Je crois aux dons de l'Évangile...
Stephen L Richards
Je crois aux dons de l'Évangile. Je crois qu'ils viendront à ceux qui vivent selon l'Évangile et s'efforcent de les obtenir. Je crois que les dons de l'Évangile comprennent des pouvoirs et des attributs plus nombreux et plus étendus que ceux que mentionnent expressément nos Articles de foi, à savoir : « ... ¶
au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc. » (Article 7.) Je crois que ces dons énumérés et d'autres d'une nature comparable, en apparence surnaturelle, sont venus à des hommes et à des femmes de foi, et je crois qu'ils continueront à venir de temps à autre, à mesure que les conditions et les circonstances le justifieront. ¶
Je ne mets aucune limite au pouvoir du Seigneur de se manifester par l'intermédiaire de ses enfants et de ses serviteurs choisis, si miraculeuse que beaucoup puissent estimer cette manifestation. Je mets une seule limite à ceux qui exercent de tels pouvoirs : qu'ils soient bien certains que l'inspiration vient de la bonne source. ¶
Les dons de l'Évangile Il y a des dons de l'Évangile que l'on ne considère pas d'ordinaire comme miraculeux ou surnaturels. On les qualifierait communément de simples attributs du caractère, mais je crois qu'ils ont un fondement spirituel. Cette conclusion semble confirmée par les Écritures. L'apôtre Paul dit à ses frères : ¶
Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; ¶
diversité de ministères, mais le même Seigneur ; ¶
diversité de modes d’opération, . . . ¶
Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. (1 Corinthiens 12:4-6, 11.)) La révélation moderne met en relief cette diversité : ¶
Il est donné à certains, par le Saint-Esprit, de savoir que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, . . . ¶
À d’autres, il est donné de croire en leurs paroles. (D. & A. 46:13-14.) Le Livre de Mormon, comme à l'ordinaire, apporte un éclaircissement supplémentaire : ¶
À l’un est donné, par l’Esprit de Dieu, d’enseigner la parole de sagesse ; et à un autre, d’enseigner la parole de connaissance . . . ¶
Et à un autre, une foi extrêmement grande ; et à un autre, les dons de guérison, ... à un autre, d’accomplir de grands miracles ; ... à un autre, de prophétiser ; ... à un autre, de voir les anges et les esprits chargés d’un ministère ; ... à un autre, toutes sortes de langues ; ... à un autre, l’interprétation des langages et de diverses sortes de langues. (Moroni 10:9-16.) Bien que cette large diversité de dons mentionnée dans les Écritures puisse apporter aux enfants de notre Père des talents et des capacités très variés, je suis sûr qu'il existe certains dons de l'Évangile, très importants, que tous les hommes de foi sont appelés à goûter au moins dans une certaine mesure. C'est sur ces dons précieux, accessibles à toute l'Église et à beaucoup de bons hommes et de bonnes femmes en dehors de l'Église, que je voudrais attirer l'attention. ¶
Le don de discernement Je mentionne d'abord le don de discernement, qui renferme le pouvoir de distinguer, dont on nous a déjà parlé, particulièrement entre le bien et le mal. Je crois que ce don, lorsqu'il est hautement développé, naît en grande partie d'une sensibilité aiguë aux impressions — impressions spirituelles, si l'on veut — pour lire, pour ainsi dire, sous la surface, pour déceler le mal caché et, chose plus importante encore, pour trouver le bien qui peut être dissimulé. Le type de discernement le plus élevé est celui qui perçoit chez autrui, et lui découvre, sa meilleure nature, le bien qui est inhérent à sa personne. C'est le don dont a besoin tout missionnaire quand il porte l'Évangile aux gens du monde. Il doit faire une appréciation de chaque personnalité qu'il rencontre. Il doit être capable de discerner l'étincelle cachée qui peut être allumée pour la vérité. Le don de discernement lui évitera des erreurs et des embarras, et il ne manquera jamais d'inspirer confiance à celui qui est justement apprécié. ¶
Le don de discernement est essentiel à la direction de l'Église. Je n'ordonne jamais un évêque ni ne mets à part un président de pieu sans invoquer sur lui cette bénédiction divine, afin qu'il puisse lire dans la vie et dans le cœur de son peuple et faire ressortir ce qu'il y a de meilleur en lui. Le don et le pouvoir de discernement, dans ce monde de discorde entre les forces du bien et la puissance du mal, sont un équipement essentiel pour tout fils et toute fille de Dieu. Il ne pourrait y avoir de dissensions massives comme celles qui menacent la sécurité du monde si ses populations possédaient ce grand don à un degré plus élevé. Les gens sont en général si crédules qu'on en vient parfois à se demander si le grand Lincoln avait raison, après tout, dans la conclusion de sa célèbre déclaration : « Vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps. » ¶
On éprouve cependant parfois un sentiment de pitié et de sympathie pour certains des peuples du monde dont l'instruction, l'information et l'exposition à des idéaux plus élevés et à des conceptions plus nobles ont été si arbitrairement et si impitoyablement restreintes. ¶
Il existe maintenant dans le monde une catégorie de gens, devenue considérable, qui devraient posséder ce grand don à un degré élevé. Ils savent comment il s'obtient. Ils ont été instruits de ses fondements spirituels. Ils ont été bénis des conseils qui le favorisent. ¶
Ils savent comment ordonner leur vie pour l'acquérir. Vous savez qui ils sont, mes frères et sœurs. Chaque membre de l'Église rétablie de Christ pourrait posséder ce don s'il voulait le faire. Il ne pourrait être trompé par les sophismes du monde. Il ne pourrait être égaré par de faux prophètes et des sectes subversives. Même les inexpérimentés reconnaîtraient les fausses doctrines, du moins dans une certaine mesure. Grâce à ce don, ils seraient capables de déceler quelque chose des influences déloyales, rebelles et sinistres qui poussent, assez fréquemment, ceux qui semblent se faire un orgueil de détruire la foi et les loyautés de la jeunesse. Les parents doués de discernement feront bien de garder leurs enfants contre de telles influences, de telles personnalités et de telles doctrines avant que des dommages irréparables ne soient causés. Le vrai don de discernement est souvent prémonitoire. Il faut tenir compte d'un sentiment de danger pour qu'il ait de la valeur. Nous rendons grâces pour un ensemble de circonstances providentielles qui écartent un accident. Nous devrions être reconnaissants chaque jour de notre vie pour ce sens qui maintient vivante une conscience qui nous alerte constamment des dangers inhérents à ceux qui font le mal et au péché. ¶
Le don de sagesse Le don suivant de l'Évangile que je présente est celui de la sagesse. ¶
La sagesse ne peut être dissociée du discernement, mais elle comporte d'autres facteurs, et ses applications sont plutôt plus précises. ¶
On définit parfois la sagesse comme un jugement sain et un haut degré de connaissance. Je définis la sagesse comme étant l'application bienfaisante de la connaissance dans la décision. Je ne conçois pas la sagesse dans l'abstrait, mais comme fonctionnelle. La vie est en grande partie faite de choix et de déterminations, et je ne puis concevoir aucune sagesse qui ne tienne compte du bien de l'homme et de la société. La sagesse est une véritable intelligence, et nous lisons dans Proverbes qu'Elle est plus précieuse que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix. ¶
Dans sa droite est une longue vie ; Dans sa gauche, la richesse et la gloire. ¶
Ses voies sont des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles. . . . ¶
Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse. (Proverbes 3:15-17, 13.) Je ne crois pas que la vraie sagesse puisse être acquise ni exercée dans la vie sans une connaissance fondamentale et solide de la vérité sur la vie et la manière de vivre. Le monde crie après la sagesse et les hommes sages. Il en est ainsi tout particulièrement dans le domaine des relations humaines. Pourquoi ne les trouve-t-on pas ? C'est parce que les hommes sont si aveuglés à l'égard de la vérité. ¶
Près de la moitié du monde est endurcie contre elle, et l'autre moitié n'est pas très bien fortifiée, par ses actes passés et présents, pour la promouvoir. Nous avons eu pendant des siècles une formule de paix. La sagesse propre à régler les troubles du monde est disponible, mais l'esprit et le cœur des hommes ne sont pas préparés à la recevoir. C'est la mission de l'Église de Christ de leur enseigner comment. Nous avons besoin de sagesse pour le faire, et nous avons besoin de maintenir notre société, instituée par Dieu, dans la sagesse qui vient de Dieu. ¶
Les choses vraiment vitales de la vie sont relativement peu nombreuses, mes frères et sœurs — le corps, la famille, les biens, et les relations avec l'homme et avec Dieu. Vous pouvez avoir de la sagesse au sujet de la santé, du logement, du mariage, des enfants, de l'économie, de l'éducation et même du gouvernement, si vous la cherchez véritablement et vivez pour elle. La connaissance fondamentale que l'Église vous apporte vous procurera l'intelligence. Votre témoignage, votre esprit et votre service dirigeront l'application de votre connaissance ; cela, c'est la sagesse. Tout homme en a besoin cent fois par jour. Toute femme en a besoin. Tout jeune en a besoin. L'insensé et le sage sont les antipodes de l'humanité, comme le sont les deux pôles de la terre. Les insensés bâtissent sur le sable ; les sages, sur le roc. L'un périt ; l'autre subsiste. Rendons grâces à Dieu pour le don de sagesse. ¶
Le don de consolation Je n'aurai le temps de mentionner qu'un seul autre don de l'Évangile — celui de la consolation. Je parle de la consolation au sens spirituel et scripturaire, qui apporte le réconfort, la paix de l'esprit et de l'âme, la résignation, la tranquillité et la sérénité aux heures de deuil, de souffrance, de crainte, de doute et d'incertitude. Très peu de gens sont sans quelque sorte d'épreuve, et beaucoup pensent que leurs propres épreuves sont les plus rudes. Je me souviens d'avoir lu, il y a des années, lors d'une de mes premières visites à la belle église commémorative de l'université Stanford, une inscription gravée dans la pierre sur l'un des murs. En substance, elle disait ceci : si chaque personne au monde enveloppait ses soucis dans un sac et le jetait ensuite en tas avec tous les paquets de soucis de tous les autres, et si l'on disait alors à chacun qu'il pourrait aller au tas et choisir le paquet de soucis qu'il porterait, chacun irait au tas et rapporterait son propre paquet. Il se peut donc bien, dans la providence des choses, que chacun ait des épreuves d'une sorte adaptée à sa capacité et à son expérience de la vie. Quoi qu'il en soit, nous avons tous besoin de consolation, et peut-être ceux qui se suffisent à eux-mêmes et qui ne reconnaissent pas ce besoin en ont-ils en réalité plus besoin que tous les autres. ¶
La douleur physique est une torture, difficile à supporter. J'atteste qu'elle peut être apaisée par la bénédiction et la consolation spirituelles. ¶
Ils sont des milliers à témoigner de l'efficacité de la prière, ainsi que de la guérison et de la consolation de la prêtrise, mais même la torture de la douleur n'est pas plus atroce que l'humiliation et le stigmate du déshonneur, ou la conscience de la culpabilité. Remercions le Seigneur pour le don du repentir, qui a été si admirablement dépeint, pour le transgresseur ; mais il arrive souvent que le chagrin le plus grand vienne même à l'innocent. Un enfant égaré apporte la tragédie à une famille, brisant une réputation et un bon nom qu'il a peut-être fallu des générations pour bâtir. Un mari ou une épouse ivrogne ou autrement perverti détruit un bon foyer. Un fils ou une fille rebelle plonge un couteau dans le cœur de parents aimants en rejetant les loyautés de toute une vie. Ce sont là des cas qui appellent une consolation dépassant le simple contact humain, qui demandent une profonde compréhension, un raffermissement spirituel, une résignation divine. ¶
Et puis il y a les solitaires. Ceux qui ont été privés de la compagnie de ceux qu'ils aimaient, laissés parfois tout seuls sans parents autour d'eux. Je lisais l'autre jour qu'il y a plus de six millions de veuves aux États-Unis, dont beaucoup deviennent veuves dès l'âge de quarante ans, avec une espérance de vie d'environ trente ans sans leur conjoint. Certaines sont sans la compagnie d'enfants. Dans le cercle immédiat de mes propres amis et associés, bien des séparations douloureuses sont survenues. Des décennies d'une association aimante et des plus belles ont été tristement interrompues juste au moment où il semblait, à la connaissance des mortels, que les années les plus mûres et les plus riches du saint mariage étaient en perspective. Je connais bien des amis qui ont besoin de consolation. Je suis profondément reconnaissant que, pour la plupart, mes amis proches aient cette consolation de l'Esprit. Ils sont soutenus par une confiance inébranlable que ces tristes séparations ne sont que temporaires. Ils se donnent eux-mêmes et donnent leur grand service au Maître pour rendre en partie du moins ce qu'il leur donne — la consolation et la paix de l'âme. ¶
De riches bénédictions Je sais que dans le monde chrétien, et peut-être aussi en dehors de lui, d'innombrables milliers d'enfants de notre Père bénéficient des dons de l'Évangile. Il y en a beaucoup, de toutes confessions et de toutes conditions de vie, qui aiment le Seigneur ; et en retour de cet amour et de leur obéissance à ses commandements, il les bénit de son Esprit. J'en suis en vérité reconnaissant ; mais, mes chers frères et sœurs, avec la connaissance supérieure que le Seigneur nous a apportée, avec une compréhension plus parfaite de son saint Évangile, avec le don du Saint-Esprit, combien plus devrions-nous, nous qui sommes ainsi favorisés, jouir de ses dons précieux ! Si d'autres enfants de notre Père à travers le monde observent ces manifestations de ses bénédictions particulières envers son peuple choisi, ils seront amenés à chercher la vérité et à s'en enquérir. ¶
Il me semble qu'alors que nous approchons de la conclusion de cette grande conférence, avec ses enseignements et ses témoignages édifiants et inspirants, nous ne pourrions rien faire de mieux que de prendre la ferme résolution que désormais et toujours notre loyauté, notre vie et notre amour soient tels que notre Père puisse .répandre ses riches bénédictions sur nous dans les dons de l'Évangile éternel, avec le discernement, la sagesse et la consolation pour tous. Je sais qu'il vit. Je sais qu'il récompensera les fidèles. Je prie qu'il apporte, dans sa miséricorde, la lumière et la vérité à tout le monde, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶