Pulpit

Il m'a semblé que je pouvais…

Stephen L Richards

1951 October General Conference·General Priesthood Meeting·1951-10-06

Il m'a semblé que je pouvais sentir la force de vos témoignages dans ce glorieux cantique, et cela m'aide à me fortifier pour tenter de remplir cette première tâche que j'ai à accomplir dans mes fonctions actuelles : m'adresser à la réunion générale de la prêtrise de la conférence.

Je ressens une profonde humilité dans cette entreprise, et je demande sincèrement que l'Esprit du Seigneur m'accompagne, ainsi que votre coopération, votre foi et vos prières.

Je crois comprendre qu'il est approprié et souhaitable, à cette réunion, de présenter à la prêtrise, qui comprend nos dirigeants présidents dans les pieux, les paroisses et les missions, certains points qui demandent de l'attention.

Aussi, avec votre indulgence et la permission du président McKay, je vais vous présenter quelques points touchant d'abord notre service missionnaire, dans l'espoir que leur mention ici puisse aider à faire avancer notre façon de procéder en matière missionnaire.

Ces points ne sont pas nécessairement liés entre eux.

Interruptions du travail missionnaire

Nous vous serions reconnaissants, et nous parlons au nom des présidents de mission, de décourager les parents, autres proches et amis de rendre visite aux missionnaires dans les missions. Un grand nombre de cas ont été portés à notre attention où ces visites, dont certaines se sont prolongées très longtemps, ont gravement interrompu l'œuvre missionnaire. Si vous pouvez user de votre influence et donner l'information nécessaire pour décourager ces visites, et demander aux parents et à leurs autres amis de laisser ces missionnaires suivre le programme qui a été arrangé pour eux, ils contribueront très grandement à notre œuvre.

Nous avons reçu de nombreuses demandes de permission d'absence pour que des missionnaires rentrent chez eux assister aux funérailles de leurs proches. Nous comprenons que leur cœur soit touché en ces tristes occasions, mais nous avons appris que très souvent la visite chez soi ne sert qu'à interrompre la mission, qu'aucun bien considérable n'en résulte, et que le missionnaire lui-même est souvent déçu à la pensée d'avoir quitté le champ missionnaire, son compagnon et la tâche qui lui avait été assignée pour rentrer chez lui à de telles funérailles.

Je suis très reconnaissant de constater que la plupart de nos missionnaires sur le terrain ont le désir de rester à leur poste, et eux-mêmes ont, dans un certain nombre de cas, dissuadé leurs proches de demander leur retour. Si vous pouvez porter cette question, selon les circonstances, à l'attention des familles, cela servira une bonne cause pour la continuité de notre œuvre missionnaire.

L'appel des soixante-dix

Nous sommes maintenant confrontés à quelques questions nouvelles dans l'œuvre missionnaire au sujet des réponses à l'appel lancé aux soixante-dix pour qu'ils aillent dans le champ missionnaire. Permettez-moi d'abord d'exprimer, au nom de la Première Présidence, notre appréciation et notre gratitude pour la réponse généreuse que reçoit cet appel. Nous avons actuellement dans nos dossiers des réponses de nombreux pieux de l'Église, indiquant qu'ils se conformeront pleinement à la demande et que leurs quotas seront atteints. Cela est encourageant.

L'importance d'une bonne santé

Il y a cependant, frères, dans l'envoi de ces hommes plus âgés, certaines garanties qu'il convient de prendre en considération. D'abord, la question de la santé. Nos présidents de mission nous ont fait savoir que beaucoup des hommes plus âgés n'ont pas pu supporter le travail rigoureux, le climat dans certains cas, et les exigences qui pèsent sur nos missionnaires.

On demande souvent à ces missionnaires plus âgés d'être compagnons de jeunes gens. Vous avez entendu aujourd'hui quelque chose du travail énergique qu'ils accomplissent, des longues heures qu'ils y consacrent, ce qui entraîne beaucoup de marche et un exercice très fatigant.

Il n'est pas possible, dans bien des cas, d'assigner les hommes plus âgés à ce qu'on appelle les tâches plus faciles. S'ils doivent apporter leur plus grande contribution, ils doivent s'intégrer à notre programme missionnaire, et pour cela ils doivent être en bonne santé. Nous avons une grande compassion pour nos présidents de mission. Ils ont beaucoup de problèmes, tant, en vérité, qu'une grande partie du temps leur attention doit être consacrée à des cas exceptionnels ; aussi vous demandons-nous, frères, lorsque vous nous envoyez ces hommes plus âgés, de vous informer soigneusement de leur santé. Parfois les examens de nos médecins — nous sommes généralement reconnaissants de leur service — ne sont pas très approfondis, et nous constatons, une fois arrivés dans le champ missionnaire, que certains de nos frères plus âgés en particulier ont des faiblesses qui les entravent, et parfois les empêchent, de poursuivre leur œuvre missionnaire.

Je sais qu'il est difficile d'amener les hommes plus âgés à venir, mais nous devons les avoir en bonne santé. Il peut y avoir quelques cas exceptionnels où des couples plus âgés disposant d'une voiture peuvent rendre un service particulier dans une mission, mais, en général, les soixante-dix doivent s'engager dans l'œuvre avec la même vigueur et, nous l'espérons, avec toute la capacité physique voulue pour mener à bien le programme missionnaire, comme les hommes plus jeunes.

Le bien-être des familles

Nous avons découvert aussi, ces derniers mois, avec la venue de ces hommes plus âgés, que l'on éprouve de très sérieuses appréhensions quant au bien-être de certaines de leurs familles. Il nous est rapporté, dans des cas qui nous parviennent, que des familles sont laissées sans soutien suffisant, et nous avons quelques cas où des couples ont été recommandés avec l'entente qu'ils laisseraient leurs enfants mineurs à des proches ou à des amis, sans direction parentale.

Le président McKay a depuis longtemps pris la position qu'il n'est pas sage d'appeler des parents loin de leurs enfants, même pour ce grand service missionnaire ; c'est pourquoi, avant que les deux parents ne soient envoyés, ils doivent toujours être libérés de la responsabilité parentale qui incombe envers les mineurs restés au foyer. Là où l'homme est envoyé, il faut veiller à ce que sa famille puisse être convenablement prise en charge pendant son absence. Cela exigera du discernement de la part de l'évêque, et il doit faire preuve de prudence et de sagesse avant de recommander un homme dont les enfants et la famille pourraient trop souffrir de son absence.

Nous ne voulons pas ôter le sacrifice de l'œuvre missionnaire.

Nous en connaissons l'histoire par le passé, et nous savons qu'elle entraîne parfois de grandes privations et de grands sacrifices, mais nous voulons user de sagesse en éloignant des hommes de leur famille.

Les frais de mission

Autre point — c'est une part de notre coutume missionnaire traditionnelle que la famille paie les frais de la mission. Des exceptions sont faites. Il y a parfois des amis qui aiment y contribuer. Parfois la paroisse, parfois le collège, y contribuera. Mais on juge préférable d'envoyer des hommes qui, par eux-mêmes ou par l'intermédiaire de leur famille, peuvent apporter une contribution substantielle à leur travail missionnaire.

Nous ne voyons pas d'un bon œil, parce que nous estimons que cela prive notre œuvre missionnaire de certains éléments matériels, que le soutien vienne entièrement du collège, de la paroisse ou de sources extérieures. Il est vrai que beaucoup de personnes généreuses envoient des fonds à l'Église même, pour aider les missionnaires qui ont besoin d'aide, et je vous assure que c'est une grande satisfaction de disposer de quelques fonds limités qui peuvent aider un missionnaire qui n'a pas tout à fait pu terminer, dont les parents ont peut-être atteint la limite de leurs ressources financières. Mais, dans l'ensemble, il est préférable d'envoyer des missionnaires qui peuvent contribuer substantiellement à leur propre entretien.

Le langage de la prière

Nous avons constaté dans le champ missionnaire en particulier, et ailleurs aussi, un manque d'enseignement approprié concernant la prière.

Je sais que j'ai moi-même été choqué, dans le champ missionnaire, en entendant des missionnaires appelés à prier qui semblaient n'avoir eu aucune expérience ni aucune formation dans l'emploi du langage de la prière.

Je ne sais pas si c'est une question d'importance vitale, mais je pense, mes frères, que dans les collèges et dans les classes vous feriez bien, comme aussi dans les foyers, d'enseigner le langage de la prière — « tu » et « toi », plutôt que « vous ». Il me paraît toujours décevant d'entendre notre Père céleste, notre Seigneur, appelé « vous ». Il est surprenant de voir à quel point cela se rencontre dans le champ missionnaire chez les jeunes gens qui viennent y servir. Je pense que vous pourriez en prendre note et saisir toutes les occasions qui pourront se présenter pour enseigner le langage sacré et respectueux de la prière.

Le soutien au Deseret News

Voilà tout ce que j'avais à vous dire, mes frères, au sujet des points missionnaires. J'aimerais prendre quelques instants pour mentionner quelques autres points d'intérêt général, ainsi qu'au sujet de notre œuvre de prêtrise. Je ne vais pas prêcher à ce sujet, mais je sais que frère Petersen ne s'y opposera pas si je vous dis que je pense que la loyauté de cette prêtrise peut fort bien se manifester en soutenant l'organe officiel de cette Église, le Deseret News. Je ne pense pas que nous devrions avoir à faire appel à votre soutien à cet égard.

Il nous faut un organe pour l'Église, bien sûr que oui, et un bon. Nous en avons un. Pourquoi des Saints des derniers jours abandonneraient-ils ce journal et aideraient-ils la concurrence ? Je crois que nous pouvons réfléchir sérieusement à cette question. Personnellement, j'aime ce journal. Mon grand-père en fut le premier rédacteur en chef. J'en suis fier, et fier de son histoire. Je fais appel à votre soutien en sa faveur.

Un appel aux anciens

Maintenant, frères, j'ai eu l'occasion, à d'autres moments, et il n'y a pas le temps maintenant de développer beaucoup, de lancer un appel aussi sincère que je sais le faire aux anciens de cette Église qui ont été négligents et insouciants, et qui se sont mis en voie de perdre cette prêtrise dont le président Clark a parlé de façon si impressionnante.

Je ne suppose pas que je puisse m'adresser à beaucoup d'entre eux ici ce soir. Ils ne sont probablement pas ici. Ils sont dans vos collèges.

Leurs présidences sont ici, du moins en grande partie. Frères, obéirez-vous à l'injonction donnée par le président Clark d'aller chercher ces brebis perdues et de les ramener, de les secourir, de les encourager et, si nécessaire, de les réprimander afin de leur faire prendre conscience de ce qu'ils perdent ?

Il y a quelques années, je me suis permis de lancer un petit slogan à nos frères, tandis que je parcourais l'Église, au sujet des soins à apporter à ces personnes.

C'était une chose très simple. Je ne sais pas si vous serez d'accord avec elle ou non. « S'ils ne viennent pas à nous, nous irons à eux. » Je l'ai avancé une fois, et un jeune président de collège des anciens a dit : « Je n'y crois pas. » Il a dit : « Nous mettons à leur disposition les installations du collège.

S'ils ne viennent pas, c'est de leur faute. »

Bien sûr, il ne fallut pas longtemps avant qu'il change d'avis, quand nous lui rappelâmes que ce n'était pas là l'esprit missionnaire. Je pense que nous ne pouvons aller vers personne qui ait davantage besoin de notre aide que ces frères qui ont été insouciants et négligents à l'égard de leur prêtrise.

J'espère sincèrement que, dans l'administration des collèges, vous mettez l'accent sur les aspects fraternels de ces grandes institutions. Je suis depuis longtemps persuadé que ces collèges devraient être nos clubs.

Ils devraient être les lieux où nous trouvons nos relations les plus chères, et nous n'avons pas besoin de chercher bien au-delà pour cette fraternité que nous désirons tous. La fraternité de la prêtrise dans nos propres collèges !

La nécessité de visites efficaces

Dans vos visites à ces personnes, je suis sûr que vous devez faire preuve de beaucoup de discrétion et de jugement. Je souhaiterais que tous les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek — peut-être beaucoup l'ont-ils fait hier soir — eussent pu voir la démonstration donnée à la réunion des évêques qui s'est tenue sur cette estrade hier soir. Des suggestions constructives très excellentes y ont été données.

Je crois, mes frères, que vous progresserez bien davantage par la franchise qu'en essayant de tourner autour du pot avec ces hommes.

Je crois que, si vous avez l'esprit voulu, vous pouvez aller vers eux et leur parler de leur situation et de leurs besoins, sans passer votre temps en visites à parler du temps qu'il fait, de politique et de l'actualité.

L'un des missionnaires les plus efficaces que j'aie jamais connus, lorsque je lui ai demandé quels étaient les éléments de son succès, a dit, entre autres choses, qu'il disait toujours aux personnes chez qui il se rendait qu'il n'avait jamais le temps de parler d'autre chose que de l'Évangile, et il les priait de l'excuser de toute autre discussion.

Je suis persuadé que, si nous allions vers nos membres et leur parlions de leur foi, des choses qu'ils perdent et de ce que le collège et l'Église leur offrent, nous ferions plus de progrès dans leur réforme. Cela demande du courage, cela demande du tact, et surtout cela demande de l'amour. On dit que l'amour est, en fin de compte, la seule force irrésistible au monde, et si nous avons assez d'amour et d'amitié, et que ces frères connaissent notre amour pour eux, je pense que nous pouvons les aborder et leur parler franchement, et ainsi les aider. J'ai sincèrement confiance que nous le pourrons.

Presque tous ces hommes sont bons au fond, mais insouciants. Il y en a quelques-uns qui sont méchants. Peut-être méritent-ils d'être réprimandés, et la réprimande pourrait être le meilleur moyen de leur faire comprendre leur situation, mais souvenez-vous de la manière dont cette réprimande doit être faite : « réprimandant avec rigueur en temps opportun, sous l'inspiration du Saint-Esprit ». C'est la seule réprimande qui soit permise selon la constitution de la prêtrise.

La prêtrise est divine

Maintenant, mes frères, j'aime cette sainte prêtrise. Je sais qu'elle est authentique. Chaque sens interprétatif que le Seigneur m'a donné me témoigne qu'elle est divine. J'ai senti son influence lorsque j'ai officié dans les ordonnances de l'Évangile. J'ai senti son effet stimulant. J'ai senti une essence sortir de moi en donnant des bénédictions aux saints, et je sais qu'elle était d'origine divine. J'en ai vu les résultats.

Je sais qu'elle est divine. Je sais qu'elle est authentique Sa source n'est pas éloignée de nous — dans le domaine de l'antiquité obscure. Nous n'avons pas à débattre de son origine. Mais elle est proche de nous.

Un homme a dit aujourd'hui que je l'avais ordonné grand prêtre il y a quelque temps, et m'a demandé si j'avais une fiche à lui donner pour établir la filiation de ma prêtrise. J'ai dit : « Non, je n'ai pas de fiche à vous donner, mais je pense que vous pouvez vous en souvenir — quatre étapes. J'ai été ordonné par le président Joseph F. Smith. Il a été ordonné par le président Brigham Young. Brigham Young a été ordonné par les trois témoins, dont l'un était Oliver Cowdery, qui, avec Joseph, avait été ordonné par des ministres angéliques. »

Voilà à quel point elle est proche de nous. Il n'y a pas de débat à ce sujet. Il n'y a aucun doute sur l'authenticité de ce grand pouvoir. Nous avons en vérité la chance de ne pas avoir à fouiller les archives des temps anciens pour établir cette autorité divine, sur laquelle sont fondés l'Église et le Royaume de Dieu.

Gratitude pour les relations

J'exprime ma gratitude pour elle, et j'exprime ma gratitude pour mes relations avec mes frères de la prêtrise. J'ai vécu, ces six derniers mois, une expérience des plus marquantes. Je pensais avoir toujours été proche de mes frères, mais j'ai découvert que je n'étais jamais entré dans la pleine confiance de cette merveilleuse relation avant de me trouver associé à mon bien-aimé Président et au président Clark, — sans aucune réserve, sans nécessité de dissimuler ses sentiments privés, mais avec une liberté de pensée et d'expression accueillie par tous, qui est, à mon sens, le signe distinctif de la véritable amitié, de la fraternité et de la compréhension.

Je remercie le Seigneur d'avoir, en quelque sorte, dans sa providence, été amené à cette grande bénédiction, et je demande au Seigneur de m'aider à en être en quelque mesure digne. Et je demande au Seigneur de bénir chacun de vous, mes frères, afin que chacun magnifie le saint appel que le Seigneur lui a accordé.

Je le fais avec humilité au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursStephen L Richards, « Il m'a semblé que je pouvais… », 1951 October General Conference, General Priesthood Meeting (1951-10-06). Pulpit Vault, 1951-10-richards-it-seemed-to-me-that-i-could. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).