Discours de conférence
Bruce R. McConkie
Hier, j'ai eu le privilège de me tenir comme représentant du Seigneur lors du baptême de mon fils aîné. Après que j'eus agi en vertu de l'autorité que je détenais, lui et moi sommes sortis de l'eau. Puis mon père, l'un des grands prêtres de Dieu, a posé les mains sur la tête de mon fils, l'a confirmé membre de l'Église de Jésus-Christ et lui a conféré le don du Saint-Esprit. Ce don du Saint-Esprit est le droit à la compagnie constante de ce membre de la Divinité, fondé sur la justice. ¶
La prêtrise ¶
Mon père et moi avons chacun agi en vertu de l'autorité de la prêtrise, et conformément à l'autorisation donnée par ceux qui détiennent les clés de la prêtrise. La prêtrise est une chose ; les clés en sont une autre. La prêtrise est le pouvoir et l'autorité de Dieu délégués à l'homme sur la terre pour agir en toutes choses en vue du salut des hommes. Les clés sont le pouvoir directeur, le droit de présider et de gouverner dans la prêtrise et dans l'Église. ¶
Ces deux choses, l'autorité de la prêtrise et le pouvoir directeur qui accompagne les clés de la prêtrise, nous distinguent ¶
du monde. Le pouvoir et l'autorité de Dieu se trouvent dans l'Église de Jésus-Christ ; on ne les trouve pas dans les Églises qui ne sont pas de Jésus-Christ. Les Églises du monde ont l'apparence de la piété, mais elles en renient la force (2 Timothée 3:5). C'est dans l'autorité de la prêtrise et par elle que la puissance de la piété se manifeste. Et nous sommes le seul peuple sur la terre qui détienne cette prêtrise, ce pouvoir d'agir au nom du Seigneur et de voir nos actes approuvés et reconnus sur la terre comme dans les cieux. ¶
Ceci est une Église rétablie. On y trouve aujourd'hui, à tous égards essentiels, exactement et précisément ce qu'avaient les anciens. Tout comme le Christ a donné à Pierre et aux apôtres d'autrefois à la fois l'autorité de la prêtrise et les clés du royaume des cieux, c'est-à-dire, en d'autres termes, les clés du royaume de Dieu sur la terre, qui est l'Église, de même nous a-t-il donné ces choses à notre époque. L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est, au sens le plus réel et le plus concret, le royaume de Dieu sur la terre, et elle est conçue pour préparer les hommes et les rendre aptes à aller dans le royaume de Dieu au ciel, qui est le royaume céleste des cieux. ¶
Le royaume de Dieu ¶
Le prophète Joseph Smith a prononcé un glorieux discours dans lequel il a défini le royaume de Dieu. J'en lis ces phrases : ¶
Là où il y a un prêtre de Dieu — un ministre qui a pouvoir et autorité de la part de Dieu pour administrer les ordonnances de l'Évangile et officier dans la prêtrise de Dieu, là est le royaume de Dieu. . . . Là où il n'y a pas de royaume de Dieu, il n'y a pas de salut. Qu'est-ce qui constitue le royaume de Dieu ? Là où il y a un prophète, un prêtre ou un homme juste à qui Dieu donne ses oracles, là est le royaume de Dieu ; et là où les oracles de Dieu ne sont pas, là le royaume de Dieu n'est pas. ¶
... Si nous ne recevons pas de révélations, nous n'avons pas les oracles de Dieu ; et s'ils n'ont pas les oracles de Dieu, ils ne sont pas le peuple de Dieu. ¶
. . . Jésus dit dans ses enseignements : « Sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » Quelle pierre ? La révélation. . . . ¶
Chaque fois que les hommes peuvent découvrir la volonté de Dieu et trouver un administrateur légalement autorisé par Dieu, là est le royaume de Dieu ; mais là où ces choses ne sont pas, le royaume de Dieu n'est pas. (D.H.C., vol. 5, p. 256-259.) ¶
Le Rétablissement de l'Évangile ¶
Par la grâce de Dieu, et par sa miséricorde, nous avons vu rétablir pour nous, en ce jour, la plénitude de l'Évangile éternel : toutes les lois, ordonnances et tous les principes par l'obéissance auxquels nous pouvons être à la fois sauvés et exaltés dans le royaume de notre Père. Aucun autre peuple n'a eu autant de la lumière et des vérités du ciel déversées sur lui que nous. ¶
Le Livre de Mormon nous est parvenu — un récit des relations de Dieu avec un peuple qui avait la plénitude de l'Évangile éternel — et il contient, sous une forme claire et simple, les vérités du salut. Nous avons beaucoup des vérités du ciel, et si nous les acceptons et ¶
les vivons ensuite, nous pouvons obtenir les plus grandes récompenses disponibles dans l'éternité. Mais il ne suffit pas d'avoir la vérité seule. La simple possession de la vérité ne sauvera pas un homme. Il ne suffit pas de lire les doctrines du royaume et de savoir ce qu'elles sont. Les démons aussi croient et tremblent (Jacques 2:19). Il ne suffit pas de prendre le Livre de Mormon, de le lire et d'y croire. Nous devons faire toutes ces choses. Mais ensuite nous devons accepter la vérité par alliance, sous les mains d'un administrateur légal, quelqu'un qui peut lier sur la terre et dans les cieux. ¶
L'alliance du baptême ¶
Le prophète Joseph Smith a écrit ces mots dans son journal à propos d'une conversation qu'il avait eue avec les douze apôtres : ¶
J'ai dit aux frères que le Livre de Mormon était le plus correct de tous les livres sur la terre et la clef de voûte de notre religion, et qu'un homme se rapprocherait davantage de Dieu en observant ses préceptes qu'en observant ceux de n'importe quel autre livre. (Ibid., vol. 4, p. 461.) ¶
Je suis d'accord avec chaque mot que frère Marion G. Romney a dit hier. Comme lui, j'ai lu le Livre de Mormon, avec prière et avec soin, plus de fois que je n'ai de doigts ; j'y crois, sincèrement et de tout cœur. Je sais que c'est un véritable témoin du Christ et qu'il révèle avec exactitude les doctrines du Christ. ¶
Mais après avoir trouvé la vérité, après avoir appris que le Livre de Mormon a été traduit par le don et le pouvoir de Dieu et qu'il est véritablement vrai, après avoir obtenu le témoignage du Christ qui vient en entendant la parole de Dieu enseignée par quelqu'un qui a l'autorité — et enseignée avec justice et avec le pouvoir de l'Esprit — nous devons alors accepter cette vérité par l'alliance du baptême ; et nous devons le faire sous les mains d'un administrateur légal. ¶
Le baptême est la porte du royaume de Dieu, sur la terre comme dans les cieux. Et le genre de baptême que vous et moi voulons est un baptême qui sera reconnu sur la terre comme dans les cieux. C'est une chose que de mettre en place un système qui sera reconnu par les hommes ; c'en est une tout autre que d'avoir un système que Dieu reconnaîtra. Le Seigneur a dit à Pierre : ¶
Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux . . . (Matthieu 16:19.) ¶
Nous voulons un baptême (et cela vaut pour toutes les ordonnances) qui lie sur la terre et dans les cieux, qui soit reconnu par le Seigneur ici-bas et dans l'au-delà. ¶
L'autorité divine ¶
Voici maintenant cette phrase du discours du prophète : ¶
Toutes les ordonnances, tous les systèmes et toutes les administrations sur la terre sont inutiles aux enfants des hommes, à moins qu'ils ne soient ordonnés et autorisés ¶
de Dieu ; car rien ne sauvera un homme qu'un administrateur légal ; car nul autre ne sera reconnu par Dieu ou par les anges. (D.H.C., vol. 5, p. 259.) ¶
Parlant de l'alliance nouvelle et éternelle, qui est l'Évangile, le Seigneur a dit au prophète : ¶
. . . tous contrats, alliances, conventions, obligations, serments, vœux, actes, unions, associations ou attentes qui ne se font pas et ne sont pas contractés et scellés par le Saint-Esprit de promesse, de la main de celui qui est oint, à la fois pour le temps et pour toute l'éternité, de la façon la plus sainte, par révélation et par commandement, par l'intermédiaire de mon oint que j'ai désigné sur terre pour détenir ce pouvoir, . . . n'ont aucune validité, vertu ou force dans et après la résurrection d'entre les morts ; car tous les contrats qui ne sont pas faits dans ce sens prennent fin quand les hommes sont morts. (D. & A. 132:7.) ¶
Puis le Seigneur pose une question à tous ceux qui ont mis en place des systèmes de religion sur une autorité présumée, une autorité revendiquée de générations mortes et disparues. La voici : « . . . recevrai-je de vos mains ce que je n'ai pas désigné ? » (Ibid., 10.) Certainement pas. Sa maison est une maison d'ordre, et non une maison de confusion. Nul homme ne peut venir à lui ni à son Père si ce n'est par sa parole, qui est sa loi. ¶
Et enfin, en des termes si larges et si complets qu'ils couvrent tous les principes, toutes les doctrines, toutes les ordonnances et tous les systèmes, le Seigneur dit : ¶
Et tout ce qui est dans le monde, que ce soit ordonné par les hommes, les trônes, les principautés, les puissances ou les choses de renom, quelles qu'elles soient, qui n'est pas par moi ou par ma parole, dit le Seigneur, sera renversé et ne demeurera pas lorsque les hommes seront morts, ni dans ni après la résurrection, dit le Seigneur, ton Dieu. ¶
Car tout ce qui demeure est par moi ; et tout ce qui n'est pas par moi sera ébranlé et détruit. (Ibid., 13-14.) ¶
Ainsi, il n'y a que deux façons pour que quoi que ce soit en ce monde soit ordonné de manière à demeurer en pleine force et validité dans le monde des esprits et dans la résurrection. Ou bien Dieu lui-même doit l'ordonner, ou bien un agent de Dieu, agissant sous son autorité et conformément à une autorisation en bonne et due forme de sa part, doit le faire. Alors, et alors seulement, l'acte sera reconnu dans l'éternité. Il n'y a pas d'autre moyen. ¶
Le baptême est la porte du royaume céleste des cieux, à condition qu'il soit accompli par un administrateur légal, quelqu'un dont les administrations seront reconnues par Dieu, et à condition aussi que le candidat se soit rendu digne et que l'ordonnance soit scellée sur lui par le Saint-Esprit. ¶
Le même principe s'applique à toutes les ordonnances. Le Seigneur a dit de la sainte-cène : ¶
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. (Jean 6:54.) ¶
Mais pour obtenir cette bénédiction, nous devons participer à l'ordonnance dignement, avec l'approbation ratificatrice du Saint-Esprit, et telle qu'elle est accomplie par un administrateur légal. ¶
Il en va de même du mariage. Les hommes peuvent instituer n'importe quel système de mariage qui leur convienne. Ils peuvent faire d'un homme et d'une femme un mari et une épouse dans cette vie ; mais lorsque les hommes sont morts, le mariage prend fin. Pour qu'un homme et une femme soient mari ¶
et femme dans le monde des esprits et dans la résurrection, pour que la cellule familiale continue après la mort, le scellement doit être accompli par Dieu en personne ou par un agent autorisé détenant de lui l'autorité d'agir ainsi ; et il doit être scellé et approuvé par le Saint-Esprit, condition qui n'est remplie que si les participants sont dignes. ¶
Le rétablissement de la prêtrise ¶
Nous avons maintenant reçu le même pouvoir et la même autorité que les anciens. En mai 1829, Jean-Baptiste est venu et a donné à Joseph Smith et à Oliver Cowdery à la fois la Prêtrise d'Aaron et les clés de cette prêtrise. Peu après, Pierre, Jacques et Jean sont venus et ont donné à ces mêmes hommes dignes la Prêtrise de Melchisédek et les clés du royaume de Dieu. Puis, en 1835, lorsque le premier collège des apôtres fut appelé dans cette dispensation, ces apôtres reçurent les clés du royaume de Dieu sur la terre. ¶
Par la suite, d'autres clés furent données. Élie vint le trois avril 1836. Il donna les clés du pouvoir de scellement, ou, en d'autres termes, il autorisa l'usage de la prêtrise pour sceller sur la terre et lier dans les cieux. Moïse vint et donna les clés du rassemblement d'Israël des quatre coins de la terre et de la conduite des dix tribus hors du pays du nord. Élias vint et donna les clés de la dispensation de l'Évangile d'Abraham. Le prophète dit que divers anges, depuis Michel ou Adam jusqu'à nos jours, sont tous venus, déclarant leurs dispensations, leurs droits, leurs clés, leurs honneurs, leur majesté et leur gloire, et le pouvoir de leur prêtrise, jusqu'à ce que nous ayons dans cette dispensation, qui est celle de la plénitude des temps, tout le pouvoir et toute l'autorité que Dieu avait jamais donnés dans n'importe quelle dispensation qui l'a précédée. ¶
Les clés du royaume ¶
Puis, quelques semaines seulement avant que Joseph et Hyrum n'aillent à la prison de Carthage pour sceller leur témoignage de leur sang, le prophète, dans le temple de Nauvoo, conféra aux apôtres toutes les clés du royaume des cieux. Après avoir conféré ces pouvoirs et ces clés, il dit : ¶
J'ai scellé sur vos têtes toutes les clés du royaume de Dieu. J'ai scellé sur vous toutes les clés, tous les pouvoirs, tous les principes que le Dieu du ciel m'a révélés. Maintenant, peu importe où je puis aller ou ce que ¶
je puis faire, le royaume repose sur vous. . . . ¶
. . . vous, apôtres de l'Agneau de Dieu, mes frères, c'est sur vos épaules que ce royaume repose ; maintenant il vous faut redresser vos épaules et porter le royaume. (Voir The Discourses of Wilford Woodruff, p. 72.) ¶
Depuis ce moment jusqu'à aujourd'hui, tout homme qui a été ordonné au saint apostolat a reçu les clés du royaume de Dieu sur la terre, ou, en d'autres termes, le droit directeur de présider cette Église et ce royaume. Et ainsi, en ce moment, nous avons des administrateurs légaux, des frères détenant à la fois la prêtrise et les clés. Nous avons les vérités du ciel à enseigner ; nous avons le pouvoir de sceller les hommes pour la vie éternelle, sous condition de leur fidélité. On ne trouve cela nulle part ailleurs dans le monde entier. ¶
Ce matin, le président Smith a exprimé un sentiment qu'il a exprimé maintes et maintes fois. Dans ce discours du prophète Joseph Smith que j'ai cité, se trouve la même pensée. Ce sentiment montre la mesure, la grande capacité, l'amour qui règne dans le cœur des deux hommes. Le prophète a dit : ¶
Je remercie Dieu de m'avoir préservé de mes ennemis ; je n'ai d'ennemis qu'à cause de la vérité. Je n'ai d'autre désir que de faire du bien à tous les hommes. Je me sens poussé à prier pour tous les hommes. Nous ne demandons à aucun peuple de rejeter le moindre bien qu'il possède ; nous lui demandons seulement de venir en obtenir davantage. Que serait-ce si le monde entier embrassait cet Évangile ? Ils verraient les choses du même œil, et les bénédictions de Dieu seraient déversées sur le peuple, ce qui est le désir de toute mon âme. (D.H.C., vol. 5, p. 259.) ¶
Comme le prophète a prié, ainsi je prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶