Pulpit

Discours de conférence

George Albert Smith

1949 April General Conference·Second Day Morning Session·1949-04-04

Il y a soixante-dix-neuf ans aujourd'hui, un petit garçon est venu sur la terre en face de l'endroit où je me tiens. Il y avait de la neige sur le sol. Les parents du garçon vivaient dans des conditions très modestes. Ce garçon, c'était moi, et ici, en votre présence aujourd'hui, je loue mon Créateur et je le remercie de tout mon cœur de m'avoir envoyé dans un foyer de véritables Saints des derniers jours.

Les premières années

J'ai grandi dans cette communauté. À l'âge de huit ans, j'ai été baptisé dans City Creek, à un pâté de maisons d'ici. J'ai été confirmé membre de l'Église à la réunion de jeûne de la dix-septième paroisse et, sur l'encouragement d'une de mes chères tantes, Lucy M. Smith, je me suis levé et j'ai rendu mon témoignage. J'ai dit à cette assemblée que j'étais heureux d'appartenir à l'Église de Jésus-Christ, car je croyais que c'était la véritable Église et je voulais être digne d'en être membre.

Bien des choses se sont produites depuis. Je voudrais pouvoir vous donner une image de ce qui a défilé devant mes yeux et dans mon esprit depuis que j'ai commencé la vie ici sur la terre. J'ai eu le privilège d'aller à l'école. J'ai fréquenté l'École du Dimanche et l'Association d'amélioration mutuelle de la dix-septième paroisse. J'assistais à la réunion de jeûne et je venais dans ce bâtiment le dimanche pour entendre les sermons prononcés par les grands dirigeants de l'Église. On m'a permis d'aller à Provo et de fréquenter l'Académie Brigham Young sous la direction du directeur Karl G. Maeser pendant un an ; et l'influence de ce bon homme sur ma vie a été si grande que je suis sûr qu'elle durera pour l'éternité.

J'ai été ordonné diacre et j'ai été président de mon collège. Vers l'âge de quatorze ans, j'ai lu le quarantième chapitre d'Alma dans le Livre de Mormon, dans notre classe d'École du Dimanche. Il

a fait sur mon esprit une impression qui m'a été secourable quand la mort a emporté des êtres chers. Je ne prendrai pas le temps de le lire maintenant, mais c'est un des endroits des Écritures qui nous dit où vont nos esprits lorsqu'ils quittent ce corps, et je désire aller dans ce lieu appelé paradis depuis lors.

La mission dans les États du Sud

J'ai été appelé en mission dans les États du Sud, à l'époque où une grande amertume animait certaines des personnes qui y vivaient. La plupart d'entre elles étaient de bons hommes et de bonnes femmes, mais il y en avait quelques-unes qui s'opposaient à ce que l'Évangile de Jésus-Christ soit enseigné comme le Seigneur désire que nous l'enseignions. Certains de nos missionnaires furent brutalement fouettés. Durant la période qui précéda mon arrivée, plusieurs furent tués. J'ai moi-même vécu l'expérience d'être couché dans mon lit pendant que les balles sifflaient au-dessus de ma tête. Une foule en furie entoura le bâtiment où nous dormions et tira dans les quatre coins. Des éclats de bois tombèrent sur nous, mais personne ne fut blessé. J'ai travaillé sous la direction de frère J. Golden Kimball. C'était un grand président de mission. Je suis rentré chez moi et j'ai poursuivi l'œuvre de ma vie, ayant tiré profit de l'expérience de ma carrière missionnaire.

Il y avait des débits de boisson et des maisons de jeu à Salt Lake City dans ma jeunesse — pas très nombreux — mais il y en avait, et je n'ai jamais eu l'occasion d'y entrer. J'ai toujours senti que cela ne plairait pas à mon père et à ma mère si je le faisais, et j'étais heureux de faire ce qu'ils voulaient que je fasse.

D'autres activités

Après ma mission dans les États du Sud, j'ai été appelé à travailler dans les organisations auxiliaires chez nous, tant à l'École du Dimanche qu'à l'Association d'amélioration mutuelle, et je suis devenu plus tard l'un des directeurs de pieu de l'Association d'amélioration mutuelle des Jeunes Gens. J'ai aussi été instructeur de paroisse et missionnaire local de pieu. J'ai aussi été membre du conseil général de l'A.A.M.

Le président des États-Unis, William McKinley, m'a fait savoir par le gouverneur Arthur L. Thomas qu'il estimait qu'un membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours avait droit à une nomination fédérale. Nous n'en avions pas eu jusque-là, et il m'a offert le poste de receveur des deniers publics et d'agent payeur spécial au Bureau des terres. Auparavant, j'avais travaillé pour la Grant-Odell Company, dans la cour, à monter des chariots et d'autres équipements, et lorsqu'on m'a offert le poste de receveur au Bureau des terres des États-Unis, je travaillais pour la Z.C.M.I. Ma première nomination est venue du président William McKinley, et la suivante du président Theodore Roosevelt. J'assistais aux conférences générales qui se tenaient tous les six mois dans ce bâtiment. J'avais l'habitude de me faufiler à l'intérieur et de m'asseoir sur les marches de l'escalier, à gauche. La salle était pleine, et il n'y avait pas de places pour tout le monde. À l'occasion particulière dont je parle, je suis entré, comme d'habitude, et je me suis frayé un chemin à travers la foule pour finalement obtenir une place vers le bas de l'escalier. (À cette époque, j'étais un homme marié, avec une famille, et je vivais de l'autre côté de la rue ; et permettez-moi de dire que d'avoir une excellente épouse Sainte des derniers jours a été l'une des plus grandes bénédictions qui me soient jamais venues.) L'évêque président Charles W. Nibley, qui était mon voisin, m'a touché l'épaule et m'a dit : « Viens t'asseoir près de moi. » J'ai dit : « Il y a beaucoup de place ici. » Il a dit de nouveau : « Viens t'asseoir près de moi. On est plus à l'aise ici. » Si j'avais su ce qui allait se produire pendant cette conférence, on n'aurait pas pu m'arracher à cette place.

L'appel à l'apostolat

C'était un dimanche. Je devais être à mon travail au Bureau des terres, car des gens y venaient de partout, et je ne pouvais aller aux réunions que le dimanche. Le mardi suivant, je suis rentré du Bureau des terres pour emmener mes enfants à la foire à quatre heures, et sœur Nellie Colebrook Taylor est venue de l'autre côté de la rue et m'a dit : « Oh, frère Smith, je vous félicite. »

J'ai dit : « De quoi me félicitez-vous ? »

Elle a dit : « Vous ne savez pas ? »

J'ai répondu : « Je ne sais pas de quoi vous parlez. »

« Mais si, a-t-elle dit, vous venez d'être soutenu comme membre du Collège des douze. » Et je l'en ai dissuadée.

Elle s'est excusée et a dit : « Je suis désolée. J'espère que vous me pardonnerez. » Sachant ce qu'avaient été les expériences de mon père, et ayant une si belle situation au Bureau des terres, je ne cherchais pas une place comme celle qu'avait eue mon père. Elle prenait tout son temps et le tenait tellement éloigné de chez lui.

Je me suis tourné vers ma femme et j'ai dit : « Je vais prendre les enfants maintenant et aller à la foire. » Mais avant que j'aie pu atteindre le boghei, sœur Taylor est revenue en courant, s'est précipitée vers moi et m'a dit : « C'était vous ! C'était vous ! Tout le monde l'a entendu. »

Je n'oublierai jamais ce que j'ai ressenti. Je me suis tourné vers ma femme, et elle était en larmes. C'est ainsi que j'ai reçu l'avis que j'avais été soutenu comme membre du Collège des douze.

Ce sont là quelques expériences d'une courte vie ; et je veux vous dire, frères et sœurs, qu'il vaut beaucoup mieux avoir soixante-dix-neuf ans de jeunesse que d'avoir cinquante ans.

Partager l'Évangile

Je suis venu occuper ma place aussi humble qu'un homme puisse l'être. Il m'a fallu environ trois semaines avant de pouvoir me sentir à l'aise, et ce serait une autre histoire intéressante si j'avais le temps de la raconter. Pendant la période où j'ai détenu la prêtrise, j'ai parcouru plus d'un million de milles dans le monde, cherchant à partager l'Évangile de Jésus-

Christ qui m'est si précieux. Il ne m'a jamais été difficile de parler aux hommes des belles choses que nous avons. Parfois, quand des hommes appartenant à d'autres Églises ont dit : « Nous avons ceci et cela », j'ai dit : « Gardez toute la vérité que vous avez, puis laissez-moi vous expliquer quelques-unes des choses que vous ne possédez pas, qui ont enrichi ma vie et qui, j'en suis sûr, vous rendraient heureux. »

J'ai été secrétaire de la mission des États du Sud, j'ai présidé la mission d'Europe pendant un temps, et j'ai été associé à vous, mes frères et sœurs, et à un grand nombre de vos pères et mères qui sont passés de l'autre côté, dans ce merveilleux Évangile de Jésus-Christ notre Seigneur. Je voudrais dire qu'il n'y a jamais eu une seule heure de ma vie, dont je me souvienne, où j'aie eu le moindre doute que ceci est l'œuvre de notre Père céleste. Cela a été une joie pour moi. Les gens ont été bons envers moi partout où je suis allé — presque tous. Je ne peux imaginer que j'aurais pu vivre une vie plus riche si j'avais projeté ce que je voulais faire durant ces soixante-dix-neuf années.

Je saisis maintenant cette occasion pour remercier les autorités générales de l'Église, les autorités de pieu, les autorités de paroisse, les membres de l'Église, pour vous remercier de votre bonté, de votre amour, de votre aide et de votre volonté de me permettre de faire mon œuvre, surtout dans les moments où cela a été quelque peu difficile.

Les bénédictions à gagner

Nous avons une grande responsabilité qui repose sur nous dans les diverses positions que nous occupons. Je dis à vous, hommes qui êtes dans cet auditoire, qui êtes anciens de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et qui n'avez pas de position officielle : le Seigneur attend tout autant de vous. Si vous attendez vos bénédictions dans l'au-delà, il vous faudra les gagner de la même manière que les hommes qui sont autorités de paroisse, de pieu et autorités générales gagnent les leurs.

C'est une chose merveilleuse de regarder le visage d'un groupe comme celui-ci. Je ne sais pas combien de temps il faudra avant que je sois appelé à quitter cette sphère d'action, mais quand ce moment viendra, j'espère avoir mérité le droit de continuer mes relations avec des hommes et des femmes comme ceux qui sont ici aujourd'hui, et avec ceux qui sont dispersés dans le monde et qui vivent l'Évangile de Jésus-Christ.

À ce merveilleux chœur de jeunes du Ricks College de Rexburg, dans l'Idaho, je dis : Gardez les commandements du Seigneur. Il n'y a pas de bonheur digne de ce nom si vous manquez de le faire. Tout le bonheur est du côté du Seigneur de la ligne. Nous vous remercions d'être venus chanter pour nous. Nous espérons que, où que vous alliez, vous garderez à l'esprit que notre Père céleste vous aime, vous a offert et continue de vous offrir l'occasion de vous développer pour devenir des hommes et des femmes qui auront droit à une place dans le royaume céleste, afin d'avoir la compagnie de ceux que vous aimez durant les âges de l'éternité.

Gratitude pour la préservation

Je n'avais aucune idée, en venant ce matin, que j'allais vous parler ainsi. Je suis reconnaissant que ma vie ait été préservée. Bien des fois, alors que j'étais apparemment prêt à passer de l'autre côté, j'ai été gardé pour quelque autre œuvre à accomplir. Je veux que chacun de vous sache que je n'ai pas d'ennemi, c'est-à-dire qu'il n'y a personne au monde envers qui j'aie de l'inimitié. Tous les hommes et toutes les femmes sont les enfants de mon Père, et j'ai cherché, durant ma vie, à observer la sage directive du Rédempteur de l'humanité, d'aimer mon prochain comme moi-même. J'ai eu beaucoup de bonheur dans la vie, tant que je ne voudrais pas changer avec quiconque a jamais vécu, et je ne le dis pas avec vantardise, mais avec gratitude. Tout le bonheur qui est venu à moi et aux miens est le résultat de mes efforts pour garder les commandements de Dieu et pour vivre de manière à être digne des bénédictions qu'il a promises à ceux qui l'honorent et gardent ses commandements.

Le côté du Seigneur

Que Dieu vous bénisse, mes frères et sœurs. Ne vous trompez pas en ces jours d'incertitude. Restez du côté du Seigneur de la ligne. Toute justice, tout bonheur est de son côté de la ligne.

Pour conclure, je prie que nous puissions tous nous ajuster, au fil des expériences de la vie, de manière à pouvoir tendre la main et sentir que nous tenons la main de notre Père. C'est l'œuvre de Dieu. C'est son Église. C'est la voie que notre Père céleste a prévue pour nous préparer au bonheur éternel. Je prie que nous puissions tous en être dignes.

Je ne me sentirais pas bien si je manquais maintenant d'exprimer à la famille de mon père, à mes frères et sœurs, à ma propre famille qui a été si proche de moi toutes ces années, ma gratitude pour leur aide. Ils n'ont jamais rien mis en travers de l'accomplissement de mon devoir. Et je saisis cette occasion pour dire à mes frères, les conseillers de la Présidence de l'Église, et à ces autres hommes qui sont ici sur cette estrade : Vous ne saurez jamais combien je vous aime. Je n'ai pas les mots pour l'exprimer. Et je veux ressentir cela envers chaque fils et chaque fille de mon Père céleste, et je peux le ressentir si j'observe ses lois et ses commandements et si je suis ses conseils.

Que le Seigneur nous permette à tous de nous ajuster de telle sorte que, lorsque viendra le moment pour nous de partir d'ici, nous trouvions nos noms inscrits dans le livre de vie de l'agneau, nous donnant droit à une place dans le royaume céleste, dans la compagnie des meilleures personnes qui aient vécu sur la terre, je le prie au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Citer ce discoursGeorge Albert Smith, « Discours de conférence », 1949 April General Conference, Second Day Morning Session (1949-04-04). Pulpit Vault, 1949-04-george-albert-smith-conference-address-2. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).