Pulpit

Discours de conférence

Eldred G. Smith

1950 April General Conference·Second Day Morning Session·1950-04-08

J'espère que le Seigneur me bénira en m'accordant de l'intérêt pour votre foi et vos prières tandis que je me tiens ici devant vous. J'apprécie l'honneur et le privilège qui sont les miens de vous parler en ce moment. Je suis reconnaissant pour les nombreuses bénédictions accordées à moi-même et aux miens, et par-dessus tout je suis reconnaissant pour l'Évangile de Jésus-Christ.

Un peuple béni Les Saints des derniers jours, en tant que peuple, sont plus bénis que tous les autres sur la surface de la terre, parce que nous avons cet Évangile qui nous offre de si grandes bénédictions, tant pour cette vie que pour toute l'éternité.

Peut-être est-ce l'ampleur même de ces bénédictions qui nous empêche de les comprendre. Je me demande si ce n'est pas la raison pour laquelle certains d'entre nous ne tirent pas parti de leurs occasions. Nous ne pouvons pas apprécier ce que nous ne comprenons pas. Peut-être nos parents ou nos instructeurs ont-ils négligé d'inculquer à notre esprit les glorieuses bénédictions promises pour le respect des commandements de Dieu.

Je n'hésiterais pas à dire que bon nombre de nos manquements aux lois et aux ordonnances de l'Évangile viennent d'un manque de compréhension complète des bénédictions qu'on en retire. Nul, en son bon sens, ne renoncerait sciemment à un tel gain pour une satisfaction passagère. Combien grande est donc notre responsabilité, comme parents, instructeurs ou missionnaires, d'essayer d'inculquer ces enseignements à l'esprit et au cœur de nos enfants, de nos voisins et de nos semblables.

Nous ferions peut-être bien d'examiner nos méthodes d'enseignement. Nous connaissons tous le dicton : « Si l'élève n'a pas appris, c'est que le maître n'a pas enseigné. »

Méthodes d'enseignement Dans nos salles de classe, l'enseignement est devenu un art au lieu d'être une simple présentation de faits. Une matière qui m'était aride comme la poussière quand j'étais enfant a maintenant été rendue si attrayante que les enfants apprennent parce que c'est amusant, parce que c'est une expérience agréable. Les enfants apprennent parce qu'ils le veulent. On a dit que la seule manière satisfaisante de faire faire des choses aux gens est de leur donner l'envie de les faire.

Vraiment, mes chers frères et sœurs, nous vivons à l'ère de la publicité. Les produits, bons et mauvais, sont rendus si alléchants que nous pensons ne pouvoir nous en passer. L'art de la vente doit d'abord susciter l'intérêt, puis faire naître un désir. L'Évangile n'est-il pas assez important pour que nous appliquions cette psychologie éprouvée en le vendant à d'autres ? Je ne veux pas dire par là que nous devions recourir à des panneaux publicitaires le long des routes ou à de séduisantes annonces dans les magazines, etc., mais ne pouvons-nous pas présenter les bénédictions promises à ceux qui restent fidèles dans l'observance des commandements de l'Évangile de telle manière que le désir de ces bénédictions soit bien plus grand que les tentations de mal faire ?

La force de la douceur Nous avons constaté, en enseignant les enfants, que chaque enfant réagit différemment. Lorsque nous enseignons nos propres enfants, nous devons donc connaître leur nature et faire appel à eux en conséquence.

On dit qu'il n'y a rien de si fort que la douceur, et rien de si doux que la véritable force. Prenez garde, parents et instructeurs. Expliquez les beautés de l'Évangile, mettez en relief les bénédictions que le Seigneur a promises en récompense de la fidélité. La force brute n'accomplit que rarement quelque chose.

Je ne puis m'empêcher de penser au père d'une nombreuse famille, qui gouvernait par la force. Chaque enfant devait assister à chaque réunion.

La dîme était imposée, l'écart par rapport à la vérité était puni par la violence physique, mais il y avait peu d'amour et moins encore d'enseignement des principes de l'Évangile sous une forme attrayante propre à donner aux enfants l'envie de bien faire. En conséquence, chaque enfant, dès qu'il fut assez grand pour se rebeller, quitta la maison. Il est difficile pour d'autres de pénétrer cet esprit de rébellion et de réparer le tort qui a été fait. Si nous ne pouvons enseigner par l'amour, alors nous ne pouvons pas vraiment enseigner du tout. C'est une faiblesse humaine que de s'offusquer qu'on nous dise de faire ceci ou cela sans qu'on nous en donne la raison. Même certains raisonnements ne produisent pas les résultats souhaités.

Bénédictions perdues Je pense maintenant à un jeune homme issu d'une bonne famille, à qui l'on avait enseigné que le tabac est un poison pour l'organisme et fait un grand tort au corps. On lui avait parlé du gaspillage d'argent considérable que représente l'usage du tabac. (Et, soit dit en passant, permettez-moi de dire que huit millions quatre cent soixante-douze mille neuf cent cinquante-trois dollars ont été dépensés dans l'Utah en cigarettes pour l'année 1949. Comparez ce chiffre à certains des chiffres que le président Clark nous a donnés l'autre jour.) Ce jeune homme s'offusquait de voir ses actes limités. Il disait que cela ne regardait que lui. L'Église n'avait pas le droit de commander ses actes personnels. Eh bien, le résultat fut le même que dans des milliers d'autres cas semblables. Il ne pouvait pas se sentir à l'aise à l'église parce qu'il puait le tabac.

Il perdit ses chances d'accroître sa connaissance, de côtoyer ses frères dans les réunions de Sainte-Cène et de prêtrise, et de progresser dans la prêtrise. Ne pouvant entrer au temple, il a renoncé à des bénédictions éternelles en échange de la satisfaction passagère d'un peu de tabac. Pourquoi ? Je ne puis croire qu'il connaissait les bénédictions qu'il laissait passer.

Trésors de connaissance La partie la plus importante de la Parole de Sagesse est celle sur laquelle nous omettons si souvent d'insister : les bénédictions promises. À partir du dix-huitième verset de la section 89 de Doctrine et Alliances, le Seigneur a dit : Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, Or je crois que cela se rapporte à ce qui est donné dans la section 89. Puis il poursuit : […] marchant dans l'obéissance aux commandements.

Je pense que cela signifie plus que la seule section 89, je pense que cela signifie garder tous les commandements et toutes les lois et ordonnances de l'Évangile.

[…] marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os, et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ;

Ces trésors de connaissance, je pense, sont la plus grande partie des promesses données dans la Parole de Sagesse.

et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas.

Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur passera à côté d'eux, comme pour les enfants d'Israël, et ne les frappera pas.

Si nous comprenions vraiment ces bénédictions, transgresserions-nous la loi avec tant de légèreté ?

Amélioration de l'enseignement Je n'ai pas l'intention de faire un discours sur la Parole de Sagesse. C'est la méthode d'enseignement que je désire souligner : que nous fassions ressortir la récompense des bénédictions de l'obéissance si haut au-dessus de tout le reste que nous suscitions le désir de bien faire pour obtenir ces bénédictions.

Je pense que nos méthodes d'enseignement peuvent être améliorées quand nous trouvons des statistiques comme celles-ci. Comme je l'ai dit, près de huit millions et demi de dollars ont été dépensés en cigarettes dans l'État de l'Utah en 1949.

Un total de 33 531 951,00 dollars a été dépensé en cigarettes, en bière et en alcool pour la même période, et je pense que les États voisins qui nous entourent n'ont pas un meilleur bilan. Cela fait plus de trente-trois millions et demi de dollars dans l'État de l'Utah en une seule année. Comparez cela avec les chiffres que le président Clark nous a donnés l'autre jour sur les dépenses de l'Église. Les dépenses totales s'élevaient à quelque chose comme vingt millions de dollars, et pourtant, dans l'État de l'Utah, nous avons dépensé trente-trois millions et demi de dollars en alcool, en bière et en cigarettes.

Le résultat est le suivant : plus de trente-cinq pour cent des membres adultes de sexe masculin de l'Église ne détiennent pas la Prêtrise de Melchisédek.

C'est le total auquel le président Richards a fait allusion l'autre jour :

Ces membres adultes de sexe masculin qui ne détiennent aucune prêtrise et ceux qui sont membres adultes de la Prêtrise d'Aaron représentent plus de trente-cinq pour cent de la population masculine de l'Église.

De plus, cinquante-huit et demi pour cent des mariages de membres de l'Église dans les pieux en 1949 ont eu lieu en dehors du temple.

Cela me donne à penser que nous devons revoir nos méthodes d'enseignement.

Il y a quelque chose qui ne va pas dans notre enseignement. Je suis d'avis que ces personnes n'ont pas appris les précieuses bénédictions ni la pleine signification de ces bénédictions, sinon personne ne pourrait les tenir éloignées du temple.

Je pourrais vous raconter un certain nombre d'expériences où je sais que l'on n'enseigne pas aux gens ce que signifie le mariage au temple ou mariage céleste.

Nous connaissons tous les méthodes et les résultats de la contrainte par laquelle la génération passée était parfois gouvernée, et qui se poursuit parfois encore. Aujourd'hui, il y a une tendance à passer à l'autre extrême. L'enfant est encouragé à choisir pour lui-même. Pourtant, s'il doit choisir pour lui-même, il a besoin qu'on lui enseigne les valeurs justes ; il a besoin de comprendre, par-dessus tout, les bénédictions promises à ceux qui s'en tiendront aux principes de l'Évangile.

Appréciation de la prêtrise Il n'y a pas longtemps, un père issu de l'une de nos familles éminentes de Saints des derniers jours m'a parlé avec fierté de son fils, qui se faisait un grand nom dans le monde universitaire. Il avait refusé la possibilité d'être ordonné ancien de peur que les devoirs de la prêtrise n'interfèrent avec ses études. Il est maintenant marié, mais pas au temple. Oui, il peut atteindre de grandes hauteurs dans ce monde, mais au risque de perdre les bénédictions de la vie éternelle.

Comparez cela avec ce que j'ai entendu l'autre jour. L'un de nos présidents de mission a dit qu'il estimait davantage son ordination de grand prêtre que son doctorat de l'université Cornell. C'est là le genre de foi dont la prêtrise est faite ; c'est le genre de foi que je remercie Dieu que nous ayons dans l'Église.

Une vie joyeuse Je dis à d'autres, à beaucoup d'entre eux, que la différence entre le mariage civil et le mariage céleste ou mariage au temple est la différence entre l'esclavage et la condition de dieu pour l'éternité. Le Seigneur le présente d'une manière un peu plus agréable quand il dit que ceux qui rejettent la loi du mariage céleste seront des anges serviteurs et que, de mondes sans fin, ils n'auront point d'accroissement. Être au service des autres sans autre progression est une existence éternelle, mais ce n'est pas vivre réellement. Vivre implique de progresser. Beaucoup de gens ne font qu'exister en cette vie, mais ne vivent pas vraiment. C'est la conscience intérieure de la justice et du progrès qui produit le bonheur. Il n'est pas étonnant que l'on dise souvent que les bons Saints des derniers jours sont les gens les plus heureux de la terre. Nous avons davantage de raisons de vivre.

Une nouvelle convertie à l'Église me disait combien sa vie avait été plus heureuse depuis qu'elle avait accepté l'Évangile. Auparavant, elle avait toujours vécu dans la crainte constante de la mort et, pour elle, de l'inconnu au-delà. Maintenant, le plan de l'Évangile et la connaissance de l'avenir ont chassé toute crainte et l'ont remplacée par un bonheur et une joie indescriptibles, mais bien compris des vrais Saints des derniers jours.

Récompenses de l'obéissance Frères et sœurs, familiarisons-nous avec les bénédictions que le Seigneur a promises et suscitons chez d'autres le désir de les recevoir, et nous constaterons que le prix à payer pour les recevoir se réduira à rien en comparaison de l'ampleur des bénédictions promises. Nous sommes récompensés de notre obéissance lorsque nous assistons aux réunions, en prenant la Sainte-Cène, en renouvelant nos alliances afin que son Esprit soit avec nous. Pour le paiement de la dîme, le Seigneur a dit : […] Mettez-moi de la sorte à l'épreuve […] Et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. (Malachie 3:10.) En outre, le Seigneur dit dans Doctrine et Alliances, section 84 : Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent […]

car celui qui reçoit mes serviteurs me reçoit ; et celui qui me reçoit reçoit mon Père ; et celui qui reçoit mon Père, reçoit le royaume de mon Père ; c'est pourquoi tout ce que mon Père a lui sera donné.

Et cela se fait selon le serment et l'alliance qui appartiennent à la prêtrise.

C'est pourquoi, tous ceux qui reçoivent la prêtrise reçoivent ce serment et cette alliance de mon Père, qu'il ne peut rompre et qui est immuable.

(D. & A. 84:35-40.) L'Évangile est rempli de nombreuses bénédictions aussi glorieuses. Puisse le Seigneur nous bénir afin que nous vivions de manière à les recevoir et à les enseigner à d'autres, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursEldred G. Smith, « Discours de conférence », 1950 April General Conference, Second Day Morning Session (1950-04-08). Pulpit Vault, 1950-04-smith-i-hope-the-lord-will-bless-me. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).