Pulpit

Discours de conférence

John A. Widtsoe

1950 April General Conference·Third Day Morning Session·1950-04-09

Mes chers frères et sœurs, je suis très heureux d'avoir cette occasion de joindre mon témoignage au vôtre concernant la vérité de cette grande œuvre des derniers jours.

Je m'émerveille toujours, au moment de la conférence, de voir ces grandes foules se rassembler au Tabernacle et sur les terrains qui l'entourent.

Pourtant je n'ai aucune véritable raison de m'en émerveiller. La vérité est toujours vivante et vitale. Nous avons la vérité. Que Dieu soit remercié pour le don de la vérité !

Le centenaire de la Mission européenne Il y a cent ans, lors de cette conférence, les frères qui détenaient alors l'autorité, Brigham Young et ceux qui l'assistaient, envoyèrent dans le monde une petite armée d'hommes pour prêcher l'Évangile. Ils furent dispersés au loin. Certains se rendirent dans les régions non anglophones de l'Europe et y fondèrent des missions qui célèbrent cette année le centième anniversaire de leur commencement.

De riches moissons furent recueillies. Depuis ce temps, au fil des années, un flot d'hommes et de femmes, amoureux de la vérité, a coulé de ces pays jusqu'à nous, ici. Aujourd'hui encore, des centaines et des milliers viennent de ces pays pour partager avec nous les bénédictions de ce pays et nos relations. Les fruits issus de cette œuvre ont encore été illustrés hier, lorsque nous avons eu le plaisir et la joie d'écouter le splendide chant du Chœur germano-suisse. L'Église entretient à Salt Lake City et au-delà des limites de la ville des organisations qui tiennent des réunions en plusieurs langues. En fait, il y a sept organisations linguistiques différentes à Salt Lake City. Elles sont maintenues pour aider ces nouveaux venus de pays étrangers.

Il n'est pas facile, frères et sœurs, pour des hommes et des femmes, quel que soit leur amour de l'Évangile, de venir à un âge mûr, et la plupart d'entre eux sont mûrs, dans un pays nouveau, d'apprendre une nouvelle langue et de s'habituer à de nouvelles coutumes. Mais il ne leur faut pas longtemps pour s'adapter aux conditions d'ici. Ils deviennent des citoyens très précieux, à la fois de l'Église et du pays qui les a adoptés.

Notre cœur va vers ces frères et sœurs. Nous voulons les aider de tout notre pouvoir. Leur réponse est extraordinairement généreuse.

Mon cœur déborde souvent d'émotion quand je lis les lettres qui viennent de ces nouveaux venus, non seulement des pays de langue étrangère, mais aussi d'Angleterre — des lettres qui témoignent de leur joie de posséder l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, et de leur joie d'être avec un groupe de Saints plus nombreux que celui qu'ils peuvent trouver dans leur pays natal.

La résurrection Au cours de cette conférence, nous avons beaucoup parlé de Jésus-Christ et de sa résurrection. Jésus, le Christ, est la figure centrale de l'Évangile. Sa résurrection d'entre les morts est une partie intégrante du plan du Père pour la progression éternelle de l'homme.

Nous ne pourrons jamais trop parler de Jésus, le Christ, et de son œuvre. Il est toujours réconfortant d'entendre raconter la vieille histoire, comme l'a fait ce matin le président Clark, et de nous entendre répéter ensuite les paroles de Jésus par le président Evans. C'est toujours un plaisir d'entendre cette vieille et sainte histoire. C'est l'histoire la plus importante qui soit sur la face de la terre pour la bénédiction des enfants des hommes.

La résurrection est une certitude, non une illusion. On nous l'a dit maintes et maintes fois ces derniers jours. Je pense qu'à mesure que la connaissance moderne a progressé, à mesure que les hommes ont appris à regarder plus clairement dans les mystères des choses, plus que jamais auparavant la résurrection paraît logique, rationnelle et nécessaire. Il n'y a plus autant de gens réfléchis aujourd'hui qu'hier pour mettre en doute la possibilité d'une résurrection. Des multitudes savent, Dieu merci, que le Christ est sorti de la tombe, et pourtant il en est beaucoup qui ont besoin de notre enseignement et de notre aide.

Crainte et incertitude Malgré le fait que cette certitude de connaissance nous apporte à tous du réconfort, il y a beaucoup de crainte et d'incertitude dans le cœur des hommes aujourd'hui. Pour autant que je m'en souvienne, il n'y a jamais eu de temps, de mon vivant, où les hommes et les femmes aient été aussi anxieux au sujet de l'avenir. Il y a dans leur cœur la crainte de l'avenir. La crainte est le premier et principal outil du diable. Par elle, il détruit l'humanité. Les hommes ont appris à déchaîner les forces qui maintiennent ensemble le sol même sous nos pieds. Bien sûr, sans le pouvoir stabilisateur de la foi, les hommes ont peur. Parfois ils disent que le type de réaction en chaîne dont parlent les physiciens pourrait être mis en branle de telle sorte que la terre entière disparaîtrait en un éclair. C'est, bien sûr, un rêve vain.

Cela n'arrivera pas. Ce n'est que lorsque le Seigneur parlera que la fin viendra.

Mais l'incertitude demeure. Les hommes sont malheureux. Certains, cependant, déclarent que nous avons trop de connaissance ; qu'il vaudrait mieux pour nous en avoir un peu moins ; que si nous en savions un peu moins, nous serions plus heureux et plus forts. Cela aussi, nous le savons, est une erreur.

L'usage de la connaissance Dieu nous a dit que nous devons acquérir, de tout notre pouvoir, toute connaissance. Le puits de la vérité ne sera jamais tari.

Le problème n'est pas de savoir combien de connaissance nous possédons, mais de savoir avec quelle sagesse nous nous en servons comme il convient pour notre propre bien, conformément aux commandements de Dieu. L'usage et le mauvais usage sont à la base de toute bonne chose qui échoit à l'humanité. C'est là que réside le droit de l'être doté de libre arbitre.

Nous pouvons donc mettre de côté la doctrine selon laquelle nous avons trop de connaissance. Nous avons cependant besoin d'acquérir la maîtrise de nous-mêmes. Cela est à la base de la vie dans l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. On en a parlé ici maintes et maintes fois.

Conquérir une armée, disait-on autrefois, est un très grand exploit, mais se conquérir soi-même est plus grand encore. C'est le devoir des Saints des derniers jours d'apprendre peu à peu à devenir des conquérants d'eux-mêmes. La conquête de soi est le grand désir de tous les Saints des derniers jours qui comprennent l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Sous le pouvoir de la conquête de soi, la connaissance devient précieuse à l'homme. Le Seigneur nous a donné une abondance de vérité.

Je me demande si, dans les Écritures que le Seigneur nous a données, il ne pourrait pas y avoir quelque solution fondamentale aux difficultés du monde, celles dont on a parlé avec tant d'éloquence au cours de cette conférence.

La visite de Moroni Il y a dans notre histoire un récit presque vénéré, tant il nous est cher. Quelque trois ans après sa première grande vision, le prophète Joseph Smith, un jeune garçon d'environ dix-huit ans, était couché dans son lit et méditait sur la vie et ses mystères, sur sa relation et ses devoirs envers Dieu, et se désolait aussi de ses erreurs dans la vie. Pendant qu'il méditait ainsi, un être céleste, ressuscité, apparut devant lui. Son nom était Moroni, un nom bien connu, une figure bien connue des Saints des derniers jours. Nous, Saints des derniers jours, ne nous arrêtons pas au fait de la résurrection, car nous déclarons solennellement qu'à notre époque des hommes sont apparus qui ont goûté la mort, sont descendus dans la tombe et en sont sortis de nouveau, ressuscités par la puissance toute-puissante de notre Père qui est aux cieux. L'un de ces êtres se tint au chevet du jeune homme et l'instruisit de son appel, des choses qu'il devait faire et des conséquences qui s'ensuivraient. Ses devoirs et ses obligations, les conditions dans lesquelles il devait travailler, lui furent exposés.

Moroni cita abondamment la Bible, à peu près comme les citations se présentent dans la version du roi Jacques des Écritures, la Bible d'usage courant à cette époque, sauf dans un cas. Lorsqu'il employa les paroles de Malachie, il modifia si complètement un verset de Malachie qu'on le considère maintenant comme la première grande révélation écrite du Seigneur au prophète Joseph Smith par la bouche de Moroni. Elle figure dans notre livre, Doctrine et Alliances, comme section deux :

Voici, je vous révélerai la prêtrise par la main d'Élie, le prophète, avant que le jour du Seigneur arrive, ce jour grand et redoutable.

Il implantera dans le cœur des enfants les promesses faites aux pères, et le cœur des enfants se tournera vers leurs pères.

S'il n'en était pas ainsi, la terre entière serait complètement dévastée à sa venue.

Le Seigneur enseigne ici comment la terre peut être dévastée. Ce ne sera pas par l'une des bombes atomiques. Si je lis correctement cette révélation (et elle est l'une de nos plus grandes possessions, par le ministère du prophète Joseph Smith), elle montre que l'humanité ne gagnera ni paix, ni harmonie, ni salut, au sens où nous employons ce mot, à moins que nous n'apprenions à nous aimer les uns les autres.

L'esprit de fraternité C'est un message qui nous dit que c'est dans l'esprit de fraternité seul que réside l'avenir assuré de l'humanité. Cela met sur nous une lourde responsabilité. Nous ne sommes pas des suiveurs ; nous sommes des chefs, sinon nous sommes bien égarés. C'est nous qui devons développer et inculquer l'esprit de fraternité dans le monde. Il doit y avoir parmi nous l'esprit de fraternité que le monde entier remarquera.

Tout cela a été dit par des orateurs précédents, mais il est bon de le répéter. Il est bon d'attirer l'attention sur cette révélation fondamentale de cette dispensation. Elle contient la doctrine selon laquelle, à moins que l'esprit de fraternité ne soit développé en nous, si nous demeurons égoïstes, repliés sur nous-mêmes, peu disposés à aider nos semblables, il n'y aura pas de salut.

La terre pourra alors être complètement dévastée.

La fraternité de cette révélation est plus que la fraternité qui existe entre les vivants. Il est relativement facile d'aimer les vivants. Mais il y a un type de fraternité plus élevé qui nous est enjoint dans cette révélation, et que nous devons prendre à cœur si la terre ne doit pas être complètement dévastée. Nous devons établir un esprit de fraternité entre nous et ceux qui sont partis avant nous, dont la plupart ne nous sont connus que par leur nom. La race humaine est une grande famille — tous enfants de Dieu. Le Christ est sorti de la tombe pour nous tous — ceux du passé, du présent et de l'avenir. La bénédiction de la résurrection est pour tous, non pour une poignée. Il n'y a pas d'aristocratie dans les cieux, sinon selon que nous obéissons ou désobéissons aux commandements de Dieu.

Ainsi le Seigneur nous a imposé le grand devoir de la fraternité universelle, de sauver le monde, de donner à ceux qui nous ont précédés les occasions que nous avons ici-bas de recevoir les bénédictions qui mènent à la vie éternelle, et que beaucoup n'ont pas reçues pendant qu'ils étaient sur la terre. C'est l'une des plus grandes responsabilités imposées à l'homme.

La rédemption des morts Le prophète Joseph Smith, avant sa mort, se préoccupa beaucoup de cette œuvre. Il y pensa et il écrivit à ce sujet, il en parla, il pressa son peuple de ne pas oublier la rédemption des morts, car c'est dans cette rédemption que réside, comme je l'ai dit, peut-être tout à fait, la solution finale aux choses qui affligent l'humanité.

En obéissance à cette obligation, nous avons, comme Église, des temples.

C'est dans les temples seuls que l'œuvre par procuration pour les morts peut être accomplie. Nous sommes un peuple qui bâtit des temples et qui s'en sert. Nous avons commencé en 1836 et nous bâtissons des temples depuis lors. Nous sommes un peuple qui bâtit des temples précisément pour obéir à l'injonction qui nous est donnée dans la section deux de notre Doctrine et Alliances.

Mon message pour vous aujourd'hui, qui suit en général l'esprit de la résurrection du Christ, est que nous tournions notre cœur avec constance et vigueur vers ce devoir, le devoir de travailler pour les morts. Nous ne pouvons pas être sauvés sans cela. La terre ne peut pas poursuivre jusqu'à sa fin destinée à moins que nous ne le fassions. Il y a beaucoup de travail à accomplir, car ceux qui sont passés de l'autre côté sont nombreux. La grande multitude de ceux qui nous ont précédés et n'ont pas entendu l'Évangile n'ont pas eu l'occasion de participer aux sacrements nécessaires de l'Évangile. C'est eux que nous devons servir en esprit et en actes. Certains diront, alors que je conclus : « Eh bien, j'habite loin du temple, je ne peux pas faire l'œuvre requise. » Eh bien, vous pouvez payer quelqu'un d'autre pour la faire. Ce n'est pas la meilleure manière, mais cela peut se faire, et je pense que le Seigneur l'acceptera. Mais il y a du travail que nous pouvons faire chez nous. Il y a le domaine de la généalogie ; nous pouvons rester en correspondance avec notre Société généalogique ici, à Salt Lake City, l'une des plus grandes, des meilleures et des plus belles du pays, du monde même, d'ailleurs. Des occasions se présenteront si nous les cherchons. Il est merveilleux de voir comment les soucis de la vie s'évanouissent en présence d'une telle œuvre, et comment les problèmes de la vie trouvent leur solution dans une telle œuvre.

Le Seigneur est puissant ; il a le contrôle de tous les mystères. Il ouvre la porte chaque fois qu'il en est besoin.

Le besoin de l'œuvre du temple J'ai senti qu'en ne faisant qu'un avec vous ce matin, je voulais vous dire cela, mes frères et sœurs, et attirer de nouveau votre attention sur le besoin d'œuvre dans les temples. Nous n'avons pas assez de temples. Nous sommes un million, nous l'a-t-on dit il y a deux jours par le président de notre Église. Les temples de l'Église ne suffiraient pas à nous accueillir si nous faisions notre devoir en faveur du salut universel. Faisons notre devoir pour nous-mêmes et pour l'avenir de cette terre sur laquelle nous vivons et qui nous est si chère. Et souvenons-nous toujours que les forces spirituelles centrées dans nos temples sont plus puissantes que les rayons atomiques ou que toute force terrestre découverte par l'homme.

Je remercie le Seigneur pour ses nombreux messages de vérité à notre intention et pour ce grand message fondamental. Puisse le Seigneur nous donner la force de l'accepter et de lui obéir. Puisse-t-il trouver sa place dans notre cœur aussi bien que dans nos actes et nous bénir tous selon nos besoins. Puisse cette Église de Dieu et de son Fils Jésus, le Christ, continuer de croître et de prospérer, comme elle le fera si nous accomplissons notre œuvre, je le prie au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJohn A. Widtsoe, « Discours de conférence », 1950 April General Conference, Third Day Morning Session (1950-04-09). Pulpit Vault, 1950-04-widtsoe-my-dear-brethren-and-sisters-i-am. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).