Je prie humblement que le Seigneur...
Oscar A. Kirkham
Je prie humblement que le Seigneur me bénisse. Je prends le privilège de faire de mes premières paroles des paroles de reconnaissance. Je rends mon témoignage de la véracité de l'Évangile de Jésus-Christ. Je prie chaque jour un Dieu personnel. Je rends témoignage de la mission divine de Jésus-Christ, de Joseph Smith et du président David O. McKay. Jamais je ne prononce ces paroles et ne rends ce témoignage sans que quelque chose d'excellent, quelque chose de digne en moi ne gonfle ma poitrine et ne me rende fier, et pourtant extrêmement humble. ¶
Je suis reconnaissant pour ce cantique, « Venez, venez, Saints », qui vient d'être chanté. C'est véritablement un classique parmi le peuple des Saints des derniers jours. Et si le président Clark veut bien me le permettre, j'aimerais lire une partie de son éloquent hommage à cette glorieuse terre de l'Ouest des pionniers. Après s'être exprimé dans son livre, To Them of the Last Wagon, il conclut par ces paroles : ¶
Les cabanes de rondins devinrent des maisons d'adobe, et celles-ci des bâtiments de brique et de pierre. Un puissant temple, consacré à l'œuvre du Seigneur, s'éleva au milieu d'eux, taillé dans le granit des parois des canyons, le premier des huit que ce peuple devait construire pour le salut de ses morts. Des maisons de réunion partout accueillaient les fidèles. Magasins, banques, fabriques, mines, moulins, fonderies virent le jour. Des troupeaux et des cheptels peuplèrent les pâturages. Écoles et collèges vinrent tôt et se multiplièrent. La ruche devint le symbole d'une grande communauté. La foi, la force et la justice portèrent leurs fruits de confort, de sécurité et de joie de vivre. ¶
Tout au long des années, le peuple a été béni, même dans son plus pressant besoin, béni, sent-il, plus que tous les autres peuples de la terre, — béni dans son droit d'acquérir et de conserver en sécurité les fruits de son propre labeur : ¶
béni dans son droit de s'assembler paisiblement, de discuter ses griefs, de dire pleinement sa pensée, d'imprimer sans entrave ni obstacle ce qu'il pensait et disait : béni de vivre sous un règne de loi et d'ordre : ¶
béni d'adorer Dieu selon les inspirations de sa conscience sous la loi du pays. ¶
Nous honorons donc ces hommes et ces femmes à la volonté de fer, d'une spiritualité incomparable, d'une foi confiante, vivante et simple. Ils ont accompli leur œuvre : ils ont mérité leur récompense, que Dieu leur accorde. ¶
Nul ne peut les priver des fruits de leur labeur. Ils sont en sécurité. ¶
Et maintenant la question naturelle, évidente : ¶
Qu'en est-il de nous ? Pouvons-nous conserver et préserver ce qu'ils ont accompli ? Transmettrons-nous à nos enfants l'héritage qu'ils nous ont laissé, ou le gaspillerons-nous à la légère ? Avons-nous leur foi ? . . . Pouvons-nous accomplir les milliers de petites et de grandes choses qui ont fait d'eux les bâtisseurs héroïques d'une grande Église, d'une grande communauté ? (To Them of the Last Wagon, p. 43-45.) Je m'incline avec révérence, je prie humblement que demeure toujours vivante dans mon cœur une profonde et durable reconnaissance pour ce glorieux sacrifice d'hommes et de femmes. J'en ai saisi un peu de l'esprit le mois dernier lorsque j'ai visité la Mission indienne du Sud-Ouest. C'était merveilleux d'être là-bas, sur la San Juan, sur le Colorado. C'était merveilleux de voir au loin, sur la falaise là-bas, à des milles de distance, quatre grands arbres vigoureux que les pionniers avaient plantés il y a des années. Cela m'a profondément rendu humble de me tenir devant la tombe de ceux qui se sont sacrifiés pour ouvrir cette grande contrée de l'Ouest. D'une certaine manière, j'aurais voulu avoir vécu avec eux. ¶
Un jour, lors de ce récent voyage dans la Mission indienne du Sud-Ouest, un garçon indien navajo, avec un groupe de ses petits amis, était emmené dans le sud de la Californie pour y passer l'hiver dans les confortables foyers de Saints des derniers jours, afin de profiter de leur hospitalité et de leur amitié spirituelle. Un petit garçon, avec une petite valise abîmée, pleurait pendant que sa mère navajo s'essuyait les yeux, tout en se tenant stoïquement à ses côtés sans avoir un mot à dire, et un autre fils, pas si petit, âgé d'environ seize ans, se tenait courageusement près d'eux. De grandes choses ont été accomplies par les garçons de quatorze, quinze et seize ans : ce sont de grandes années dans la vie d'un jeune homme, et « Benjamin », le plus grand des garçons navajos, posa la main sur la tête de son petit frère et dit : « Nous ne pleurons pas. » Ce fut tout. Le petit garçon se raidit pour affronter ce qui était pour lui une grande tâche : quitter sa mère et les autres enfants. Ils s'en allèrent en voiture vers un nouveau foyer. ¶
Grâces soient rendues à Dieu pour « Venez, venez, Saints ». Grâces soient rendues à Dieu pour le peuple qui a été pionnier dans les grandes terres désolées du Sud-Ouest et qui, en bien des endroits, les a remises en valeur. J'ai aussi dans mon cœur une grande gratitude envers la direction de ces premiers jours de notre Église. ¶
Lorsque Brigham Young et Joseph Smith se rencontrèrent pour la première fois, voici les paroles qui décrivent cette rencontre : ¶
Nous nous rendîmes à Kirtland et nous arrêtâmes chez John P. Greene, qui venait d'y arriver avec sa famille. Nous nous reposâmes quelques minutes, prîmes quelques rafraîchissements et partîmes voir le Prophète. Nous allâmes à la maison de son père et apprîmes qu'il était dans les bois en train de couper du bois. Nous nous rendîmes aussitôt dans les bois, où nous trouvâmes le Prophète, et deux ou trois de ses frères, en train de couper et de charrier du bois. Là, ma joie fut complète [dit Brigham Young] d'avoir le privilège de serrer la main du Prophète de Dieu et de recevoir le témoignage assuré, par l'esprit de prophétie, qu'il était tout ce qu'un homme pouvait croire qu'il fût comme véritable prophète. (DHC, I, p. 297, note.) La grandeur rencontre le bois que l'on coupe. Pas de pompe, pas de cérémonie ! Brigham Young reçoit le véritable témoignage. ¶
Sois humble, et le Seigneur, ton Dieu, te conduira par la main et te donnera la réponse à tes prières. (D. & A. 112:10.) Puis-je noter d'autres grands attributs du peuple des Saints des derniers jours : un grand héritage, une direction humble et noble ; une assemblée de membres où tous participent. Comme nous devrions être émus ! Cela m'a inspiré hier, quand le président McKay a dit : « Chaque membre de ce chœur des Mères chanteuses de la Société de secours a, en plus de chanter dans ce chœur, une autre tâche de service dans l'Église. » Comme c'est beau — presque tous les membres participent. C'est la manière des Saints des derniers jours. ¶
Montez en voiture sur la colline ici, à Salt Lake City, si vous ne l'avez pas encore fait, et voyez l'Hôpital de la Primaire, construit pour les petits enfants. C'est un bel édifice, et tandis que vous roulez, pensez qu'il a été construit avec des sous et avec l'amour des gens et des enfants — une assemblée de membres où tous participent ! ¶
Enfin, ces quelques mots : Le grand objectif de cette conférence, nous a dit l'autre jour le président Richards, est l'édification du royaume de Dieu sur la terre. Oui, des missionnaires par milliers, le programme d'entraide qui tend les bras pour aider et bénir, des temples qui s'élèvent dans le monde entier ; en travaillant, nous sommes bénis. ¶
« Il y a des ponts, jeunes gens et jeunes filles, à construire, et nous les construirons. Il y a des maisons à faire et nous en éclairerons les fenêtres. Il y en a qui souffrent, et nous soulagerons leur peine. Il y a des bénédictions divines qui planent toujours autour de nous. » ¶
Je prie humblement que nous puissions continuer dignement ces grandes bénédictions, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶