Pulpit

Discours de conférence

Stephen L Richards

1949 October General Conference·Second Day Afternoon Session·1949-10-01

J'aimerais adresser mes salutations et un message aux anciens de l'Église. Je parle de ceux qui appartiennent aux collèges des anciens, et non de tous ceux qui sont parfois désignés comme anciens et qui appartiennent à d'autres collèges. Je pense qu'il est nécessaire de faire parvenir ce message par vous, mes frères et sœurs, parce qu'un grand nombre de détenteurs de cette prêtrise ne sont pas présents à notre conférence ici aujourd'hui, et que beaucoup ne suivent peut-être même pas les débats à la radio.

Les anciens constituent notre plus grand corps de la prêtrise. Il y a mille trente-trois collèges, comptant soixante-douze mille neuf cent quatre membres inscrits, ce qui donne une moyenne d'à peu près soixante-dix inscrits par collège.

Les collèges sont largement répartis dans les pieux de Sion et dans certaines des missions de l'Église, offrant à tous les hommes qui détiennent cette prêtrise une possibilité suffisante d'être servis par leurs collèges.

Les collèges sont placés sous la présidence directe et la supervision de la présidence de pieu, qui détermine et ordonne les membres et choisit et installe leurs dirigeants. En fait, le maintien de ces collèges constitue peut-être la responsabilité de la prêtrise la plus directe et la plus exclusive que les présidences de pieu aient.

Les membres des collèges se composent de jeunes gens, d'hommes d'âge mûr et d'hommes plus âgés. Beaucoup des jeunes gens sont en mission ou se préparent à accomplir une mission ou en sont récemment revenus. Certains des jeunes gens entrent dans les collèges en vue du mariage, et d'autres simplement par avancement depuis la Prêtrise d'Aaron.

À tous ces jeunes gens j'adresse mes félicitations. Frères, vous avez atteint une haute place et une grande distinction dans l'Église de Dieu. On vous a accordé une reconnaissance pour votre foi, votre vie pure et votre digne ambition d'être les serviteurs de notre Seigneur. L'honneur qui vous est échu, ainsi que les responsabilités et les occasions qui découlent de votre haut appel, sont incommensurables, comme je tenterai de le montrer. Je prie le Seigneur de vous bénir, jeunes anciens, afin que votre appréciation et votre enthousiasme pour cette prêtrise nouvellement acquise croissent et s'approfondissent avec les années et vos expériences, et que vous ne cessiez jamais de la considérer comme votre bien le plus précieux.

Et maintenant, je m'adresse aux membres des collèges des anciens qui en sont membres depuis cinq, dix, vingt ans ou plus. Frères de ce groupe, avez-vous jamais pensé, lorsque, jeunes gens, vous avez été ordonnés anciens en vue de partir en mission ou de vous marier dans le temple, que dans cinq, dix ou vingt ans vous perdriez le respect de ce haut honneur et du don précieux qui vous est venu ? Avez-vous jamais pensé que viendrait le temps où vous ne désireriez plus la compagnie et la fraternité de vos frères du collège ? Avez-vous jamais pensé alors que vous manqueriez de répondre aux appels qui vous parviennent par votre collège pour rendre un service plein de bonté à un frère du collège ou à sa famille ou à d'autres dans le besoin ? Vous est-il jamais venu à l'esprit, en ces jours de votre jeunesse, avec cette sainte prêtrise reposant sur vous, lorsque vous avez conduit votre jeune fiancée au saint temple, où votre mariage a été scellé et sanctifié et où votre foyer a commencé, avec dans votre jeune cœur la résolution d'obtenir, par votre fidélité, ces bénédictions transcendantes prononcées sur vous — vous est-il jamais venu à l'esprit alors que dans cinq, dix ou vingt ans vous auriez oublié ces résolutions solennelles, abandonné votre ambition, déçu et attristé votre chère compagne ?

Je suis certain que vous n'avez jamais pensé, aux premiers jours de votre qualité d'ancien, que ces choses arriveraient.

Comment sont-elles arrivées à un trop grand nombre de ce grand corps de la prêtrise ? Je pense que je peux peut-être vous le dire, ou du moins que je peux essayer.

La perte d'intérêt

Certains d'entre vous ont commencé à glisser lorsque vous avez laissé d'autres affaires et d'autres engagements vous éloigner de vos réunions de collège. Vous avez commencé à préférer d'autres compagnies à celle de vos collègues. Vous avez laissé l'œuvre des collèges à ces quelques chevaux de trait robustes toujours prêts à continuer. Vous avez subordonné le collège à d'autres choses que vous jugiez plus importantes. Vous avez peu à peu perdu le désir de l'instruction et des occasions qu'il offre. Et puis, après vous être soustraits à l'influence chaleureuse et stimulante de vos frères du collège, vous vous êtes retrouvés critiques, critiques des enseignements, des leçons et de la procédure, et vous avez résumé le tout comme une affaire plutôt ennuyeuse, sans vous rendre compte peut-être que vous et d'autres comme vous auriez pu la rendre des plus intéressantes et profitables.

Et puis vous avez oublié autre chose, que notre frère qui a prié à la séance de ce matin a portée à notre attention. Vous avez oublié, lorsque vous avez été ordonnés, qu'une grande confiance vous avait été accordée, et vous avez oublié que vous deviez rester fidèles à cette confiance. Vous l'avez négligée.

Je me souviens d'avoir entendu parler, il y a des années, d'une jeune présidence de collège des anciens qui s'était mise en route pour rendre visite à tous les membres de leur collège. Ils arrivèrent chez l'un d'eux, un homme mûr qui avait connu un succès considérable en affaires, et frappèrent à sa porte. Il vint à la porte. Ils lui dirent qui ils étaient, que son nom figurait dans le registre des membres et qu'ils étaient venus lui rendre visite. Il dit, et ce sont les mots qu'il employa : « Eh bien, messieurs, vous pouvez entrer si vous le désirez, mais je dois vous dire d'avance que j'ai depuis longtemps perdu tout intérêt pour l'œuvre que vous représentez. Je me suis repenti de certaines des folies de ma jeunesse » — il avait été en mission — « et je me consacre maintenant à des choses plus substantielles. »

Naturellement, ils furent glacés par un tel accueil, et ils étaient sur le point de partir lorsqu'ils entendirent la voix de la femme de cet homme, qui avait apparemment surpris la conversation. Elle leur cria : « Frères, revenez, je vous en prie. »

C'est en grande partie en réponse à son appel que ces jeunes gens eurent le courage de retourner le voir, encore et encore, et au bout d'un certain temps, en partie grâce à leurs efforts, en partie grâce à la persuasion de sa femme, cet homme se repentit des folies qu'il avait commises depuis sa jeunesse, et revint à l'activité dans l'Église et occupa une fonction à responsabilités.

Les faiblesses des membres

Puis, mes frères des collèges, vous avez fait d'autres choses qui vous ont éloignés. Sans l'aide et l'encouragement de vos frères, vous avez succombé à certaines faiblesses. Si vous aviez fumé avant votre ordination, vous vous y êtes remis. Si vous n'aviez jamais fumé, vous avez fait la connaissance d'hommes qui fumaient, et vous avez adopté la pratique pour ne faire qu'un avec eux, pensiez-vous. Certains d'entre vous ont commencé à boire un peu dans le même but. Vous avez rejoint les clubs et les sociétés de ces hommes du monde, parfois leurs loges. Vous avez ri de plaisanteries de mauvais goût sur la prêtrise. Vous vous êtes joints à leurs plaisirs et à leurs passe-temps le dimanche. Alors que vous auriez pu exercer votre prêtrise, vous avez joué au golf avec eux ; vous êtes allés à la chasse et à la pêche ; et au bout d'un moment certains d'entre vous ont oublié, oublié qu'ils appartenaient à un collège, qu'ils étaient liés à leurs frères par des liens sacrés, oublié même qu'ils avaient été mis à part et revêtus d'un pouvoir saint pour faire d'eux des hommes « différents » des autres hommes du monde.

Or je concède que ce n'a peut-être pas été la voie de tous ceux qui sont devenus inactifs dans les collèges des anciens de l'Église. Des occupations exigeantes, dans certains cas, des déceptions, des différends réels ou imaginaires avec les autorités de l'Église, et la pure indolence ont peut-être apporté leur contribution, mais, après mûre réflexion, mes frères, je crois que vous conviendrez que la voie que j'ai esquissée est celle que beaucoup ont suivie.

Message aux inactifs

Voici maintenant le message que j'envoie à vous, anciens de l'Église, qui êtes inactifs dans ses affaires et indifférents à vos responsabilités et à vos occasions. Étudiez-vous vous-mêmes. Remontez aux jours où vous avez reçu la prêtrise. Essayez de revivre la joie et la fierté qu'elle vous a apportées. Retracez vos lignes d'autorité et découvrez à quel point vous êtes proches du rétablissement de la prêtrise dans cette dispensation. Ne dépréciez jamais, dans votre propre estimation, l'office d'ancien dans l'Église du Christ. Souvenez-vous que cette Église a été organisée par deux anciens, le premier et le deuxième ancien de l'Église, et que ce fut le premier office dans l'Église. Aucune prêtrise plus élevée que celle d'ancien n'est requise pour être ministre de l'Évangile et prêcher aux nations de la terre. Aucune prêtrise plus élevée n'est requise pour entrer dans le saint temple et y recevoir les bénédictions élevées qui y sont conférées. Aucune prêtrise plus élevée n'est requise pour entrer dans l'alliance éternelle du mariage et devenir le chef d'une grande maisonnée.

J'ai entendu un jour le président Joseph F. Smith dire, à l'Assembly Hall, lors de l'une des réunions spéciales de la prêtrise tenues à l'occasion de la conférence générale de l'Église, que si toute la prêtrise de l'Église devait être anéantie à l'exception d'un seul ancien, celui-ci aurait le droit inhérent et le pouvoir, par nomination, de réorganiser toute l'Église avec tous ses offices.

Soyez fiers d'être anciens. Enrichissez votre vie par une étroite association avec les autres membres de votre collège. Faites des collèges des anciens les meilleurs clubs et les meilleures fraternités de ce monde.

Savez-vous, mes frères, que le plus grand réservoir de puissance et de force de toute l'Église se trouve dans ces collèges des anciens ? Mettez cette puissance à la disposition de l'Église, et elle avancera à pas de géant.

Le dernier appel que je vous adresse, mes frères, est de ne pas décevoir ni affliger vos épouses et vos familles. Toute sainte des derniers jours compréhensive et fidèle sait que les plus hautes bénédictions qui peuvent lui venir, à elle et à ses enfants, doivent venir par la prêtrise. Elle sait qu'il ne peut y avoir de perpétuation de la famille dans l'éternité sans un mari et un père qui honore la sainte prêtrise. Bien des bonnes épouses et mères sont aujourd'hui remplies d'appréhension et de chagrin devant la négligence et la conduite de l'ancien qui se tient à la tête de leur foyer.

Pour elle, pour ses enfants et vos enfants, et les enfants des autres hommes, je vous supplie d'abandonner vos habitudes du monde, votre indifférence, votre négligence et votre critique, et de revenir à la compagnie de vos frères qui vous aiment.

La divinité de la prêtrise

Vous savez, quand vous prenez le temps d'y penser, que la prêtrise que vous détenez est authentique. Très peu d'entre vous se sont égarés au point d'avoir perdu ce témoignage. Il est peut-être en sommeil, mais il n'est pas mort. Il sera ranimé avec votre activité renouvelée, et il bénira votre vie d'un bonheur et d'une joie indicibles.

Je sais que cette prêtrise que nous avons l'honneur de porter est authentique et divine. Je sais qu'elle est plus qu'un nom. Je sais qu'il y a en elle une essence de force et de puissance. Je ne puis l'expliquer, mais je sais qu'il y a en elle une constitution que nous comprendrons un jour, et qu'elle émane de Dieu lui-même.

J'ai ressenti cette puissance. J'en ai vu les effets. Je sais que le prophète Joseph Smith l'a reçue de ministres angéliques, et je sais qu'elle a été transmise à vous et à moi pour être utilisée à bénir les enfants de Dieu et à établir son œuvre. J'essaierai d'honorer cette prêtrise. Le ferez-vous, mes frères ?

Je prie pour que nous le puissions et que Dieu nous aide à le faire, au nom du Seigneur Jésus, dont nous sommes les serviteurs. Amen.

Citer ce discoursStephen L Richards, « Discours de conférence », 1949 October General Conference, Second Day Afternoon Session (1949-10-01). Pulpit Vault, 1949-10-stephen-l-richards-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).