Pulpit

Discours de conférence

David O. McKay

1948 April General Conference·General Priesthood Meeting·1948-04-05

Frères et collaborateurs, certains d'entre vous qui avez dû occuper cette chaire pouvez apprécier le profond sentiment de responsabilité que j'éprouve en ce moment. Nul homme ne peut se présenter devant une assemblée de la prêtrise de Dieu sans un sentiment d'humilité et une prière dans le cœur pour demander la direction de notre Père céleste.

Les tragédies de la guerre

Lorsque le président Evans a parlé des pertes de la guerre, ma pensée est allée vers les parents dont les garçons ne sont pas revenus du champ de bataille. J'avais deux fils et un gendre dans la Seconde Guerre mondiale, et tous trois sont revenus sans blessure. Ainsi, la tragédie de perdre un fils n'a pas frappé directement sœur McKay et moi. J'ai cependant un ami très cher qui a perdu son fils unique, un fils idéal, plein de promesses, et un digne membre de l'Église. Mon cœur a saigné, avec mon ami, de cette perte. Mais il a quitté ce monde glorieusement, et j'emploie ce mot à dessein, car je suis certain qu'aucun jeune homme vivant n'a mieux mis en pratique le vieux dicton : « Sois apte à vivre, sois prêt à mourir », que ce jeune homme. Ces pensées me sont venues rien qu'à la mention de cette tragédie de la guerre.

Elles furent suivies d'autres tragédies, ici même, plus profondes, plus poignantes, plus tragiques que la mort des garçons sur le champ de bataille : c'est la dégradation de nos jeunes filles. Et il m'est venu à l'esprit l'image d'un foyer d'où sortirent trois jeunes filles. Elles vinrent à Salt Lake City chercher du travail, poussées, sans doute, par le désir d'aider à l'effort de guerre. Elles ont peut-être contribué à gagner la guerre, mais elles y ont perdu leur âme. Un policier m'a fait ses confidences et m'a raconté leur histoire. C'est tragique. Malheureusement, cela s'est répété ici, dans cette ville, et je suppose à Ogden et dans d'autres grandes villes. Je mentionne cela en lien avec la tragédie du divorce. J'approuve de tout cœur les suggestions faites par

Voici où je veux en venir : les frères se rendent compte que les dangers qui menacent nos jeunes filles qui quittent leur foyer pour aller travailler ou pour d'autres raisons sont toujours parmi nous. Il y a maintenant des tragédies quotidiennes dans cette ville. Si possible, nous voudrions les prévenir, ou du moins les réduire au minimum.

Comité d'aide aux jeunes filles saintes des derniers jours

Beaucoup d'entre vous, peut-être, ne savent pas que, pendant la guerre, frère Charles A. Callis et le président Alma Sonne furent nommés en comité pour voir ce qui pouvait être fait afin de protéger les jeunes filles qui quittaient leur foyer pour venir dans les centres. Vous ne savez peut-être pas non plus qu'une jeune femme a été nommée mère pour aider ce comité à retrouver ces jeunes filles et à leur éviter l'arrestation et la dégradation. Frère Callis est parti ; frère Sonne se trouve en

Europe. Deux autres frères ont été nommés, frère Spencer Kimball et frère Mark Petersen, du Collège des douze. Les rapports des activités de cette jeune femme et de ceux qui l'ont assistée sont entre leurs mains. Il est réjouissant de constater qu'un certain nombre de jeunes filles ont été sauvées ; mais certaines ont été perdues.

Récemment, vous avez reçu une lettre, évêques, vous demandant d'avertir ces frères de toute jeune fille qui quitterait votre paroisse, pour quelque raison que ce soit, pour se rendre dans une autre ville. Il faudra que les instructeurs de paroisse et ceux qui ont la charge des jeunes filles — des adolescentes — vous assistent dans ce devoir. Voici une occasion d'appliquer l'injonction de notre Père céleste aux instructeurs : « . . . de toujours veiller sur les membres de l'Église, d'être avec eux et de les fortifier. » (D. & A. 20:53.) Aucune autre organisation au monde, je pense, n'est aussi bien équipée que l'Église pour protéger nos jeunes gens et nos jeunes filles et les préserver des tragédies du péché. Voulez-vous, s'il vous plaît, coopérer avec ces frères, pour votre propre bien, pour le bien des pères et des mères qui, peut-être, ont perdu le contrôle de leurs enfants. Les rapports indiquent que la plupart de ces malheureuses viennent de foyers brisés. Ce sont des tragédies.

Brebis perdues

Autre chose : une fois par mois, grâce à l'obligeance de deux officiers du comté, me parviennent sur mon bureau des rapports sur les jeunes gens et les hommes plus âgés qui ont été pris dans les mailles de la loi. Dans ces rapports, ceux qui détiennent la prêtrise sont désignés. Vous, instructeurs, le savez-vous ? Tant de diacres, tant de prêtres, tant d'instructeurs, tant d'anciens, de soixante-dix et de grands prêtres. Ce sont peut-être là aussi des tragédies ! Souvenez-vous que l'injonction : « toujours veiller sur les membres de l'Église » ne signifie pas seulement une fois par mois.

Dans la parabole de la brebis perdue, quatre-vingt-dix-neuf étaient en sûreté dans la bergerie, mais une s'était égarée ; et le bon berger ne se reposa pas avant que la brebis perdue ne fût retrouvée.

J'ai à l'esprit un autre thème, ce soir, que je voudrais introduire par ces deux affirmations : (1) que la vérité ne vieillit jamais ; et (2) que la responsabilité n'est jamais dissociée de la prêtrise.

L'importance de l'exemple

À la prêtrise ici assemblée ce soir, je cite la vérité et l'admonestation données par le chef des apôtres aux détenteurs de la prêtrise il y a plus de dix-neuf cents ans — ce chef des apôtres, mon préféré, écrivit cette lettre :

. . . moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable ; et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. (1 Pierre 5:1-9.)

Il n'y a qu'un seul élément que je veux souligner. Les instructions que je donne ont dix-neuf cents ans, et pourtant elles sont nouvelles aujourd'hui et tout aussi applicables qu'alors, aux anciens, venant du chef des anciens. Mais il a dit : « Soyez les modèles du troupeau. » Gardez toujours à l'esprit, collaborateurs, que l'exemple doit commencer au foyer. C'est le meilleur endroit pour exercer les idéaux élevés de la prêtrise.

Gratitude envers mes parents

Plus je vieillis, plus je suis reconnaissant envers mes parents, pour ce qu'ils ont fait pour nous, leurs enfants, dans cette vieille maison de campagne. Ils vivaient l'Évangile. Père avait l'habitude de le prêcher, surtout aux visiteurs qui venaient, plus qu'à nous, garçons et filles ; mais Père et Mère vivaient tous deux l'Évangile. Et j'ai compris, tout au long de cette conférence, plus que jamais auparavant, que mon témoignage de la réalité de l'existence de Dieu remonte à mon enfance, que les enseignements de mes parents et leur exemple m'ont conduit à la connaissance absolue que Dieu est mon Père ; que j'ai reçu alors la connaissance de la réalité du monde spirituel, et je vous témoigne ce soir que c'est là une réalité.

Il m'est tout aussi facile d'accepter comme une vérité divine le fait que le Christ ait prêché aux esprits en prison pendant que son corps reposait dans le tombeau, qu'il m'est facile de vous regarder depuis cette chaire. C'est vrai. Et il m'est tout aussi facile de comprendre qu'on peut vivre de telle sorte que l'on reçoive des impressions et des messages directs par le Saint-Esprit. Le voile est mince entre ceux qui détiennent la prêtrise et les messagers divins de l'autre côté du voile.

Ce témoignage naquit dans ce foyer, grâce à l'exemple d'un homme qui vivait la prêtrise et d'une épouse qui le soutenait et la vivait dans la vie quotidienne. Je ne sais pas si Pierre avait particulièrement cela à l'esprit lorsqu'il a dit : « Soyez les modèles du troupeau », mais je sais que chaque foyer fait partie de ce troupeau. L'influence que vous répandez dans votre foyer se propagera dans toute la ville, dans tout le comté, dans les paroisses et les pieux.

La vérité ne vieillit jamais

La chose la plus précieuse au monde est un témoignage de la vérité. Je le répète, la vérité ne vieillit jamais, et la vérité est que Dieu est la source de votre prêtrise et de la mienne ; qu'il vit, que Jésus-Christ, le grand Souverain Sacrificateur, se tient à la tête de cette Église, et que tout homme qui détient la prêtrise, s'il vit convenablement, sobrement, laborieusement, humblement et dans la prière, a droit à l'inspiration et à la direction du Saint-Esprit. Je sais que cela est vrai.

La force de résister au mal

Pierre exhorta les jeunes gens à se garder des péchés du monde. Les choses mauvaises les tentent. Maintenant est le temps où nos jeunes gens sont tentés. Ils l'ont toujours été. Certains ont résisté et d'autres non, mais ceux qui ont résisté ont réussi et sont heureux. C'est la vie la plus heureuse. Les garçons de notre Église qui maintiennent les normes sont ceux qui sont respectés et qui reçoivent l'estime des hommes du monde aussi bien que de ceux de l'Église.

Pour le bien de ces jeunes gens qui nous ont inspirés ce soir et qui sont venus ici en si grand nombre pour chanter les cantiques de la moindre prêtrise, je vais conclure par l'histoire d'un garçon qui n'appartenait pas à l'Église — autant que je sache — mais qui, arrivé à l'adolescence, se lança dans les affaires en utilisant l'héritage de son père. Son père lui avait donné un bon exemple. Puis il se trouva dans des difficultés financières ; et, dans sa détresse, il alla voir un ami de son père, un certain M. Chaplin. « Monsieur Chaplin, dit le jeune homme, je suis dans la détresse, et j'ai besoin de dix mille dollars. Ceux sur qui je comptais ne m'ont pas payé. Peut-être le feront-ils, mais ils ne l'ont pas fait à ce jour, et j'ai besoin d'argent. Je suis venu vous voir parce que vous connaissiez mon père. » « Entre, dit M. Chaplin, prends un verre de vin. » « Non, merci, dit le jeune homme, je ne bois pas. » « Eh bien, entre quand même, et prends un cigare. » « Non, merci, je ne fume pas. » « Eh bien, je regrette, mais je ne pense pas pouvoir te prêter cet argent. » « Très bien, dit le jeune homme, je suis désolé. » Et il se dirigea vers la sortie. « Attends un instant, dit M. Chaplin, qui venait de le mettre à l'épreuve, viens ici. Ton père m'a posé ces mêmes questions il y a des années. Il m'a fait confiance pour cinq mille dollars, et je vais te faire confiance pour dix, ou cinq fois ce montant si tu le veux. Non, ne me remercie pas, je le dois à ton père. Il m'a fait confiance comme je te fais confiance, et j'essaie simplement de le lui rendre. »

Pensez-y, jeunes gens ! Essayez d'imaginer ce qui se serait passé si le garçon avait pris son vin et son tabac, simplement pour se donner en spectacle devant un autre. Un exemple !

La responsabilité de garder ces jeunes gens et de les aider commence dans nos foyers et n'est jamais dissociée de la prêtrise.

Que Dieu nous aide à être fidèles au témoignage qui est le nôtre ; qu'il nous donne le pouvoir de nous acquitter de la responsabilité placée sur nous lorsque la prêtrise du Tout-Puissant a été placée sur nos épaules et nous a été donnée comme une dotation éternelle, c'est ce que je prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid O. McKay, « Discours de conférence », 1948 April General Conference, General Priesthood Meeting (1948-04-05). Pulpit Vault, 1948-04-david-o-mckay-conference-address-2. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).