Mes frères et sœurs, je suis profondément conscient…
Alma Sonne
Mes frères et sœurs, je suis profondément conscient de la responsabilité qui repose sur moi en ce moment. Il m'est venu à l'esprit, au cours de la journée, que tous les frères qui se sont tenus devant vous ont été des dirigeants remarquables dans l'Église, même avant d'être appelés à leurs présentes positions de responsabilité. Beaucoup d'entre eux ont été des dirigeants dans les pieux de Sion. ¶
Certains d'entre eux ont été des dirigeants dans le champ missionnaire, et tous ont été des dirigeants dans l'Église et le royaume de Dieu. ¶
Le 30 mai 1835, frère George A. ¶
Smith fut appelé en mission dans l'Est. Avant de partir, il rendit visite au prophète Joseph Smith, son cousin, qui lui donna ce conseil : « Prêche de courts sermons. Fais de courtes prières, et prononce tes sermons avec un cœur plein de prière. » Je crois que tous les sermons que nous avons entendus aujourd'hui et hier ont été de courts sermons, et je crois que bien des prières ont été offertes à notre Père, surtout par ceux qui ont été appelés à parler. ¶
Il y a un an, j'ai visité une vieille maison à Hiram, dans l'Ohio, et je me suis tenu dans la chambre même de cette maison d'où le prophète Joseph Smith avait été emmené par une populace en colère, attaché à un arbre et couvert d'une couche de goudron et de plumes. ¶
Je sais que le Prophète a dû être meurtri durant cette épreuve. Je sais aussi qu'il a dû être profondément humilié, mais son zèle et sa détermination pour la vérité n'en furent pas diminués. Il ne fut ni consterné ni découragé, et il ne fut ni vindicatif ni amer. ¶
Le Prophète s'attendait à l'opposition et à la persécution. C'était son lot, comme cela l'avait été pour tous les prophètes qui l'avaient précédé dans leurs responsabilités respectives. Ils étaient mis au défi à chaque tournant. Lui, comme ses prédécesseurs, y fit face avec le plus grand courage, sachant qu'un jour, quelque part, il serait pleinement justifié, comme l'ont été tous les autres qui ont ouvert la voie à l'illumination spirituelle. ¶
Nous admirons ses facultés d'endurance, la fermeté de son but, son feu et son esprit inextinguibles. À ceux qui ne voulaient pas et ne pouvaient pas comprendre, il dit : « Nulle main impie ne peut empêcher l'œuvre de Dieu de progresser. » Les populaces, la persécution, la diffamation étaient impuissantes contre elle. ¶
Le gouverneur Ford, de l'Illinois, dut pressentir l'esprit et la vigueur qui se trouvaient derrière ce qu'il appelait le mormonisme. Il y avait là quelque chose que même lui ne pouvait comprendre. Il craignait son développement parce qu'il sentait qu'il irait forcément de l'avant, malgré ses adversaires, si impitoyables et impies fussent-ils. Il ne pouvait être étouffé ni contrarié par l'ennemi. Le gouverneur Ford écrivit dans son histoire de l'Illinois : ¶
« On craint que, dans le cours d'un siècle, quelque homme doué comme Paul, quelque splendide orateur, ne fasse retentir le nom du prophète martyr aussi fort et n'émeuve les âmes des hommes autant que le puissant nom 'du Christ lui-même. » ¶
Il évoque des lieux tels que Sharon, Palmyra, Manchester, Kirtland, Far West, Adam-ondi-Ahman, Ramus, Nauvoo et la prison de Carthage. « Ils pourraient devenir, dit-il, des lieux saints et vénérables, d'un intérêt classique, dans un autre âge, comme Jérusalem, le jardin de Gethsémané, le mont des Oliviers et le mont du Calvaire pour le chrétien, ou La Mecque et Médine pour le Turc. » ¶
Que craignait-il, ce gouverneur d'un État souverain ? Qu'avait-il à craindre ? ¶
Il craignait que le mormonisme ne survive pour dire au monde ce qui s'était passé à Carthage et en d'autres lieux. Il craignait que son nom ne passe à l'histoire associé à celui d'Hérode et de Ponce Pilate, qui furent mêlés à la crucifixion du Seigneur et en furent, dans une certaine mesure, responsables. ¶
Le nom de Joseph Smith est assuré dans les livres d'histoire. Il a apporté au monde religieux plus de vérité, le rapprochant de Dieu, que quiconque à l'époque moderne. Mais la direction de Joseph Smith a été mise à l'épreuve d'autres façons. ¶
J'ai devant moi une liste des douze apôtres, le premier Collège des douze, organisé en l'année 1835. En la lisant dans un document historique préparé par le regretté Andrew Jenson, je relève sous les noms de ces hommes ces déclarations : ¶
« En 1837 et en 1838, quatre des Douze apostasièrent », et il les nomme : « John F. Boynton, Lyman E. ¶
Johnson, Luke S. Johnson, William E. ¶
McLellin. » Quatre sur douze avaient quitté la foi. ¶
Plus tard, il écrivit : « William Smith et John E. Page renièrent la foi. Le 25 octobre 1838, David W. Patten fut tué. » Déjà six de ces douze, vous le verrez, étaient tombés en chemin. ¶
Frère Jenson fit remarquer : « On s'est efforcé de convaincre ces frères et on les a exhortés à se repentir. » L'histoire a démontré que le véritable revers n'a pas été pour l'Église, mais pour ces hommes individuellement. ¶
Je rends témoignage, frères et sœurs, que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je rends témoignage que l'Évangile de Jésus-Christ a été rétabli par son intermédiaire. Je rends témoignage aussi que Jésus est le Christ ; qu'il a présenté au monde le plan de vie et de salut. C'est le seul plan par lequel nous pouvons revenir à notre Père céleste, et je rends témoignage que ce plan a été rétabli de nouveau sur la terre par Joseph Smith, le Prophète. Hésitez, mes amis, avant de douter de ce grand miracle moderne, car l'Évangile est sur la terre, et la sainte Prêtrise a été rétablie, par laquelle les hommes peuvent officier au nom de Dieu. ¶
Puissions-nous être bénis dans nos efforts pour le servir et recevoir la force de garder ses commandements, chacun de nous, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶