Pulpit

Mes chers frères, j'ai à peine eu…

William J. Critchlow Jr.

1955 October General Conference·General Priesthood Meeting·1955-10-01

Mes chers frères, j'ai à peine eu le temps de rassembler mes esprits, sans parler de mes pensées et de mes notes, depuis que le président McKay m'a appelé cet après-midi pour parler sur le sujet : « Comment améliorer la révérence et l'ordre dans les chapelles de nos pieux ». Je crois que l'obéissance est l'un des premiers principes de l'Évangile et que la révérence est l'âme même du christianisme. Je révère notre Président, et je prie pour avoir le courage de toujours suivre ses conseils, de le soutenir, lui et les autorités générales de l'Église, et de suivre leurs conseils. Une telle obéissance, me semble-t-il, est la véritable essence de la révérence.

Il y a un mois environ, le président McKay et sœur McKay ont assisté à un match de la Pioneer League à Ogden, et mon cœur s'est empli de fierté lorsque l'action s'est arrêtée sur le terrain et que les trois mille personnes présentes se sont levées quand le Président et sa chère épouse sont entrés dans le stade. L'honneur et le respect, mes frères, sont des éléments de la révérence.

Les offices de la prêtrise que nous détenons méritent notre propre respect et notre honneur personnels, et le respect dans lequel nous les tenons est, j'en suis sûr, une mesure de notre révérence.

Notre prêtrise est sans aucun doute le plus grand don de Dieu à ses enfants. Trois raisons motivent cette affirmation. Premièrement, nous qui détenons la prêtrise, nous sommes des officiers de son royaume ; nous sommes en formation ; et de plus grandes responsabilités nous attendent. Un million et demi seulement sur deux milliards d'enfants — les enfants de notre Père — qui honorent maintenant la terre de leur présence, sont actuellement inscrits dans son royaume, et puisqu'il est destiné à couvrir la terre, le poids de nos responsabilités est non seulement évident mais écrasant. Puisse la formation que nous recevons maintenant nous préparer à nos tâches.

Deuxièmement, les offices de la prêtrise s'accompagnent d'un pouvoir que nous ne sommes pas actuellement capables d'apprécier. On peut le comparer à l'énergie électrique. Professionnellement, je vends de l'électricité depuis des années, et pourtant je ne l'ai jamais vue et je ne sais pas ce que c'est, mais je sais quelques-unes des choses qu'elle peut accomplir et je suis sûr que d'autres usages seront découverts. Le pouvoir de la prêtrise ressemble au pouvoir électrique en ce qu'il ne peut lui non plus être vu. Et là encore, nous ne savons pas ce que c'est, et pourtant nous connaissons beaucoup de choses miraculeuses qui résultent de son usage. Nous avons vu des malades guéris ; nous savons que des morts ont été ressuscités ; et on nous a dit que, par le pouvoir de la prêtrise, des mondes sans nombre ont été créés. En tant qu'officiers du royaume de Dieu, nous avons accès à ce pouvoir, et à mesure que nous progresserons dans notre formation, nous prendrons conscience de bien d'autres applications de ce merveilleux pouvoir.

Enfin, si nous sommes fidèles à notre prêtrise et si nous magnifions nos appels, nous pouvons être sanctifiés, nous dit-on, par l'Esprit jusqu'au renouvellement de nos corps, et tout ce que notre Père a peut être à nous.

Maintenant, frères, pouvez-vous imaginer un don plus grand ? Permettez-moi de le répéter, notre prêtrise mérite l'honneur et exige notre plus grand respect. Cela constitue l'essence de la révérence.

Mon but n'est pas de philosopher sur ce sujet de la révérence. On m'a demandé de vous dire ce qu'un président de pieu peut faire pour promouvoir et accroître la révérence dans son pieu. Dans mon pieu, nous avons demandé au comité de la Primaire du pieu d'introduire et de prendre la tête d'une activité qu'ils ont acceptée à la dernière conférence générale de la Primaire. Ils ont préparé une petite saynète dramatique sur le thème de la révérence, qui intéressera n'importe quel groupe d'âge. Elle a été présentée à nos dirigeants de pieu lors de notre réunion mensuelle de direction du pieu, à laquelle assistaient les dirigeants de l'École du Dimanche, de l'Association d'amélioration mutuelle, de la Primaire et d'autres dirigeants de pieu. Elle a aussi été présentée lors de notre réunion mensuelle de direction de la prêtrise, à laquelle assistaient les épiscopats, les présidences des collèges des anciens, des soixante-dix et des grands prêtres. Nous avons demandé qu'elle soit présentée dans les réunions de direction de paroisse et à des groupes de parents, invités par nos évêques dans le but exprès de discuter du problème de la révérence. Je vous la recommande, à vous, présidents de pieu, en vous suggérant de demander à vos comités de la Primaire de pieu, auxquels le comité général a fait parvenir la saynète, de la présenter aux dirigeants de vos pieux respectifs. Assister à la saynète suscitera plus d'intérêt et sera plus utile que tout ce que je pourrais dire ce soir sur le sujet de la révérence.

La conduite ainsi que les attitudes des dirigeants dans les pieux et les paroisses favorisent trop souvent l'irrévérence. Nous enseignons par l'exemple aussi bien que par le précepte, et la première étape pour résoudre le problème de la révérence, ou tout autre problème d'ailleurs, est de reconnaître franchement que le problème existe réellement.

La première formation à la discipline appartient au foyer, mais comme les parents négligent généralement d'enseigner l'Évangile chez eux, il est raisonnable de soupçonner que la formation à la révérence est négligée de la même façon. Le problème est donc retombé sur les genoux des dirigeants et des instructeurs de l'Église, et nous sommes obligés de suppléer à cette négligence des parents afin de jouir de la révérence dans nos réunions ou rassemblements.

Récemment, j'ai observé un épiscopat en action. Cinq minutes avant l'heure prévue pour le début de la réunion de sainte-cène, j'étais assis seul sur l'estrade ; l'épiscopat accueillait les gens à la porte. Lorsqu'est venu le moment de commencer la réunion, ils sont venus à l'estrade, se sont concertés entre eux, puis ont fait signe à l'organiste d'arrêter de jouer, et alors la réunion a commencé, avec retard. Malgré la belle musique préliminaire, il y avait du désordre. Les conversations allaient bon train, jusqu'à ce que l'évêque se lève pour commencer la réunion.

Il me semble que l'ordre ou la révérence pourrait fort bien commencer par les dirigeants. On devrait conseiller aux épiscopats d'être à leur place avec révérence pendant la musique qui invite au calme. Comment peuvent-ils s'attendre à ce que les autres s'abstiennent de parler lorsqu'ils se concertent eux-mêmes ? Dans la saynète de la Primaire à laquelle j'ai fait allusion, on voyait des instructeurs arriver en retard à la réunion, ainsi que sans préparation. On les montrait en conciliabule, déterminant qui conduirait, qui dirigerait le chant, quel cantique chanter, qui enseignerait une classe et qui devait prier.

La préparation, mes frères, est une clé de la révérence. La ponctualité au début des réunions engendre le respect, et la discipline naît du respect.

Un de mes évêques, il y a quelque temps, a rendu visite à une réunion de la Primaire. Il est arrivé avant les instructeurs et il a trouvé des enfants qui dansaient sur un piano à queue ; d'autres qui sortaient en grimpant par les fenêtres de la chapelle. Il a interdit avec colère à sa Primaire de tenir les réunions suivantes dans la belle chapelle. Plus tard, il a fini par céder sur la promesse de la présidente d'avoir au moins un dirigeant de la Primaire présent tôt pour surveiller les enfants à leur arrivée. Nous voulons que nos enfants apprécient le cadre de nos belles chapelles. Un beau cadre — de belles salles de classe — favorise la révérence.

Une nouvelle présidente de la Primaire est venue me voir un jour et m'a dit : « Notre concierge de la chapelle refuse de laisser les enfants entrer dans le bâtiment avant l'heure exacte du début de nos réunions, parce que les enfants se déchaînent et abîment le mobilier. Il est brusque ; il a un crochet de fer à la place d'une main manquante et il a fait fuir des enfants de la Primaire. » Ce qui s'était réellement passé était évident. Les dirigeants et les instructeurs de la Primaire arrivaient après les enfants. Il n'y avait pas de surveillance, et j'ai découvert que des enfants avaient en fait été laissés dehors sous la pluie et la neige jusqu'à l'arrivée des instructeurs. Là encore, ce problème a été facilement réglé en confiant simplement à un instructeur la tâche d'être présent à l'arrivée des enfants, avec pour autre consigne de rester de garde pendant que les autres instructeurs tenaient une réunion de prière préliminaire.

Vous, évêques, quand avez-vous assisté pour la dernière fois à une réunion de la Primaire, ou de l'Association d'amélioration mutuelle ? Certains d'entre vous ont vu le film ici hier soir. Vous avez vu l'intérêt que les conseillers de la Prêtrise d'Aaron portaient aux garçons, comment ils travaillaient avec eux, leur parlaient et leur rendaient visite chez eux. Lorsque tous nos dirigeants manifesteront le même amour et le même intérêt envers les membres de leurs groupes, la discipline ou la révérence ne sera plus un problème.

Les dirigeants de toutes nos organisations peuvent fort bien se permettre de tenir des réunions de prière préliminaires, au cours desquelles on peut vérifier les dispositions concernant les instructeurs et toutes les autres affaires de la réunion à venir. Les instructeurs ne devraient jamais s'absenter de leurs classes sans avoir prévu des remplaçants, et ils devraient toujours se rappeler qu'ils enseignent des enfants plutôt que des leçons.

Récemment, j'ai assisté à une réunion de collège des anciens. L'instructeur a fait circuler le manuel de leçons, invitant les membres à lire des passages de la leçon. J'ai perçu un esprit d'irrévérence. De toute évidence, la classe n'appréciait pas cette façon de faire ; certains hésitaient à lire, préférant, j'en suis sûr, être instruits par l'instructeur. Lui, de toute évidence, n'était pas préparé. Le manque de préparation de la part d'un instructeur peut fort bien contribuer à un état d'irrévérence.

Maintenant, un mot au sujet des jeunes enfants dans les réunions de sainte-cène. Évêques, vous avez la responsabilité de conseiller avec tact aux parents de ne pas laisser leurs enfants courir dans les allées. Cette pratique distrait l'attention et gêne aussi les orateurs. Des membres ont eu la franchise de me dire qu'ils n'aiment pas aller aux réunions. « Trop d'enfants bruyants », a dit l'un d'eux. Beaucoup de nos chapelles ont maintenant des salles de pleurs. Il faudrait conseiller avec tact aux parents d'enfants bruyants de les utiliser.

Certains d'entre nous occupent peut-être actuellement de nouvelles chapelles. Il n'y a pas de meilleur moment pour lancer un programme de révérence. Le bâtiment est neuf, beau, et l'on a un désir naturel de le respecter comme une Maison du Seigneur. Il y a des années, j'ai assisté à une réunion de sainte-cène dans une nouvelle chapelle de Brigham City. Mon hôte m'a dit, alors que nous allions entrer : « Ne chuchotez pas pendant la réunion, s'il vous plaît, sinon l'un des surveillants désignés, assis à l'arrière, pourrait vous remarquer et viendra sûrement vous taper sur l'épaule. Évitons d'avoir honte. » Vous pouvez être certains que je n'ai pas chuchoté.

Maintenant, frères, soyons nous aussi fermes en cette matière de la révérence. Notre approche devrait être ferme, sincère et, bien sûr, pleine de tact. L'irrévérence tient peut-être en fait certains de nos membres éloignés de nos réunions.

Le comité de la Primaire de notre pieu a fait une enquête, à la demande du comité général, pour savoir ce que les enfants aimaient ou n'aimaient pas à la Primaire. L'une des questions posées était : « Comment mon instructeur pourrait-il améliorer la Primaire ? » Beaucoup d'enfants ont répondu : « Maintenir l'ordre dans la classe. » Une autre question était : « Qu'est-ce que tu aimes le moins à la Primaire ? » La réponse d'un enfant résumait celle de beaucoup : « Le désordre — surtout quand l'instructeur ne vient pas. » L'enquête a clairement montré que les enfants veulent être disciplinés. Les instructeurs qu'ils aiment sont les bons, les stricts, ceux qui savent donner une bonne leçon, ceux qui savent garder la classe silencieuse, les gentils, etc. Des enquêtes de ce genre peuvent être révélatrices. Aux questions qui peuvent être embarrassantes, les adultes ont tendance à se dérober ; les enfants parleront avec sincérité, et avec empressement. Nous l'avons découvert dans une autre enquête auprès des enfants il y a plusieurs années. Nous avions demandé : « Combien d'entre vous font la prière en famille chez eux ? » Les réponses sincères étaient pour le moins stupéfiantes. Nous avons appris certaines choses sur les habitudes de quelques-uns de nos dirigeants.

Pour conclure, permettez-moi d'ajouter une autre très bonne raison d'observer la plus profonde révérence possible dans nos rassemblements sacrés, à savoir éviter d'offenser nos visiteurs invisibles. Il est arrivé, lorsque je dirigeais des conférences de pieu, que je croie sentir la présence de visiteurs invisibles. Nous demandons toujours l'aide de notre Père céleste dans nos prières d'ouverture. Pourquoi serait-il alors déraisonnable d'imaginer la présence de cette aide demandée ? N'est-il pas raisonnable aussi de s'attendre à ce que des autorités du côté invisible du royaume de notre Père s'intéressent à ce que nous pouvons faire ?

Les autorités générales viennent à nos conférences de pieu pour nous aider et nous contrôler ; les autorités de pieu vont dans les paroisses pour aider et contrôler ; et j'imagine que d'autres autorités de notre Père viennent elles aussi de temps en temps, pour inspirer et pour contrôler. Et par égard pour elles, nous devrions être profondément révérencieux.

Les présidents de pieu et les évêques ne peuvent échapper à la responsabilité de promouvoir la révérence dans nos pieux et nos paroisses respectifs. La responsabilité peut être déléguée, mais en la déléguant, les présidents et les évêques n'en perdent rien, tandis que ceux à qui elle est ainsi déléguée la reçoivent tout entière. C'est comme « manger notre gâteau tout en le gardant ». C'est pourtant là la nature particulière de la responsabilité.

J'ai trouvé une excellente application de la révérence dans cette histoire racontée par un instructeur de la Primaire. « Rupert se tenait au bord de la route et regardait passer en hâte un nombre inhabituel de gens. Il finit par reconnaître un ami. “Où allez-vous tous si vite ?” demanda-t-il. L'ami s'arrêta. “N'as-tu pas entendu ?” dit-il. “Je n'ai rien entendu”, répondit Rupert. “Eh bien”, poursuivit son ami, “le roi a perdu son émeraude royale ! Hier, il a assisté à un mariage de la noblesse et il portait l'émeraude à la mince chaîne d'or qu'il a autour du cou. D'une manière ou d'une autre, l'émeraude s'est détachée de la chaîne. Tout le monde la cherche, car le roi a promis une récompense de dix pièces d'or à celui qui la trouvera. Viens, il faut nous dépêcher.” “Mais je ne peux pas y aller sans demander à grand-mère”, dit Rupert d'une voix hésitante. “Alors je ne peux pas attendre. Je veux trouver l'émeraude”, répliqua son ami. Rupert retourna en hâte à la cabane, à la lisière du bois, demander la permission à sa grand-mère. “Si je pouvais la trouver, nous pourrions quitter cette cabane et son humidité et acheter un lopin de terre sur le flanc de la colline”, supplia-t-il sa grand-mère. Mais sa grand-mère secoua la tête. “Que feraient les moutons ?” demanda-t-elle. “Ils s'agitent déjà dans l'enclos, attendant qu'on les mène au pâturage, et n'oublie pas, s'il te plaît, de les mener boire quand le soleil sera haut dans le ciel.” Tristement, Rupert mena les moutons au pâturage et, à midi, il les conduisit au ruisseau dans le bois. Là, il s'assit sur une grosse pierre au bord de l'eau. “Si seulement j'avais pu avoir la chance de chercher l'émeraude du roi !” pensa-t-il. Tournant la tête pour regarder le fond sablonneux du ruisseau, soudain il fixa les yeux sur l'eau. Qu'était-ce donc ? Ce n'était pas possible ! Il bondit dans l'eau, et ses doigts crispés tenaient quelque chose de vert avec un mince bout de chaîne d'or. “L'émeraude du roi !” s'écria-t-il. Elle avait dû être projetée de la chaîne quand le roi traversait le pont, sur la grand-route, et l'eau l'avait charriée jusque-là. Les yeux brillants, Rupert courut à la cabane de sa grand-mère pour lui annoncer sa grande trouvaille. “Que Dieu te bénisse, mon garçon”, dit-elle, “mais tu ne l'aurais jamais trouvée si tu n'avais pas fait ton devoir en gardant les moutons.” Et Rupert sut que c'était la vérité. »

Frères, nous aussi, nous ne trouverons jamais la révérence que nous cherchons si nous ne faisons pas notre devoir. Que notre Père céleste nous aide à faire notre devoir à cet égard, c'est ce que je demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursWilliam J. Critchlow Jr., « Mes chers frères, j'ai à peine eu… », 1955 October General Conference, General Priesthood Meeting (1955-10-01). Pulpit Vault, 1955-10-critchlow-my-dear-brethren-i-have-hardly-had. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).