Discours de conférence
LeGrand Richards
Mes frères et sœurs, j'apprécie le privilège d'adorer avec vous en cette conférence. C'est une chose merveilleuse d'être associés dans cette œuvre qui est si chère au cœur de nous tous. ¶
Le témoignage de l'Esprit ¶
Dimanche dernier soir, en revenant d'une conférence dans le nord de l'Idaho, j'ai écouté le président Clark, à la radio, prononcer un si beau sermon sur Pâques et le conclure en rendant son témoignage de la divinité du Christ et de sa résurrection, témoignage qui, a-t-il indiqué, lui avait été donné par l'Esprit. Je me suis demandé si, dans l'Église en général, nous réalisons la valeur du témoignage de l'Esprit. C'est Moroni qui a dit que par le Saint-Esprit nous pouvions connaître la vérité de toutes choses. Dans notre Église, nous sommes riches de connaissance et de témoignage par le Saint-Esprit. ¶
Jésus a dit à ses disciples : ¶
... il vous est avantageux que je m'en aille ; car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous. (Jean 16:7.) ¶
Et il a dit : ¶
... je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, ¶
L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. (Jean 14:16-17.) ¶
Il nous est dit ensuite qu'il nous enseignera toutes choses, et que par le Saint-Esprit nous pouvions connaître la vérité de toutes choses. ¶
Neuf ans après que mon grand-père, Franklin D. Richards, eut été baptisé membre de l'Église, période durant laquelle il avait accompli cinq missions aux États-Unis, était monté à travers les degrés de la prêtrise jusqu'à l'office de grand prêtre, et servait alors comme membre de la présidence de la Mission européenne, il consigna dans son journal ce qui suit : « Plus que toute autre chose, en ce jour, je désire le Saint-Esprit, qui donne la vie, oui, la vie plus abondamment, au corps comme à l'esprit. » C'est là le pouvoir par lequel ce royaume grandit. ¶
Vous vous souviendrez comment Pierre renia le Christ trois fois avant de recevoir le Saint-Esprit, mais après avoir reçu le Saint-Esprit, lorsqu'il lui fut commandé de ne plus prêcher le Christ, et lui crucifié, dans les rues de Jérusalem, Pierre répondit : « Qui les hommes doivent-ils obéir ? Dieu ou l'homme ? » Et il se considérait indigne d'être crucifié comme l'avait été son Seigneur. C'est là le témoignage de l'Esprit, et le pouvoir par lequel ce royaume croît sur la terre. ¶
Le développement du don de l'Esprit ¶
Vous vous rappellerez l'exhortation de l'apôtre Paul à son frère Timothée, lorsqu'il lui rappela qu'il devait raviver le don de Dieu qu'il avait reçu par l'imposition de ses mains, celles de Paul. Était-ce là un propos vain, ou recevons-nous l'Esprit de Dieu par l'imposition des mains de ses serviteurs ? Si tel est le cas, ne devrions-nous pas tous chercher à raviver le don de l'Esprit afin qu'il puisse nous guider et nous diriger ? ¶
Je ne puis concevoir qu'un Saint des derniers jours puisse être dépourvu d'un témoignage de la divinité de cette œuvre s'il veut bien considérer ce qui a été accompli dans l'Église grâce au don de l'Esprit de Dieu qui y demeure. ¶
On raconte que, dans les années vingt, alors que les anciens étaient persécutés en Grande-Bretagne, le gouvernement envoya sur place un fonctionnaire chargé d'enquêter sur le « problème mormon » et de voir ce qui les rendait si déterminés à porter leur message à d'autres nations. À son retour, son rapport fut que le « secret noir » du mormonisme était le témoignage individuel de ses membres. Et assurément, frères et sœurs, c'est là le « secret noir » du mormonisme. Vous pouvez parcourir les paroisses et les pieux de Sion, les missions de l'Église, ou aller où vous voulez, et partout où vous trouverez des Saints des derniers jours qui ont reçu le don de l'Esprit par l'imposition des mains, cet esprit se manifeste dans leurs activités au sein de l'Église. Il y a là un pouvoir que l'on ne peut trouver nulle part ailleurs dans le monde entier. ¶
Lettre d'un converti ¶
Nous avons reçu, il y a quelques jours, au bureau de l'Évêque président, une lettre d'un jeune converti à l'Église par sa rencontre avec nos garçons dans les forces armées. Il envoya un montant substantiel de dîme. Puis il rendit son témoignage dans sa lettre, et je voudrais vous en lire aujourd'hui une partie. Il écrivit : ¶
Avant de terminer, je voudrais mentionner que j'ai acquis un témoignage très solide de très nombreuses choses grandes, merveilleuses et glorieuses depuis mon baptême. Je ne pourrais faire cette lettre assez longue pour rendre mon témoignage, mais je voudrais dire que je sais, avec sincérité, que j'ai la bénédiction de Dieu en joignant cet argent. C'est une inspiration glorieuse que de voir le chemin de la vie, la direction du sentier de Dieu, et le rayon de sa bonté éternelle. J'ai ces choses ; je ne les abandonnerai jamais. Avec elles, j'ai le bonheur éternel. Bien que cet argent que j'envoie soit qualifié, dans la pensée, de simples « pièces », je sais, nous savons, qu'il s'agit en réalité d'une mesure symbolique mais concentrée d'un dixième de ce que le Seigneur m'a donné et procuré comme bénédiction dans la vie. Bien que cette mesure soit terrestre, elle a une signification spirituelle, comme toutes les ordonnances de Dieu. C'est avec plaisir, humilité et un sentiment de privilège que j'offre et accomplis cette ordonnance. ¶
Le Seigneur a dit qu'il n'avait jamais donné à ses enfants de commandement temporel, que tous ses commandements sont spirituels, et ce nouveau converti à l'Église en ressent la force et l'esprit ; et j'y ai pensé lorsque mon père, le président George F. Richards, a parlé ce matin de la loi de la dîme. ¶
La loi de la dîme ¶
J'ai lu dans le dernier « Kiplinger Letter » que les contributions aux églises diminuaient à cause de la situation financière des nations. Mais, en tant qu'Évêque président de l'Église, je puis vous dire que les contributions dans notre Église ne diminuent pas. Elles augmentent, parce qu'il y a dans l'Église un pouvoir et une signification spirituels. ¶
Je me souviens que, pendant que j'étais en mission, sœur Richards et moi fûmes invités par un membre d'une autre église à assister à une conférence donnée par un prédicateur itinérant qui parcourait le pays en expliquant aux églises comment elles pourraient sortir de leurs dettes. Son programme consistait à leur faire adopter la façon du Seigneur de payer leur dîme et leurs offrandes, et s'ils le faisaient seulement pendant dix mois, toutes leurs églises pourraient sortir de leurs dettes. Après la réunion, j'eus le privilège de lui être présenté, et je lui dis que je voulais rendre témoignage qu'il s'approchait de la vérité, que nous prêchions cette loi depuis toujours. Puis j'ajoutai : « Mais ce que je ne puis comprendre, révérend, c'est que si la dîme est la loi du Seigneur pour bénir son peuple, pourquoi ne leur demandez-vous pas de payer leur dîme toute leur vie, afin qu'ils puissent avoir la bénédiction du Seigneur, au lieu de seulement dix mois ? » Il répondit : « Monsieur Richards, nous ne pouvons pas encore aller jusque-là. » Voilà la différence entre un système fait par l'homme et un système où le Seigneur insuffle le souffle de vie, l'Esprit de Dieu, l'Esprit par lequel nous connaissons la vérité de toutes choses. Nous n'envoyons aucun collecteur dans notre Église pour la dîme. Nous le faisons pour les offrandes de jeûne et pour les dons destinés à bâtir des salles de réunion, comme vous le savez ; mais si vous pouviez être dans notre bureau, vous verriez le nombre d'hommes qui viennent, des années après l'échéance de leur dîme, pour régler leurs comptes, parce que le Seigneur continue à parler à leur âme par le pouvoir de son Esprit jusqu'à ce qu'ils ne trouvent plus de paix. Nous sommes remontés — non pas dix ans — mais vingt ans et plus, pour créditer les frères sur leur registre de dîme. L'Esprit du Seigneur est un meilleur collecteur que quiconque au monde. Des pasteurs viennent à notre bureau pour se renseigner sur la façon dont nous gérons le système de la dîme dans notre Église, et lorsque nous leur disons que toutes les paroisses et branches nous envoient tout l'argent qu'elles reçoivent, et que nous leur renvoyons leur allocation, ils secouent la tête et disent : « On ne ferait pas cela dans notre église. Les organisations locales prélèveraient d'abord ce dont elles ont besoin, et s'il en restait, elles pourraient l'envoyer au siège. » ¶
La puissance d'un témoignage ¶
Eh bien, ce même esprit se retrouve dans toutes les activités de l'Église. Le témoignage de l'Esprit de Dieu est la chose la plus merveilleuse que je connaisse en ce monde, et je préférerais voir ce témoignage implanté dans le cœur de mes enfants plutôt que toute autre chose que je connaisse aujourd'hui. ¶
Frère Ballard avait l'habitude de raconter l'histoire du colonisateur du nord-ouest qui, ayant appris quelle œuvre merveilleuse nous avions accomplie en matière de colonisation, était venu ici pour en écrire un traité, afin de voir s'il pourrait le faire fonctionner. Après avoir essayé, il dit : « Monsieur Ballard, dites-moi ce qui ne va pas. Relisez-le. Je l'ai essayé, mais cela ne marche tout simplement pas pour moi. » Frère Ballard le relut et dit : « Vous avez ici un cadavre parfait. Si quelqu'un lui insufflait le souffle de vie, cela fonctionnerait. » Maintenant vous savez ce qu'est le souffle de vie. ¶
Nous étions au temple mercredi pendant sept heures et vingt minutes avec les présidents de mission. L'un d'eux raconta l'histoire de son père, au Canada, qui avait été envoyé là-bas pour coloniser alors qu'il n'était encore qu'un jeune garçon, par le président de l'Église. Il désirait revenir depuis des années, et son fils lui demanda pourquoi il ne revenait pas. Il dit : « Je ne peux pas revenir tant que le président de l'Église ne m'aura pas relevé. » Et j'ai rencontré beaucoup d'autres personnes, tout au long de ces vallées, qui ont eu des expériences semblables. Lorsqu'ils sont venus ici, aux premiers jours, ils seraient volontiers restés à Salt Lake avec le corps de l'Église et les frères et sœurs qu'ils avaient connus, n'eût été une chose, à savoir le témoignage de l'Esprit de Dieu. Lorsqu'ils furent appelés par ses serviteurs à s'établir dans d'autres localités, ils furent fidèles à leur appel. C'est là l'esprit par lequel l'Église a accompli tant de choses. ¶
La foi des missionnaires ¶
Alors que j'étais récemment en Idaho, un président de pieu me raconta un voyage que lui et sa femme venaient de faire au Texas. Ils écrivirent à leur fils missionnaire qu'ils viendraient le chercher — bien entendu, en prenant les dispositions nécessaires avec le président de mission — et l'emmèneraient avec eux à Chicago. Mais lorsqu'ils arrivèrent, le garçon dit : « Non, Père, je ne pourrais pas être un lâcheur. Je ne pourrais pas quitter ma mission. Je ne peux pas partir en voyage avec vous. Toi et Mère, partez et amusez-vous bien, et laissez-moi ici dans mon œuvre missionnaire. » ¶
Certains d'entre vous ont entendu l'évêque Isaacson raconter une histoire semblable au sujet de son fils. Lorsqu'il se rendit dans l'est pour prendre des dispositions avec sa société afin de pouvoir entrer dans l'Épiscopat président, il écrivit à son fils, à Boston, que lui et la mère du garçon allaient venir lui rendre visite, et le garçon répondit en écrivant : « Eh bien, Père, j'aimerais assurément vous voir, Mère et toi, mais souvenez-vous simplement que je n'aurai pas beaucoup de temps à vous consacrer. Je ne peux pas le soustraire à mon œuvre missionnaire. » ¶
Le président Smith, ce matin, a évoqué les quelque soixante-dix mille missionnaires qui sont sortis pour cette Église. J'ose dire que, parmi ces soixante-dix mille, vous n'auriez pu en trouver une demi-douzaine qui auraient abandonné leur appel en mission pour tout l'argent de ce monde ou pour quelque poste qu'on aurait pu leur offrir. Existe-t-il au monde un pouvoir capable d'implanter de tels sentiments dans le cœur des enfants des hommes ? Pensez-vous que Joseph Smith aurait pu le faire, que Brigham Young aurait pu le faire, que le président Smith pourrait le faire ? Non, c'est là le pouvoir du témoignage du Saint-Esprit. ¶
Quelques-uns de mes amis hollandais, un homme et sa femme, sont venus au bureau l'autre jour, et ils dirent : « Frère Richards, nous avons accompli une mission ensemble, mais nous aimerions assurément en accomplir une autre. » Puis il ajouta : « Si nous vendons notre maison et notre automobile, nous pourrons nous financer nous-mêmes. » Existe-t-il en ce monde une autre cause pour laquelle des hommes demanderaient le privilège de vendre tout ce qu'ils possèdent — même leur maison — sinon celle de pouvoir rendre témoignage de la vérité de cette grande œuvre des derniers jours ? On pourrait dire bien davantage sur les sacrifices consentis pour l'œuvre missionnaire. ¶
La loyauté envers les dirigeants de l'Église ¶
Certains d'entre vous se souviendront d'avoir entendu le président Anthony W. Ivins, dans une réunion de prêtrise ici même dans ce tabernacle, raconter combien de fois il avait vendu tout ce qu'il possédait pour pouvoir répondre à l'appel de son Église, et déménager, même jusque dans les colonies du Mexique, lui, ce grand dirigeant qui aurait pu être ici un si grand chef politique. Pourquoi y alla-t-il ? Aurait-il choisi ou décidé de lui-même d'y aller ? Non, il y alla à cause d'un témoignage de l'Esprit de Dieu qui brûlait dans son âme, et c'est là le pouvoir par lequel le royaume croît. ¶
Vous avez entendu le président Grant raconter comment on lui offrit un salaire de quarante mille dollars pour s'associer à une compagnie d'assurances dans l'est, alors qu'il n'était encore qu'un jeune homme. Mais il fut appelé de Dieu à être apôtre du Seigneur Jésus-Christ, et il ne put accepter l'offre de la compagnie d'assurances. Je veux vous dire qu'aujourd'hui, certains de nos dirigeants ont renoncé à des postes qui valaient environ dix fois l'allocation qu'ils reçoivent de l'Église pour vivre. Ils n'ont pas demandé le privilège de servir ainsi, et ils n'ont pas demandé ce qu'ils allaient recevoir. Ils furent appelés par la voix de l'oint du Seigneur, et c'est tout ce qui comptait, car dans leur âme se trouvait un témoignage de l'Esprit de Dieu. ¶
Que Dieu nous aide à vivre, à travailler et à enseigner de telle sorte que ce témoignage puisse toujours vivre dans le cœur de nos garçons et de nos filles, la jeunesse de Sion, je le prie humblement, au nom du Seigneur, Jésus-Christ. Amen. ¶