Pulpit

Dimanche dernier, nous avons célébré l'événement...

Sterling W. Sill

1956 April General Conference·First Day Morning Meeting·1956-04-06

Dimanche dernier, nous avons célébré l'événement qui a inauguré sur cette terre la résurrection corporelle universelle. Les grands événements ont tendance à prendre de l'importance dans notre esprit lorsque nous les soumettons à l'étude et à la réflexion et que nous essayons d'en déterminer la signification, en particulier dans la mesure où ils s'appliquent à notre propre vie. Pour nous aider dans cette démarche, nous avons adopté la coutume très utile de mettre de côté des jours particuliers pour penser à des choses particulières. Outre Pâques, nous avons bien d'autres jours merveilleux.

Nous avons mis de côté le treize du mois prochain comme fête des Mères, et nous plaçons devant notre esprit la signification de cette grande occasion avec tout ce qu'elle représente, et il en résulte que la qualité de notre vie tend à s'élever pour se maintenir au niveau de nos pensées.

Chaque 4 juillet, nous mettons de côté un jour pour célébrer l'anniversaire de notre nation, et nous pensons à notre liberté, à ce qu'elle signifie, à ce qu'elle a coûté, à ce qui se produirait si elle était perdue, et à ce que nous pourrions faire pour promouvoir davantage la grande idée de la liberté dans notre vie et dans le monde qui nous entoure.

Le vingt-cinq décembre, nous mettons de côté un autre jour et nous plaçons devant notre esprit la vie et les enseignements de Celui qui fut ordonné pour être le Sauveur du monde et le Rédempteur des hommes.

Et nous pensons à son exemple et à son sacrifice et à ce qu'ils signifient pour nous, à ce qu'il avait à l'esprit lorsqu'il dit : « Si je suis élevé, j'attirerai tous les hommes à moi. » (Voir Jean 12:32.) On a dit que l'esprit humain possède certaines des qualités des vrilles d'une plante grimpante ; c'est-à-dire qu'il tend à s'attacher et à s'élever grâce à ce avec quoi on le met en contact. Nous mettons de côté ces jours particuliers pour mettre notre esprit en contact avec les plus grandes idées et les plus grands idéaux du monde. De ce point de vue, songez à l'effet qu'a eu en Amérique, au fil des ans, sur les jeunes comme sur les personnes âgées, le fait de regarder vers les vertus et les réalisations de Washington et de Lincoln, dont nous croyons tous deux qu'ils ont été suscités par Dieu, l'un pour être le père de ce pays favorisé de Dieu et l'autre pour le sauver de la dissolution. La vie de ces deux grands hommes, si riche en intégrité, en honneur et en dévouement au devoir, est placée devant notre esprit pour nous attirer vers un niveau de pensée plus élevé.

Cette année tombe le 250e anniversaire de la naissance de Benjamin Franklin, et, durant cette année, dans toute l'Amérique, on écrit et on dit beaucoup de choses sur les qualités de caractère remarquables de ce grand Américain. Et, à mesure que notre esprit s'y attache, nous tendons à absorber ces qualités pour ennoblir notre propre vie. Chacune de ces occasions particulières sert un but nécessaire et différent.

Ce matin, je voudrais mettre votre esprit en contact avec le fait que c'est l'année du 150e anniversaire de la naissance du prophète Joseph Smith, dont la vie marque le début de la plus grande et dernière dispensation de l'Évangile. L'importance de ce grand événement revêt une signification inhabituelle et accablante dans la vie de chaque être humain qui vit sur la terre.

En soumettant cette pensée à votre réflexion, je voudrais vous ramener en arrière dans l'histoire, à quelque 3700 ans, à la naissance d'un autre prophète du nom de Joseph. Ce Joseph était le fils de Jacob et l'un des douze frères qui devinrent plus tard les chefs des douze tribus. Comme Joseph Smith, ce Joseph reçut lui aussi des manifestations de la volonté du Seigneur à un très jeune âge. Cette faveur apparente suscita des jalousies parmi ses frères et, lorsque Joseph eut dix-sept ans, son père l'envoya s'informer du bien-être de ses frères qui faisaient paître les troupeaux de la famille à Dothan. Lorsqu'ils le virent approcher, ils dirent : « Voici le faiseur de songes qui arrive », et ils complotèrent de lui ôter la vie. Mais, grâce à l'intercession de l'un de ses frères, on parvint à un compromis, et ils vendirent Joseph pour vingt pièces d'argent, ce qui équivaut à environ onze dollars en monnaie américaine, à un groupe d'Ismaélites qui descendaient en Égypte pour y vendre leurs épices.

En Égypte, Dieu n'abandonna pas Joseph mais continua de lui donner d'autres manifestations de la volonté divine. Ce fait était connu de certaines des relations de Joseph, et quinze ans plus tard, lorsque Pharaon fit un songe qui le troublait, on envoya chercher Joseph. Joseph dit à Pharaon qu'il viendrait sept années de grande abondance. Elles seraient suivies de sept années de famine, et Joseph conseilla à Pharaon de construire des greniers et d'emmagasiner le blé pendant les bonnes années afin de réduire la souffrance durant les années de famine. Pharaon, voyant que Joseph était un homme capable et intelligent et que le Seigneur était avec lui, le nomma responsable de ce grand programme d'entraide égyptien.

Puis Joseph construisit des greniers et emmagasina le blé durant ces sept années d'abondance.

Enfin, les années d'abondance prirent fin, et la grande famine commença.

Alors Joseph ouvrit les greniers, et toutes les nations environnantes, y compris les frères de Joseph, vinrent en Égypte pour acheter du blé. Quand les frères apprirent que Joseph était maintenant un homme d'une grande autorité et d'un grand pouvoir, ils furent naturellement très effrayés. Mais Joseph apaisa leurs craintes par ces paroles. Il dit : . . . ne vous affligez pas et ne soyez pas irrités contre vous-mêmes . . . de m'avoir vendu pour être conduit ici ; car c'est pour conserver la vie que Dieu m'a envoyé devant vous.

(Genèse 45:5.) Et ainsi, pour environ onze dollars, plusieurs nations furent sauvées de la famine.

Il est un peu difficile de comprendre ce qu'est « une famine » alors que l'un de nos problèmes les plus pressants est le surplus et la surabondance.

Mais il est plus difficile encore, lorsque les hommes ont chassé Dieu de leurs intérêts, de comprendre une autre sorte de famine dont il a prédit qu'elle viendrait sur la terre en conséquence de la désobéissance et du péché. En prédisant cette famine, le prophète Amos dit : Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, où j'enverrai la famine dans le pays, non pas la disette du pain et la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel :

Et ils [les hommes] seront errants d'une mer à l'autre, du nord à l'orient, ils iront çà et là pour chercher la parole de l'Éternel, et ils ne la trouveront pas.

(Amos 8:11-12.) Cette famine s'est aussi littéralement accomplie comme prédit. Ésaïe avait dit : La terre aussi est profanée par ses habitants, car ils ont transgressé les lois, changé les ordonnances, rompu l'alliance éternelle. (Ésaïe 24:5.) Le ministère du Maître lui-même ne put se poursuivre que trois courtes années. Puis, un par un, chacun des apôtres fut mis à mort. Selon la tradition, Pierre, André, Simon et Philippe furent crucifiés ; Jacques et Paul furent décapités ; Barthélemy fut écorché vif ; Matthieu fut tué à coups de hache d'armes ; Thomas fut transpercé d'une lance ; Jacques fut battu à mort ; Thaddée fut criblé de flèches ; Barnabé fut lapidé ; Marc fut traîné à mort dans les rues d'Alexandrie ; et Jean, l'unique apôtre survivant, fut banni dans cette petite île rocheuse de la mer Égée appelée Patmos.

L'Église, ainsi laissée sans direction divine, tomba bientôt au niveau inférieur d'une institution purement humaine et, à mesure que les conditions allaient de mal en pis, cette prophétie d'Ésaïe connut son plein accomplissement : « Car voici, les ténèbres couvrent la terre, et l'obscurité les peuples. » (Ésaïe 60:2.) Mais, comme on l'a dit, Dieu procure toujours le remède avant le fléau. Six cents ans av. J.-C., un petit groupe d'Israélites descendants de Joseph fut conduit hors de Jérusalem par le Seigneur, en direction d'un pays lointain que nous connaissons maintenant sous le nom d'Amérique. Ils emportèrent avec eux leurs annales et les écrits de leurs prophètes, y compris les écrits de ce même prophète Joseph qui avait été envoyé en Égypte « pour conserver la vie ». Après leur arrivée dans la terre promise, Léhi leur lut une prophétie faite par leur célèbre ancêtre, Joseph, au sujet d'événements qui devaient se produire dans les derniers jours dans ce nouveau pays.

Il dit : Oui, Joseph a dit, en vérité : Ainsi me dit le Seigneur : Je susciterai un voyant de choix du fruit de tes reins, et il sera tenu en haute estime parmi le fruit de tes reins. Et je lui donnerai le commandement d'accomplir, pour le fruit de tes reins, ses frères, une œuvre qui aura une grande valeur pour eux, à savoir, de les faire parvenir à la connaissance des alliances que j'ai faites avec tes pères. . . .

Et il sera appelé du même nom que moi ; et ce sera le même nom que celui de son père.

Et il sera semblable à moi, car ce que le Seigneur fera paraître par sa main, par le pouvoir du Seigneur, amènera mon peuple au salut. (2 Néphi 3:7, 15.) Joseph Smith a accompli ces prophéties. Joseph avait dit : « Il sera appelé du même nom que moi », Joseph. « Et ce sera le même nom que celui de son père. »

Le père de Joseph Smith s'appelait Joseph.

Puis le prophète dit : « Et il sera semblable à moi. » Joseph, fils de Jacob, fut envoyé avant la famine d'Égypte pour conserver la vie. Et Joseph Smith fut envoyé avant la famine spirituelle dont parle Amos, dans exactement le même but : ouvrir les greniers de la vérité spirituelle, dissiper les ténèbres qui couvraient la terre et rendre possible que toute âme vivante ait la « vie éternelle ».

L'un des événements les plus passionnants qui soient jamais arrivés dans le monde s'est produit dans le cadre de l'accomplissement de cette prophétie, lorsque, au début du printemps de 1820, Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, sont réapparus sur cette terre pour inaugurer cette plus grande et dernière dispensation de l'Évangile.

Et Dieu a placé entre les mains des hommes trois grands volumes d'Écritures nouvelles, exposant dans tous les détails les principes simples de l'Évangile, afin que tous les hommes puissent être nourris du pain de vie et soient ainsi en mesure de réaliser leur exaltation personnelle et individuelle.

Mais il est possible de périr même en présence de l'abondance. Aux premiers jours de la ruée vers l'or dans ce pays, bien des hommes ont perdu la vie en essayant de traverser ce qu'on appelait le grand désert américain.

Plus tard, lorsque l'on retrouva leurs corps, on constata que beaucoup d'entre eux étaient morts tout près de points d'eau.

Avec seulement un peu plus de connaissance, ils auraient pu se sauver la vie.

Cette expérience des chercheurs d'or de 1849 a son pendant spirituel à notre époque. Emerson a évoqué cette possibilité lorsqu'il a dit : Au bord des eaux de la vie et de la vérité, nous mourons misérablement. Parfois, nous sommes le plus loin lorsque nous sommes le plus près. Nous nous tenons au bord d'un océan de pouvoir, mais chacun doit faire le pas qui l'y conduirait.

C'est toujours une tragédie pathétique lorsque ce pas n'est pas fait.

On le voit au fait qu'il y a dix-neuf cents ans, des hommes inattentifs ont vécu en la présence même du Fils de Dieu et que, en réponse à son invitation à goûter aux vérités de la vie éternelle, ils se sont contentés de dire : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » (Matthieu

27:25.) Et il en a été ainsi. Ils étaient si près — et pourtant si loin.

Combien cet événement devrait stimuler notre initiative et nous mettre debout, en quête sincère de la plus grande de toutes les bénédictions, l'exaltation éternelle !

Mais dix-neuf cents ans se sont écoulés depuis ce temps, et la vie des hommes continue d'être gaspillée par la dévastation de la famine spirituelle. Il est certainement tout aussi vrai maintenant qu'alors qu'« il n'y a qu'un seul nom donné par lequel l'homme doit être sauvé. » (Voir Actes 4:12.) Pourtant, sur plus de deux milliards de personnes qui occupent actuellement la terre, un tiers seulement porte même le nom de chrétien. Et ce tiers est divisé en quelque 250 sectes rivales, qui prétendent toutes accepter la Bible comme la parole inspirée de Dieu et la seule règle faisant autorité en matière de foi et de doctrine. Leur confusion, même sur les points de doctrine les plus simples, est indiquée par le rapport selon lequel quelque soixante-dix-huit d'entre elles baptisent par immersion, beaucoup par aspersion, soixante-huit ont des formes facultatives ; soixante-sept pratiquent le baptême des enfants, beaucoup n'ont aucun baptême. Trente-neuf n'exigent de leurs adeptes l'adhésion à aucun credo ni aucune doctrine d'aucune sorte.

Presque toute Église protestante est née à cause d'« une protestation » ou d'un « désaccord ». La division d'opinion causée par la guerre de Sécession est à l'origine de la formation de nombreuses Églises nouvelles. L'Église d'Angleterre a été organisée parce que le pape refusait d'accorder un divorce à Henri VIII. Il existe de nombreuses « Églises d'État ». C'est l'empereur Constantin, et non les serviteurs du Seigneur, qui a fait du christianisme l'Église de l'Empire romain.

Et, tandis que cette famine suivait son long cours destructeur, bon nombre des vérités que Jésus était venu donner au monde ont été perdues, jusqu'au fait de « connaître Dieu », dont Jésus a déclaré que c'était la « vie éternelle ».

L'un des ministres les plus populaires de nos jours a dit récemment : « Personne ne peut possiblement connaître Dieu. Dieu est absolument incommensurable, introuvable et indiscernable. » Il a dit : « Il n'a ni corps ni forme. » Saint Augustin a tenté de décrire la nature de Dieu comme un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

Dans la sévérité de cette famine de compréhension spirituelle, les hommes ont nié la personnalité de la divinité. Ils l'ont aussi privée de son corps. Ils l'ont laissée sans sens, sans facultés ni sentiments. Et, par voie de conséquence naturelle, le monde en grande partie en est encore là où Paul l'a trouvé il y a dix-neuf cents ans, adorant aux pieds d'un « Dieu inconnu », et cela sans une juste compréhension même des principes les plus simples enseignés par Jésus et consignés dans la Bible. Il s'agit de doctrines importantes comme la résurrection corporelle littérale, les degrés de gloire, la préexistence de l'homme, le salut pour les morts, les fonctions de la Prêtrise d'Aaron et de la Prêtrise de Melchisédek, la juste organisation de l'Église, ce que devrait être le nom de l'Église, la fonction des temples sacrés, l'éternité de la cellule familiale, et bien d'autres doctrines importantes vitales pour notre salut, toutes clairement enseignées par Jésus et consignées dans la Bible.

Pour autant que je sache, le fait le plus important qui soit au monde aujourd'hui est que Dieu a de nouveau rétabli la prêtrise et que sa voix a de nouveau donné cette mission divine en disant : « Allez donc, et enseignez toutes les nations, . . . » (Matthieu

28:19.) Amos a dit que beaucoup « courraient çà et là pour chercher la parole du Seigneur mais ne la trouveraient pas ». L'une des raisons pour lesquelles certains ne peuvent la trouver est que, comme autrefois, certains ont des yeux qui ne voient pas. D'autres ne peuvent la trouver parce que certains d'entre nous, qui y avons accès, cachons notre lumière sous le boisseau. D'autres encore ne peuvent la trouver à cause de leur confusion lorsque notre vie n'est pas en accord avec notre enseignement.

Le Rétablissement de l'Évangile revêt une signification vitale dans la vie de chaque personne sur la terre. On ne peut ni l'esquiver ni l'éviter. Nous devons comprendre cette responsabilité. Dans l'une des Écritures des derniers jours les plus riches de sens, le Seigneur a dit : « Il faut nécessairement que tous les hommes restent sans excuse », (voir D. & A. 88:82) et cela s'applique à ceux qui n'entendent pas, et plus particulièrement encore à ceux qui n'enseignent pas, car ceux qui portent la mission divine de dispenser la vérité spirituelle doivent aussi partager la condamnation potentielle dont parle Paul, qui a dit : « Malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile ! »

Et ainsi, durant cette année anniversaire, nous plaçons devant notre esprit et devant l'esprit de tous les hommes le formidable message du Rétablissement, et nous prions pour que notre esprit s'attache à la parole révélée du Seigneur avec tant de force, de diligence et de foi que cette dévastatrice famine soit dissipée, que tous les hommes puissent trouver les eaux claires de la vie éternelle et que, grâce à notre obéissance à l'Évangile, Dieu puisse ainsi attirer tous ses enfants vers lui pour qu'ils héritent du royaume céleste.

Que Dieu nous bénisse, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursSterling W. Sill, « Dimanche dernier, nous avons célébré l'événement... », 1956 April General Conference, First Day Morning Meeting (1956-04-06). Pulpit Vault, 1956-04-sill-i-ast-sunday-we-celebrated-the-event. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).