Mes bien-aimés frères et sœurs, alors que je…
Antoine R. Ivins
Mes bien-aimés frères et sœurs, alors que je me tiens devant vous cet après-midi pour vous rendre mon témoignage, je me rappelle qu'il y a vingt ans, ce mois-ci, j'ai eu ce privilège pour la première fois, si vous voulez bien l'appeler ainsi, et je ne le trouve pas plus facile aujourd'hui qu'alors. Pourquoi cela ne devient pas plus facile, je ne sais pas, sinon que l'on comprend mieux la responsabilité de l'office que l'on détient. ¶
Vingt années de service
Pendant ces vingt années, notre but, celui de sœur Ivins et le mien, a été de vous servir fidèlement. Elle s'est tenue à mes côtés et a fait tout ce qu'elle pouvait pour m'aider dans ce que j'ai à faire. Pendant tout ce temps, elle ne s'est jamais plainte de ce que j'aie dû servir, ni n'a placé d'obstacle sur mon chemin. Je l'apprécie, et je veux que vous le sachiez tous. ¶
Dans ce service, j'ai fait la connaissance de très, très nombreux hommes et femmes excellents, et si, dans tout cela, j'ai été de quelque aide ou de quelque réconfort à quelqu'un, c'est toute la bénédiction — toute la compensation que je demanderais. Je n'ai jamais eu d'autre but majeur, depuis que je suis entré dans ce Conseil, que de vous servir de mon mieux. ¶
J'ai eu le privilège de servir sous trois présidents de l'Église, et je veux vous rendre mon témoignage que, à les connaître, j'en suis venu à les aimer profondément, et que je n'ai jamais rien vu dans leurs actes dont j'aie senti devoir me plaindre. Je vous rends mon témoignage qu'ils sont au service de Dieu et qu'ils sont appelés de Dieu ; que leurs motifs sont élevés, saints et purs ; que tout leur service est dans votre intérêt et dans l'intérêt de l'Église. ¶
Nous sommes maintenant rassemblés ici aujourd'hui pour nous rendre témoignage les uns aux autres et pour stimuler notre foi en le faisant. Si nous pouvons quitter cette conférence en ressentant un peu plus de loyauté envers l'Église, avec une résolution un peu plus forte de faire notre devoir, ceux d'entre nous qui ont des raisons de le faire, et une détermination un peu plus grande de nous repentir et de corriger notre vie, même s'il n'y en a que quelques-uns qui aient besoin de cette dernière exhortation, la conférence aura bien valu la peine. J'espère que nous obtiendrons précisément ce résultat, qu'en nous en allant nous connaissions mieux notre devoir et ayons une plus grande détermination à servir. ¶
Ne pas appliquer l'Évangile
Nous nous inquiétons des conditions du monde, et elles ne sont pas à notre goût, c'est vrai. Nous aimerions en connaître les causes et les remèdes. Il me semble que la principale raison des choses peu recommandables qui se passent dans le monde est que les hommes n'appliquent pas l'Évangile de Jésus-Christ à leur vie. D'abord, nous devons le connaître, savoir ce qu'il voudrait que nous fassions, puis le faire. ¶
Je me souviens que, peu après le décès de mon père, j'ai trouvé, en parcourant ses papiers, une revue publiée par le Mouvement Israël juif dans laquelle figurait un prétendu entretien avec un rabbin juif qui rejetait sur le christianisme le blâme de toutes les persécutions que son peuple avait subies et qui concluait en disant que le christianisme est un échec dans le monde. En le lisant, j'ai pensé aux croisades, j'ai pensé à la suppression du savoir au Moyen Âge, et à bien d'autres choses que les gens n'aiment pas et dont ils disent qu'elles font partie intégrante de l'histoire du christianisme ; mais il m'est apparu que ce que nous regardons là, ce n'est pas le christianisme, mais le fait de ne pas appliquer le christianisme, et que ces maux ne viennent pas de son observance, mais de sa non-observance. ¶
Le besoin du monde
Si nous pouvions enseigner au monde la juste conception de Dieu et du Christ et de notre relation avec eux, et le faire de telle manière que cela pénètre dans leur cœur et les pousse à étudier les enseignements du Sauveur, puis à les appliquer dans leur vie, tous ces ennuis dont nous nous inquiétons maintenant cesseraient. Mais le problème, c'est que les hommes sont avares ; ils sont égoïstes ; ils sont ambitieux de pouvoir. Ils ont presque tous les attributs qui, s'ils sont laissés sans frein, mènent à ces terribles conséquences. Seul l'Esprit de Dieu et du Christ, en entrant dans le cœur de l'homme, peut changer sa nature de manière qu'il serve comme il convient ses semblables. C'est là, je pense, le but de l'Évangile de Jésus-Christ, que nous apprenions ce grand commandement de Dieu, le second, que nous aimions nos semblables comme nous nous aimons nous-mêmes. Si nous aimons Dieu et le servons, nous servirons nos semblables, parce que les servir est le seul moyen de lui manifester que nous sommes disposés à le servir. ¶
Par où commencer
Or, nous sommes un petit groupe. C'est une tâche immense que de songer à refaire le monde, mais si nous voulons avoir quelque influence sur lui, par où devons-nous commencer ? Je pense que nous devons commencer par nous-mêmes individuellement d'abord, puis dans la famille. Pendant la conférence de la Société de secours, qui s'est terminée hier, nous avons écouté de très beaux discours sur la famille, sur la manière dont elle devrait être organisée et sur son but. C'est là, me semble-t-il, que nous devrions commencer à éclaircir ces choses. Si chaque famille de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours était une famille modèle, si chaque famille était présidée par un homme détenant la Prêtrise de Melchisédek, un homme qui comprend ses responsabilités, qui a le pouvoir de diriger ses enfants, nous pourrions former un corps si fort que tout le reste du monde devrait finir par le remarquer et reconnaître sa puissance, et son influence dans le monde serait bonne. ¶
Mais j'apprends, en étudiant les registres des pieux que je visite, que peut-être pas plus de soixante-dix ou soixante-quinze pour cent des familles de l'Église ont à leur tête un homme qui détient la Prêtrise de Melchisédek. Puis, sur ces soixante-dix ou soixante-quinze pour cent, selon le cas, il y en a beaucoup qui ne font aucun effort pour magnifier cette prêtrise. Ils l'acceptent pour certaines raisons, mais ils font peu d'efforts pour la magnifier. ¶
Le mariage pour l'éternité
J'ai visité des pieux où il n'y avait que trente-deux pour cent des familles représentées dans la Prêtrise de Melchisédek, d'autres où ce chiffre montait jusqu'à quatre-vingt-dix-sept pour cent, et c'est là, je pense, mes frères et sœurs, que nous devrions commencer à corriger nos maux. Ceux d'entre nous qui ont des enfants en âge de se mettre en couple devraient veiller avec un soin extrême à imprimer dans leur esprit la valeur d'une organisation familiale convenable, la valeur du mariage dans le temple de Dieu pour le temps et pour toute l'éternité. Nous devrions faire comprendre à nos enfants que, lorsqu'ils vont à ce temple, ils devraient y aller préparés à en faire un engagement pour la vie et pour l'éternité, et qu'ils devraient être sérieux et sobres dans le choix de leur compagnon ou de leur compagne. Je crois que, si l'on adoptait la juste attitude envers le mariage, le problème du divorce auquel nous faisons face serait atténué, sinon aboli, au sein de l'Église. Il y a là une occasion, une responsabilité, d'enseigner aux jeunes la valeur de cette institution. C'est l'une des choses caractéristiques de l'Église ; c'est le seul endroit au monde où un mariage de cette sorte est célébré ; et il est désirable parce que c'est une véritable institution ordonnée de Dieu ; et si les gens s'y engagent avec le bon esprit, c'est la plus grande sauvegarde de leur conduite future que Dieu nous ait donnée. ¶
Nous ne devrions pas seulement enseigner à ces jeunes qu'ils devraient entrer dans cette relation avec la détermination qu'elle durera, mais nous devrions aussi leur enseigner qu'ils devraient s'attendre à ce qu'elle dure parce qu'ils sont propres, purs et sains au début, et qu'ils vont le rester d'un bout à l'autre. Nous sommes trop nombreux à manquer précisément ce point. Nous ne semblons pas apprécier ces choses. Or, est-il possible d'enseigner ces choses aux jeunes de manière qu'ils les apprécient ? Je crois que oui. Sœur Ivins a été pendant un certain nombre d'années guide au Lion House. Un jour, un groupe de jeunes gens excellents y est venu en visite. Pendant cet entretien, elle a saisi l'occasion de leur enseigner cela. Une fois celui-ci terminé, une jeune femme, qui avait déclaré en entrant qu'elle n'allait pas se marier au temple, est revenue en disant qu'elle avait apprécié la visite et qu'elle allait insister pour un mariage au temple. Pouvons-nous leur enseigner cela ? Nous le pouvons si nous le voulons, je crois, et je crois que c'est l'un des plus grands devoirs des pères et des mères. ¶
Les parents doivent donner l'exemple
Pour commencer, bien sûr, les parents devraient s'y être eux-mêmes mariés, et ils devraient être fidèles l'un à l'autre. Ils devraient observer les normes de l'Église afin que l'exemple qu'ils donnent soit irréprochable aux yeux de leurs enfants, et il ne devrait jamais rien se passer entre mari et femme qui puisse faire honte ou embarrasser un fils ou une fille, afin que, lorsque ces fils et ces filles arrivent à l'âge adulte, ils puissent dire, comme je peux vous en témoigner aujourd'hui : « Mon père n'a jamais rien fait dont j'aie eu honte, ni ne m'a donné une instruction dont j'aie dû rougir. » C'est votre privilège et votre devoir, à vous, pères et mères, d'enseigner ces choses aux jeunes aussi clairement que vous le pouvez ; ensuite, si nous pouvons bâtir ce genre de famille, la famille qui grandit sous cette influence entrera dans une organisation de paroisse avec le même type de loyauté, et, en passant par l'organisation de paroisse, abordera l'organisation de pieu avec la même loyauté et le même désir de se conformer. Et, bien sûr, de votre force dans vos familles, vos paroisses et vos pieux naît la force de l'Église. ¶
Repentir quotidien
Le point de départ, mes frères et sœurs, c'est nous-mêmes et les nôtres, et si nous pouvons en venir à réaliser les imperfections de nos propres pratiques et les changer, Dieu nous bénira. Ce n'est rien de plus ni rien de moins que le repentir, que nous devrions tous pratiquer quotidiennement. ¶
Maintenant, j'espère que de cette conférence sortira de notre part une détermination d'améliorer notre vie, en commençant par nous-mêmes, de développer chez nos jeunes une loyauté envers leur père et leur mère, envers leurs organisations de paroisse et leurs organisations de pieu et envers l'Église. Cette loyauté réduira la critique défavorable qui existe. Beaucoup d'entre nous trouvent à redire à ce que ceux d'entre nous qui se tiennent ici essaient de faire dans l'intérêt du peuple, mais la loyauté réduirait cela, et nous serions plus heureux même si nous ne devions pas atteindre la perfection dans le soutien de la politique de l'Église. ¶
Que Dieu nous accorde son aide en cela, je le prie au nom de Jésus. Amen. ¶