Pulpit

Frères, mon cœur se fait sûrement l'écho de ce beau...

Mark E. Petersen

1953 October General Conference·General Priesthood Meeting·1953-10-03

Frères : Mon cœur se fait sûrement l'écho de ce beau chant qui vient d'être exécuté, « J'ai besoin de toi à chaque heure ». C'était le chant préféré de notre récent président du Collège des douze, le président George F. Richards.

C'était aussi un des chants préférés de notre bien-aimé Albert E. Bowen, qui n'est plus avec nous. Il m'a rappelé bien des souvenirs tandis que j'écoutais ce merveilleux chœur chanter ce chant. J'ai appris depuis longtemps que, sans l'aide du Seigneur, je ne puis rien faire, et je prie avec ferveur pour qu'il soit avec moi ici ce soir.

Je voudrais vous lire deux paraboles, l'une tirée du 15e chapitre de Luc, et l'autre de la 101e section de Doctrine et Alliances.

Et il leur dit cette parabole : Quel homme parmi vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la trouve ?

Lorsqu'il l'a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules.

Et de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue. (Luc 15:3-6.) Je vous lis ceci pour vous rappeler que le Sauveur attend de nous que nous participions à une opération de sauvetage, si je puis employer cette expression, une œuvre par laquelle nous rechercherons ceux de nos membres qui se sont éloignés de nous, et les ramènerons au bercail.

Puis il a aussi institué une œuvre de prévention, et je voudrais vous lire la belle parabole qui illustre cette grande œuvre par laquelle nous sommes censés prendre des mesures préventives pour empêcher l'ennemi d'envahir notre [la phrase s'arrête ici dans la source imprimée].

Un certain noble avait une excellente parcelle de terre, et il dit à ses serviteurs :

Allez dans ma vigne, oui, sur cette excellente parcelle de terre, et plantez douze oliviers ; Et placez des sentinelles autour d'eux, et construisez une tour, afin que l'une d'elles puisse dominer le pays alentour pour être une sentinelle sur la tour, afin que mes oliviers ne soient pas abattus lorsque l'ennemi viendra pour piller et s'approprier le fruit de ma vigne.

Les serviteurs du noble allèrent donc faire ce que leur seigneur leur avait commandé, plantèrent les oliviers, les entourèrent d'une haie, placèrent des sentinelles et commencèrent à construire une tour.

Tandis qu'ils étaient encore en train d'en poser les fondations, ils commencèrent à se dire entre eux : Quel besoin mon seigneur a-t-il de cette tour ?

Et ils débattirent longuement, se disant entre eux : Quel besoin mon seigneur a-t-il de cette tour, étant donné que nous sommes en temps de paix ?

Cet argent ne pourrait-il pas être donné aux changeurs ? Car il n'est pas besoin de ces choses.

Et tandis qu'ils étaient en désaccord les uns avec les autres, ils devinrent très paresseux et n'écoutèrent pas les commandements de leur seigneur.

Et l'ennemi vint de nuit et abattit la haie ; les serviteurs du noble se levèrent, furent effrayés et prirent la fuite ; et l'ennemi détruisit leurs ouvrages et abattit les oliviers.

Or, voici, le noble, le seigneur de la vigne, appela ses serviteurs et leur dit : Eh bien ! Quelle est la cause de ce grand mal ?

N'auriez-vous pas dû faire ce que je vous avais commandé de faire et — après avoir planté la vigne, l'avoir entourée de la haie et avoir placé des sentinelles sur ses murs — n'auriez-vous pas dû construire la tour également, placer une sentinelle sur la tour, veiller sur ma vigne et ne pas vous être endormis, de peur que l'ennemi ne tombe sur vous ?

Et voici, la sentinelle sur la tour aurait vu l'ennemi tandis qu'il était encore éloigné ; alors vous auriez pu vous préparer et empêcher l'ennemi d'abattre la haie, et vous auriez sauvé ma vigne des mains du destructeur. (D. & A. 101:44-54.) Vous voyez donc que le Seigneur a bel et bien institué une œuvre de prévention. Il a prévu que nous construisions des fortifications pour tenir l'ennemi éloigné de nos rangs et prendre des mesures préventives pour sauver les nôtres. Vous remarquez aussi combien le Seigneur fut troublé lorsque certains des serviteurs de la vigne commencèrent à dire que l'œuvre n'était pas nécessaire.

. . . Quel besoin mon seigneur a-t-il de cette tour ?

Et ils débattirent longuement, se disant entre eux : Quel besoin mon seigneur a-t-il de cette tour, étant donné que nous sommes en temps de paix ?

Cet argent ne pourrait-il pas être donné aux changeurs ? Car il n'est pas besoin de ces choses. (Idem, 47-49.) Et toujours, lorsque les serviteurs de la vigne commencent à dire que les commandements du Seigneur de la vigne sont inutiles, qu'il n'est pas besoin de ces choses, alors ils deviennent paresseux et n'écoutent pas les commandements du Seigneur, leur Dieu.

Maintenant, je voudrais vous raconter une parabole.

Le Seigneur de la vigne désigna un grand noble pour superviser tout le travail dans la vigne. Le noble était très satisfait de l'œuvre de la vigne, mais il remarqua que, bien qu'il y eût dans la vigne beaucoup, beaucoup de gens qui étaient occupés, qui faisaient ce qu'ils devaient et qui gardaient les commandements, certains s'éloignaient. Une œuvre de prévention était nécessaire. Le noble se souciait tout particulièrement des jeunes gens de la vigne ; aussi appela-t-il certains des serviteurs de la vigne, leur disant de mettre en place un programme de la Prêtrise d'Aaron grâce auquel on pourrait œuvrer auprès des garçons adolescents d'une manière protectrice, afin de les garder de la transgression et d'empêcher le destructeur d'envahir leurs rangs.

Beaucoup de bien fut accompli. Mais dans certaines parties de la vigne, il y en eut qui se mirent à dire : « Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ? C'est un temps de paix. Ce temps ne pourrait-il pas être employé autrement ? Il n'est pas besoin de ces choses. » Le résultat fut qu'ils devinrent paresseux et que certains des garçons dont ils avaient la charge, faute d'être soignés par les serviteurs de la vigne, s'éloignèrent.

Puis le noble vit qu'il fallait entreprendre une œuvre auprès des jeunes filles de la vigne ; il confia donc une tâche aux jeunes filles de l'Association d'amélioration mutuelle, celle d'œuvrer parmi les jeunes demoiselles de la vigne, et il demanda qu'un membre de l'épiscopat, dans chaque partie de la vigne, œuvre avec les dirigeantes de l'Association d'amélioration mutuelle des Jeunes Filles. Beaucoup de bien fut accompli et le noble en fut satisfait. Mais il vit aussi que, comme pour les garçons, il en allait de même pour les filles : dans certaines parties de la vigne, il y en avait qui se mettaient à dire : « Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ? » Et tandis qu'ils le faisaient, certaines des filles s'éloignèrent, et le destructeur les conduisit à la destruction.

Puis le noble vit que certaines des jeunes filles des régions rurales commençaient à s'installer dans les villes, et qu'à leur arrivée, certaines d'entre elles étaient égarées par des gens mauvais. Alors le noble, dans sa grande sagesse, parla aux serviteurs de la vigne et les invita à coopérer à un programme par lequel les dirigeants de l'Église dans les villes pourraient aider ces jeunes filles, à condition, bien sûr, qu'on leur communique les noms et les adresses de ces jeunes filles. Le noble demanda donc que les évêques et les autres serviteurs des diverses régions rurales de la vigne envoient à l'un des autres serviteurs de la vigne, frère Spencer W. Kimball, les noms et les adresses des jeunes filles qui partaient pour la ville afin de quitter le foyer pour une raison ou pour une autre, pour essayer leurs ailes. Lorsque leur adresse permanente était établie, frère Kimball, en tant que l'un des serviteurs de la vigne, pouvait les transmettre aux évêques dans les villes, qui feraient entrer ces jeunes demoiselles dans un milieu sain, plutôt que de les laisser s'éloigner.

Il y avait une jeune fille nommée Mary, qui décida qu'elle aimerait aller en ville.

Elle en parla avec sa mère et son père. Le père dit à Mary que l'évêque de leur partie de la vigne avait annoncé, à la réunion de paroisse, que si des jeunes filles projetaient d'aller en ville, il aimerait avoir un entretien avec elles. Ainsi, le père, la mère et la jeune fille allèrent tous chez l'évêque de cette partie de la vigne et discutèrent de leurs projets. L'évêque convint avec eux que, dès qu'on aurait obtenu l'adresse permanente de Mary, il en avertirait frère Kimball, afin que frère Kimball puisse à son tour avertir les dirigeants de l'Église dans la ville qui seraient disposés à coopérer avec cette jeune fille.

Le père et la mère, cependant, voulaient aller plus loin. Ils étaient inquiets pour leur fille. Ce serait la première fois qu'elle serait loin de la maison. Aussi maman et papa décidèrent-ils d'aller en ville avec Mary et de l'aider à trouver un logement convenable. Et après une journée de recherches, ils trouvèrent un charmant foyer de Saints des derniers jours où Mary pourrait jouir d'un milieu convenable. Le père rentra à la maison, mais la mère décida de rester encore quelques jours. Où Mary irait-elle travailler ?

La mère allait aider Mary à trouver un emploi et s'assurer que Mary trouve du travail dans un milieu sain, et elle resta donc jusqu'à ce qu'on ait trouvé l'emploi qui convenait.

Puis elle décida de rester jusqu'au dimanche. Ayant appris de la logeuse où se trouvait le bâtiment de l'Église, Mary et sa mère s'y rendirent le dimanche, y cherchèrent l'évêque de la paroisse et se présentèrent. La mère expliqua que Mary allait faire partie de la paroisse, maintenant qu'elle venait en ville pour y travailler et qu'elle habitait chez telle et telle famille, et qu'elle apprécierait que l'évêque prenne des dispositions pour fournir l'aide voulue à Mary afin qu'elle fasse connaissance dans la paroisse et puisse avoir des amies saines.

La mère rentra ensuite chez elle. Peu après, l'évêque de la paroisse d'origine fit part de la chose à frère Kimball, et frère Kimball confirma les dispositions avec cet évêque de la ville, et Mary s'en tira à merveille. Elle avait de bonnes amies, un milieu sûr, et resta active dans l'Église.

Puis il y avait une jeune fille nommée Jane.

Les parents de Jane n'étaient pas tout à fait aussi prudents que les parents de Mary, et ils lui permirent de venir en ville toute seule. Mais ils prirent des dispositions pour qu'elle aille directement à la Beehive House, où l'on s'informa d'un endroit où Jane pourrait habiter. Pendant un court moment, elle logea à la Beehive House, et l'évêque de la paroisse d'origine prit contact avec le bureau de frère Kimball, et frère Kimball prit contact avec la jeune fille et avec l'évêque de la paroisse, et des dispositions satisfaisantes furent prises pour elle. Ainsi, lorsqu'elle commença son séjour à Salt Lake City, elle trouva le bon genre d'amies et le bon genre de milieu, et tout alla bien pour elle.

Mais il y eut ensuite une jeune fille nommée Helen. Helen avait dix-huit ans. Elle aussi voulait quitter la petite maison de campagne et venir dans la grande ville, comme elle en parlait. Elle ne s'entendait pas très bien avec ses parents. Il y avait eu des difficultés et elle voulait, entre autres choses, échapper aux contraintes du foyer. L'évêque de cette partie de la vigne était au courant de la situation, mais il était de ceux qui disaient : « Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ?

Helen n'est-elle pas assez grande pour se débrouiller toute seule ? Et si elle veut aller en ville, c'est son affaire. Pourquoi irais-je me mêler de ses affaires ?

Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ? » Et ainsi, sans la coopération de l'évêque de cette partie de la vigne ni celle de ses parents, Helen vint en ville, toute seule. Elle descendit de l'autobus, consigna sa valise et erra dans la ville pendant quelques heures ce soir-là. Puis elle trouva une pension où elle demanda s'il y avait une place pour loger. On était disposé à la prendre. Elle retourna à la gare routière chercher sa valise, puis revint à la pension pour y séjourner.

Ensuite, elle dut trouver un emploi. Elle n'avait de compétence en rien, mais elle décida qu'au moins elle pourrait servir aux tables.

Le lendemain, elle se mit à chercher un emploi de serveuse dans un restaurant. Elle en trouva un, et en fut fort enthousiaste.

L'une des autres filles qui servaient aux tables là-bas sembla l'attirer, et elles devinrent bonnes amies. En l'espace d'une semaine, cette autre serveuse invita Helen à venir habiter avec elle dans son appartement. Helen, trouvant merveilleux d'avoir une amie comme celle-là, car elle se sentait seule, alla s'installer chez sa nouvelle amie. Cette jeune fille avait un certain nombre d'amis garçons. Certains d'entre eux n'étaient pas si jeunes, mais plutôt des hommes mûrs. Les deux jeunes filles sortaient avec eux pour s'amuser, pensaient-elles. De temps en temps, on servait de l'alcool. On faisait passer des cigarettes.

Helen se mit aussi à sortir de son côté, et l'autre jeune fille sortait de son côté.

Il ne s'écoula pas très longtemps avant que Helen découvre qu'elle allait avoir un bébé. Elle vint trouver son amie, l'autre serveuse, prise de panique, et lui demanda ce qu'elle pouvait bien faire. Cette autre jeune fille se moqua d'elle de s'être laissée mettre dans cet état. Mais elle l'adressa à un médecin qui pratiquait des opérations illégales. L'opération fut pratiquée, mais ce médecin manquait de propreté. Une infection s'installa. Une forte fièvre faisait se tourner et se retourner Helen dans son lit.

Les seuls soins qu'elle avait maintenant étaient ceux de cette autre serveuse, et une bonne partie du temps elle était laissée seule. Elle alla de plus en plus mal et, lorsqu'elle parut dans un état désespéré, son amie la serveuse prit peur et envoya prévenir chez Helen, disant à son père et à sa mère qu'ils feraient mieux de venir la chercher et de la ramener chez eux.

Ils vinrent et, lorsqu'ils apprirent l'état dans lequel elle se trouvait, ils furent terriblement affligés. Pourquoi cela était-il arrivé à leur fille ? Ils la conduisirent en toute hâte à un hôpital où elle reçut des soins experts. Sa vie fut sauvée. Après qu'elle fut restée assez longtemps à l'hôpital, ils la ramenèrent chez eux, dans la petite ville de campagne d'où elle était venue.

Elle était maintenant très désillusionnée.

Sa vie semblait brisée. Tout ce qu'elle avait traversé était si inutile.

Mais un serviteur de la vigne avait dit : « Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ? Il n'y en a pas besoin. Helen n'est-elle pas assez grande pour se débrouiller toute seule ? Si elle s'installe en ville, c'est son affaire. Pourquoi me soucierais-je d'elle ?

Quel besoin mon seigneur a-t-il de ce programme ? »

Et parce que l'un des serviteurs de la vigne avait été si paresseux et si peu intéressé par ce programme de prévention, on lui imposa une œuvre de sauvetage bien plus difficile que ne l'aurait jamais été la prévention.

Mais ce serviteur de la vigne se repentit maintenant. Il se mit à accomplir l'œuvre qui lui était assignée, et le noble en fut satisfait. Un jour, le Seigneur lui dit, à lui et à tous les autres serviteurs fidèles de la vigne : « Ce sera mon sceau et ma bénédiction sur vous, un intendant fidèle et sage au milieu de ma maison, un gouverneur dans mon royaume. »

Puissions-nous avoir la sagesse d'accepter le programme du Seigneur tel qu'il nous est donné.

Puissions-nous être disposés à entreprendre cette œuvre de prévention pour sauver nos filles et nos garçons de l'assaut du destructeur. Puissions-nous être disposés à être éveillés à nos responsabilités. Puissions-nous être disposés à suivre la direction du grand noble qui se tient à la tête de la vigne, je le prie au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursMark E. Petersen, « Frères, mon cœur se fait sûrement l'écho de ce beau... », 1953 October General Conference, General Priesthood Meeting (1953-10-03). Pulpit Vault, 1953-10-petersen-brethren-my-heart-surely-echoes-that-beautiful. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).