Pulpit

Mes bien-aimés frères et sœurs, je demande...

Marion G. Romney

1952 October General Conference·Friday Afternoon Session·1952-10-03

Mes bien-aimés frères et sœurs, je sollicite l’appui de votre foi et de vos prières, et j’étends cette invitation aux personnes qui nous regardent à la télévision et à celles qui nous écoutent à la radio.

Moi aussi, j’aimerais m’adresser quelques instants à la jeunesse, mais je dirigerai mes paroles directement vers elle.

Avec l’aide du Saint-Esprit, que je demande avec ferveur, je désire vous encourager, jeunes gens, à placer votre confiance dans le Seigneur et, en gardant ses commandements, à vivre pour les bénédictions qu’il a promises. Je le fais parce que je sais qu’aucune autre voie ne peut vous qualifier pour affronter avec succès les problèmes de la vie qui vous attendent.

Mieux vaut se confier en l’Éternel que de mettre sa confiance en l’homme.

Mieux vaut se confier en l’Éternel que de mettre sa confiance dans les princes. (Ps. 118:8-9.)

Dans ces lignes, le psalmiste a exprimé une vérité éternelle que toute âme reconnaîtra et admettra tôt ou tard.

Certaines personnes, comme le cardinal Wolsey, à leur grand regret, l’apprennent plus tard. Vous vous souviendrez qu’il consacra une longue vie au service de trois souverains anglais et jouit, tandis qu’il le faisait, d’une grande richesse et d’un grand pouvoir. Finalement, cependant, il fut dépouillé de toute sa grandeur par un roi impatient. Ce n’est qu’alors, debout, désabusé, au milieu des ruines de sa vie, qu’il dit (c’est ainsi que Shakespeare le rapporte) :

Si j’avais servi mon Dieu avec la moitié du zèle Que j’ai mis à servir mon roi, il ne m’aurait pas, en mon âge, Laissé nu devant mes ennemis. (Henry VIII, acte III, sc. 2.)

Maintenant, mes bien-aimés jeunes frères et sœurs, avec les paroles d’Alma, je vous témoigne que je sais, comme je sais que je vis, que quiconque place sa confiance en Dieu sera soutenu dans ses épreuves, et ses difficultés, et ses afflictions, et sera élevé au dernier jour. (Alma 36:3.)

Et je vous supplie de décider dès maintenant, dans votre jeunesse, de vous confier au Seigneur et de vivre pour ses promesses. Car des bénédictions sont promises, qui suivent, comme la nuit suit le jour, l’obéissance à chacun des commandements du Seigneur.

Prenons par exemple les promesses faites dans la Parole de Sagesse. Le Seigneur dit :

. . . tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l’obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os ;

Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ;

et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas.

Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l’ange destructeur passera à côté d’eux, comme pour les enfants d’Israël, et ne les frappera pas. (D. & A. 89:18-21.)

Cette mention de l’ange destructeur passant à côté des enfants d’Israël rappelle que, pour persuader les Égyptiens de laisser partir Israël,

. . . l’Éternel frappa tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu’au premier-né du captif dans sa prison et jusqu’à tous les premiers-nés des animaux.

. . . et il y eut de grands cris en Égypte, car il n’y avait pas de maison où il n’y ait un mort. (Ex. 12:29-30.)

Mais dans sa mission de mort, le « destructeur » devait passer à côté, et passa à côté, sans frapper les premiers-nés des foyers de ces Israélites qui avaient marqué de sang d’agneau le linteau et les poteaux de leur porte, comme le Seigneur l’avait ordonné.

D’après cette promesse de la Parole de Sagesse et d’autres passages d’Écriture, il semble qu’il y ait des anges destructeurs qui ont une œuvre à accomplir parmi les peuples de la terre dans cette dernière dispensation. Le Seigneur dit au prophète Joseph Smith que, parce que toute chair était corrompue devant lui et que les puissances des ténèbres dominaient sur la terre, ces anges attendaient le grand commandement de moissonner la terre, de rassembler l’ivraie pour qu’elle soit brûlée. (D. & A. 38:11-12.) C’était en 1831. En 1894, le président Woodruff dit :

Dieu a retenu les anges de la destruction pendant de nombreuses années, de peur qu’ils ne moissonnent le blé avec l’ivraie. Mais je veux vous dire maintenant que ces anges ont quitté les portails du ciel, et qu’ils se tiennent au-dessus de ce peuple et de cette nation en ce moment, et qu’ils planent au-dessus de la terre, attendant de déverser les jugements. Et dès aujourd’hui même, ils seront déversés. Les calamités et les troubles augmentent sur la terre, et ces choses ont une signification. (The Improvement Era, 17:1165.)

Maintenant, mes bien-aimés jeunes frères et sœurs, à la lumière de cette connaissance et de cette compréhension révélées que le Seigneur nous a données sur ce qui se passe autour de nous, n’est-ce pas une chose glorieuse d’avoir l’assurance que, si nous nous revêtons de corps purifiés par l’observance de la Parole de Sagesse, ces anges destructeurs passeront à côté de nous, comme ils l’ont fait pour les enfants d’Israël, et ne nous frapperont pas ? Eh bien, c’est là l’une des bénédictions qui suivent l’observance de la Parole de Sagesse.

Les bénédictions promises pour l’obéissance à la loi de la dîme sont nombreuses. L’une d’elles a trait à la productivité du sol. Je me souviens d’avoir été frappé par cette pensée il y a vingt-trois ans, lors de cette même conférence, en écoutant les paroles de frère James E. Talmage. Il disait :

Savez-vous que le sol peut être sanctifié par la dîme de ses produits ? La terre peut être sanctifiée. Il y a un rapport entre les éléments et les forces de la nature et les actions des hommes. (Rapport de conférence, octobre 1929, page 68.)

Cette déclaration est en harmonie avec les sentiments du président Brigham Young. Il disait :

Parlez de ces riches vallées, eh bien, il n’y a pas un autre peuple sur terre qui aurait pu venir ici et y vivre. Nous avons prié sur la terre, et nous l’avons consacrée, ainsi que l’eau, l’air et tout ce qui s’y rapporte, au Seigneur, et les sourires du ciel se sont posés sur la terre et elle est devenue productive. (Discourses of Brigham Young, p. 483.)

Une récompense connexe pour le paiement de la dîme ressemble presque à une assurance-récolte. Écoutez :

Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit le Seigneur des armées, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance.

Pour vous je menacerai celui qui dévore, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et la vigne ne sera pas stérile dans vos campagnes, dit le Seigneur des armées. (III Néphi 24:10-11.)

La foi illimitée du président Grant que le Seigneur ferait prospérer ceux qui étaient généreux de leurs biens pour l’édification de son royaume a eu un effet marqué sur ma vie. Beaucoup d’entre vous se souviendront de son récit d’une réunion de jeûne du jeudi matin à laquelle son évêque fit un appel aux dons. Le président Grant, bien qu’encore très jeune, avait 50,00 $ en poche qu’il avait l’intention de déposer à la banque. Mais il fut si impressionné par l’appel de son évêque qu’il offrit la totalité des 50,00 $.

L’évêque en prit 5,00 $ et lui rendit 45,00 $, déclarant que 5,00 $ étaient sa part entière. Le président Grant répondit : « Évêque Woolley, de quel droit me volez-vous le privilège de mettre le Seigneur en dette envers moi ? N’avez-vous pas prêché ici aujourd’hui que le Seigneur récompense au quadruple ? Ma mère est veuve, et elle a besoin de deux cents dollars. »

« Mon garçon, demanda l’évêque, croyez-vous que si je prends ces quarante-cinq autres dollars vous obtiendrez vos deux cents dollars plus vite ? »

« Certainement », répondit le président Grant.

Voilà une expression de foi à laquelle l’évêque ne put résister. Il prit les 45,00 $ restants.

Le président Grant témoigna que, sur le chemin qui le ramenait de cette réunion de jeûne à son travail, « une idée a surgi » dans son esprit, et qu’en agissant selon elle il gagna 218,50 $. Parlant de cet épisode des années plus tard, il dit : « Quelqu’un dira que cela serait arrivé de toute façon. Je ne pense pas que cela serait arrivé. Je ne pense pas que j’aurais eu l’idée. ... Je crois fermement que le Seigneur ouvre les fenêtres du ciel lorsque nous faisons notre devoir sur le plan financier et répand sur nous des bénédictions de nature spirituelle, qui ont une valeur bien plus grande que les choses temporelles. Mais je crois aussi qu’il nous donne des bénédictions de nature temporelle. » (The Improvement Era, 42:457.)

Une autre récompense pour le paiement de la dîme est la garantie de ne pas être consumé dans l’embrasement qui accompagnera l’avènement du Sauveur. Dans la quatre-vingt-cinquième section de Doctrine et Alliances, le Seigneur explique que son but en dîmant son peuple est « de les préparer pour le jour de la vengeance et du feu », (v. 3) et dans la soixante-quatrième section il dit :

Voici, le temps qui nous sépare de la venue du Fils de l’Homme s’appelle aujourd’hui, et en vérité, c’est un jour de sacrifice, et un jour où mon peuple doit être dîmé, car celui qui est dîmé ne sera pas brûlé à sa venue. (Ibid., 64:23.)

Personnellement, j’ai toujours considéré la dîme comme la loi d’héritage au pays de Sion, car le Seigneur dit, lorsqu’il donna la loi, que tous ceux qui se rassembleraient à Sion devaient l’observer, faute de quoi ils ne seraient pas dignes de demeurer parmi les habitants de ce pays. (Ibid., 119:5.)

Et maintenant, le dernier commandement précis sur lequel j’attire votre attention est : « Tu ne commettras pas d’adultère. » (Ex. 20:14.)

Vous vous souvenez sans doute qu’Alma enseigna à son fils Corianton que l’impudicité est la plus grave offense qui soit aux yeux de Dieu, à l’exception du seul meurtre. Vous vous souviendrez aussi de ces paroles de la première épître de Paul aux Corinthiens :

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?

Si quelqu’un souille le temple de Dieu, Dieu le détruira. (I Cor. 3:16-17.)

Il y a dix ans, la Première Présidence a dit à la jeunesse de l’Église : « Mieux vaut mort propre que vivant impur. »

Je me souviens de la façon dont mon père m’a fait comprendre la gravité de l’impudicité. Nous étions, lui et moi, debout dans la gare de Rexburg, dans l’Idaho, tôt le matin du 12 novembre 1920. Nous avons entendu le sifflet du train. Dans trois minutes, j’allais partir pour l’Australie accomplir une mission. Pendant ce court intervalle, mon père me dit, entre autres choses : « Mon fils, tu t’en vas loin de la maison. Mais ta mère et moi, ton frère et tes sœurs, nous serons avec toi constamment par la pensée et par la prière ; nous nous réjouirons avec toi de tes succès ; et nous éprouverons du chagrin avec toi de tes déceptions. Quand tu seras relevé de ta mission et que tu reviendras, nous serons heureux de t’accueillir et de te souhaiter la bienvenue dans le cercle familial. Mais souviens-toi de ceci, mon fils : nous préférerions venir à cette gare et retirer ton corps du train dans un cercueil plutôt que de te voir rentrer impur, ayant perdu ta vertu. »

J’ai médité cette déclaration sur le moment. Je n’en avais pas alors la pleine compréhension que mon père en avait, mais je m’en suis souvenu chaque fois que je me suis approché de la tentation. Je la comprends mieux maintenant, et je pense de mes garçons ce qu’il pensait de moi.

Je ne vois aucune bénédiction plus ardemment désirable que celles promises aux purs et aux vertueux. Jésus parla de récompenses précises pour différentes vertus mais réserva la plus grande, me semble-t-il, aux cœurs purs, « car », dit-il, « ils verront Dieu ». (Matt. 5:8.) Et non seulement ils verront le Seigneur, mais ils se sentiront chez eux en sa présence. Voici sa promesse :

. . . que la vertu orne sans cesse tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu. (D. & A. 121:45.)

Les récompenses de la vertu et les conséquences de l’impudicité sont dramatiquement illustrées dans la vie de Joseph et de David.

Joseph, bien qu’esclave en Égypte, resta fidèle sous la pression de la plus grande tentation. En récompense, il reçut les plus choisies des bénédictions de tous les fils de Jacob. Il devint l’ancêtre des deux tribus favorisées d’Israël. La plupart d’entre nous sont fiers d’être comptés parmi sa postérité.

David, en revanche, bien que hautement favorisé du Seigneur — il fut en effet désigné comme un homme selon le cœur de Dieu —, céda. Son impudicité conduisit au meurtre. Les conséquences : comme Lucifer, il tomba ; il perdit ses familles et son exaltation. (Ibid., 132:39.)

Et maintenant, mes jeunes frères et sœurs et amis, je n’en dirai pas davantage, sinon pour renouveler ma supplication que vous croyiez aux promesses du Seigneur et que vous viviez pour elles. Ne soyez pas comme les gens du temps de Malachie. Ils soutenaient qu’il était inutile et vain de servir Dieu parce que, à leur avis, les orgueilleux étaient rendus heureux, les méchants prospéraient, et ceux qui tentaient Dieu étaient délivrés. Ayez assez de bon sens pour comprendre et vous rappeler qu’aujourd’hui, comme du temps de Malachie, un livre de souvenir est écrit devant le Seigneur pour ceux qui le craignent et qui pensent à son nom,

Et ils seront à moi, dit le Seigneur des armées, en ce jour où je rassemblerai mes joyaux ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert.

Alors vous reviendrez, et vous discernerez entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas.

Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise ; tous les orgueilleux, oui, tous ceux qui font le mal, seront comme du chaume ; et le jour qui vient les embrasera, dit le Seigneur des armées, au point qu’il ne leur laissera ni racine ni rameau.

Le Seigneur dit, dans une glorieuse promesse aux justes :

Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes ; et vous sortirez, et vous grandirez comme des veaux d’une étable. (Mal. 3:17-18 ; 4:1-2.)

Oh ! mes bien-aimés jeunes gens, croyez aux promesses du Seigneur et vivez pour elles en gardant ses commandements. Si vous le faites, même si vous n’avez pas maintenant une pleine confiance en ces promesses, je vous assure que cette confiance viendra.

. . . ne jamais se lasser des bonnes œuvres, mais . . . être doux et humble de cœur ; car ceux-là trouveront du repos pour leur âme.

Oh ! souviens-toi, . . . et apprends la sagesse dans ta jeunesse ; oui, apprends dans ta jeunesse à garder les commandements de Dieu.

Oui, et crie à Dieu pour tout ton entretien ; oui, que toutes tes actions soient pour le Seigneur, et, en quelque lieu que tu ailles, que ce soit dans le Seigneur ; oui, que toutes tes pensées soient dirigées vers le Seigneur ; oui, que les affections de ton cœur soient placées à jamais dans le Seigneur.

Consulte le Seigneur dans toutes tes actions, et il te dirigera dans le bien ; oui, lorsque tu te couches le soir, couche-toi dans le Seigneur, afin qu’il veille sur toi dans ton sommeil ; et lorsque tu te lèves le matin, que ton cœur soit plein d’actions de grâces envers Dieu ; et si tu fais ces choses, tu seras élevé au dernier jour. (Alma 37:34-37.)

Que Dieu fasse qu’il en soit ainsi, je le prie avec humilité au nom de Jésus-Christ, notre Rédempteur. Amen.

Citer ce discoursMarion G. Romney, « Mes bien-aimés frères et sœurs, je demande... », 1952 October General Conference, Friday Afternoon Session (1952-10-03). Pulpit Vault, 1952-10-romney-my-beloved-brethren-and-sisters-i-ask. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).