Mes bien-aimés frères et sœurs, mon cœur...
Spencer W. Kimball
Mes bien-aimés frères et sœurs : mon cœur est rempli de gratitude ce matin pour cette occasion, pour vous, pour l’Évangile, l’Église, la prêtrise, ma famille et pour tous les privilèges qui me sont échus. ¶
Récemment, alors que je tenais une réunion avec un groupe de membres d’épiscopats, j’ai eu l’occasion de leur lire ce passage de Paul, adressé à Timothée, dans lequel il disait : ¶
Il faut donc que l’évêque soit irréprochable, mari d’une seule femme, vigilant, sobre, de bonne conduite, hospitalier, propre à l’enseignement ; ¶
Non adonné au vin, ni violent, ni avide de gain sordide. ... (1 Timothée 3:2-3.) ¶
Mon esprit s’est mis à explorer et je me suis demandé : « Qu’est-ce que le gain sordide ? » J’ai lu un peu plus loin et j’ai trouvé qu’il disait la même chose des diacres, qu’ils ne devaient pas être « avides de gain sordide ». ¶
J’ai trouvé aussi que Paul parlait à Tite, son fils dans la foi : ¶
Car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu . . . non adonné au gain sordide. (Tite 1:7.) ¶
Pierre a aussi donné les mêmes instructions aux anciens, rendant l’avertissement assez universel pour l’Église : ¶
J’exhorte les anciens qui sont parmi vous, . . . ¶
Paissez le troupeau de Dieu qui est parmi vous, en veillant sur lui, non par contrainte, mais volontairement ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement. (1 Pierre 5:1-2.) ¶
Je me suis interrogé sur ce terme. Je suis allé au dictionnaire voir ce que Webster en dirait, et j’ai constaté que le lucre lui-même a une connotation péjorative, que le gain sordide est pire, et qu’être « avide de gain sordide » est, bien sûr, plus grave encore. ¶
Cette instruction fut donnée par Jean, le révélateur, aux Saints de Laodicée : ¶
Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! ¶
Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. ¶
Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, ¶
je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. ¶
Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime : ¶
aie donc du zèle, et repens-toi. (Apocalypse 3:15-19.) ¶
Et je me suis mis à penser à beaucoup des nôtres dont l’esprit est tourné vers leurs richesses ; qui se sont enrichis de biens ; qui, bien qu’élégamment vêtus, sont nus et non vêtus de blanc ; qui, les yeux grands ouverts, ne voient pas ; qui sont « avides de gain sordide ». ¶
Or, tout argent n’est pas du lucre — tout argent n’est pas sordide. Il y a de l’argent propre — de l’argent propre avec lequel acheter de la nourriture, des vêtements, un abri et d’autres choses nécessaires, et avec lequel apporter des contributions à l’édification du royaume de Dieu. ¶
L’argent propre est la rémunération reçue pour une pleine journée de travail honnête. C’est un salaire raisonnable pour un service fidèle. C’est un profit équitable tiré de la vente de biens, de marchandises ou de services. C’est un revenu reçu de transactions où toutes les parties trouvent leur profit. ¶
Le gain sordide est de l’argent du sang ; ce qui s’obtient par le vol et le brigandage. C’est ce qui s’obtient par le jeu ou par l’exploitation d’établissements de jeu. Le gain sordide est ce que l’on tire du péché ou d’activités coupables, et ce qui provient du commerce de l’alcool, de la bière, des stupéfiants et de ces nombreuses autres choses qui déplaisent aux yeux du Seigneur. Le gain sordide est cet argent qui provient de la corruption et de l’exploitation. ¶
L’argent des compromissions est sordide, l’argent des malversations est impur, les profits et commissions tirés de la vente d’actions sans valeur sont souillés, comme l’est l’argent provenant d’autres tromperies, de prix excessifs, de l’oppression des pauvres et d’une rémunération qui n’est pas pleinement méritée. Je suis fermement convaincu que les hommes qui acceptent un salaire ou un traitement sans donner un temps, une énergie, un dévouement et un service proportionnés reçoivent un argent qui n’est pas propre. Certes, ceux qui trafiquent de l’interdit sont bénéficiaires d’un gain sordide. ¶
Tu n’apporteras pas dans la maison de l’Éternel, ton Dieu, le salaire d’une prostituée ni le prix d’un chien pour l’accomplissement d’un vœu quelconque ; car l’un et l’autre font horreur à l’Éternel, ton Dieu. (Deutéronome 23:18.) ¶
Et Michée a fustigé ce péché. Il a dit : ¶
. . . Quel est le crime de Jacob ? ¶
n’est-ce pas Samarie ? et quels sont les hauts lieux de Juda ? n’est-ce pas Jérusalem ? ¶
C’est pourquoi je ferai de Samarie un monceau de pierres dans les champs, un lieu pour planter de la vigne : . . . ¶
Et toutes ses images taillées seront brisées, tous ses salaires seront brûlés au feu, et je ravagerai toutes ses idoles : ¶
car elle les a amassés avec le salaire d’une prostituée, et ils retourneront au salaire d’une prostituée. ¶
Car sa plaie est incurable. . . . (Michée 1:5-7, 9.) ¶
Je suis sûr que l’argent est impur lorsqu’il est obtenu par l’oppression, la fraude, la corruption ou par des déclarations mensongères. Vous vous souvenez de l’histoire du prophète Samuel : ¶
... il établit ses fils juges sur Israël. ¶
Et ses fils ne marchèrent pas sur ses traces ; ils se détournèrent pour courir après le lucre, acceptèrent des pots-de-vin et pervertirent le jugement. (1 Samuel 8:1, 3.) ¶
Et Samuel dit à tout Israël : Voici, j’ai écouté votre voix dans tout ce que vous m’avez dit, et j’ai établi un roi sur vous. ¶
Et maintenant, voici, le roi marche devant vous ; et moi, je suis vieux et j’ai les cheveux gris ; et voici, mes fils sont avec vous ; et j’ai marché devant vous depuis mon enfance jusqu’à ce jour. ¶
Me voici : témoignez contre moi devant l’Éternel et devant son oint : ¶
de qui ai-je pris le bœuf ? ou de qui ai-je pris l’âne ? ou qui ai-je fraudé ? qui ai-je opprimé ? ou de la main de qui ai-je reçu un pot-de-vin pour m’en aveugler les yeux ? et je vous le rendrai. ¶
Et ils dirent : Tu ne nous as pas fraudés, tu ne nous as pas opprimés, et tu n’as rien pris de la main de personne. (Ibid., 12:1-4.) ¶
Du temps d’Ésaïe, il y avait des gens qui acceptaient des présents comme pots-de-vin et qui suscitaient les commentaires du prophète : ¶
Celui qui marche dans la justice, et qui parle selon la droiture, qui méprise un gain acquis par extorsion, qui secoue les mains pour ne pas accepter de pots-de-vin, qui ferme l’oreille pour ne pas entendre des propos sanguinaires, et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal ; ¶
Celui-là habitera dans des lieux élevés ; des rochers fortifiés seront sa retraite ; du pain lui sera donné, de l’eau lui sera assurée. (Ésaïe 33:15-16.) ¶
Malheur à ceux qui ont de la bravoure pour boire du vin, et de la vaillance pour mêler des liqueurs fortes ; ¶
Qui justifient le coupable pour un présent, . . . ¶
C’est pourquoi, comme une langue de feu dévore le chaume, et comme la flamme consume l’herbe sèche, ainsi leur racine sera comme de la pourriture, et leur fleur se dissipera comme de la poussière : . . . (Ibid., 5:22-24.) ¶
Dans l’Exode encore, nous lisons des présents de corruption : ¶
Et tu ne recevras pas de présent ; car le présent aveugle les sages et pervertit les paroles des justes. (Exode 23:8.) ¶
Dans Matthieu, le Maître a dénoncé les dons impurs qui proviennent de cœurs impurs et sans esprit de pardon : ¶
Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sans cause mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de l’enfer. ¶
Si donc tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, ¶
laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. (Matthieu 5:22-24.) ¶
Le don est acceptable lorsqu’il est rendu pur et sans souillure. ¶
L’honnêteté dans les affaires, dans la vente, dans l’achat et dans les déclarations en général est souvent évoquée dans les Écritures. L’avertissement adressé à Israël demeure applicable à notre époque : ¶
Et si tu vends quelque chose à ton prochain, ou si tu achètes quelque chose de la main de ton prochain, vous ne vous opprimerez pas l’un l’autre : ¶
. . . mais tu craindras ton Dieu : car je suis l’Éternel, votre Dieu. (Lévitique 25:14, 17.) ¶
Et dans les Proverbes nous lisons : ¶
Celui qui opprime le pauvre pour augmenter ses richesses, et celui qui donne au riche, arriveront sûrement à la disette. (Proverbes 22:16.) ¶
Il est beaucoup question dans les Écritures de celui qui engage et de celui qui est engagé, ainsi que de l’employeur et de l’employé : ¶
À vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. ¶
Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. ¶
Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! ¶
Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. (Jacques 5:1-4.) ¶
. . . et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs, contre les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre ceux qui oppriment le mercenaire dans son salaire, la veuve et l’orphelin, qui écartent l’étranger de son droit, et qui ne me craignent pas, dit l’Éternel des armées. (Malachie 3:5.) ¶
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume ; malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, et qui se croient intelligents ! (Ésaïe 5:20-21.) ¶
Encore : ¶
Tu n’opprimeras pas l’ouvrier pauvre et indigent, qu’il soit l’un de tes frères ou l’un des étrangers qui sont dans ton pays, dans tes portes : ¶
Tu lui donneras son salaire le jour même, et le soleil ne se couchera pas dessus ; car il est pauvre, et il y met son cœur. . . . ¶
(Deutéronome 24:14-15.) ¶
Et pour moi cela signifie : malheur à ceux qui se donneront de bonnes raisons, qui expliqueront leurs fautes en ces matières, qui justifient leurs oppressions. Les ouvriers agricoles, les domestiques et les personnes sans protection sont souvent opprimés lorsque les circonstances économiques les placent dans une situation où ils doivent accepter ce qu’on leur offre ou rester sans emploi. Et nous nous justifions parfois de sous-payer, et nous nous en vantons même : ¶
Malheur à ceux qui méditent l’iniquité et qui forgent le mal sur leur lit ! Au point du jour ils l’exécutent, parce qu’ils ont le pouvoir en main. ¶
Et ils convoitent des champs, et les prennent par violence ; et des maisons, et les enlèvent : ¶
ainsi ils oppriment un homme et sa maison, un homme et son héritage. (Michée 2:1-2.) ¶
Et puis il y a ceux d’entre nous qui exigent une rémunération excessive pour des services, qui ne donnent pas la « valeur reçue » et qui n’apportent aucune loyauté avec leur service insuffisant et inefficace. ¶
Les auteurs des Écritures exhortent les employés à obéir à leurs maîtres, à plaire à leurs employeurs, à travailler avec simplicité de cœur, à être honnêtes dans le temps consacré et le service rendu et à s’abstenir de tout détournement. ¶
Le Seigneur sait que nous avons besoin de nourriture, de vêtements, d’un abri et d’autres choses. Il attend de nous que nous gagnions notre vie. Il nous commande de donner le nécessaire à nos familles. Il permet peut-être que nous ayons un luxe raisonnable, mais non avec de l’argent impur. ¶
Le Sauveur a dit : ¶
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. (Matthieu 6:24.) ¶
Et quand nous regardons autour de nous, nous en voyons beaucoup qui sont avides de richesses excessives, et surtout de celles qui viennent de pratiques peu scrupuleuses et aux dépens d’une stricte honnêteté et d’une parfaite intégrité. Il est difficile de nous satisfaire. Plus nous avons, plus nous voulons. ¶
Paul semblait comprendre la nature humaine et approuvait pleinement la déclaration du Maître : « ... un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. » (Voir Matthieu 19:24.) Il dit : ¶
Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter. ¶
Et ayant la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en. ¶
Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. ¶
Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux : et certains, l’ayant convoité, se sont égarés loin de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de bien des douleurs. (1 Timothée 6:7-10.) ¶
« Ayant la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en. » — Pourquoi une autre ferme, un autre troupeau de moutons, un autre troupeau de bovins, un autre ranch ? Pourquoi un autre hôtel, un autre café, un autre magasin, une autre boutique ? Pourquoi une autre usine, un autre bureau, un autre service, une autre entreprise ? Pourquoi un autre quoi que ce soit si l’on possède déjà ce qui procure le nécessaire et un luxe raisonnable ? ¶
Pourquoi continuer à étendre et à accroître ses avoirs, surtout lorsque ces responsabilités accrues détournent l’intérêt de l’homme de ses engagements familiaux et spirituels légitimes, et de ces choses auxquelles le Seigneur voudrait que nous donnions la priorité dans notre vie ? Pourquoi devons-nous toujours nous étendre au point que nos intérêts sont partagés et que notre attention et nos pensées sont tournées vers les choses du monde ? Certes, lorsque les biens temporels d’un homme deviennent considérables, il lui est très difficile de prêter une attention convenable aux choses spirituelles. ¶
Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité que celui qui a des voies tortueuses, bien qu’il soit riche. (Proverbes 28:6.) ¶
Et puis ceci, tiré des Proverbes, m’a frappé : ¶
Un homme fidèle sera comblé de bénédictions ; mais celui qui se hâte de s’enrichir ne sera pas innocent. (Ibid., 28:20.) ¶
Et je me demande si beaucoup d’entre nous ne se hâtent pas de s’enrichir. Faisons-nous des compromis pour accumuler ? ¶
Je me demande si l’argent gagné le jour du sabbat, lorsqu’il s’agit d’un gain de sabbat non nécessaire, ne pourrait pas lui aussi être de l’argent impur. Je me rends compte que certaines personnes doivent travailler le jour du sabbat ; et lorsqu’elles le font, si elles y sont contraintes, c’est bien sûr une situation différente. Mais les hommes et les femmes qui utiliseront délibérément le jour du sabbat pour mettre au point des affaires, pour accroître leurs avoirs, pour accroître leurs revenus, je crains pour eux. Je pense que le Seigneur s’adressait à eux lorsqu’il a dit : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, ... » (Ésaïe 5:20.) Nous apaisons parfois notre conscience en disant que plus nous gagnons, plus nous pouvons donner à de bonnes causes, mais c’est là, bien sûr, un faux-fuyant. Il y a des gens qui travaillent le jour du sabbat, non par contrainte mais parce que le revenu est attrayant, et d’autres qui travaillent volontairement pour obtenir le « salaire majoré de moitié » que leur procure le travail du sabbat. ¶
Dans un pieu, récemment, j’ai eu un entretien avec un homme pour un poste important dans la réorganisation du pieu. Et je lui ai dit : « Quelle est votre profession ? » Et il a répondu : « Je tiens une station-service. » Et j’ai demandé : « Êtes-vous ouvert le jour du sabbat ? » Sa réponse fut : « Non, je ne le suis pas. » « Eh bien, comment vous en sortez-vous ? La plupart des exploitants de stations-service semblent penser qu’ils doivent ouvrir le jour du sabbat. » « Je m’en sors bien, dit-il. Le Seigneur est bon envers moi. » « N’avez-vous pas une rude concurrence ? » ai-je demandé. « Si, certainement, répondit-il. De l’autre côté de la rue, il y a un homme qui reste ouvert toute la journée du dimanche. » « Et vous n’ouvrez jamais ? » ai-je demandé. « Non, monsieur, dit-il, et j’en suis reconnaissant, et le Seigneur est bienveillant, et j’ai suffisamment pour mes besoins. » ¶
J’étais dans un autre pieu, également dans le cadre d’une réorganisation, et l’on envisageait un autre frère pour l’une des plus hautes fonctions ; et lorsque nous lui avons demandé sa profession, il a dit qu’il était épicier de son état. « Eh bien, la plupart des magasins restent ouverts le jour du sabbat. Et vous ? » « Nous fermons notre magasin à clef le dimanche, dit-il. » « Mais comment pouvez-vous rivaliser avec ces gens qui sont ouverts sept jours sur sept ? » « Nous rivalisons. Du moins, nous nous en sortons très bien, » fut sa réponse. « Mais le sabbat ne serait-il pas votre plus gros jour ? » « Oui, répondit-il, nous vendrions probablement deux fois plus le jour du sabbat qu’un jour ordinaire, mais nous nous en passons, et le Seigneur a été bienveillant ; il a été plein de grâce ; il a été bon. » « Que vendez-vous dans ce magasin ? » lui ai-je demandé. Il a dit : « De l’épicerie et des marchandises diverses. » « Vos concurrents vendent d’autres choses, y compris des choses interdites, n’est-ce pas ? » ai-je demandé. « Oui, mais nous avons estimé que ce n’était pas juste, dit-il. Nous perdons de la clientèle, bien sûr. Des gens quittent notre magasin et vont à l’autre magasin acheter pour de nombreux dollars d’épicerie là où ils peuvent se procurer quelques boîtes de bière ou du vin, mais nous n’en vendons pas. » Et je n’ai pu m’empêcher de dire : « Dieu vous bénisse, mon fidèle frère. Le Seigneur n’oubliera pas ces sacrifices apparents. Vos dollars sont propres. Ils ne vous empêcheront certainement pas de trouver votre chemin vers le royaume de Dieu. » ¶
Le Sauveur savait que le bœuf tombe dans le bourbier le jour du sabbat, mais il savait aussi qu’aucun bœuf ne se jette délibérément dans le bourbier chaque semaine. ¶
Au cours de mes nombreux voyages, je trouve beaucoup de gens fidèles qui renoncent aux profits du jour du sabbat et à ceux qui proviennent du commerce des choses interdites. ¶
J’ai trouvé des communautés d’éleveurs où les éleveurs ne font jamais leur rassemblement du bétail le jour du sabbat ; des étals de fruits au bord de la route qui sont ouverts nuit et jour, mais qui ferment le dimanche, même pendant la courte saison des fruits ; des pharmacies et des confiseries qui gagnent leur argent pendant les six jours de la semaine ; des restaurants et des buvettes au bord de la route, fermés le jour du Seigneur. Et il y a beaucoup d’autres personnes qui pourraient se donner de bonnes raisons et se justifier de réaliser des profits le dimanche, mais qui trouvent satisfaction et joie à s’en abstenir. Et chaque fois que je vois de braves gens prêts à renoncer à ces profits, je me réjouis et je sens dans mon cœur le désir de les bénir pour leur fermeté, leur courage et leur foi. ¶
Il y a bien d’autres façons, bien sûr, par lesquelles l’argent peut être entaché. Je prie pour que nous gardions notre argent propre. Et je prie le Seigneur qu’il bénisse ses enfants afin qu’ils aient la foi de vivre ses commandements, quel que soit le sacrifice qu’il puisse sembler y avoir. Je sais que Dieu le leur rendra. Je sais que les hommes ne souffriront jamais, en définitive, des sacrifices financiers apparents qu’ils pourraient faire, car il nous a commandé de vivre ses lois et nous a ensuite lancé ce défi : ¶
. . . mettez-moi ainsi à l’épreuve, dit l’Éternel des armées, et voyez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux et ne répands pas sur vous une bénédiction telle qu’il n’y aura pas assez de place pour la recevoir. (Malachie 3:10.) ¶
Et que Dieu nous bénisse tous afin que nous vivions près de ses enseignements et méritions ainsi les bénédictions qu’il nous a promises, je le prie au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. ¶