Si je puis avoir la direction de…
Joseph Fielding Smith
Si je puis avoir la direction de l’Esprit du Seigneur, je désire parler de notre Rédempteur en tant que notre Avocat et notre Médiateur. Je pense que, d’une manière assez générale, nous ne comprenons pas sa mission à cet égard aussi pleinement qu’il nous est possible de le faire. ¶
Au chapitre six de l’Exode se trouve une déclaration qui est une traduction fautive et que je vais vous lire : ¶
« Et Dieu parla à Moïse et lui dit : Je suis le Seigneur : ¶
« Et je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob sous le nom de Dieu Tout-Puissant, mais sous mon nom JÉHOVAH je ne leur ai pas été connu. » ¶
(Ex. 6:2-3.) Or les Écritures hébraïques nous apprennent qu’il s’est désigné lui-même et qu’il est désigné dans tout l’Ancien Testament comme Jéhovah ; ce ne peut donc pas être une traduction exacte. Il faudrait lire : ¶
« Et Dieu parla à Moïse et lui dit : Je suis le Seigneur : ¶
« Et je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob. Je suis le Seigneur Dieu Tout-Puissant, le Seigneur JÉHOVAH, et mon nom ne leur était-il pas connu ? » ¶
Cela en change tout le sens. ¶
Or un avocat est celui qui défend ou plaide pour un autre ou en sa faveur. ¶
Un médiateur est celui qui réconcilie ou fait parvenir à un accord des parties. ¶
Je veux lire un ou deux passages d’Écriture sur ce point. ¶
« Élevez votre cœur et réjouissez-vous, car je suis au milieu de vous et je suis votre avocat auprès du Père ; et son bon gré est de vous donner le royaume. » (D. & A. ¶
29:5.) « Écoutez celui qui est l’avocat auprès du Père, qui plaide votre cause devant lui — « Disant : Père, vois les souffrances et la mort de celui qui n’a commis aucun péché, en qui tu te complaisais ; vois le sang de ton Fils qui a été versé, le sang de celui que tu as donné, afin que toi-même, tu sois glorifié. » ¶
(Ibid., 45:3-4.) « Voici, écoutez, ô anciens de mon Église, dit le Seigneur, votre Dieu, oui, Jésus-Christ, votre avocat, qui connaît la faiblesse de l’homme et qui sait comment secourir ceux qui sont tentés. » ¶
(Ibid., 62:1.) « Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui fut immolé ; je suis votre avocat auprès du Père. » ¶
(Ibid., 110:4.) « Ce sont les justes parvenus à la perfection par l’intermédiaire de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, qui a accompli cette expiation parfaite par l’effusion de son propre sang. » (Ibid., 76:69.) « Le pouvoir et l’autorité de la prêtrise supérieure, ou Prêtrise de Melchisédek, est de détenir les clefs de toutes les bénédictions spirituelles de l’Église ; « d’avoir le droit de recevoir les mystères du royaume des cieux, de voir les cieux s’ouvrir à elle, de communier avec l’assemblée générale et l’Église du Premier-né et de bénéficier de la communion et de la présence de Dieu le Père et de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance. » (Ibid., 107:18-19.) Ceci vient de la Première épître de Jean, verset 1, chapitre 2 : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste. » ¶
Paul écrivit à Timothée ce qui suit : ¶
« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme ; « qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps. » (1 Timothée 2:5-6.) Lorsqu’Adam était dans le jardin d’Éden, il était en présence de Dieu, notre Père. Il apprit sa langue. ¶
La première partie de la Genèse, qui traite de la création et d’Adam dans le jardin d’Éden, correspond au moment où le Père était présent avec lui. ¶
Après qu’il eut été chassé du jardin d’Éden, la scène changea. Adam fut banni de la présence du Père à cause de sa transgression. Les Écritures disent qu’il devint spirituellement mort — c’est-à-dire qu’il fut exclu de la présence de Dieu. ¶
À partir de ce moment, Jésus-Christ entre en scène comme notre avocat, plaidant pour nous comme notre médiateur par son ministère et ses labeurs pour nous réconcilier, pour nous amener à un accord avec Dieu, son Père. ¶
Cela fait partie de sa grande mission. Il se tient entre le Père et l’homme. Il plaide notre cause. Vous savez que, lorsqu’il était sur la terre, il priait fréquemment, et il priait pour ses disciples, plaidant auprès de son Père en leur faveur, et il plaide depuis lors, et il se tient entre nous et Dieu, notre Père. ¶
Je voudrais attirer votre attention sur un petit détail de la Première Vision du prophète Joseph Smith. Il est très significatif, et Joseph Smith ne le savait pas. S’il avait été en train de perpétrer une fraude, il n’y aurait pas pensé. ¶
Vous vous rappellerez, d’après vos lectures, que le Père et le Fils apparurent, et que le Père présenta le Fils et dit au prophète d’écouter le Fils. ¶
Supposons maintenant que le prophète soit revenu du bois et ait dit que le Père et le Fils lui étaient apparus, et que le Père ait dit : « Joseph, que veux-tu ? » et que, lorsqu’il eut posé la question et lui eut dit ce qu’il voulait, le Père lui ait répondu ; nous saurions alors que le récit du prophète ne pourrait pas être vrai. ¶
Toute révélation vient par Jésus-Christ. Je n’ai pas le temps d’entrer dans les Écritures et de vous en donner les références, mais c’est un fait. C’est lui qui conduisit Israël, et si je ne traîne pas sur le temps qui m’est imparti, je prendrai le reste de celui-ci pour vous lire la déclaration du président George Q. Cannon sur ce point. ¶
« Il existe dans la chrétienté moderne une forte tendance à attribuer au Père des visites et des communications avec l’humanité qui furent en réalité faites par le Seigneur Jésus. Il y a même un pourcentage respectable de membres de son Église, établie en ces jours, qui ont l’idée que c’est le Père et non le Fils qui est apparu aux patriarches et aux prophètes d’autrefois, qui a délivré Israël d’Égypte, qui a donné la loi sur le Sinaï, et qui fut le guide et l’inspirateur des voyants anciens. Ce n’était pas la compréhension des vrais serviteurs de Dieu, ni avant ni après sa venue. Ceux qui ont précédé l’avènement du Messie comprenaient que celui qu’ils adoraient sous le nom de Jéhovah habiterait en son temps un tabernacle de chair, et les écrits de Justin Martyr et d’autres des premiers Pères montrent que telle était la croyance de la première Église chrétienne sur le continent oriental. Les écrits des prophètes hébreux, tels que nous les avons dans la Bible, ne sont peut-être pas aussi clairs sur ce point que ceux des voyants néphites qui nous sont révélés dans le Livre de Mormon. Mais nous avons dans ce dernier récit quelques citations des prophètes hébreux plus anciens qui rendent ce point très clair. Néphi écrit : « ‘Et le Dieu de nos pères qui furent emmenés hors d’Égypte, hors de servitude, et furent aussi préservés dans le désert par lui, oui, le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob, se livre en tant qu’homme, selon les paroles de l’ange, entre les mains de méchants, pour être élevé, selon les paroles de Zénock, et pour être crucifié, selon les paroles de Néum, et pour être enseveli dans un sépulcre, selon les paroles de Zénos.’ (1 Néphi 19:10.) « Nous avons ici le témoignage de Zénock, de Néum et de Zénos selon lequel le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob devait être, par des hommes méchants, élevé, crucifié et ensuite enseveli dans un sépulcre, ce qui montre que ces hommes dignes de l’antiquité comprenaient que c’était le Dieu d’Israël qui viendrait chez les siens. Néphi, qui était lui-même un Hébreu et le fils d’un prophète de cette même race, témoigne aussi dans le passage ci-dessus que c’était le même Dieu de leurs pères qui les avait fait sortir d’Égypte et les avait préservés dans le désert. Environ quatre cents ans plus tard, un autre voyant néphite, le roi Benjamin, témoigne qu’un ange vint à lui et lui fit cette glorieuse promesse : ¶
« ‘Car voici, le temps vient, et n’est pas très éloigné, où le Seigneur Omnipotent qui règne, qui était et est de toute éternité à toute éternité, descendra du ciel avec puissance parmi les enfants des hommes, et demeurera dans un tabernacle d’argile, et s’en ira parmi les hommes, accomplissant de grands miracles, tels que guérir les malades, ressusciter les morts, faire marcher les boiteux, rendre la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds, et guérir toutes sortes de maladies.’ (Mosiah 3:5.) Un peu plus loin, il dit : ¶
« ‘Et il sera appelé Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le Père du ciel et de la terre, le Créateur de tout depuis le commencement ; et sa mère sera appelée Marie. ¶
« ‘Et voici, il vient parmi les siens afin que le salut parvienne aux enfants des hommes par la foi en son nom ; et même après tout cela, on le considérera comme un homme, et on dira qu’il a un démon, et on le flagellera, et on le crucifiera.’ (Ibid., 3:8-9.) « Mais nous avons la parole du Sauveur lui-même sur ce point, qui met fin à la controverse. Lorsque, après sa résurrection et son ascension au ciel, il apparut pour la première fois à ses disciples néphites sur ce pays, il déclara : ‘Voici, je suis Jésus-Christ, dont les prophètes ont témoigné qu’il viendrait au monde. ¶
« ‘. . . je suis le Dieu d’Israël et le Dieu de toute la terre, et j’ai été mis à mort pour les péchés du monde.’ (3 Néphi 11:10, 14.) Plus tard, durant son ministère parmi les Néphites, il affirme : ‘Voici, je vous dis que la loi qui fut donnée à Moïse est accomplie. ¶
« ‘Voici, je suis celui qui a donné la loi, et je suis celui qui a fait alliance avec mon peuple d’Israël ; c’est pourquoi, la loi est accomplie en moi.’ (Ibid., 15:4-5.) « Si quelqu’un conservait encore un doute persistant que le Jéhovah qui s’est révélé à Abraham, à Moïse et à d’autres soit un autre que celui que nous connaissons dans la chair comme Jésus-Christ, ce doute est dissipé par les révélations données en ces jours. Dans la vision qu’eurent le prophète Joseph Smith et Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland, le 3 avril 1836, apparaît ce qui suit : ¶
« ‘Nous vîmes le Seigneur debout sur la balustrade de la chaire devant nous. Sous ses pieds, il y avait un pavement d’or pur, d’une couleur semblable à l’ambre. ¶
« ‘Ses yeux étaient comme une flamme de feu, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l’éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement de grandes eaux, oui, la voix de Jéhovah, disant : ¶
« ‘Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui fut immolé ; je suis votre avocat auprès du Père.’ (D. & A. 110:2-4.) « Curieusement, un ancien manuscrit syriaque, connu sous le nom d’évangile des douze apôtres, a été exhumé au cours des derniers mois. Que les douze apôtres aient eu quelque chose à voir avec sa rédaction n’a rien à voir avec le point à l’étude. L’écrit était à l’origine en hébreu, et ce sur quoi nous souhaitons attirer l’attention, c’est que, quelle que soit la date à laquelle le manuscrit a été écrit pour la première fois, les auteurs de l’original croyaient que Jésus était celui qui parlait aux anciens Israélites. Il commence ainsi : ¶
« ‘Commencement de l’évangile de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, selon ce qui a été dit par le Saint-Esprit : J’envoie un ange devant sa face, qui préparera son chemin. ¶
« ‘Il arriva, la 309e année d’Alexandre, fils de Philippe le Macédonien, sous le règne de Tibère César, sous le gouvernement d’Hérode, souverain des Juifs, que l’ange Gabriel, chef des anges, par ordre de Dieu, descendit à Nazareth vers une vierge appelée Miriam, de la tribu de Juda fils d’Israël (celle qui était fiancée à Joseph le Juste), et il lui apparut et dit : “Voici ! il surgit de toi celui qui parla à nos pères, et il sera un Sauveur pour Israël ; et ceux qui ne le confesseront pas périront, car son autorité est dans les hauteurs élevées, et son royaume ne passe pas.” ’ » ¶
Que le Seigneur vous bénisse tous, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶