Discours de conférence
LeGrand Richards
Je suis très heureux, frères et sœurs, d'avoir le privilège d'assister à cette conférence avec vous. Je suis sûr que nous nous sommes tous réjouis des témoignages et des instructions de nos frères, et je remercie le Seigneur pour eux et pour mon association avec eux, et je suis très reconnaissant, comme vous, qu'il ait permis au président Smith d'être ici avec nous aujourd'hui et de nous instruire comme il l'a fait. ¶
Je prie humblement afin que, dans les quelques instants qui me sont accordés, je puisse laisser avec vous une pensée qui vous aidera à vous inspirer et à vous sentir dédommagés de la grande œuvre que vous accomplissez dans l'Église de notre Père qui est aux cieux. ¶
Les choses qui comptent ¶
On a dit qu'il y a deux sortes de choses en ce monde, les choses qui comptent et puis les autres choses, et je crois que si un peuple quelconque a appris à connaître les choses qui comptent, ce sont les Saints des Derniers Jours. ¶
Vous vous souviendrez qu'un docteur parmi les Juifs alla trouver Jésus de nuit, le Grand Instructeur, pour apprendre de lui les choses qui comptent, et lorsqu'il rencontra le Sauveur, il dit : ¶
. . . Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. (Jean 3:2.) ¶
Jésus ne répondit pas par quelque grande philosophie des hommes, mais dit à Nicodème : « . . . si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » ¶
Et bien sûr, Nicodème ne comprit pas et dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? » ¶
Et Jésus répondit : « Si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » ¶
Un très grand nombre de personnes, comme Jésus l'enseigna au docteur des Juifs, sont nées de nouveau. Prenons comme illustration l'apôtre Paul. ¶
Il y eut un homme qui ne comprenait pas la vérité. Sur le chemin de Damas, notre Sauveur lui apparut et l'informa de l'erreur qu'il commettait, et dit : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ¶
« . . . Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. » (Actes 9:4-5.) ¶
Paul et Pierre ¶
Et vous connaissez la vie de Paul, à partir de ce moment jusqu'à ce qu'il aille à Rome et y comparaisse devant Festus et le roi Agrippa. Lorsqu'il leur rendit témoignage, il leur dit comment il avait vu ¶
une lumière et entendu la voix du Sauveur lui parler, mais ils n'arrivaient tout simplement pas à le comprendre. Et Festus dit à haute voix : « . . . Tu es fou, Paul ! Ton grand savoir te fait déraisonner. » (Actes 26:24.) ¶
À quoi Paul répondit : « Je ne suis pas fou, très excellent Festus ; ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que je prononce. » ¶
Et alors Agrippa dit : « Tu vas bientôt me persuader de devenir chrétien ! » ¶
Et tandis que Paul se tenait devant eux dans les chaînes, il dit : « Que ce soit bientôt ou que ce soit tard, plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m'écoutent aujourd'hui, vous deveniez tels que je suis, à l'exception de ces liens ! » ¶
Paul avait trouvé la chose qui comptait en ce monde, et il était disposé à donner sa vie pour elle. ¶
Et Pierre, ce grand défenseur de la vérité, après avoir reçu le don du Saint-Esprit, reçut l'ordre de ne plus prêcher Christ, et Christ crucifié, dans les rues de Jérusalem, mais il répondit : « Qui les hommes doivent-ils obéir, Dieu ou l'homme ? » ¶
Et il poursuivit son œuvre comme il l'avait reçu en commandement, parce qu'il était né de nouveau et savait ce qui valait vraiment la peine. ¶
La conversion d'Alma ¶
Considérons maintenant Alma, fils d'Alma, qui allait persécuter les saints, jusqu'à ce que l'ange du Seigneur lui apparaisse et l'informe de son erreur, et la terre trembla tandis que l'ange lui parlait, mais après cela, lorsqu'Alma partit prêcher l'Évangile, il ne parvenait tout simplement pas à s'attribuer le pouvoir qu'il aurait désiré pour pouvoir crier le repentir au monde entier. Et il dit : « Oh, que je voudrais être un ange et satisfaire le souhait de mon cœur, d'aller et de parler avec la trompette de Dieu, d'une voix qui fait trembler la terre, et d'appeler tous les peuples au repentir ! » (Alma 29:1), parce qu'il savait que, lorsque l'ange lui avait parlé, cela avait littéralement fait trembler la terre. ¶
Et ainsi Alma trouva la chose qui valait vraiment la peine, la chose qui comptait, et c'est à cela qu'il consacra sa vie ; et il en fut de même des prophètes de ce temps-là et de celui-ci. ¶
Le témoignage de Joseph Smith ¶
Lorsque le prophète Joseph écrivit sa propre histoire, il dit qu'il s'étonnait qu'un garçon, obscur comme il l'était, un garçon de ferme sans instruction, devienne l'objet d'une telle discussion et d'une telle préoccupation de la part des grands hommes de sa communauté, et il dit : ¶
J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière, je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement ; et quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j'avais eu cette vision, cependant c'était la vérité ; et tandis qu'on me persécutait, qu'on m'insultait et qu'on disait faussement toute sorte de ¶
mal contre moi pour l'avoir racontée, je fus amené à me dire en mon cœur : Pourquoi me persécuter parce que j'ai dit la vérité ? J'ai réellement eu une vision, et qui suis-je pour résister à Dieu ? Et pourquoi le monde pense-t-il me faire renier ce que j'ai vraiment vu ? Car j'avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier ni ne l'osais ; du moins je savais qu'en le faisant j'offenserais Dieu et tomberais sous la condamnation. ¶
Et ainsi, étant né de nouveau, comme l'était le prophète, et apprenant la chose qui comptait et valait vraiment la peine, il consacra toute sa vie à son témoignage, jusqu'à ce qu'il scelle son témoignage de son sang. ¶
Brigham Young ¶
Il fallut à Brigham Young environ deux ans pour se décider à se joindre à l'Église après avoir entendu l'Évangile pour la première fois, puis pendant les dix années suivantes, nous dit-on, il consacra presque tout son temps au service missionnaire du Seigneur. Et lorsqu'il partit pour sa première mission, il n'avait même pas de pardessus ; il prit une courtepointe du lit gigogne, et sa femme lui fit une casquette avec un vieux pantalon, et au bout de dix ans, dit-il, tout ce qu'il avait jamais reçu en récompense de son service était la moitié d'un petit cochon que le prophète Joseph avait reçu de l'un des frères et avait partagé avec lui. Et puis, dans ce grand Tabernacle, il dit plus tard qu'il avait étudié l'Évangile, comme un étudiant en sciences avait étudié une branche quelconque de la science, pendant trente ans, en voyageant de jour et de nuit, par terre et par mer, et qu'il n'en était encore qu'à l'abécédaire : son étude le menait dans les éternités. ¶
C'est ce que cela fait à un homme lorsqu'il trouve la chose qui compte et qui vaut vraiment la peine dans cette vie, et cela marque la vie de cet homme tout comme la vie de chacun de vous, mes frères, a été marquée à cause du témoignage qui vous est venu. ¶
J'aime la déclaration que le président Clark a faite de cette tribune, il y a environ un an, je crois, lorsqu'il a dit qu'un témoignage est le mortier qui maintient cette Église ensemble, et que, si nous n'avions pas de témoignage, nous ne ferions pas ce que nous faisons aujourd'hui. ¶
Vous tous, en regardant en arrière l'histoire de votre propre peuple et de vos propres familles, êtes sans doute fiers de vos ancêtres, des sacrifices qu'ils ont faits, et de leur intégrité et de leur dévouement à la foi, et si vous me pardonnez d'être un peu personnel, j'aimerais parler de certains des miens. ¶
La foi dans ma propre famille ¶
Mon grand-père, Franklin D. Richards, consigna dans son journal, après avoir été membre de l'Église pendant neuf ans, qu'il s'était élevé dans ce laps de temps à travers les degrés de la prêtrise jusqu'à la fonction de grand prêtre, qu'il avait reçu sa dotation dans le temple de Nauvoo, qu'il avait accompli cinq missions aux États-Unis, et qu'il servait alors comme conseiller dans la présidence de ¶
la mission britannique, qui comptait plus de seize mille membres. Puis il déclare : ¶
Plus que toutes choses, en ce jour, je désire le Saint-Esprit, qui donne la vie, oui, la vie plus abondante, tant au corps qu'à l'esprit. ¶
Il échangea sa maison de Nauvoo, comme beaucoup d'autres frères le firent, contre un attelage de chevaux et un chariot ; y chargea tous ses biens qu'il pouvait emporter ; prit ses deux épouses (cela était permis à cette époque) et une petite fille, et alla rejoindre les saints à Winter Quarters. Lorsqu'il y arriva, le prophète Brigham Young le renvoya en Angleterre. Et pendant qu'il était là, de nouveau sur le champ missionnaire, l'une de ses épouses mourut, sa petite fille mourut, et son frère qui était avec le bataillon mormon mourut. Auparavant, il avait perdu un frère lors du massacre de Haun's Mill, et il écrivit dans son journal quelque chose comme ceci : ¶
J'espère que, quel que soit le sacrifice qui pourra être exigé de moi, Dieu me donnera la force de tenir bon afin que, lorsque la bataille sera livrée et la course achevée, je puisse en sortir sans avoir été le moins du monde en arrière de mes frères. ¶
Vous savez, c'est alors que nous connaissons les choses qui comptent et les autres choses, lorsque nous sommes nés de nouveau de l'esprit de cette grande œuvre des derniers jours. ¶
J'aimerais aussi parler de mon grand-père Willard Richards, le grand-père de mon cousin Stephen L. Il était en prison à Carthage avec le prophète Joseph et son frère Hyrum, et John Taylor. Grand-père Willard n'avait pas à s'y trouver, il n'y avait pour lui ni citation à comparaître ni mandat d'arrêt. Le prophète Joseph se tourna vers lui et dit : « Si nous entrons dans la cellule, viendrez-vous avec nous ? » ¶
Le docteur Richards répondit : « Frère Joseph, vous ne m'avez pas demandé de traverser le fleuve avec vous ; vous ne m'avez pas demandé de venir à Carthage avec vous ; vous ne m'avez pas demandé de venir en prison avec vous. Croyez-vous que je vous abandonnerais maintenant ? Je vais vous dire ce que je ferai. Si vous êtes condamnés à être pendus pour trahison, je serai pendu à votre place, et vous serez libres. » ¶
Le prophète répondit : « Vous ne pouvez pas faire cela. » ¶
Le docteur Richards répondit : « Mais je le ferai. » ¶
Voilà le genre de foi et de témoignage qui a bâti ce royaume de Dieu, parce qu'ils ont connu les choses qui comptent, et que les autres choses ont eu peu d'importance pour eux. ¶
J'aimerais qu'on me pardonne de parler de mon propre père, qui est privé du privilège d'être ici aujourd'hui à cause de la maladie, le président George F. Richards, du Collège des douze. Il y a quelques semaines, j'étais assis à son côté alors qu'il souffrait beaucoup et était en grande détresse ; j'ai compati avec lui, et il m'a dit : « Mon fils, peu importe ce qui m'arrive pourvu que le royaume de Dieu puisse aller de l'avant. » ¶
Et je me suis senti reconnaissant d'avoir un père avec une telle foi. ¶
À ces témoignages, beaucoup d'entre vous, frères, peuvent ajouter des expériences qui vous sont propres et qui sont celles de vos ancêtres. Je me souviens que, lorsque j'étais garçon, j'ai dit à mon père : « Père, comment une personne peut-elle savoir qu'elle a un témoignage ? » ¶
« Eh bien, dit-il, mon garçon, continue simplement comme tu l'as fait ; tu n'auras pas à t'en soucier. » ¶
Le temps manque aujourd'hui pour relater mes propres expériences, mais je tiens à vous dire qu'un témoignage de la divinité de cette œuvre est le don le plus précieux de ma vie, et que je préférerais le voir brûler dans le cœur et l'âme de mes enfants et de mes petits-enfants plutôt que toute autre chose au monde. ¶
Le témoignage d'une sœur indienne ¶
Puis-je être excusé de lire le témoignage d'une sœur indienne, paru dans la section de l'Église du Deseret News il y a quelques semaines, pour vous montrer que le Seigneur donne aux pauvres et aux humbles de la terre aussi bien qu'à n'importe quels autres : ¶
J'ai rejoint l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et je n'ai jamais eu aucun doute dans mon cœur que j'ai rejoint la véritable Église. Avant de rejoindre l'Église des Saints des Derniers Jours, tout ce qui était pur et doux semblait si lointain, comme s'il y avait un profond fossé, et je ne pouvais jamais joindre les deux bords. Mais lorsque les anciens sont venus et que j'ai entendu la vraie vérité, tout m'a semblé si clair et si beau. Je voulais en être sûre, et je priais la nuit pour que Dieu me guide et me montre ce qu'il convenait de faire. Il m'a montré le bon chemin, et je ne peux tout simplement pas expliquer le merveilleux sentiment que j'ai eu. J'étais en paix avec le monde. Je ne cesse de remercier Dieu du privilège de pouvoir être membre de la véritable Église. Je veux rendre mon témoignage au nom de Jésus-Christ. ¶
J'ai eu le privilège de rencontrer cette chère sœur il n'y a pas longtemps, et elle était pour moi comme un ange du ciel. J'ai appris qu'elle avait pris les perles et les petits bibelots que sa mère lui avait légués, d'une valeur de quelques centaines de dollars, et les avait vendus afin de faire construire une salle où les anciens pourraient tenir des réunions dans les environs de l'endroit où elle habite. ¶
Pour terminer, j'aimerais lire les paroles de Néphi : ¶
Et l'ange me dit : Vois l'Agneau de Dieu, oui, le Fils du Père éternel ! Connais-tu la signification de l'arbre que ton père a vu ? ¶
Et je lui répondis, disant : Oui, c'est l'amour de Dieu, qui se répand dans le cœur des enfants des hommes ; c'est pourquoi, c'est la plus désirable de toutes les choses. ¶
Et il [l'ange] me parla, disant : Oui, et la plus joyeuse pour l'âme. (1 Néphi 11:21-23.) ¶
Je vous rends mon témoignage, mes frères et sœurs, qu'il n'y a rien en ce monde qui puisse se comparer à l'amour de Dieu et au témoignage de la vérité qui vient du fait de naître de nouveau et de connaître les choses qui comptent et qui valent la peine, et alors vous n'aurez pas à vous soucier des autres choses. ¶
Que Dieu vous bénisse tous, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶