Pulpit

Mes frères et sœurs bien-aimés, j'aborde...

Joseph L. Wirthlin

1952 April General Conference·Sunday Afternoon Session·1952-04-06

Mes frères et sœurs bien-aimés, j'aborde cette tâche cet après-midi avec des sentiments mêlés. La seule différence entre la situation de l'évêque Richards et la mienne est que l'on m'a demandé de rendre visite au président McKay hier soir à cinq heures trente. Ainsi, le trouble de mon âme dure depuis vingt-quatre heures, alors que lui n'en a eu que deux heures.

Je voudrais dire que ce changement met fin à l'une des plus douces expériences dont j'aie jamais joui. Les quatorze dernières années passées en association avec l'évêque Richards ont été pour moi une grande source d'inspiration, de joie et de bonheur.

J'ai trouvé en lui un homme de grande foi. Il a une abondance d'humilité, et au fond de son cœur il y a un grand amour pour tous les gens. Un sentier battu a mené à sa porte au fil des ans, parcouru par ceux qui étaient dans la détresse, et jamais ils n'ont quitté son bureau les mains vides ni sans quelque inspiration et quelque encouragement. Et alors qu'il nous quitte, nous versons des larmes à notre séparation, mais nous ne sommes qu'à deux étages l'un de l'autre.

Il y a tout juste quatorze ans, ce mois-ci, le téléphone a sonné dans mon bureau, et quelqu'un a dit : « Le président Grant aimerait vous parler. »

J'ai répondu au téléphone. Le président a dit : « Ici Heber J. Grant. Nous réorganisons aujourd'hui l'Épiscopat président. LeGrand Richards a été appelé à accepter la position d'évêque président, avec Marvin O. Ashton comme premier conseiller, et nous vous demandons d'accepter la position de second conseiller. »

J'ai été bouleversé, et j'ai suggéré au président que je désirerais m'entretenir avec lui de la question.

Il a alors déclaré : « Il ne reste que trente minutes avant la prochaine session de la conférence, et je veux me reposer un peu. Qu'en dites-vous ? »

J'ai répondu « Oui », et je n'ai jamais regretté d'avoir répondu oui à cet appel et à tous les appels qui me sont venus dans cette grande organisation.

Je pense aujourd'hui à l'évêque Ashton. J'ai beaucoup appris de lui. Il avait un cœur rempli de bonté et d'amour pour toute l'humanité. Je dis : « Que Dieu bénisse sa mémoire. »

Ce grand honneur qui m'est échu aujourd'hui, je l'accepte comme un hommage qui rejaillit sur ceux qui m'ont permis de jouir de toutes les bénédictions de cette grande Église.

Je pense à mon grand-père et à ma grand-mère suisses, à mon grand-père et à ma grand-mère anglais, qui ont payé un lourd tribut, du point de vue physique, pour avoir accepté l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ.

Mon grand-père suisse est arrivé dans les vallées des montagnes dans un dénuement complet. Il épousa sa bien-aimée suisse et l'emmena dans un manoir situé à Eighth East et South Temple — une maison à moitié enterrée — où ils vécurent deux ans. Mais ils étaient heureux dans l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Peu de temps après, mon grand-père fut appelé en mission en Suisse.

À cette époque, ils avaient trois enfants.

Il accepta l'appel sans aucune réserve. Ils n'avaient pour toute ressource que la vache de la famille, et elle fut vendue afin que ses frais de voyage puissent être payés, et ma grand-mère cousait des sacs à sel pour un dollar les mille afin de faire vivre sa famille et d'aider son mari qui prêchait l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ.

Mon grand-père anglais était un homme de grande foi. Jeune homme, il avait dans son cœur le sentiment que l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ devait se trouver quelque part sur la terre, et que l'Église de Jésus-Christ pouvait être trouvée.

Aussi pria-t-il le Seigneur avec ferveur afin de trouver l'Église et l'Évangile. Finalement, un samedi soir, avant de se coucher, il s'agenouilla et demanda au Seigneur avec foi si l'Église était ou non sur la terre, et, si elle y était, s'il pouvait la trouver.

Cette nuit-là, il fit un rêve, et dans le rêve il vit une rue de la ville où il habitait, et dans cette rue il y avait une salle, et dans cette salle deux hommes prêchaient l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ.

Lorsqu'il s'éveilla le lendemain matin, il fut si impressionné par le rêve qu'il se leva, s'habilla et se rendit dans la rue, trouva la salle, et y trouva deux serviteurs de Dieu prêchant l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Il vint dans ce pays au milieu des épreuves. C'est grâce à la foi de ces ancêtres que je suis ici, vivant dans des vallées paisibles, à l'ombre de grandes montagnes et, par-dessus tout, à portée de la voix des prophètes des derniers jours.

Je leur dois donc une dette — une dette de gratitude, et une dette qui ne peut être mieux payée que par le service rendu à cette grande cause. J'ai été béni d'avoir des parents merveilleux : un père qui m'a enseigné l'importance de l'intégrité et de la vertu, et une mère de grande foi — une mère qui m'a enseigné sur ses genoux les leçons de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Elle m'a enseigné le récit de la visite du Père et du Fils, et j'ai accepté ce récit sans aucune réserve.

Elle m'a instruit au sujet de Jésus-Christ et de sa mission divine. Elle m'a appris à honorer les hommes qui se tiennent à la tête de cette Église comme prophètes, voyants et révélateurs. Et à mesure que j'ai vécu et vieilli, j'ai constaté que ses enseignements étaient justes, qu'ils sont vrais, et grâce à elle je dois à cette grande organisation un service que je prie le Seigneur de me donner la force de rendre de telle manière que ceux qui m'ont demandé d'accepter cette position soient satisfaits, que je plaise au Seigneur et que je vous plaise, mes frères et sœurs.

J'ai été béni d'avoir une excellente compagne, ma chère épouse. Je me souviens du temps, dans les premières années de notre vie conjugale, où la vie était un combat et où je travaillais dans l'épiscopat de ma paroisse ; elle m'encourageait. Bien des fois je suis rentré tard du travail. Mes vêtements étaient étalés, mon repas était prêt.

Je le mangeais rapidement, me changeais, rendais visite dans la paroisse jusque tard dans la nuit, me levais tôt le lendemain matin avant que mes enfants soient éveillés, et partais au travail.

Pendant des jours entiers, je ne voyais pas mes enfants éveillés. Ainsi cette compagne qui est la mienne a le mérite d'avoir élevé notre famille, et depuis que je suis dans l'Épiscopat président, étant absent des semaines entières, elle a pris la relève et a rendu un grand service pour ce qui est de ma famille, et je dis : « Que Dieu la bénisse. »

Dans le cadre de cette œuvre, je me rends compte que je succède à un grand dirigeant.

Je ne connais personne qui ait eu plus à cœur le bien-être de la jeunesse de cette Église que l'évêque LeGrand Richards.

En tant qu'épiscopat, nous avons longuement et souvent délibéré ensemble dans l'effort de trouver des moyens et des voies par lesquels un plus grand service pourrait être rendu à la Prêtrise d'Aaron de l'Église.

L'évêque Richards a reçu l'inspiration de l'Esprit saint du Seigneur, et à bon droit, car il a vécu une vie qui le qualifie pour la compagnie de l'Esprit, et de cela sont sortis des plans grâce auxquels les jeunes gens comme les jeunes filles de l'Église ont été stimulés à s'approcher du Seigneur.

J'ai trois fils. Je les aime de tout mon cœur, et j'ai le même amour pour les jeunes gens que nous avons maintenant la responsabilité et le privilège de présider.

Frères et sœurs, je reconnais que l'Épiscopat président a une grande responsabilité pour veiller à ce que l'enseignement au foyer soit assuré dans l'Église. Cette grande mission de la prêtrise confiée par le Seigneur nous fait comprendre que c'est le devoir de l'instructeur de veiller sans cesse sur l'Église, d'être avec ses membres et de les fortifier, de veiller à ce qu'il n'y ait pas d'iniquité dans l'Église, ni médisance, ni calomnie, de veiller à ce qu'ils assistent à leurs réunions et à ce que tous accomplissent leurs devoirs.

Le mot tous m'a fait comprendre que, en aucun cas, nous ne devons, en tant qu'instructeurs de l'Église, en tant que serviteurs de Dieu, enseigner quelques-uns et veiller à ce qu'ils fassent leur devoir, mais veiller à ce que tous fassent leur devoir.

Ainsi, avec cette grande mission reposant sur les épaules de l'Épiscopat président, avec l'aide et le soutien des prêtrises de Melchisédek et d'Aaron, nous devrions pouvoir assurer l'enseignement de l'Évangile dans chaque foyer, veiller sur chaque foyer, être avec les familles de l'Église, en les fortifiant dans leur foi, leur témoignage, leur loyauté et leur dévouement envers l'Église.

Les plus grandes autorités en matière de science de l'enseignement indiquent que le meilleur enseignement est donné là où les auditeurs ont la possibilité de participer à la discussion.

Depuis février de cette année, un plan a été mis au point selon lequel les instructeurs de paroisse laissent dans chaque foyer un petit feuillet sur lequel est imprimé le sujet ou la doctrine à discuter durant le mois à venir, accompagné de plusieurs références scripturaires. C'est une invitation aux familles de cette Église à se préparer à la visite des instructeurs de paroisse, à connaître quelque chose du sujet à discuter et à entrer librement dans la discussion. Nous avons l'espoir que les instructeurs de l'Église seront pleinement préparés et que, lorsqu'ils entreront dans chaque foyer, la famille saura la préparation faite grâce à la discussion intelligente qui s'ensuivra sous la direction de l'Esprit saint du Seigneur.

Je suis convaincu qu'il y a dans cette Église de nombreux jeunes qui ont dans l'esprit des questions au sujet de l'Évangile du Seigneur Jésus.

L'autre jour seulement, un garçon de seize ans a demandé à son père : « Qu'est-ce que le Saint-Esprit ? Sous quelle forme est-il ? Quelles sont ses fonctions ? Les autorités générales de l'Église reçoivent-elles des révélations par le Saint-Esprit ? » Ce sont toutes des questions intelligentes, et elles sont pertinentes. Elles montrent que ce garçon de seize ans réfléchissait.

Dans toute famille de l'Église où les principes et les doctrines de l'Évangile sont étudiés, les questions des jeunes peuvent recevoir une réponse complète et précise, en particulier en présence des instructeurs de paroisse, les serviteurs de Dieu.

« La gloire de Dieu c'est l'intelligence. »

(D. & A. 93:36.) Si nous voulons avoir une maison de Dieu dans nos foyers, ce doit être une maison où nous étudions l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et à mesure que nous acquérons de la connaissance dans nos foyers, de la connaissance de l'Évangile, la gloire de Dieu sera dans ce foyer. Son Esprit y sera en riche abondance. Il y aura l'esprit d'amour, de paix et de bonne volonté. Et finalement, lorsque nous aurons terminé notre course ici-bas, une demeure de l'autre côté nous a été promise, car le Christ a dit : Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père :

si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.

. . . afin que là où je suis vous y soyez aussi.

(Jean 14:2-3.) Frères et sœurs, la demeure céleste dont parle le Sauveur dépendra entièrement de la quantité d'intelligence que nous acquerrons dans cette vie et de ce que nous en appliquerons dans nos vies de jour en jour. Nous sommes tous candidats au royaume céleste, et si nous acquérons cette connaissance et l'appliquons dans nos vies, il ne fait aucun doute que nous hériterons du royaume céleste.

J'espère sincèrement que nous pourrons avoir une place dans votre foi et vos prières. Pour ces deux grands hommes qui se tiendront à mes côtés, j'ai un profond respect et un profond amour.

L'évêque Isaacson a prouvé sa valeur, et lorsque je me suis entretenu avec lui de la question de savoir s'il resterait avec moi comme l'un de mes conseillers, il a dit : « Je ne voudrais pas que vous vous sentiez obligé de me prendre.

S'il y a quelqu'un d'autre que vous préférez, sentez-vous libre de le choisir. » Frères et sœurs, le connaissant comme je le connais, connaissant sa foi, connaissant la grande œuvre qu'il a accomplie auprès des membres adultes de la Prêtrise d'Aaron, connaissant quelque chose de son excellent jugement, j'ai simplement senti que je ne pouvais pas y renoncer.

Chez frère Buehner, j'ai reconnu un grand dirigeant de la jeunesse, un homme qui a accompli une grande œuvre comme président de pieu, un homme au jugement remarquable, un homme d'humilité. Je sens donc qu'avec ces deux hommes à mes côtés, avec une place dans votre foi et vos prières, et avec l'aide de nos frères, la Première Présidence, le Collège des douze apôtres et le Conseil des soixante-dix, et avec l'aide du Seigneur, nous pouvons remplir les missions qui nous ont été confiées.

Je n'ai pu m'empêcher de ressentir l'autre matin, après que le président McKay eut terminé ce grand discours, de dire dans mon cœur : « Prophète de Dieu, merci pour cette révélation. » J'ai eu la même pensée hier soir lorsque les trois membres de la Présidence se sont levés et ont conseillé la grande multitude de la prêtrise : « Prophètes de Dieu, je vous remercie de vos conseils. Je vous remercie de vos bénédictions. »

Frères et sœurs, ces hommes se tiennent par rapport à l'Église comme Pierre, Jacques et Jean. Ils sont les serviteurs de Dieu. La lumière de l'inspiration et de la révélation repose puissamment sur eux. Tel est mon témoignage. Et ce que je dis d'eux est tout aussi vrai de ces douze témoins au monde, les douze apôtres. Chacun de ces hommes représente l'Église comme le Christ voudrait qu'elle soit représentée. Ils ont mon amour, ils ont mon respect et ils ont mon soutien. Il en est tout aussi vrai des frères, les assistants du Collège des douze apôtres, des membres du Premier Conseil des soixante-dix et du patriarche de l'Église. Et je voudrais que vous sachiez que nous, de l'Épiscopat président, sommes vos serviteurs.

S'il y a quoi que ce soit que nous puissions faire pour aider les présidents de pieu et les évêques dans leurs problèmes, nous les invitons à venir s'entretenir avec nous.

Je prie le Seigneur de nous bénir afin que nous soyons unis dans toutes nos entreprises, car je sais que c'est l'Église du Christ. J'en suis aussi certain que je vis. La visite du Père et du Fils à Joseph Smith est pour moi une réalité, non un rêve. Et la visite de Jean-Baptiste, et de Pierre, Jacques et Jean, et de tous les êtres célestes qui ont rendu visite au prophète, lui donnant les clés grâce auxquelles l'Évangile a été rétabli dans sa simplicité et sa plénitude, et enfin l'établissement de l'Église telle qu'elle existait aux jours du Christ, sont autant de réalités pour moi.

Cela ne fait aucun doute.

Et je prie le Seigneur de me bénir afin que je sois édifié dans ma foi.

Qu'il me pardonne mes faiblesses, que j'aie toujours son Esprit avec moi, je le demande humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJoseph L. Wirthlin, « Mes frères et sœurs bien-aimés, j'aborde... », 1952 April General Conference, Sunday Afternoon Session (1952-04-06). Pulpit Vault, 1952-04-wirthlin-my-beloved-brethren-and-sisters-i-approach. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).