Pulpit

Demain, je célébrerai officiellement mon premier anniversaire

Adam S. Bennion

1954 April General Conference·Third Day — Afternoon Meeting·1954-04-05

MES FRÈRES ET SŒURS :

Demain, je célébrerai officiellement mon premier anniversaire. La seule chose que je puisse vous dire à coup sûr pour le moment, c'est qu'une année ne change pas grand-chose à ce que l'on ressent lorsqu'on fait face à cette tâche.

Mais ce fut une année merveilleuse — la plus exigeante, la plus enrichissante, la plus satisfaisante de ma vie. Je viens à vous avec un nouveau témoignage, béni au-delà de tout espoir que j'aie jamais eu. Je viens à vous avec l'assurance qui ne laisse aucun doute dans l'âme.

Chaque week-end, nous sommes allés dans quelque pieu pour rencontrer les gens qui constituent les membres de cette Église.

C'est une chose singulière que vous ne soyez pas dans un pieu depuis trente minutes sans avoir le sentiment d'y être né — comme si vous y aviez vécu toute votre vie.

Le peuple de cette Église est un peuple merveilleux, et j'exprime ma gratitude pour sa prévenance, son hospitalité, son amabilité et sa bienveillance. Je suis reconnaissant aussi que l'on se souvienne de nous dans ses prières, et je tiens à l'assurer qu'on se souvient de lui dans les nôtres.

Je me suis dit, assis ici aujourd'hui, que cette grande assemblée, dans la bonté d'âme que je sais être la vôtre, pourrait, ce jour et cette nuit, se souvenir dans vos prières de trois femmes merveilleuses, parmi bien d'autres, qui peuvent être dans le besoin. Ces trois-là, je les connais.

Frère Lee, dans l'éloquence de son témoignage, ne vous a pas confié le chagrin qui est dans son cœur. Sœur Lee est gravement malade à la suite d'une chute et d'une fracture de la hanche. La connaissant comme nous la connaissons, je vous demande, bonnes gens, de vous souvenir d'elle dans vos prières.

Il y a aujourd'hui, seule, la petite femme qui a fait le tour du monde et se tenait aux côtés de frère Matthew Cowley, l'un des plus excellents témoins que cette Église ait jamais eus. Que Dieu mette dans vos cœurs de vous souvenir d'elle.

La troisième femme est l'épouse de notre président bien-aimé. Cette âme héroïque, qui a tenu bon sur trente-cinq mille milles, avec toutes sortes de déplacements, de jour comme de nuit, et qui n'a jamais faibli, a donné, par son dévouement, la réserve de force qui fait la différence entre jouir pleinement de la santé et lutter pour supporter la charge qui échoit à la compagne de celui dont le fardeau est si immense. Et ainsi, par l'amour que je sais que vous leur portez à tous deux, je suis sûr que vous vous souviendrez d'eux, afin que soit rendue à leurs corps la force qui a été dépensée dans ce voyage, l'un des plus grands voyages missionnaires jamais accomplis.

Il est bon d'être avec vous. Cette conférence a été merveilleuse. Entrer dans ce Tabernacle et écouter ces témoignages, c'est savoir dans son cœur que c'est l'œuvre de Dieu. Je vous rends ce témoignage.

En octobre dernier, j'ai suggéré que vous pourriez avoir un Noël hors du commun en '53 si vous lisiez un chapitre du Nouveau Testament chaque jour entre cette conférence et les fêtes de Noël. Je tiens à remercier ceux qui ont écrit dans leurs lettres, dont certaines étaient signées par des familles entières. Je suis reconnaissant envers vos enfants, qui ont saisi l'esprit de votre suggestion. Cela a été merveilleux pour moi — au point que je continue cette lecture. Je ne veux ni la remplacer ni lui substituer autre chose, mais j'ai résolu, en entrant dans cet appel, de lire très à fond, entre autres choses, dans deux domaines :

  1. Le Nouveau Testament, en essayant de saisir l'esprit de Celui au service duquel nous sommes engagés ; et 2. L'histoire de nos ancêtres, par l'entremise desquels nous avons reçu les bénédictions du rétablissement de ce glorieux Évangile.

Et ainsi, dans les moments de loisir — que nous n'avons pas — j'ai essayé de trouver régulièrement quelques minutes pour l'histoire de l'Église. Je tiens à vous la recommander.

Et tout le temps que j'ai lu, je suis parvenu à deux convictions, et elles constituent l'essentiel de ce que je veux dire cet après-midi. Lorsque vous lisez l'histoire des pionniers, il devient de plus en plus clair, à chaque page que vous lisez, qu'ils ont enduré l'adversité et les épreuves. Ils pouvaient supporter la persécution ; ils pouvaient tenir bon sous les mauvais traitements ; ils pouvaient se relever des atteintes de toutes sortes de haines malfaisantes. Ce récit est clair. La question posée à notre génération est : Pouvons-nous, nous et nos enfants, supporter la prospérité et l'aisance ?

Je n'ai pas le temps cet après-midi de comparer les deux luttes. Je me demande parfois laquelle est la plus difficile. Il semble beaucoup plus facile de se laisser aller dans la complaisance, avec tout ce dont nous avons besoin. Mais une telle voie n'a encore jamais été celle que suivit le peuple choisi de Dieu.

Pour parcourir pleinement n'importe quelle scène de l'histoire de l'Église, il faudrait plus de temps que je n'en ai, et pourtant je voudrais que vous vous arrêtiez avec moi, bien trop brièvement, à cinq endroits du chemin. En lisant l'histoire, vous êtes d'abord frappés de voir que Dieu faisait avancer son peuple vers l'ouest tout le temps ; de New York à Salt Lake City, sa main était dans leur déplacement ; et tandis qu'il les déplaçait, il semblait les préparer à cette plus grande traversée qui restait encore devant eux.

La seconde conviction qui doit s'attacher à une telle lecture est que Satan, à chaque tournant du chemin, cherchait à entraver le programme. Vous vous souvenez, dès le tout début, quand le Prophète alla au Bosquet sacré pour prier. . . . Permettez-moi de citer :

Après m’être retiré à l’endroit où je m’étais proposé, au préalable, de me rendre, ayant regardé autour de moi et me voyant seul, je m’agenouillai et me mis à exprimer à Dieu les désirs de mon cœur. À peine avais-je commencé que je fus saisi par une puissance qui me domina entièrement et qui eut sur moi une influence si étonnante que ma langue fut liée, de sorte que je ne pouvais pas parler. Des ténèbres épaisses m’environnèrent, et il me sembla un moment que j’étais condamné à une destruction soudaine.

Mais comme je luttais de toutes mes forces pour implorer Dieu de me délivrer de la puissance de cet ennemi qui m’avait saisi et au moment même où j’étais prêt à sombrer dans le désespoir et à m’abandonner à la destruction — non à un anéantissement imaginaire, mais à la puissance d’un être réel du monde invisible qui possédait une puissance étonnante comme je n’en avais encore senti de pareille en aucun être — juste à cet instant de grande alarme, je vis, exactement au-dessus de ma tête, une colonne de lumière, plus brillante que le soleil, descendre peu à peu jusqu’à tomber sur moi.

À peine était-elle apparue que je me sentis délivré de l’ennemi qui m’enserrait. Quand la lumière se posa sur moi, je vis deux Personnages dont l’éclat et la gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les airs. L’un d’eux me parla, m’appelant par mon nom, et dit, en me montrant l’autre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » (Récit personnel de Joseph Smith dans la Perle de Grand Prix, 2:15-17.) Dès ce moment d'assurance, le prophète Joseph sut, dans chaque fibre de son être, que sa destinée s'accomplirait sur la terre.

Faisons une deuxième pause, juste quelques minutes, dans le comté de Jackson, pour saisir l'esprit de l'expulsion de notre peuple.

Sur l'ordre du lieutenant-gouverneur Boggs, la milice de l'État marcha sur le comté de Jackson et désarma les Mormons.

Au sujet des brutalités qui suivirent, B. H. Roberts écrit : « Les colonels qui commandaient — Pitcher et Lucas — étaient connus comme de farouches ennemis des Saints. . . .

D'une telle milice, commandée par de tels hommes que Pitcher et Lucas, les Saints ne pouvaient espérer aucune protection. . . . L'accord conclu par le colonel Pitcher, pour désarmer la populace, ne fut jamais exécuté ; mais dès que les frères eurent remis leurs armes, des bandes d'hommes armés furent lâchées contre eux.

. . . Les hommes qui avaient formé la troupe de la milice le 5 novembre parcouraient le lendemain la région en bandes armées, menaçant de violence hommes, femmes et enfants, fouillant pour trouver des armes, ligotant et fouettant brutalement certains des hommes, et tirant sur d'autres. Les chefs de ces brutes étaient certains des hommes en vue du comté ; le colonel Pitcher et le lieutenant-gouverneur Boggs étaient du nombre.

Les prêtres du comté, semble-t-il, étaient résolus à ne pas se laisser surpasser par les politiciens, car le révérend Isaac McCoy et d'autres prédicateurs de l'Évangile furent vus conduisant des bandes armées de pillards d'un endroit à l'autre ; et ils furent les principaux inspirateurs d'assauts lâches contre des gens sans défense. »

Pendant les deux premières semaines de novembre 1833, hommes, femmes et enfants s'enfuirent dans la confusion de leurs foyers en flammes.

Lyman Wight déposa devant le tribunal qu'« une compagnie de cent quatre-vingt-dix personnes — toutes des femmes et des enfants, sauf trois vieillards décrépits — fut chassée sur trente milles à travers une prairie brûlée. Le sol était recouvert d'une mince croûte de verglas, et l'on suivait aisément les traces de ces exilés au sang qui coulait de leurs pieds lacérés. »

Avant que les Jacksoniens cessent leurs déprédations en gros, ils avaient tué Andrew Barber et blessé plusieurs autres frères ; avaient incendié 203 maisons et un moulin à farine ; avaient chassé les propriétaires — au nombre de douze cents — vers le nord, jusqu'aux falaises désolées du fleuve Missouri, où les réfugiés, sous le vent et la pluie, dressèrent leur camp, attendant leur tour de traverser le fleuve en bac, cet obstacle, pour gagner le comté de Clay, en quête de la protection et de l'abri dont ils avaient besoin.

Frère Parley P. Pratt nous laisse ce tableau saisissant des exilés le long du fleuve Missouri : « Le rivage commença à se border, des deux côtés du bac, d'hommes, de femmes et d'enfants ; de marchandises, de chariots, de caisses, de provisions, etc., tandis que le bac était sans cesse occupé ; et quand la nuit tomba sur nous, le bas-fond aux peupliers avait beaucoup l'aspect d'un camp-meeting. On voyait des centaines de personnes dans toutes les directions, les unes sous des tentes et d'autres à l'air libre autour de leurs feux, tandis que la pluie tombait à torrents. Des maris cherchaient leurs femmes ; des femmes, leurs maris ; des parents, leurs enfants et des enfants, leurs parents. Certains avaient eu la chance de s'échapper avec leurs familles, leurs effets ménagers et quelques provisions ; tandis que d'autres ignoraient le sort de leurs amis et avaient perdu tous leurs biens. La scène était indescriptible et, j'en suis sûr, aurait attendri le cœur de n'importe quel peuple sur la terre, sauf nos aveugles oppresseurs. » (Joseph Smith, Histoire de l'Église. 1:426-440 ; B. H.

Roberts, Persécutions du Missouri, p. 105107.) Si nous en avions le temps cet après-midi, je vous demanderais de m'accompagner à la prison de Carthage, où je me suis tenu, ému par les taches de sang sur le sol, pour méditer sur la mort du Prophète Joseph et de son frère Hyrum ; sur l'amitié, la foi et la confiance inspirées de Willard Richards et de John Taylor. Mais demeurez avec moi juste une minute et essayez d'imaginer l'impact du martyre :

« Il a sauté par la fenêtre », cria la populace, et elle se précipita pêle-mêle dans l'escalier. Willard Richards, se hâtant vers la fenêtre, regarda en bas le Prophète, entouré d'hommes en furie. Il se dirigea alors vers l'escalier, mais un appel angoissé de John Taylor l'arrêta : « Prenez-moi. » Heureux que John ne fût pas mort, Willard le traîna de dessous le lit jusque dans une autre pièce. Tandis qu'il le cachait sous un vieux matelas, il l'exhorta gravement : « Si vos blessures ne sont pas mortelles, je veux que vous viviez pour raconter l'histoire. » Frère Richards s'attendait à être abattu d'un instant à l'autre.

La populace excitée, croyant avoir tué les quatre prisonniers et entendant un cri : « Les Mormons arrivent », s'enfuit de Carthage terrorisée, suivie de la plupart des citoyens affolés. C'est ce faux cri, sans aucun doute, qui sauva la vie de Willard Richards et de John Taylor.

Pour rapporter la terrible catastrophe et obtenir du secours, George D. Grant et David Bettisworth se hâtèrent à cheval vers Nauvoo. À trois milles de la ville, ils furent arrêtés par le gouverneur Ford et son état-major, qui les ramenèrent à Carthage.

Après avoir averti les citoyens restants de la ville que les Mormons allaient venir, lui et ses hommes partirent au galop à minuit pour Warsaw. Il déclara plus tard sous serment qu'il s'attendait pleinement à ce que Carthage soit réduite en cendres avant le matin.

Le matin qui suivit le martyre, Willard Richards et quelques amis, après avoir pansé de leur mieux les blessures sanglantes de frère Taylor à la Hamilton House, mirent les corps de Joseph et de Hyrum dans deux caisses, qu'ils placèrent sur deux chariots empruntés, et partirent pour Nauvoo, la « Ville de Joseph ».

Décrivant la scène douloureuse de cette tragique journée. Le Dr B. W. Richmond, un non-Mormon, rapporte que les deux chariots furent accueillis près du terrain du temple par une « vaste foule de citoyens. Les officiels se placèrent autour des corps, tandis que la masse s'ouvrait silencieusement pour leur livrer passage, et, comme le cortège funèbre avançait, les femmes éclatèrent en lamentations à la vue des deux grossières caisses sur les chariots, couvertes de couvertures indiennes. Les pleurs gagnèrent la foule et se répandirent le long des vastes vagues d'humanité qui s'étendaient du Temple à la demeure du Prophète.

Les gémissements, les sanglots et les cris devinrent plus profonds et plus forts, jusqu'à ce que le bruit ressemblât au grondement d'une puissante tempête, ou au grondement sourd et profond de la tornade lointaine. » (D. H. C, VII:102-112 ; Andrew Jenson, Recueil historique, p. 572-576 ; B. H. Roberts, Essor et chute de Nauvoo, p. 330, 312, 404-456.) La quatrième pause est un bref aperçu de l'exode à travers l'Iowa, en février 1846 :

Le 22 février 1846, un blizzard déchaîné, laissant douze pouces de neige, frappa les pionniers mormons blottis dans leur camp temporaire de Sugar Creek, en Iowa. À la suite de cette terrible tempête, le temps devint glacial, « 12 au-dessous de zéro », scellant même le grand fleuve Mississippi d'une rive à l'autre.

L'une de ces nuits, neuf bébés vinrent au monde dans le camp, nés dans presque toutes les variétés de vie de camp de frontière que l'on puisse imaginer. Eliza R.

Snow raconte une naissance survenue dans un abri rudimentaire improvisé, dont les côtés étaient formés de couvertures fixées à des perches plantées dans le sol. Le propriétaire de la hutte avait écorcé des peupliers et fabriqué une sorte de couverture de toit par laquelle l'eau s'infiltrait, mais de secourables sœurs tenaient des bassines au-dessus du nouveau-né et de sa mère.

C'est dans ces conditions adverses qu'un poète de camp inconnu écrivit cette prière :

« Que Dieu ait pitié des exilés, quand les tempêtes s'abattent — .Quand les nuages chargés de neige pendent bas sur le sol, Quand le souffle glacial de l'hiver, le givre dans son haleine, Balaie les tentes comme l'ange de la mort ! Quand le cri aigu de l'enfantement retentit dans l'air.

Et que la voix du père se brise dans sa prière.

Tandis qu'il supplie Jéhovah d'épargner ceux qu'il aime ! » (Edward W. Tullidge, Les femmes du Mormondom, p. 307-309 ; Mémoires de John R. Young, pionnier de l'Utah, 1847, p. 14.) Et pour la cinquième pause, vivons, bien trop brièvement, avec les convois de charrettes à bras d'octobre 1856 :

Contrairement à ce qu'attendaient ces gens pauvrement vêtus, l'automne et le début de l'hiver de 1856 furent exceptionnellement orageux et impitoyables. Un blizzard d'hiver s'abattit sur le convoi de Willie à la Sweetwater, et frappa le groupe de Martin qui peinait à traverser les terres alcalines désolées au-dessus du dernier passage de la Platte.

La tempête glaciale de deux jours, couvrant le pays de plus d'un pied de neige, fracassa tentes et bâches de chariots. Dix, douze, et parfois jusqu'à quinze décès survenaient en un jour. On creusait à la hâte des tombes peu profondes. La nuit, des meutes de loups rôdeurs hurlaient ou se battaient près des lieux de sépulture. À toutes les apparences, ces deux convois étaient voués à périr sur les pentes orientales des Rocheuses, à trois cents milles de Sion.

Quand la tempête s'apaisa, les convois repartirent, mais n'avancèrent que de quelques milles par jour. C'est dans ces conditions éprouvantes que deux cavaliers, chevauchant en avant des équipes de secours de Salt Lake City, rencontrèrent le convoi de Willie le 28 octobre 1856 sur la rivière Sweetwater.

John Chislett, membre du convoi de Willie, exprimant sa joie débordante, s'écria :

« Jamais messagers plus bienvenus ne vinrent des cours de la gloire que ne le furent pour nous ces deux jeunes hommes. Ils ne perdirent pas de temps, après nous avoir encouragés autant qu'ils le purent à aller de l'avant, mais se hâtèrent plus loin pour porter leur heureuse nouvelle à Edward Martin, le cinquième convoi de charrettes à bras, qui avait quitté Florence environ deux semaines après nous, et dont on craignait qu'il fût dans une situation pire encore que la nôtre. Tandis qu'ils disparaissaient à notre vue, plus d'un cordial “Que Dieu vous bénisse” les suivit. »

Dan W. Jones, l'un des membres de l'équipe de secours, donne une image poignante du convoi de Martin : « Le train s'étirait sur trois ou quatre milles. Il y avait de vieux hommes qui tiraient et peinaient sur leurs charrettes, et des enfants, de six et huit ans, qui se débattaient dans la neige et la boue. À la tombée de la nuit, la boue et la neige gelèrent sur leurs vêtements. »

Après que le convoi de Martin eut perdu près du quart de ses membres au « ravin de Martin », il avança jusqu'à la rivière Sweetwater — large de cent pieds, profonde jusqu'à la taille, et remplie de glace flottante. À la vue de cet obstacle, de nombreux Saints s'effondrèrent près de leurs charrettes. C'est dans cet état d'impuissance que les trouvèrent trois solides jeunes hommes qui avaient pris de l'avance sur les chariots de ravitaillement.

Ces robustes sauveteurs traversèrent héroïquement la rivière à gué et commencèrent à porter les malades et les faibles de l'autre côté. Ce passage à gué humain se poursuivit dans les deux sens, voyage après voyage, à travers ces eaux glaciales, jusqu'à ce que chaque personne et sa charrette aient été déposées sains et saufs sur l'autre rive.

Le président Young, apprenant ce service valeureux, pleura sans retenue. Et en le rapportant aux Saints en conférence générale, il prédit : « Cet acte seul assurera à David P. Kimball, George W. Grant et C. Allen Huntington un salut éternel dans le royaume céleste de Dieu, mondes sans fin. »

Avec l'arrivée de 104 équipages de secours de Salt Lake City, les émigrants abandonnèrent leurs charrettes. Ceux qui étaient incapables de marcher furent chargés dans les chariots. La mort par le froid et l'épuisement, néanmoins, continua chaque jour. Avant que les derniers survivants n'arrivent à Salt Lake City, le dimanche 30 novembre, 222 de ces vaillants pionniers avaient trouvé une tombe au bord du chemin. (Joseph Fielding Smith, Éléments essentiels de l'histoire de l'Église, p.

489 ; Levi Edgar Young, La fondation de l'Utah, p. 148 ; Solomon F. Kimball, Vie de David P. Kimball, p. 9 ; Roberts, Histoire complète, IV : 100-107.) Sous l'inspiration de réalisations comme celles-ci, il est édifiant d'entendre ces excellents jeunes gens de l'université Brigham Young mettre leur cœur, autant que leur voix, dans « Venez, venez, ô Saints ».

Comme il est approprié de pouvoir se tourner vers ce volume classique du président Clark, À ceux du dernier chariot, et Les pionniers, pour un hommage et un défi.

Tous ces peuples avaient une chose en commun dans leur recherche de la liberté d'adorer Dieu — une école de l'épreuve, de la persécution, du sacrifice, qui brûla de leurs âmes les scories, ne laissant en eux que l'or pur du caractère et de la foi les plus élevés, pleinement éprouvés, mis à l'essai, affinés. Dieu n'a jamais accompli ses desseins par l'entremise des victimes gâtées de l'aisance, du luxe et de la vie dissolue.

Toujours, pour faire face aux grandes crises de Son œuvre, Il s'est servi de ceux en qui l'épreuve, le dénuement et la persécution avaient forgé des caractères et des volontés de fer. Dieu façonne Ses serviteurs dans la forge de l'adversité ; Il ne les façonne pas dans la serre de l'aisance et du luxe.

(Les pionniers, p. 41.) Dans notre vie, n'oublions jamais que les actes de nos pères et de nos mères sont les leurs, non les nôtres ; que leurs œuvres ne peuvent être portées à notre gloire ; que nous ne pouvons revendiquer aucune excellence ni aucune place à cause de ce qu'ils ont fait ; que nous devons nous élever par notre propre labeur, et que, ce labeur faisant défaut, nous tomberons.

Nous ne pouvons revendiquer aucun honneur, aucune récompense, aucun respect, ni position ou reconnaissance particulière, aucun mérite à cause de ce que nos pères ont été ou de ce qu'ils ont accompli. Nous nous tenons sur nos propres pieds dans nos propres souliers. Il n'y a pas d'aristocratie de naissance dans cette Église ; elle appartient également aux plus hauts et aux plus humbles.

Car, comme Pierre le dit à Corneille, le centurion romain, qui le cherchait : « En vérité, je reconnais que Dieu ne fait pas acception de personnes :

« mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. » (Actes 10:34-35.) (À ceux du dernier chariot, p. 28.) Et nous ? Pouvons-nous conserver et préserver ce qu'ils ont accompli ? Transmettrons-nous à nos enfants l'héritage qu'ils nous ont laissé, ou le dilapiderons-nous à la légère ? Avons-nous leur foi, leur bravoure, leur courage ; pourrions-nous endurer leurs épreuves et leurs souffrances, faire leurs sacrifices, supporter leurs épreuves, leurs chagrins, leurs tragédies, croire les choses simples qu'ils savaient vraies, avoir la foi simple qui opéra des miracles pour eux, suivre, sans trébucher ni tomber en chemin, là où nos dirigeants avancent, affronter la calomnie et le mépris d'une croyance impopulaire ? Pouvons-nous accomplir les milliers de petites et de grandes choses qui firent d'eux les héroïques bâtisseurs d'une grande Église, d'une grande communauté ? (Les pionniers, p. 45.) Assuré, comme je le suis, que le sang des pionniers coule encore dans les veines de leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants, je vous donne en témoignage les jeunes hommes et les jeunes femmes de ce chœur. J'ai déjà saisi quelque chose de l'esprit de ces jeunes à leur université. Je donne pour mon jugement que, appelés à affronter Carthage ou la traversée du continent, ils relèveraient héroïquement les deux défis. J'honore cette nouvelle génération.

Le quinze mars, j'étais à Los Angeles. Quelque 1600 excellents jeunes gens s'y étaient rassemblés, et la nuit suivante nous en avions mille à San Diego. C'est alors que j'appris que 1700 jeunes admirables, chaque matin de la semaine scolaire, parcourent de trois à vingt-trois milles pour assister à une classe de séminaire qui a lieu à sept heures du matin, travail pour lequel ils n'obtiennent aucun crédit de lycée. La jeune Janie Kimball, qui m'a épinglé un insigne honoraire de séminaire, reçut ce privilège parce que son père l'avait conduite quinze milles chaque matin, puis l'avait ramenée à son lycée, et qu'elle n'avait pas manqué un seul cours de toute l'année. Elle me rapporta qu'il leur faudrait peut-être manquer le lycée, mais qu'ils ne manqueraient jamais la classe où ils apprenaient la parole du Seigneur.

Parents, vous qui rêvez pour les enfants que vous chérissez, puis-je vous offrir ces suggestions :

  1. Veillez à ce que vos enfants connaissent notre histoire pionnière. Qu'on ne puisse dire, dans aucun foyer de Saints des derniers jours, que les enfants grandissent dans l'ignorance des accomplissements de leurs ancêtres. Vous comme eux serez émus par le contenu des livres déjà cités dans ce discours et par d'autres publications telles que :

Journaux et carnets de famille Major Howard Egan, Pionniers de l'Ouest Autobiographie, Parley P. Pratt Journal de William Clayton Feuilles de mon journal — Wilford Woodruff L'Église S.D.J., ses doctrines et ses réalisations, à paraître — par Carter E. Grant.

  1. Donnez-leur des responsabilités ; laissez-les faire un peu de travail. C'est une chose fort peu aimable que de laisser croire à la charmante fille qui étudie le piano qu'elle ne peut faire aucun travail qui pourrait nuire à la douceur de ses doigts.

Que Dieu la bénisse. Ses mains s'en tireront très bien toutes seules. La nature y pourvoira, si elle veut bien faire un petit quelque chose pour redresser le dos de la mère qui a pris soin d'elle toutes ces années. Donnez des tâches à vos enfants.

Les pionniers ne furent jamais formés sur un chemin facile. Ils se glorifiaient dans l'épreuve, et le parent qui voudrait épargner son enfant au nom de la bonté fait ce qu'il y a de plus cruel pour un enfant lorsqu'il le sauve du travail et de la responsabilité.

  1. Soyez attentifs à ce que font vos enfants le soir — quel est leur programme, quels sont leurs compagnons — et faites-les rentrer à une heure raisonnable. Efforcez-vous de veiller à ce qu'ils fréquentent des jeunes gens et des jeunes filles qui les inspirent à des idéaux plus élevés, plutôt que ceux qui font la tournée des boîtes de nuit clinquantes, riches en tentations et pauvres en attrait.

Les pionniers ont survécu aux épreuves et à l'adversité. Avec une formation attentive, nos enfants supporteront la prospérité et l'aisance et grandiront dans l'esprit de ce chœur d'aujourd'hui, pour être un honneur et un crédit éternels, non seulement pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour l'Église, mais pour leur Père qui est dans les cieux. Puissent-ils y parvenir, telle est ma prière humble, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursAdam S. Bennion, « Demain, je célébrerai officiellement mon premier anniversaire », 1954 April General Conference, Third Day — Afternoon Meeting (1954-04-05). Pulpit Vault, 1954-04-bennion-j-tomorrow-i-shall-officially-celebrate-my. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).