Pulpit

Discours de conférence

Richard L. Evans

1948 April General Conference·General Priesthood Meeting·1948-04-05

Mes frères, je suis rempli de respect en votre présence, et j'exprime ma gratitude à mon Père céleste pour ma communion avec la prêtrise de cette Église. On ne peut être ici sans sentir qu'il y a de la force en Israël, et je suis profondément reconnaissant d'en être une si petite partie. Et je demande sincèrement que mon Père céleste, par votre foi et vos prières ajoutées aux miennes, me donne la parole pendant les quelques minutes où je me tiendrai devant vous ce soir.

Je n'ai pu m'empêcher de penser ce matin, pendant le message du président McKay, à un autre verset des Écritures qui se rattachait de très près à celui qu'il répétait, un verset des Psaumes mentionnant un homme grandement béni :

Il ne craint pas les mauvaises nouvelles. (Psaumes 112:7.)

Il y a bien des bénédictions consignées dans les Écritures qui sont d'une valeur incomparable, mais celle-ci en particulier, pour notre époque, m'a frappé comme l'une des plus grandes : « Il ne craint pas les mauvaises nouvelles. »

Le président McKay a parlé ce matin des paroles du Sauveur : « Que votre cœur ne se trouble pas. » (Jean 14:1.) Je crois que dans cet ensemble de la prêtrise, il y a moins de crainte des mauvaises nouvelles que dans tout groupe comparable au monde ; bien qu'il soit très difficile de ne pas craindre les mauvaises nouvelles. Mais je suis reconnaissant que notre foi nous aide à tenir bon dans les moments où les mauvaises nouvelles se répandent abondamment. Il est inconcevable qu'il puisse être question de guerre, sérieusement question de guerre, si peu de temps après la terrible épreuve que ce monde vient de traverser. Je suis persuadé, pour ma part, que personne n'a jamais gagné une guerre — il s'agit seulement de savoir qui a le moins perdu, ou le plus perdu. Et nos pertes de la dernière guerre ne sont, en aucune façon, encore calculées. Mais, là encore, je suis reconnaissant d'avoir cette foi qui nous rend capables de faire face aux perspectives qui s'offrent à nous.

Le coût de la guerre

Il m'est parvenu à mon bureau, il y a quelques heures — le courrier de ce matin me l'a apporté — un seul indice de certains des coûts de la guerre qui ne peuvent en aucune façon être exprimés en hommes ou en argent. L'un des résultats — un résultat effroyable — est le taux élevé de divorces. Aux États-Unis, en l'an 1947 — un record absolu — il y a eu six cent treize mille divorces, contre cinquante-cinq mille en 1900, et contre environ cinq cent mille en 1945.

Je pense que ce sujet m'occupe quelque peu l'esprit en ce moment à cause d'un jeune couple qui est venu nous voir il y a quelques semaines. L'une de nos jeunes filles, d'une communauté voisine, avait épousé un jeune homme de l'Est après une connaissance très brève, lui étant d'une autre Église. Ils n'étaient mariés que depuis quelques mois et ils commençaient à avoir leurs problèmes, chacun se demandant vers quelle direction ils devaient aller : lui avec elle, ou elle avec lui. Et ils s'efforçaient sincèrement de résoudre leurs différends. Il était beaucoup mieux à même de défendre sa foi qu'elle ne l'était — mieux informé quant à la lettre de celle-ci — mais il y avait quelque chose qui brûlait dans le cœur de la jeune femme qui la rendait, elle aussi, apparemment inébranlable.

Le problème du foyer divisé

Je crois que le problème du foyer divisé, dans cette Église, est l'un de nos grands problèmes, un problème que nous avons les moyens et les organismes en main pour aider grandement à résoudre — mais un problème dont les conséquences sont si vastes qu'il touche non seulement la génération où il survient, mais toutes les générations à venir. C'est un problème qui exige toute notre attention sincère. Et je crois que nos instructeurs au foyer de paroisse et nos missionnaires de pieu, s'ils reçoivent une direction appropriée, une aide appropriée, les effectifs et la liberté nécessaires pour accomplir leur tâche, et des encouragements en ce sens, et s'ils prennent leurs missions au sérieux, peuvent faire autant, sinon plus, que tout autre organisme.

Lorsque nous parcourons les paroisses et les pieux dans certaines régions, en particulier dans certaines communautés, il est frappant de constater qu'il y a un assez grand nombre d'enfants de plus de neuf ans non baptisés, ce qui signifie que quelqu'un a manqué à sa mission — soit un parent, soit un dirigeant de paroisse, de pieu ou de mission. Cela ne peut signifier rien d'autre.

Il est déjà assez difficile, de nos jours, d'élever une famille lorsque les parents sont solidement unis dans leurs idéaux, leurs desseins et leurs convictions, et dans les choses vers lesquelles ils orientent leurs enfants. Mais cela rend pratiquement impossible tout résultat satisfaisant lorsque les parents sont divisés sur ces questions. Dans une maison divisée, les principes deviennent objet de discorde plutôt que de conviction. Il n'est juste pour aucun enfant d'être tiraillé entre deux parents dans deux directions différentes, ni d'être invité à choisir entre deux personnes auxquelles il est lié, l'une comme l'autre, par des liens d'autorité, d'amour et d'affection. Cela engendre la confusion et l'instabilité. Trop souvent, le foyer divisé devient un foyer d'irréligion ; assez souvent, il penche d'un côté ou de l'autre, mais dans ni l'un ni l'autre cas le résultat n'est souvent très satisfaisant.

Il est arrivé parfois que l'on constate des défections de la foi, parce que des gens ont suivi leur propre chemin dans la négligence et ont été négligés par nous, ou parce que nous nous sommes lassés de travailler avec eux.

Lorsque ce jeune couple est venu nous voir il y a quelques semaines, nous avons immédiatement pris contact avec un ancien membre de la foi du jeune homme qui avait épousé l'une de nos jeunes filles, et nous lui avons posé un certain nombre de questions. Nous lui avons demandé, par exemple, quelle serait l'attitude de son Église si quelqu'un se mariait à l'extérieur ou se retirait autrement de l'activité. Il a répondu que ce serait pour eux le signal d'être plus bienveillants et plus attentifs encore. Je me demande si cela ne devrait pas être le signal de notre propre attitude et de notre propre action, non seulement en cela, mais en bien d'autres choses.

Cela me rappelle l'histoire du fils prodigue. Certainement, nous devons distinguer entre l'homme qui accomplit pleinement son devoir et qui est attentif à toutes ses obligations, et l'homme qui s'est écarté du droit chemin. Il y a une distinction entre eux, et nous ne pouvons manquer d'en tenir compte. Mais certainement aussi, nous devons faire de notre mieux pour ramener parmi nous, dans l'activité, ceux qui ont chancelé. Le frère du fils prodigue, pour qui aucune fête ne fut donnée, en fut quelque peu contrarié, mais son père lui expliqua que son héritage lui était assuré, mais que lorsque le pécheur repentant revint, ce fut une occasion de réjouissance, et une fête fut donnée, et il fut accueilli chaleureusement.

J'espère, mes frères, que nous garderons conscience de notre responsabilité envers ces enfants qui ne sont pas baptisés, qui sont des nôtres, et envers ces familles qui tirent dans des directions différentes, envers tous ceux qui, pour toute raison naturelle, devraient être en pleine communion avec nous, mais qui iront ailleurs si nous n'avons pas de temps pour eux, tout comme le feront nos enfants si nous n'avons pas de temps pour eux. Ils trouveront de l'activité, ils trouveront de la compagnie, ils trouveront leur place dans quelque cercle social, dans quelque groupe. Et si nous n'avons pas de temps pour eux, ce sera dans un groupe que nous n'aurons pas choisi, et qui ne sera peut-être pas à notre goût.

Les qualifications requises pour les soixante-dix

Je voudrais dire un mot sur un autre sujet, un instant seulement, concernant les soixante-dix, et faire appel à vous, présidents de pieu, pour que vous vous assuriez de la dignité de ceux que vous nous recommandez pour devenir soixante-dix, avant de nous envoyer leurs recommandations, car vous les connaissez et nous ne les connaissons pas. Et nous, du Premier Conseil, sentons — et je crois que nos autres frères ici présents sont d'accord avec nous ; et s'ils ne le sont pas, ils ont l'occasion et le droit de modifier nos vues — nous sentons que tout homme recommandé pour être ordonné soixante-dix devrait satisfaire aux normes de l'Église en tous points. Nous estimons, d'une manière générale, qu'il n'y a aucune raison pour qu'un homme reçoive une autre charge que celle d'ancien, s'il est déjà ancien, à moins qu'il n'y ait pour lui une fonction particulière à remplir, et à moins qu'il n'ait les qualifications et la dignité nécessaires pour remplir cette fonction. Nous ne sommes pas intéressés, d'une manière générale — et il peut certes y avoir une justification à des exceptions pour lesquelles nous vous demanderons d'assumer la responsabilité avec nous — simplement à multiplier les soixante-dix ou les collèges de soixante-dix. Nous nous intéressons à des hommes qui sont des étudiants de l'Évangile, qui sont capables de le proclamer, et qui ont un intérêt et une disposition en ce sens. Et nous vous demandons, à vous, nos frères les présidents de pieu, d'assumer pour nous la responsabilité en ces matières, si vous le voulez bien, lorsque vous nous envoyez ces noms en recommandation.

Une histoire de statistiques

Je voudrais terminer par une histoire, et je pense que c'est peut-être le bon moment pour la raconter. C'est mon histoire préférée sur les statistiques. Je l'ai racontée en bien des endroits. Elle n'est pas de moi ; elle appartient à frère Roscoe Eardley, et si j'en trahis l'esprit, je crois qu'il est ici et qu'il pourra me corriger — je trahirai peut-être les statistiques, mais non l'esprit, je l'espère. Sachant mon intérêt pour le sujet, il m'a arrêté un jour et m'a dit : « J'ai pour vous la dernière histoire sur les statistiques. Nous revenions de Californie en automobile, et nous avions tous parcouru cette route bien des fois et en étions quelque peu lassés ; et, comme les voyageurs le font souvent pour passer le temps, nous avons commencé à compter les stations-service. Et nous en avons compté presque une par mile tout au long de ce voyage de près de huit cents miles. Mais ce n'est pas encore l'histoire. Nous étions si occupés à compter les stations-service que nous sommes tombés en panne d'essence ! »

Je n'ai pas eu trop de sympathie pour lui, car il m'avait déjà dit qu'il y avait une station-service à peu près tous les miles. Puis il a dit : « Voilà les statistiques pour vous. À l'endroit où nous sommes tombés en panne, il y avait environ quinze miles jusqu'à la pompe à essence la plus proche ! »

J'espère maintenant, mes frères, que dans toutes nos activités et responsabilités au sein de cette Église, nous ne deviendrons pas si absorbés par nos statistiques que nous présumions qu'elles sont la fin et non simplement les indicateurs, le baromètre et non la tempête. Ce qui est sur le papier ne signifie rien, sinon en tant que symbole de ce qui se passe dans la vie d'un homme, d'une femme, d'un garçon ou d'une fille.

Que Dieu nous aide à nous acquitter de nos obligations en tant que membres de la prêtrise de cette Église, et qu'il nous aide à amener chaque homme à l'activité. Il vaut bien mieux que trois hommes occupent trois postes que qu'un seul homme de valeur en occupe trois.

Je voudrais terminer en exprimant ma gratitude pour mes missions dans cette Église, pour la glorieuse expérience que je vis sur Temple Square et dans mes autres obligations. Même si elles sont ardues, j'en suis reconnaissant et je demande les bénédictions de mon Père céleste pour m'aider, de même que je lui demande ses bénédictions pour vous aider à vous acquitter de toute obligation. Et je vous rends témoignage de la conviction de mon âme que ceci est l'œuvre de Dieu, notre Père céleste, quant à l'appel divin du prophète Joseph Smith, et à la divinité du Seigneur Jésus-Christ, et je le fais en son nom. Amen.

Citer ce discoursRichard L. Evans, « Discours de conférence », 1948 April General Conference, General Priesthood Meeting (1948-04-05). Pulpit Vault, 1948-04-richard-l-evans-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).