Pulpit

Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir

LeGrand Richards

1952 October General Conference·Church of the Air (Sunday)·1952-10-05

Je vous salue ce matin en tant que quelqu’un qui, depuis de nombreuses années, s’intéresse tout particulièrement aux problèmes de la jeunesse.

Je me suis trouvé face à face avec des milliers de jeunes de ce grand pays. J’ai regardé leurs visages prometteurs, j’ai serré leurs mains, j’ai partagé leurs rêves et leurs aspirations. Je les aime et je me préoccupe d’eux. J’en suis venu à sentir que, plus que toute autre chose, ils ont besoin qu’on leur enseigne la foi en Dieu et en ses principes éternels. Ils vivent dans un monde de normes et d’attitudes changeantes ; mais Dieu n’a pas changé, car il est le même hier, aujourd’hui et éternellement, et ses principes et ses commandements sont immuables.

Aussi aimerais-je aujourd’hui adresser mes paroles à la jeunesse du pays, et à tous ceux qui la dirigent. Elle se trouve à la croisée des chemins, et je parle en pensant à son bonheur futur.

Jésus, le Grand Instructeur, pour aider les hommes à choisir la bonne voie dans la vie, celle qui leur apporterait le bonheur éternel, a dit :

Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.

Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. (Matthieu 7:13-14.) À chaque individu incombe la responsabilité de choisir sa voie : le chemin large et spacieux qui mène à la perdition, ou le chemin étroit et resserré qui mène à la vie, — et j’aimerais ajouter : au respect, à la réussite et au bonheur.

Dans cet esprit, j’attire l’attention sur trois des nombreux problèmes auxquels notre jeunesse est confrontée. Le premier que je mentionne est la pratique croissante du langage profane.

Nos jeunes y sont particulièrement sensibles. Pendant la guerre, on a reçu de nombreuses communications d’hommes des forces armées contenant des déclarations alarmantes comme celle-ci :

« J’ai été stupéfait, étonné et dégoûté de certaines des choses que j’ai vues et entendues au cours des six semaines que j’ai passées avec l’Oncle Sam. Je ne m’attendais jamais à entendre les jurons et les propos ignobles que j’ai entendus, pas dans un pays soi-disant chrétien. Où étaient les parents, pour laisser grandir une génération si moralement dans l’erreur ? »

Et à cette question on pourrait ajouter :

Où étaient les instructeurs de notre jeunesse, et nous, du clergé, avons-nous fait tout ce que nous aurions pu faire ?

Le Seigneur n’a jamais abrogé le commandement qu’il donna à l’ancien Israël par son grand prophète Moïse :

Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom en vain. (Exode 20:7.) Avons-nous, en tant que parents, enseigné sincèrement ce grand commandement à nos enfants, afin qu’ils aient des raisons de sentir que leurs parents croient que le Seigneur pensait ce qu’il disait ? Il est difficile de comprendre comment une personne peut véritablement s’approcher de Dieu dans la prière, cherchant une bénédiction de sa main, et en même temps manquer assez de respect pour prendre son nom en vain. Pendant les jours sombres de la guerre de Sécession, Lincoln publia à l’intention de l’armée et de la marine un ordre qui contenait la déclaration suivante : « La discipline et le caractère des forces nationales ne devraient pas souffrir, ni la cause qu’elles défendent être mise en péril, par la profanation du jour du sabbat ou du nom du Très-Haut. »

On nous dit qu’il alla « jusqu’à exhorter un certain général, qui avait l’habitude de jurer, à renoncer lui-même à cette habitude et à user de son autorité pour la décourager chez les soldats ».

Le langage profane est incompatible avec la révérence. Assurément, en cette période critique de l’histoire de notre nation, où nous avons besoin du soutien de Dieu, nous devrions veiller à ne pas l’offenser par notre langage. Je lance un appel à nos jeunes, partout, pour qu’ils tiennent en révérence le nom sacré de la Divinité, afin de marcher de manière acceptable devant le Seigneur et afin que, s’il vient un moment dans leur vie où ils ont besoin de son soutien, ils puissent aller à lui avec une bonne conscience et l’invoquer avec la foi qu’il entendra leur supplication.

J’en viens maintenant à un deuxième problème auquel notre jeunesse est confrontée, à savoir l’usage sans discernement et immodéré des boissons alcoolisées. Il y a peu de temps, on m’a demandé de parler aux détenus d’un pénitencier d’État. À la fin de la réunion, un certain nombre sont restés pour discuter de leurs problèmes avec moi, et j’ai été invité à revenir parler au groupe des Alcooliques anonymes. J’ai écouté les récits de certains membres de ce groupe.

Le responsable, un homme relativement jeune, dit quelque chose comme ceci : « Je remercie Dieu du privilège d’être dans cet établissement. » J’ai été surpris par ce qu’il disait, mais il poursuivit en expliquant : « Avant de venir ici, je n’étais bon ni pour moi-même, ni pour ma famille, ni pour mon pays. Je n’étais tout simplement bon à rien — point final. Mais maintenant j’ai l’espoir que, lorsque je sortirai d’ici, je vaudrai quelque chose pour quelqu’un. »

Pouvez-vous imaginer un homme qui a suivi si loin le chemin « large » qu’il puisse remercier Dieu du privilège d’être derrière les barreaux d’une prison dans l’espoir de pouvoir se dégager de là et de pouvoir de nouveau poser les pieds sur le chemin étroit et resserré « qui mène à la vie » ?

On ne peut se trouver parmi de tels hommes sans avoir le cœur touché d’une grande compassion pour eux et pour leurs familles.

On songe à tous les facteurs qui les ont amenés à cette situation. On songe aux espoirs et aux aspirations brisés. On se demande si peut-être leurs parents ne les ont pas engagés sur cette pente par un mauvais exemple. En voyant un homme impuissant, qui n’est plus maître de lui-même, on pense à l’homme qui l’a incité à prendre son premier verre.

Le Seigneur a clairement indiqué que notre corps est le tabernacle de notre esprit.

Nous ne pouvons pas abuser du corps et l’offenser sans offenser notre Créateur. Je voudrais dire à nos jeunes que nous vivons à une époque où la compétition, que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix, exige un esprit clair et un cœur ferme. Il convient à chacun de nous de s’abstenir des substances qui pourraient de quelque manière diminuer nos capacités ou nous placer dans une situation où nous ne sentirions plus que nous sommes du côté du Seigneur.

Je n’ai le temps de mentionner qu’une seule autre question, et je le fais avec de l’inquiétude dans le cœur pour nos jeunes. Je parle de la vertu et de la chasteté. Il est encourageant de trouver des hommes et des femmes de toutes conditions qui sont sérieusement troublés par nos normes morales. J’expose mon cas au moyen d’une citation du « Womans Home Companion » de septembre 1949, sous le titre « La chasteté est-elle démodée ? »

« Aujourd’hui, nous parlons du sexe avec une franchise sans gêne qui aurait rempli nos grands-parents d’étonnement et d’horreur. Cette nouvelle liberté de langage a son pendant dans le comportement. Dans bien des milieux, les retenues traditionnelles en matière de conduite sexuelle sont considérées comme guindées et passées de mode. La chasteté, disent les gens modernes, est démodée. »

Les gens ont peut-être changé leur façon de penser, mais Dieu n’a pas changé. Ses lois sont éternelles. La vérité est éternelle. Si nous voulons sauver notre civilisation, ce sera parce que nous reviendrons à l’observance des lois de Dieu.

Le Seigneur donna à l’ancien Israël le commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère. » (Exode 20:14.) Et le Sauveur donna son approbation à ce commandement et ajouta :

Vous avez appris qu’il a été dit par ceux d’autrefois : Tu ne commettras pas d’adultère :

Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. (Matthieu 5:27-28.) À la lumière d’une telle déclaration, aucun chrétien ne peut assurément estimer que la chasteté est démodée.

Un prophète américain, Alma, enseigna à son fils Corianton que l’adultère était « extrêmement abominable par-dessus tous les péchés, si ce n’est l’effusion du sang innocent ou le reniement du Saint-Esprit » ; que « la méchanceté n’a jamais été le bonheur » ; et que « rien d’impur ne peut hériter le royaume de Dieu ».

Je suis heureux de représenter un peuple qui a enseigné cela depuis le commencement de son histoire. Nous nous efforçons d’enseigner à nos enfants, comme nos parents nous l’ont enseigné, qu’il n’existe pas de double norme de moralité et de vertu aux yeux de Dieu ; qu’il attend de chaque homme qu’il protège sa vertu, et celle de chaque femme, même si cela devait lui coûter la vie. Aux garçons de notre Église, lorsqu’ils entraient dans les forces armées et quittaient leur foyer, la Présidence de l’Église a fait cette déclaration : « Mieux vaut mort propre que vivant impur. »

Pendant la dernière guerre, un médecin qui revenait de service dans les îles du Pacifique me dit : « Dans les îles, tout le monde abaisse ses normes. » Puis il ajouta : « Mais il y avait là une jeune infirmière de votre communauté qu’aucun homme ne pouvait toucher. Elle disait : “J’ai quitté ma maison pure et je vais y retourner telle que je l’ai quittée.” » C’est sa foi en Dieu et son respect pour les enseignements de ses parents et de son Église qui lui ont donné le courage de choisir le chemin étroit et resserré « qui mène à la vie ».

Assurément, ses enfants et les enfants de ses enfants, jusqu’à la dernière génération, l’appelleront bienheureuse pour la noblesse de son âme. Lorsque je pense à cette jeune fille, et à des milliers d’autres comme elle à travers le pays, je les compare à Joseph, qui fut vendu en Égypte par ses frères et qui devint plus tard le sauveur de la famille de son père. La femme de Potiphar essaya à plusieurs reprises de le séduire, mais, tandis qu’il lui résistait et fuyait devant elle, il dit :

. . . Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? (Genèse 39:9.) « Qu’il est glorieux, celui qui vit la vie chaste. Il marche sans crainte en plein éclat du soleil de midi, car il est sans infirmité morale. Aucun trait de vile calomnie ne peut l’atteindre, car son armure est sans défaut. Sa vertu ne peut être contestée par aucun accusateur juste, car il vit au-dessus de tout reproche.

Sa joue n’est jamais tachée de honte, car il est sans péché caché. Il est honoré et respecté de toute l’humanité, car il est au-delà de leur censure. Il est aimé du Seigneur, car il se tient sans tache. Les exaltations des éternités attendent sa venue. » (Message de la Première Présidence, octobre 1942.) Et ainsi je supplie la jeunesse : gardez-vous purs. La vertu est peut-être démodée, mais elle est le fondement sur lequel s’établissent les grands caractères, les grandes familles et les grandes nations ; et sans elle, la décadence est inévitable.

Je crains quelque peu que nous, les dirigeants spirituels du peuple, dans notre interprétation de la parole du Seigneur concernant les grands principes du repentir et du pardon du péché, nous ayons tant insisté sur le principe du pardon qu’une attitude de complaisance se développe parmi nous, fondée sur l’hypothèse que, si nous péchons un peu, nous pouvons être pardonnés et poursuivre notre chemin sans perte. Je suis enclin à croire qu’il nous faut mettre davantage l’accent sur l’abstinence du péché et moins sur le pardon, car Dieu n’a pas abrogé la loi selon laquelle, comme vous semez, ainsi vous moissonnerez.

Et ainsi, pour conclure, j’aimerais exhorter notre jeunesse, lorsqu’elle entre dans les forces armées ou se prépare à affronter la vie, à résister à la tentation de profaner le nom de la Divinité afin d’être irréprochable devant le Seigneur ; à garder son corps libre des substances qui entraveront son progrès ; et à vivre selon les lois de la vertu afin que les générations à venir l’appellent bienheureuse.

Enfin, un mot à ceux qui enseignent et dirigent la jeunesse du pays : Notre grande responsabilité est d’enseigner à la jeunesse, avec toute la force de l’exemple et du précepte, que le Seigneur désire que ses enfants soient heureux, et que le chemin du bonheur est la justice.

Si nous manquons à cette responsabilité, Dieu ne nous tiendra pas pour innocents.

Mon conseil et mon avis d’adieu, je vous les donne dans les paroles du prophète Josué, qui disait, en parlant aux armées d’Israël :

. . . choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir ; . . . mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel. (Josué 24:15.) Que Dieu nous aide à choisir le bien et à aider les autres à le faire, telle est ma prière humble, au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Citer ce discoursLeGrand Richards, « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir », 1952 October General Conference, Church of the Air (Sunday) (1952-10-05). Pulpit Vault, 1952-10-richards-i-greet-you-this-morning-as-one. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).