Pulpit

Discours de conférence

Levi Edgar Young

1949 October General Conference·First Day Morning Session·1949-09-30

J'aimerais pouvoir dire aux missionnaires de l'Église quelque chose qui les aide dans leur œuvre d'enseignement de l'Évangile. Au sens large, nous sommes tous des missionnaires, nous qui détenons la prêtrise de Dieu. Nous sommes toujours prêts à transmettre le message de la vie éternelle, en raison de la vérité, de la beauté et de la bonté des enseignements divins du Sauveur. De notre foi, nous tirons tout ce qui est saint et pur et de bonne réputation. Je pensais ce matin au jour du sabbat qui suivit l'arrivée des pionniers dans cette vallée, le 24 juillet 1847. On y tint des services divins, et les gens étaient assis en cercle au milieu des armoises, tout près des eaux d'un charmant ruisseau. La gratitude envers Dieu s'exprima par le chant et par la prière, et les paroles d'Ésaïe furent lues par l'apôtre Orson Pratt, qui prononça le sermon :

Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : Ton Dieu règne !

La voix de tes sentinelles retentit ; elles élèvent la voix, elles poussent ensemble des cris d'allégresse ; car de leurs propres yeux elles voient que l'Éternel ramène Sion. (Ésaïe 52:7-8.)

Les vérités de Dieu

Les Saints avaient chanté leurs cantiques sacrés au cours de leur long voyage. Ils avaient supporté leurs épreuves, et plus ils souffraient, plus leur gratitude envers Dieu était profonde. Les missionnaires partent pour parler de ces choses, parce que l'histoire de ce peuple est à bien des égards la plus majestueuse et la plus sublime de celle de tous les peuples qui aient jamais vécu. Leurs enseignements reposent sur un fondement sacré. Les Saints des Derniers Jours croient et savent sincèrement qu'Adam est venu sur la terre envoyé par Dieu du ciel. Il détenait la prêtrise de Dieu et devint le premier instructeur de l'Évangile pour ses descendants. Les idéaux divins enseignés par le Père de nous tous furent tenus pour sacrés, et depuis ce temps-là jusqu'aux jours du Messie sur la terre, les vérités de Dieu furent implantées dans le cœur de ses enfants. Maurice Maeterlinck dit dans son livre Le Grand Secret que ce que nous lisons dans les plus anciennes archives de la sagesse ne nous donne qu'une faible idée des doctrines sublimes des anciens maîtres. Plus les textes sont anciens, plus les doctrines qu'ils révèlent sont pures et inspirent la crainte respectueuse. Il se peut qu'ils ne soient que l'écho de doctrines plus sublimes encore. Nous en venons à l'époque des prophètes. Un historien renommé dit :

Comme il est convenable que Malachie ait scellé le livre de la prophétie de l'Ancien Testament par une déclaration aussi claire de la venue du Seigneur, le Messager de l'alliance, le Soleil de justice, donnant ainsi la dernière prédiction de celui par qui les évangélistes commencent leur récit de l'histoire de l'Évangile.

Hugo Münsterberg, de l'université Harvard, a écrit dans son ouvrage Psychologie et vie quelque chose de la gloire passée des écrits sacrés :

Il existe une vérité, une beauté, une moralité, qui sont indépendantes des conditions psychologiques. Tout homme droit, pour qui les devoirs de sa vie réelle ne sont pas un airain qui résonne, s'adresse d'une voix saine au psychologue : « Il y a plus de choses au ciel et sur la terre que n'en rêve votre philosophie. »

L'Évangile rétabli

Nous avons l'époque où vécut le prophète Joseph Smith. Il fut sans aucun doute le plus grand personnage de l'histoire depuis les jours du Sauveur du monde. Il a rétabli les principes divins de l'Évangile de Jésus-Christ à l'époque où nous vivons. Nous le voyons d'abord dans les bois, à la frontière de l'Amérique, priant comme un enfant peut prier, et le Seigneur lui apparaissant. Pour reprendre les paroles du psalmiste,

. . . la grâce est répandue sur tes lèvres : c'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. (Psaumes 45:2.)

Avec le Père se trouvait Jésus, le Sauveur. Joseph entendit la voix de Dieu et les paroles divines : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! » Un jour nouveau était proche. À partir de cet instant, il fut de cœur et d'esprit à la parole du Seigneur.

Il apprit ce jour-là que les divisions de la chrétienté sont son reproche le plus manifeste et la cause principale de son inefficacité. Elles constituent un affront moral à l'entreprise inaugurée par Jésus-Christ et représentent la limite la plus flagrante de son progrès. Le christianisme est affaibli par ses divisions face aux problèmes d'aujourd'hui, parmi lesquels les haines de classe, les antagonismes raciaux, l'aveuglement devant la justice sociale, l'attrait de la littérature malsaine, les stupéfiants qui poussent au crime et la propagation de l'esprit militaire dans le monde.

Le principe de la révélation

L'épreuve suprême de la religion, c'est la révélation. Aucune religion ne peut être convaincante si elle ne s'appuie sur le principe de la révélation. L'Église vivante de Jésus-Christ doit être une Église de révélation. Le christianisme, en son sens pur, est la religion de la personnalité rachetée. Si tous les hommes vrais révèlent Dieu, le plus parfait porteur de la révélation ne peut être qu'une personnalité choisie.

Par le pouvoir de la sainte prêtrise que Joseph Smith reçut du ciel, il établit notre véritable relation avec Dieu. De là découle le salut de l'homme — sa véritable vie immortelle. Toutes les nations témoignent du besoin d'une lumière qui ne vienne pas de l'homme. Nous pouvons donner au monde notre parole que les forces qui doivent faire du monde ce qu'il devrait être sont dès à présent en lui. Mes frères missionnaires : nous devons étudier plus profondément et sans relâche les vérités divines de l'Évangile de Jésus-Christ. Nous devons connaître l'histoire de l'Église dont nous sommes membres. Nous devons comprendre le sens de la prêtrise de Dieu qui nous a été conférée. Nous devons connaître les enseignements divins de la sainte Bible, du Livre de Mormon, de Doctrine et Alliances et de la Perle de Grand Prix. Avec quelle beauté ils enseignent les paroles de Shakespeare :

Quel chef-d'œuvre que l'homme ! Qu'il est noble par la raison ! Qu'il est infini par ses facultés ! Par la forme et le mouvement, qu'il est expressif et admirable ! Par l'action, qu'il ressemble à un ange ! Par l'intelligence, qu'il ressemble à un dieu ! (Shakespeare, Hamlet, acte II, scène 2.

La foi dans la parole révélée

Songez à ce que votre message peut devenir lorsque vous partirez enseigner. Mais il faudra de vous une certaine planification en vue d'un but. Votre esprit doit devenir plus sensible que jamais aux vérités révélées de Dieu. Votre foi en votre œuvre doit s'approfondir de jour en jour. Permettez-moi de vous rappeler les paroles des deux premiers versets du premier chapitre du Livre de Mormon :

Moi, Néphi, étant né de bons parents, je fus, pour cette raison, instruit quelque peu dans toute la science de mon père ; et ayant vu beaucoup d'afflictions au cours de ma vie, ayant néanmoins reçu de grandes faveurs du Seigneur toute ma vie, oui, ayant eu une grande connaissance de la bonté et des mystères de Dieu, pour ces raisons, je fais les annales des actes de ma vie.

Oui, je fais des annales, dans la langue de mon père, consistant en la science des Juifs et la langue des Égyptiens. (1 Néphi 1:1-2.)

Quel noble hommage à l'instruction que ces paroles. Léhi était devenu un homme instruit pour son époque, et son fils lui rend un hommage plein d'affection. Il vous faut donc étudier les paroles des Saintes Écritures à toute heure du jour et vous souvenir de l'exhortation du premier instructeur des Indiens d'Amérique, que certains appellent l'apôtre John Eliot :

Le travail, avec la foi en Jésus-Christ, peut tout accomplir.

« Paroles de sagesse »

Quel dessein directeur le prophète Joseph Smith nous donne dans les paroles que l'on trouve à la section 88 de Doctrine et Alliances :

. . . cherchez diligemment et enseignez-vous les uns aux autres des paroles de sagesse ; oui, cherchez des paroles de sagesse dans les meilleurs livres ; cherchez la connaissance par l'étude et aussi par la foi.

Organisez-vous, préparez tout ce qui est nécessaire et établissez une maison qui sera une maison de prière, une maison de jeûne, une maison de foi, une maison de connaissance, une maison de gloire, une maison d'ordre, une maison de Dieu. (Versets 118-119.)

Dès le début de l'histoire de l'Église, Joseph Smith organisa des écoles d'instruction. Il devint étudiant et membre des classes de latin, de grec et d'hébreu établies dans le temple de Kirtland. Il fonda l'université de la ville de Nauvoo et encouragea la construction de la Salle des sciences des soixante-dix. Dans le volume cinq du Times and Seasons se trouve cette déclaration brève mais noble :

Parmi les améliorations en cours dans cette ville, aucune ne mérite de plus grands éloges que la Bibliothèque des soixante-dix. L'entreprise a été commencée sur des bases et à une échelle assez larges pour embrasser partout les arts et les sciences, de sorte que les soixante-dix, tandis qu'ils voyagent à la surface du globe en tant que « soldats réguliers » du Seigneur, puissent recueillir toutes les choses curieuses, tant naturelles qu'artificielles, avec toutes les connaissances, inventions et merveilleux spécimens de génie qui ont orné le monde depuis près de six mille ans. (p. 762 ; 1er janvier 1845.)

Raffinement et culture

Les débuts de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours furent marqués par le raffinement et la culture. Le peuple devint amoureux de la bonne littérature. Même lorsqu'ils campaient sur le sol gelé de l'Iowa au début de leur exode vers l'Ouest lointain, ils lisaient leurs livres sacrés et s'agenouillaient en prière devant les feux de camp. On nous dit que dans l'un des camps se trouvait un exemplaire du beau récit de Mlle Cottin intitulé « Élisabeth ». Il était si recherché que certains lisaient le livre au clair de lune. Ils étaient soutenus de jour comme de nuit par le fait de

. . . continuer à chanter les chants de Sion et de se transmettre des Doxologies de l'avant à l'arrière quand le souffle gelait sur leurs cils.

Jane Bicknell Young, l'épouse de Joseph Young, chantait à ses enfants le « Chant du pays silencieux » :

Vers le pays silencieux !

Qui nous y conduira ?

Les nuages du soir s'assombrissent dans le ciel

Et les épaves brisées s'entassent plus dru sur la grève.

Qui nous conduit d'une main douce

Là-bas, oh, là-bas,

Vers le pays silencieux.

Ils s'exerçaient à lire et à penser, mais ils n'avaient pas de règlements fixes pour leurs études. Ils n'adoptaient que des principes directeurs. Ils ne connaissaient rien de ces règles et méthodes établies qui auraient limité leur imagination et leur initiative, si importantes pour la présentation réussie des grandes vérités. L'une des premières choses que le président Brigham Young fit après l'arrivée des pionniers dans l'Utah fut de publier une épître — et cela en 1847 — qui se lit comme suit :

Il est très souhaitable que tous les Saints saisissent toutes les occasions de se procurer au moins un exemplaire de chaque traité de valeur sur l'éducation — chaque livre, carte, tableau ou diagramme pouvant contenir des matières intéressantes, utiles et attrayantes, propres à retenir l'attention des enfants et à leur faire aimer apprendre à lire ; ainsi que toute la variété d'écrits, cartes, etc. historiques, mathématiques, philosophiques, géographiques, géologiques, astronomiques, scientifiques, pratiques et autres, utiles et intéressants, à présenter au greffier général de l'Église, lorsqu'ils seront arrivés à destination, et dont on pourra tirer des matières importantes et intéressantes pour composer les ouvrages les plus précieux sur chaque science et chaque sujet, au profit de la nouvelle génération. Nous avons une presse à imprimer, et quiconque pourra apporter dans la vallée du bon papier d'imprimerie ou d'écriture sera une bénédiction pour lui-même et pour l'Église. Nous voulons aussi toutes sortes d'instruments de mathématiques, ainsi que tous les spécimens rares de curiosités naturelles et d'œuvres d'art qui pourront être réunis.

La première bibliothèque

En 1851, la première grande bibliothèque fut amenée par des attelages de bœufs dans cet État. Elle avait été achetée à New York par le docteur John M. Bernhisel et constituait une merveilleuse collection de livres. On y trouvait les œuvres de Shakespeare, Milton, Bacon, Homère, Juvénal, Lucrèce, Virgile, Euripide, Sophocle, Platon, Montaigne, Tacite, Spenser, Hérodote, Goldsmith, et de beaucoup d'autres grands maîtres de la meilleure littérature du monde. La bibliothèque recevait des exemplaires du New York Herald, du New York Evening Post, du Philadelphia Saturday Courier et de la North American Review. Parmi les ouvrages scientifiques, il y avait les Principia de Newton, les Outlines of Astronomy de Herschel et le Cosmos de Von Humboldt. Les traités de philosophie comprenaient les œuvres de John Stuart Mill, de Martin Luther, de John Wesley et d'Emanuel Swedenborg.

Le temps ne me permet pas d'aborder les aspects culturels des premiers temps de l'Église. Les Saints des Derniers Jours furent dès le début un peuple cultivé, et ils l'ont montré dans leur vie. L'inventaire des ressources éducatives de l'Utah a été ce que le docteur Samuel T. Dutton, de l'université Columbia, a indiqué. Ces ressources sont : premièrement, les foyers, les églises, les écoles et les bibliothèques ; deuxièmement, les journaux, les magazines, les musées, le théâtre, l'industrie et le gouvernement ; troisièmement, ces aptitudes intellectuelles et éthiques du peuple qui permettent de l'animer et de l'influencer dans la bonne direction.

Les réalisations des pionniers

Les pionniers s'efforçaient toujours de comprendre les arts et les sciences, car ils sentaient vivement la puissance de toute vérité. Ils connaissaient les constantes humaines — la faim et le labeur, les semailles et la moisson, l'amour et la foi — qui entrèrent dans leur vie dès le commencement. Ils ont construit ce Tabernacle dans lequel nous rendons culte aujourd'hui. Ils continuèrent à fonder des écoles et des collèges, et établirent dans le désert un théâtre qui finit par être reconnu des artistes de la scène londonienne aussi bien que des célèbres dramaturges d'Amérique. M. M. B. Leavitt a écrit dans son Fifty Years of the American Stage (Cinquante ans de scène américaine) :

Aussi excessive que puisse paraître cette affirmation, je ne crois pas que le théâtre ait jamais reposé sur un plan plus élevé, tant par son but que par ce qu'il offre, qu'à Salt Lake City, la capitale du pays des mormons.

L'Utah est devenu aujourd'hui un grand État. Ellsworth Huntington a écrit récemment dans son livre intitulé Civilisation et climat :

La position enviable de l'Utah est vraisemblablement le résultat du mormonisme. Les dirigeants de cette foi ont eu la sagesse d'insister sur un système d'écoles rigoureux et ont obligé les enfants à les fréquenter. Les « Gentils » ont été contraints, pour leur propre défense, de faire aussi bien, et le résultat a été admirable. Quoi que l'on pense du mormonisme en tant que croyance religieuse, on doit lui reconnaître d'avoir accompli une œuvre remarquable en répandant un degré modéré d'instruction presque universellement parmi la population de l'Utah.

Le comte Hermann Keyserling, le célèbre philosophe et historien allemand, vint à Salt Lake City il y a quelques années et écrivit par la suite dans son Journal de voyage d'un philosophe ces mots :

Les mormons ont réalisé une civilisation que presque aucun autre peuple n'a atteinte. En à peine un demi-siècle, ils ont changé un désert de sel en un jardin. Ce sont de plus des citoyens admirables, respectueux des lois, honnêtes et progressistes.

Des missionnaires pour enseigner au monde

Vous, missionnaires de Jésus-Christ, notre Sauveur, on vous enseigne les préceptes divins de la religion du Maître, et vous partez dans le monde entier pour enseigner. De la foi de vos pères, vous apportez aux peuples tout ce qui est saint et pur et de bonne réputation. Votre zèle et votre dévouement grandiront. Vos aspirations célestes, vos sympathies humaines, vos innombrables actes de charité vous gagneront le cœur des gens. Vous n'avez jamais à hésiter, car vous êtes entrés dans vos nombreux devoirs et responsabilités, vos épreuves et vos découragements « avec le zèle de Pierre et la douceur de Jean ». Vous ferez bien de lire les paroles du prophète Joseph Smith, telles qu'il les a écrites dans les Articles de foi :

Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes ; en fait, nous pouvons dire que nous suivons l'exhortation de Paul : nous croyons tout, nous espérons tout, nous avons supporté beaucoup et nous espérons être capables de supporter tout. Nous recherchons tout ce qui est vertueux ou aimable, tout ce qui mérite l'approbation ou est digne de louange. (Treizième article de foi.)

Citer ce discoursLevi Edgar Young, « Discours de conférence », 1949 October General Conference, First Day Morning Session (1949-09-30). Pulpit Vault, 1949-10-levi-edgar-young-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).