Pulpit

Dans le discours du président McKay de ce matin, il...

Harold B. Lee

1953 October General Conference·First Day Afternoon Meeting·1953-10-02

Dans son discours de ce matin, le président McKay a parlé d’un tableau qui était accroché dans le bâtiment de l'Église de Huntsville, un tableau représentant le président John Taylor, sous lequel figuraient ces mots : « Là où le royaume de Dieu n’est pas, il n’y a rien. » Cette déclaration m’encourage à parler d’une chose à laquelle je pense depuis longtemps. Si le Seigneur le veut et si je puis avoir son Esprit, j’aimerais parler d’un sujet que je vais introduire en citant une question posée par un missionnaire et une déclaration d’un grand penseur. Le missionnaire a demandé : « Puisque l’Église rétablie affirme qu’il est nécessaire d’avoir la même organisation que celle qui existait dans l’Église primitive, en particulier douze apôtres, comment pouvons-nous alors prétendre que le royaume de Dieu et l’Évangile étaient sur la terre avant l’époque du Sauveur, alors qu’ils n’avaient pas d’apôtres ? »

La déclaration que je désire lire est de Napoléon Ier, alors qu’il était en exil en 1817. Elle se lit ainsi : « Je croirais en une religion si elle existait depuis le commencement des temps, mais quand je considère Socrate, Platon et Mahomet, je ne crois plus. »

Il y a ceux qui croient que le royaume de Dieu n’a été établi qu’après l’avènement du Sauveur et que l’Évangile de Jésus-Christ n’a pas été sur la terre avant l’époque de son avènement.

En réfléchissant à cette question du missionnaire sur l’organisation de l’Église et à la déclaration de Napoléon, trois questions se sont formulées dans mon esprit : la première, quel est l’âge du royaume de Dieu et de l’Évangile sur la terre ? La deuxième, quels sont les éléments essentiels d’une dispensation de l’Évangile dans le monde ? Et la troisième, quels officiers sont nécessaires dans une organisation pour constituer l’Église et le royaume de Dieu ? Je me rends compte que répondre pleinement à ces questions demanderait beaucoup plus de temps que celui qui m’est accordé ; je ne ferai donc que des commentaires brefs et quelques observations en réponse à ces questions.

Dans la révélation du Seigneur à Abraham, il parla du but de l’envoi d’esprits sur la terre, qui était de « . . . les mettre ainsi à l’épreuve, pour voir s’ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera » (Abraham 3:25), avec la promesse que s’ils gardaient leur second état, de la gloire serait ajoutée sur leur tête pour toujours et à jamais.

Dans le premier chapitre des écrits de Jean, la nature de cette gloire dont parle la révélation faite à Abraham est sous-entendue. Jean a dit : Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu. . . . (Jean 1:12.) Dans une révélation moderne, cette même déclaration est répétée avec une légère variation, puis clarifiée en ces termes :

Mais à tous ceux qui m’ont reçu, je leur ai donné le pouvoir de devenir mes fils ; . . .

Et en vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit mon Évangile me reçoit ; et celui qui ne reçoit pas mon Évangile ne me reçoit pas.

Puis le Seigneur définit les principes fondamentaux de l’Évangile en ces termes :

Et voici mon Évangile — le repentir et le baptême d’eau, et alors vient le baptême de feu et du Saint-Esprit, le Consolateur, qui montre toutes les choses et enseigne les choses paisibles du royaume. (D. & A. 39:4-6.) Le plan de l’Évangile, comme ces Écritures l’indiquent, a été établi dans les cieux avant que la terre ne soit organisée et que des esprits n’y soient placés.

Que cet Évangile et les éléments essentiels du salut aient été sur la terre dans chaque dispensation depuis le temps d’Adam, il ne peut y avoir aucun doute. Dans une première révélation à Moïse, que nous avons dans la Perle de Grand Prix, le Seigneur, parlant à Adam, a dit ceci :

Si tu veux te tourner vers moi, écouter ma voix, croire, te repentir de toutes tes transgressions et être baptisé dans l’eau, au nom de mon Fils unique, qui est plein de grâce et de vérité, lequel est Jésus-Christ, le seul nom qui sera donné sous le ciel par lequel le salut sera donné aux enfants des hommes, tu recevras le don du Saint-Esprit, et tu demanderas tout en son nom, et tout ce que tu demanderas te sera donné.

Suit ensuite le récit du baptême d’Adam, et cette déclaration d’une voix parlant du ciel à Adam :

Voici, tu es un en moi, un fils de Dieu ; et c’est ainsi que tous peuvent devenir mes fils.

(Moïse 6:52, 68.) Écrivant aux Galates, l’apôtre Paul a dit : Et l’Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a d’avance annoncé l’Évangile à Abraham, en disant : Toutes les nations seront bénies en toi.

(Galates 3:8.) Il parlait de l’ordonnance du baptême à l’époque de Moïse lorsqu’il écrivit ces mots aux Corinthiens :

. . . que tous nos pères ont été sous la nuée, et sont tous passés au travers de la mer ; Et ont tous été baptisés en Moïse. . . .

(1 Corinthiens 10:1-2.) Puis, au sujet des enfants d’Israël sous la direction de Moïse, Paul a écrit de nouveau, aux Hébreux, et a dit : Car l’Évangile nous a été annoncé aussi bien qu’à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée de foi chez ceux qui l’entendirent. (Hébreux 4:2.) Toutes ces déclarations ainsi consignées dans la Bible ont été confirmées par la révélation moderne.

De même que dans les dispensations d’Adam, d’Abraham et de Moïse ces enseignements fondamentaux furent donnés et ces ordonnances fondamentales de l’Évangile administrées, de même nous entendons le Sauveur dire à Nicodème : Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. (Jean 3:5.) Supposer que Dieu instituerait des ordonnances dont dépendrait le salut, puis laisserait passer quatre mille ans sans aucune autorité ni aucune organisation pour administrer ces ordonnances, est insoutenable pour l’homme qui réfléchit. Un homme qui réfléchit devrait conclure avec Napoléon : « À moins qu’une religion n’ait existé dès le commencement, je ne puis croire. »

Voyons maintenant, un instant seulement, et à la hâte, les organisations de l’Église qui ont existé dans chacune de ces dispensations depuis le commencement. À Adam fut donnée « ... la domination . . . sur tout être vivant qui se meut sur la terre. » (Genèse 1:28.) Le gouvernement de son temps était patriarcal, et la prêtrise gouvernait. Les hommes détenant la prêtrise gouvernaient par révélation et commandement directs. Du temps d’Énoch, de même, son gouvernement était patriarcal. Sion, la Cité de Sainteté, fut établie, et Énoch donna une loi économique parfaite, que nous connaissons sous le nom d’Ordre d’Énoch. Il y eut de même un gouvernement semblable depuis Noé jusqu’à Abraham, comme nous en informe la révélation moderne en ces termes : L’ordre de cette prêtrise a été confirmé pour se transmettre de père en fils, et appartient de droit aux descendants littéraux de la postérité élue, à qui les promesses ont été faites. (D. & A. 107:40.) De Moïse jusqu’au prophète Samuel, Israël fut gouverné par des juges, qui étaient choisis parmi le peuple. Et puis vous vous souvenez que, parce qu’ils étaient « particuliers » dans ce type de gouvernement, ils demandèrent un roi, pour être comme les autres peuples ; un roi pour les gouverner dans les affaires séculières, tandis qu’un prophète continuerait à les guider dans les affaires spirituelles.

Vous vous souvenez que Saül fut alors choisi, suivi de David, puis de Salomon, et qu’ensuite les enfants d’Israël furent divisés en royaume de Juda et royaume d’Israël sous Roboam et Jéroboam.

À l’avènement de Jésus, les Juifs étaient dans un état d’apostasie, et vous vous souvenez qu’il choisit douze hommes pour être ses témoins particuliers, et qu’à l’un de ces douze, Pierre, il donna les clefs du royaume de Dieu. La portée de cette remise des clefs du royaume à Pierre se comprend mieux dans les paroles d’une révélation qui nous a été donnée par le prophète Joseph Smith, lorsque le Seigneur a dit ceci, parlant du prophète Joseph : À qui j’ai donné les clefs du royaume, qui appartiennent toujours à la présidence de la Haute Prêtrise. (Ibid., 81:2.) En d’autres termes, Pierre, détenant les clefs du royaume, était autant le président de la Haute Prêtrise en son temps que Joseph Smith et ses successeurs, à qui ces « clefs » ont également été données à notre époque, sont les présidents de la Haute Prêtrise et les chefs terrestres de l’Église et du royaume de Dieu sur la terre.

Décrivant l’organisation de l’Église en son temps, l’apôtre Paul a dit : Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, . . . ensuite . . . les secours, les gouvernements, . . . etc. (1 Corinthiens

12:28.) Mais dans toutes ces fonctions de l’Église, il nous est dit de nouveau dans les révélations . . . il n’y en a jamais qu’un à la fois sur la terre à qui ce pouvoir et les clefs de cette prêtrise sont conférés. . . .

(D. & A. 132:7.) Nous vivons aujourd’hui dans la dispensation de la plénitude des temps, et une déclaration nous a été donnée, inspirée par le Seigneur, au prophète Joseph Smith, en ces termes, qui expliquent quelque peu ce que la dispensation de la plénitude des temps avait en vue. Il a dit : . . . car il est nécessaire pour l’inauguration de la dispensation de la plénitude des temps, laquelle dispensation commence maintenant à être inaugurée, qu’une union entière, complète et parfaite, et un rattachement de dispensations, de clefs, de pouvoirs et de gloires soient ... révélés depuis le temps d’Adam jusqu’à nos jours.

Et non seulement cela, mais ces choses qui n’ont jamais été révélées depuis la fondation du monde . . . seront révélées . . .

en cette dispensation, la dispensation de la plénitude des temps. (D. & A. 128:18.) L’apôtre Pierre a parlé de cela, en se référant à cette même dispensation de la plénitude des temps, lorsqu’il a dit qu’il y aurait un . . . rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé par la bouche de tous ses saints prophètes depuis le commencement du monde. (Actes 3:21.) Il semble donc clair que si l’organisation de l’Église aujourd’hui était dépourvue de ce que Jésus a donné, à cet égard, en fait d’organisation, cette dispensation manquerait, par le fait même, d’être un royaume de Dieu établi sur la terre dans la dispensation de la plénitude des temps où « toutes choses » devaient être rétablies. Sans aucun doute, l’organisation que le Maître a donnée devait être le modèle d’une organisation plus parfaite que dans les dispensations passées. On en trouve la preuve dans le fait qu’après avoir quitté le peuple ici, à la suite de sa résurrection, il alla chez les Néphites, et là il choisit de nouveau douze disciples, qu’il établit pour gouverner son Église et cette partie du royaume ici, sur ce continent, chez les Néphites.

Nous pourrions alors nous demander : qu’est-ce que le royaume de Dieu ? Et là encore nous ne restons pas sans réponse, car le Seigneur a répondu : « Les clefs du royaume de Dieu sont remises à l’homme sur la terre. ... » Là où sont les clefs du royaume, là est l'Église de Jésus-Christ, et c’est la pierre qui a été détachée de la montagne sans le secours d’aucune main, comme le rapporte l’interprétation du songe par Daniel, qui devait rouler et frapper l’image et la briser en pièces et rouler jusqu’à remplir toute la terre. (D. & A. 65.) Le prophète Joseph Smith donne cette définition du royaume de Dieu :

Certains disent que le royaume de Dieu n’a pas été établi sur la terre avant le jour de la Pentecôte, et que Jean ne prêchait pas le baptême de repentance pour la rémission des péchés, mais je vous dis au nom du Seigneur que le royaume de Dieu a été établi sur la terre depuis les jours d’Adam jusqu’à maintenant. Chaque fois qu’il y a eu sur la terre un homme juste à qui Dieu a révélé sa parole et donné pouvoir et autorité d’administrer en son nom, et là où il y a un prêtre de Dieu ... pour administrer les ordonnances de l’Évangile et officier dans la prêtrise de Dieu, là est le royaume de Dieu. . . . Là où il y a un prophète, un prêtre ou un homme juste à qui Dieu donne ses oracles, là est le royaume de Dieu ; et là où les oracles de Dieu ne sont pas, là le royaume de Dieu n’est pas. (Teachings of the Prophet Joseph Smith, p. 271-272.) Ce n’est là qu’une autre façon de dire ce que déclarait le tableau de Huntsville dont le président McKay a parlé : « Là où le royaume de Dieu n’est pas, il n’y a rien. »

Comme le Maître l’a dit en son temps, le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas de signes extérieurs ni de changements politiques ; de même aujourd’hui, il est maintenant parmi nous, comme il l’a été dans chaque dispensation de l’Évangile depuis les jours d’Adam.

Une autre déclaration a été faite par les prophètes du Nouveau Testament, qui a pour moi quelque importance. On rapporte qu’ils ont dit que « ... le royaume de Dieu est au dedans de vous. » (Luc 17:21.) Une traduction plus exacte aurait probablement dit : « Le royaume de Dieu est parmi vous ou au milieu de vous », mais en pensant à cette autre déclaration, « Le royaume de Dieu est au dedans de vous », je me suis rappelé une expérience que nous avons eue avec un groupe d’étudiants de l’Université Brigham Young, qui ont eu l’amabilité de venir, sous la direction du président Wilkinson, auprès d’un petit groupe, là-bas à la Lion House, et là seize d’entre eux, représentant seize pays étrangers, ont été priés de se lever et de raconter comment ils en étaient venus à connaître l’Évangile et à l’accepter, pourquoi ils étaient à l’Université Brigham Young, et de rendre leur témoignage. Ce fut une soirée extrêmement intéressante. Nous avons entendu des jeunes gens et des jeunes filles du Mexique, d’Argentine, du Brésil, des pays scandinaves, de France et d’Angleterre.

L’histoire était la même. Lorsqu’ils se sont mis à raconter comment ils en étaient venus à trouver l’Évangile, c’était ceci : Ils aspiraient à la vérité. Ils cherchaient la lumière. Ils n’étaient pas satisfaits, et au milieu de leur recherche, quelqu’un est venu à eux avec les vérités de l’Évangile.

Ils ont prié à ce sujet et ont cherché le Seigneur avec intensité, avec application, de tout leur cœur, et sont parvenus à recevoir un témoignage divin par lequel ils savaient que c’est l’Évangile de Jésus-Christ. Une jeune femme a dit : « J’étudiais l’Évangile, et ce soir-là je suis venue à une réunion et je les ai entendus chanter “La première prière de Joseph Smith”, qui racontait en chanson l’histoire de la Première Vision, et avant qu’ils aient fini ce chant, dans mon cœur l’Esprit a rendu témoignage que c’est là l’Église et le royaume de Dieu. » Ainsi, dans le cœur de chacun, de tout chercheur honnête de la vérité, s’il a le désir de savoir et étudie avec intention réelle et foi au Seigneur Jésus-Christ, le royaume de Dieu peut être au dedans de lui, ou, en d’autres termes, le pouvoir de le recevoir est à lui.

Je vous rends mon humble témoignage que ceci est l’Église et le royaume de Dieu sur la terre. Ceci est la dispensation de la plénitude des temps. N’était le fait qu’il ne s’agit que de la continuation du même Évangile, des mêmes principes fondamentaux, de la même autorité qui ont existé depuis le commencement des temps, nous devrions dire avec Napoléon Ier : À moins que vous ne puissiez me prouver que cette religion existe depuis le commencement, je ne croirai pas.

Que Dieu nous aide à porter ce message au monde et à le convaincre de la puissance de l’Évangile et de la puissance qui est en eux de recevoir le royaume de Dieu tant qu’il fait encore jour, je le prie humblement au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHarold B. Lee, « Dans le discours du président McKay de ce matin, il... », 1953 October General Conference, First Day Afternoon Meeting (1953-10-02). Pulpit Vault, 1953-10-lee-in-president-mckays-address-this-morning-he. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).