cité au début de mon discours, et je propose que nous nous posions avec insistance ces questions : Maintenons-nous dans nos foyers les hautes et importantes normes de l'Évangile ? La prière en famille y est-elle faite chaque jour ? Donnons-nous à nos enfants un exemple convenable de Saints véritables et fidèles, qu'ils puissent suivre avec profit et avec enrichissement des valeurs de caractère moral qui leur assureront une vie de joie et de bonheur. L'harmonie règne-t-elle dans le foyer, l'amour en étant la force qui dirige et qui motive ? Le foyer offre-t-il la sécurité et la stabilité qui fortifient les liens familiaux ? Nos enfants sont-ils à l'aise et heureux, jouissant pleinement du milieu et de la compagnie de la vie de famille ? Nous pourrions nous poser utilement ces questions, et bien d'autres semblables, en considérant toute la portée de l'avertissement du président McKay.

Je prie sincèrement que nous reconnaissions non seulement les problèmes du foyer et les problèmes moraux qui existent, mais aussi que, comme parents et comme dirigeants, nous résolvions de nous qualifier et de nous engager à être des exemples vivants de vertus semblables à celles du Christ, afin que nous puissions donner à la jeunesse, dans le processus de sa croissance, des conseils et une direction sages, utiles et compréhensifs.

Je prie que la maturité trouve chacun d'eux moralement pur, solide dans la foi, préparé et digne des ordonnances sacrées et des bénédictions de choix des saints temples de Dieu.

Je prie aussi, mes frères et sœurs, qu'en tant que dirigeants nous prenions en considération les problèmes de la jeunesse et la nécessité de faire quelque chose de constructif qui les aidera à comprendre la vie, à acquérir une connaissance et un témoignage de l'Évangile qui les porteront à travers les passages difficiles vers une vie de joie et de bonheur, et c'est ce que je prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDelbert L. Stapley, « Mes frères et sœurs, je voudrais... », 1956 October General Conference, Third Day Afternoon Meeting (1956-10-07). Pulpit Vault, 1956-10-stapley-my-brothers-and-sisters-i-should-like. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).