Pulpit

Discours de conférence

Joseph Fielding Smith

1948 April General Conference·Third Day Morning Session·1948-04-06

Mes chers frères et sœurs, j'ai besoin de votre aide et de la direction de l'Esprit du Seigneur. Je voudrais lire un peu du livre de Malachie, que je peux appeler un prophète du Rétablissement, car il a beaucoup à dire sur le Rétablissement.

Au troisième chapitre, nous lisons :

Un prophète du Rétablissement

Voici, j'enverrai mon messager ; Il préparera le chemin devant moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; Et le messager de l'alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit l'Éternel des armées. (Malachie 3:1.)

Dans le monde entier prévaut l'idée que cette prédiction se rapporte à la première venue du Christ, aux jours de son ministère, mais il n'en est rien ; elle se rapporte à sa seconde venue, car les prédictions qui suivent ne se sont pas accomplies lors de sa première venue, mais doivent s'accomplir lorsqu'il viendra avec puissance, au moment et avant la seconde venue. Nous lisons :

Qui pourra supporter le jour de sa venue ? Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il sera comme le feu du fondeur, Comme le savon de potasse des foulons.

Il s'assiéra, fondra et purifiera l'argent ; Il purifiera les fils de Lévi, Il les rendra purs comme on rend pur l'or et l'argent, Et ils présenteront à l'Éternel des offrandes avec justice.

Alors l'offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l'Éternel, Comme aux anciens jours, comme aux années d'autrefois.

Je m'approcherai de vous pour le jugement, Et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, Contre ceux qui jurent faussement, Contre ceux qui retiennent le salaire de l'ouvrier, Qui oppriment la veuve et l'orphelin, Qui font tort à l'étranger et ne me craignent pas, Dit l'Éternel des armées. (Ibid., 3:2-5.)

Nous comprenons maintenant, et le monde entier pourrait comprendre, que l'offrande de Juda, aux jours du ministère du Christ, n'était pas agréable. Lévi n'était pas alors purifié, mais Juda et Lévi se détournaient du Seigneur. C'est dans la dispensation de la plénitude des temps que ces choses doivent s'accomplir.

Au quatrième chapitre, Malachie parle de nouveau de la venue du Fils de Dieu, en ces termes :

Car voici, le jour vient, Ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume ; Le jour qui vient les embrasera, Dit l'Éternel des armées, Il ne leur laissera ni racine ni rameau. (Ibid., 4:1.)

Cela se produira lorsque notre Sauveur viendra dans sa gloire pour exercer sa vengeance sur les impies et prendre sa place en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Ce prophète Malachie poursuit ensuite en disant qu'avant que ce jour, qui sera terrible, ne puisse venir, Élie le prophète devait venir, et voici les paroles telles que nous les avons dans cette traduction du roi Jacques :

Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, Avant que le jour de l'Éternel arrive, Ce jour grand et redoutable.

Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, Et le cœur des enfants à leurs pères, De peur que je ne vienne frapper le pays de malédiction. (Ibid., 4:5-6.)

Le grand et redoutable jour approche

Le monde entier devrait prendre note de cette prédiction, mais le monde ne la comprend pas. Assurément, les signes des temps indiquent que le grand et redoutable jour est proche, même à nos portes. Le figuier, au sens figuré, pousse ses feuilles. Le trouble, la peine, la guerre et l'effusion de sang que nous avons vus, et que nous voyons encore, indiquent tous que ce jour de la venue du Fils de Dieu est proche. C'est pourquoi Élie le prophète doit apparaître. Je suis certain que vous conviendrez avec moi qu'il est déjà apparu, car nous en avons le témoignage rapporté par des témoins. C'était le troisième jour d'avril 1836, lorsqu'il vint au temple de Kirtland, auprès de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery, et leur conféra les clefs de sa prêtrise et leur dit qu'il venait en accomplissement de la prophétie de Malachie, pour ramener le cœur des pères aux enfants, et celui des enfants aux pères, de peur que toute la terre ne fût frappée d'une malédiction.

C'est pourquoi les clefs de cette dispensation sont remises entre vos mains, et vous saurez, par là, que le jour du Seigneur, jour grand et redoutable, est proche, et même à la porte. (D. & A. 110:16.)

Le Rétablissement par Élie

Eh bien, naturellement, le monde ne croit pas qu'Élie soit venu auprès de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery ; mais il n'existe nulle part au monde d'autre témoignage attestant qu'il soit venu auprès de quelqu'un d'autre. Il n'y a eu aucune autre apparition, ni aucune autre prétention à une apparition et à un rétablissement de sa prêtrise à quelqu'un d'autre. Ne pouvons-nous donc pas, avec une parfaite cohérence, affirmer qu'il est effectivement venu à cette occasion et qu'il a effectivement rétabli les clefs de son autorité à ces deux hommes humbles, ce qui a ramené le cœur des pères à leurs enfants et le cœur des enfants à leurs pères ? Personne d'autre n'a jamais contesté cette prétention en présentant une autre prétention. Et pourquoi ne pourrait-il pas venir à Joseph Smith et à Oliver Cowdery aussi bien qu'à n'importe qui d'autre ? Je vous témoigne qu'il est réellement venu, et si le monde veut le savoir aussi, il le peut. Nous avons une abondance de témoignages attestant que ce récit est vrai. Si Joseph Smith et Oliver Cowdery avaient menti, il leur aurait été impossible de ramener le cœur des pères à leurs enfants et le cœur des enfants à leurs pères. Assurément, ils n'auraient eu aucun pouvoir pour le faire. Il est vrai qu'à la suite de leur déclaration selon laquelle Élie était réellement venu, le cœur des enfants a commencé à se tourner vers leurs pères défunts. Il existe de solides présomptions que cela était dû au fait que ces clefs avaient été rétablies. C'est un fait démontré que le cœur des enfants s'est tourné vers leurs pères.

L'activité généalogique

J'ai ici quelques renseignements que je juge importants, et cette venue d'Élie est l'une des choses essentielles de l'histoire de ce monde. Elle est essentielle pour moi, pour vous et pour toute autre âme sur la face de la terre. Avant les jours de la venue d'Élie en 1836, il n'y avait aucune entreprise d'importance pour rechercher les registres des morts. Ce qui se faisait, ici et là, concernait habituellement quelque succession. Les gens ne tournaient pas leur cœur vers leurs pères défunts. Ils ne recherchaient pas les registres. Ils ne les compilaient pas. Il n'existait, à ma connaissance, aucune organisation ni société sur la face de la terre, avant l'année 1836, qui rassemblât les registres des morts. En 1837, cependant, un an plus tard, la Grande-Bretagne adopta des lois prévoyant et exigeant la conservation des registres des morts. En l'année 1844, la New England Historical and Genealogical Society fut organisée à Boston, et je crois que ce fut la première organisation de ce genre dans le monde. En 1869, la New York Genealogical and Biographical Society, dans la ville de New York, fut organisée. Puis suivirent rapidement d'autres sociétés tout le long de la côte atlantique des États-Unis, du Maine à la Géorgie. Puis ces organisations commencèrent à se répandre à l'intérieur des terres, et cet esprit gagna les habitants d'autres régions. J'ai visité certaines de ces sociétés dans diverses régions des États-Unis, et elles s'étendent maintenant de l'est jusqu'à l'océan Pacifique. En Grande-Bretagne, des sociétés généalogiques ont été organisées dans pratiquement tous les comtés de ce pays et en Écosse. Ces registres ont également été conservés et classés dans d'autres pays d'Europe, les pays d'où sont venus les Saints des derniers jours. Cet esprit a gagné les gens, non seulement dans l'Église, mais aussi beaucoup de ceux qui ne sont pas de l'Église, et eux aussi recherchent les registres des morts et les compilent.

La fréquence des recherches généalogiques. En l'année 1902, j'eus le privilège d'aller dans l'est en mission généalogique. Mon père voulait que j'y aille parce qu'il y avait une certaine confusion dans notre lignée familiale à cette époque reculée, qu'il voulait que j'éclaircisse. Je retournai dans le comté d'Essex, au Massachusetts. À Topsfield, où nos ancêtres s'établirent d'abord aux États-Unis, je fis la connaissance de M. George Francis Dow, un homme très en vue du Massachusetts. Je lui expliquai le but de ma visite dans cette région. Il m'invita chez lui. Je lui demandai où je pourrais trouver les meilleures sources d'information pour mes recherches. Il me dit : « Vous n'avez besoin d'aller nulle part. J'ai tous ces renseignements. Je les ai compilés. » Il mit alors entre mes mains ce registre, et je le trouvai déjà préparé. Il travaillait aussi sur bien d'autres lignées. Pendant mon séjour, je rencontrai un certain M. Perley, un avocat en vue de Salem, au Massachusetts. Lui aussi se livrait à des recherches généalogiques. J'eus avec lui une longue conversation. Il me dit qu'il avait entrepris une grande œuvre pour le bénéfice des descendants des gens qui s'étaient établis dans le comté d'Essex. « Mon ambition, dit-il, si je puis y parvenir, est de rechercher les registres de chaque personne qui vint s'établir dans le comté d'Essex avant l'année 1700. » Je lui dis : « M. Perley, vous vous êtes taillé là une grande tâche, n'est-ce pas ? » Il répondit : « Oui, et je crains de ne jamais la terminer. » Je lui dis alors : « Pourquoi faites-vous cette œuvre ? » Il réfléchit un instant, parut assez perplexe, puis répondit : « Je ne sais pas pourquoi, mais je m'y suis mis, et je ne peux pas m'arrêter. » Je lui dis : « Je peux vous dire pourquoi vous faites cette œuvre et pourquoi vous ne pouvez pas vous arrêter, mais si je vous le disais, vous ne me croiriez pas et vous ririez de moi. » « Oh, dit-il, je ne sais pas. Si vous pouvez me le dire, je suis certain que cela m'intéressera. » Alors je lui parlai de la prophétie concernant Élie et de l'accomplissement de cette promesse au prophète Joseph Smith et à Oliver Cowdery, le 3 avril 1836, dans le temple de Kirtland, et de la manière dont cet esprit de recherche avait gagné beaucoup de gens, qui avaient tourné leur cœur vers la recherche des morts en accomplissement de cette grande promesse qui devait s'accomplir avant la seconde venue, afin que la terre ne fût pas frappée d'une malédiction. Maintenant les enfants tournaient leur cœur vers leurs pères, et nous accomplissions l'œuvre par procuration pour les morts afin qu'ils puissent trouver la rédemption et avoir le privilège d'entrer dans le royaume de Dieu, bien que morts.

Quand j'eus terminé, il rit et dit : « C'est une très jolie histoire, mais je n'y crois pas. » Pourtant, il admit qu'il y avait quelque chose qui le poussait à poursuivre cette recherche, et qu'il ne pouvait pas s'arrêter. J'ai rencontré beaucoup d'autres personnes qui, elles aussi, avaient commencé et ne pouvaient pas s'arrêter, des hommes et des femmes qui ne sont pas membres de l'Église. Nous trouvons donc aujourd'hui des milliers d'hommes et de femmes qui recherchent les registres des morts. Ils ne savent pas pourquoi, mais c'est ainsi que nous pouvons obtenir ces registres compilés et aller dans nos temples faire l'œuvre par procuration pour nos morts.

Le président Clark nous a dit que l'Église consacre des sommes considérables à recueillir des registres en Europe afin que nous puissions rechercher nos ancêtres, aller dans la maison du Seigneur et faire l'œuvre par procuration pour eux.

Voici maintenant quelque chose que je trouve intéressant. En 1935, M. T. B. Thompson publia A Catalogue of British Family Histories. Il comprenait les titres et les années de publication d'environ deux mille soixante et onze familles, et était censé être une liste complète de tous ces registres publiés jusqu'à cette date. Voici ses chiffres depuis la date de l'invention de l'imprimerie :

De 1450 à 1600, furent publiées 2 histoires de famille. De 1600 à 1700, furent publiées 18 histoires de famille. De 1700 à 1800, furent publiées 72 histoires de famille. De 1800 à 1836, année de la venue d'Élie, furent publiées 100 histoires de famille.

De 1837 à 1935, furent publiées 1 879 histoires de famille.

Les clefs du pouvoir de scellement

Il s'agissait là de registres en Europe, et depuis l'année 1836, des milliers de registres des morts ont été publiés en Grande-Bretagne et aux États-Unis. J'ai d'autres choses que je voudrais vous présenter, mais je ne le puis en ce moment. Permettez-moi cependant d'attirer votre attention, mes bons frères et sœurs, sur le fait qu'Élie a rétabli à cette Église et, s'ils voulaient bien le recevoir, au monde, les clefs du pouvoir de scellement ; et ce pouvoir de scellement appose le sceau de l'approbation sur toute ordonnance accomplie dans cette Église, et plus particulièrement sur celles qui sont accomplies dans les temples du Seigneur. Grâce à ce rétablissement, chacun de vous, mes frères, a le privilège d'aller dans cette maison ou dans l'un des autres temples (je crois que la plupart d'entre vous l'ont fait) pour faire sceller votre femme à vous pour le temps et pour toute l'éternité, et faire sceller aussi vos enfants à vous, ou mieux encore, les faire naître sous cette alliance. Quel privilège glorieux de savoir que l'organisation familiale demeurera intacte ! Elle n'est pas détruite. Elle ne prend pas fin lorsque nous nous sommes conformés à la loi divine en vertu des clefs détenues par le président de l'Église. Nous pouvons aller dans la maison du Seigneur et accomplir ces choses, et être baptisés pour nos morts, pour ceux qui sont morts, disent les Écritures, et nous l'avons entendu répéter à cette conférence, sans avoir eu connaissance de l'Évangile. Notre devoir est de rechercher nos morts, et je suis très reconnaissant que l'Église nous aide en ces matières en se procurant les registres des morts afin que nous puissions les avoir, et notre devoir est d'accomplir les ordonnances nécessaires en leur faveur dans nos temples.

Déclaration du prophète Joseph Smith Le prophète Joseph Smith a dit :

La Bible dit : « Je vous enverrai Élie, le prophète, avant la venue du jour grand et redoutable de l'Éternel ; et il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper la terre d'une malédiction. »

Or le mot « ramener » ici devrait être traduit par lier ou sceller. Mais quel est l'objet de cette importante mission ? ou comment doit-elle s'accomplir ? Les clefs doivent être remises, l'esprit d'Élie doit venir, l'Évangile doit être établi, les saints de Dieu rassemblés, Sion édifiée, et les saints doivent s'élever comme sauveurs sur le mont Sion.

Mais comment doivent-ils devenir sauveurs sur le mont Sion ? En bâtissant leurs temples, en érigeant leurs fonts baptismaux, et en allant recevoir toutes les ordonnances, les baptêmes, les confirmations, les lavements, les onctions, les ordinations et les pouvoirs de scellement sur leur tête, en faveur de leurs ancêtres qui sont morts, et en les rachetant afin qu'ils puissent sortir dans la première résurrection et être exaltés à des trônes de gloire avec eux ; et voici la chaîne qui lie le cœur des pères aux enfants, et des enfants aux pères, laquelle accomplit la mission d'Élie. . . .

Les saints n'ont pas trop de temps pour sauver et racheter leurs morts et rassembler leurs parents vivants, afin qu'eux aussi soient sauvés, avant que la terre ne soit frappée et que la destruction décrétée ne s'abatte sur le monde.

Je conseillerais à tous les saints d'aller de toute leur force et de rassembler en ce lieu tous leurs parents vivants, afin qu'ils puissent être scellés et sauvés, afin qu'ils soient prêts pour le jour où l'ange destructeur sortira ; et si toute l'Église se mettait de toute sa force à sauver ses morts, à sceller sa postérité et à rassembler ses amis vivants, sans consacrer aucun de son temps en faveur du monde, elle aurait à peine le temps d'en venir à bout avant que la nuit ne vienne, lorsque nul homme ne peut travailler ; . . .

La question est souvent posée : « Ne pouvons-nous pas être sauvés sans passer par toutes ces ordonnances, etc. ? » Je répondrais : Non, pas la plénitude du salut. Jésus a dit : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, et je vais vous préparer une place. » Le mot « maison » ici employé aurait dû être traduit par « royaume » ; et toute personne qui est exaltée à la plus haute demeure doit se conformer à une loi céleste, et à toute la loi. (D.H.C. 6:183-184.)

J'appelle votre attention sur ces choses. Que le Seigneur vous bénisse, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursJoseph Fielding Smith, « Discours de conférence », 1948 April General Conference, Third Day Morning Session (1948-04-06). Pulpit Vault, 1948-04-joseph-fielding-smith-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).