Pulpit

Discours de conférence

Marion G. Romney

1947 October General Conference·First Day Afternoon Session·1947-10-03

Mes bien-aimés frères et sœurs, je me présente devant vous avec une profonde reconnaissance pour mon association avec vous et pour ma communion dans l'Église. Je me tiens devant vous dans l'humilité, priant pour que l'Esprit du Saint-Esprit me guide pendant que je parle, car je suis profondément convaincu de la déclaration de Néphi selon laquelle, lorsqu'un homme parle par le pouvoir du Saint-Esprit, le pouvoir du Saint-Esprit le porte jusqu'au cœur des enfants des hommes. Dans tout mon ministère dans l'Église, je veux parler et agir sous l'influence de cet Esprit. Sans lui, je pense que nous ne sommes rien, moins que rien, dans ce service.

La paix au milieu de l'agitation

Je suis très reconnaissant de la paix et du calme qui règnent ici, dans cette réunion. Il me semble que nous sommes assis en plein centre d'un ouragan, pour ainsi dire. Vous vous souviendrez du récit selon lequel, lorsque l'ouragan passa sur La Nouvelle-Orléans, il sema un grand ravage pendant un moment, puis soudain un calme tomba sur la scène ; le vent et la pluie cessèrent ; et le chaud soleil perça à travers les nuages qui se dissipaient. Pendant quelques instants, la ville se trouva dans l'« œil » de l'ouragan.

Dans le monde d'aujourd'hui règnent la discorde et l'incertitude de toutes parts. Mais ici, nous jouissons de la paix. J'ai pensé ce matin, tandis que le président Smith parlait, quelle chose glorieuse c'est de jouir de la paix au milieu de l'agitation que le monde souffre aujourd'hui. L'une des raisons pour lesquelles nous jouissons de cette grande paix est le résultat de l'attitude avec laquelle nous venons à la conférence. Nous ne sommes pas venus ici pour négocier et manœuvrer pour une position, ni pour faire évoluer, de notre propre sagesse, des politiques d'action dictées par l'opportunisme. Nous sommes venus ici pour entendre exposer les principes éternels de vérité par des hommes que Dieu a dotés du pouvoir de les exposer.

Les principes directeurs de la vérité

Je suis reconnaissant de savoir que, dans l'Évangile de Jésus-Christ, il y a des principes de vérité éternelle. Ils guident ma vie, comme je sais qu'ils guident la vôtre. Je suis très reconnaissant que le Seigneur ait jugé bon de nous donner ces principes. Je me rappelle aussi que le Seigneur a donné à cette grande nation certains principes qui, s'ils étaient suivis, nous épargneraient une grande partie de la confusion qui règne dans nos conseils nationaux et internationaux. Ces grands principes sont énoncés dans deux courts documents, la Déclaration d'indépendance et la Constitution des États-Unis.

Dans la Constitution, le Seigneur a exposé de sages principes pour le gouvernement de cette grande nation. Il a déclaré, dans une révélation au prophète Joseph Smith, qu'il avait fait naître la Constitution des États-Unis par l'intermédiaire d'hommes qu'il avait suscités précisément à cette fin.

Sous elle fut établie une grande forme de gouvernement représentatif, une forme de gouvernement républicain. Si les principes énoncés dans la Constitution des États-Unis étaient suivis par tous les hommes qui exercent l'autorité dans les gouvernements, nous aurions la paix sur la terre. Cela est vrai parce que, par l'inspiration du ciel, cette Constitution a prévu la meilleure forme de gouvernement politique jamais conçue pour l'usage de l'homme.

Le gouvernement de l'Église

Or, le Seigneur a également établi une forme de gouvernement dans l'Église. J'aimerais vous dire un peu ce que je comprends de cette forme de gouvernement. Le Seigneur dit que c'est un « royaume ». Je crois qu'il dit, dans l'une des révélations, que nous devrions prier pour que le royaume de Dieu se répande sur la terre, afin que ses habitants puissent le recevoir et se préparer à rencontrer le royaume des cieux quand il viendra, avec le Maître à sa tête. Le gouvernement de l'Église, dans son fonctionnement, est bien différent du gouvernement des États-Unis.

Dans l'Église existe un principe démocratique connu sous le nom de loi du consentement commun. Il fut révélé avant l'organisation de l'Église. J'ai ici un extrait du premier volume de la Documentary History of the Church, écrite par le prophète Joseph Smith. Il dit qu'en 1829, dans la maison du père Whitmer, qui se trouvait dans le comté de Seneca, comme vous vous en souviendrez,

. . . la parole du Seigneur nous vint dans la chambre, nous commandant que j'ordonne Oliver Cowdery ancien dans l'Église de Jésus-Christ ; et que lui aussi m'ordonne au même office ; et ensuite d'en ordonner d'autres, selon que cela nous serait révélé de temps à autre. Il nous fut cependant commandé de différer cette ordination jusqu'à ce qu'il fût possible de réunir nos frères, qui avaient été baptisés ou qui le seraient, ensemble, moment où nous devrions avoir leur assentiment pour ainsi procéder à nous ordonner l'un l'autre, et les laisser décider par vote s'ils étaient disposés à nous accepter comme instructeurs spirituels ou non. (Documentary History of the Church, vol. 1, p. 60, 61.)

Le principe du consentement commun

L'Église n'était pas très ancienne avant que le Seigneur ne donne cette directive dans une révélation :

Nul ne doit être ordonné à un office dans l'Église, lorsqu'il y a une branche dûment organisée de celle-ci, sans le vote de cette Église. (D. & A. 20:65.)

Dans le corps de l'Église réside un grand pouvoir. Nul homme ne peut présider une subdivision organisée de l'Église sans le consentement de ceux sur qui il doit présider. C'est là un pouvoir que Dieu a placé dans les membres de cette Église. Je pense parfois que, lorsque nous levons la main pour soutenir les autorités générales, nous ne sommes pas pleinement conscients de ce grand principe. Aucun de nous, je pense, n'a le droit de lever la main pour soutenir un homme ou une femme dans une position

dans l'Église s'il sait que cet homme ou cette femme est indigne de la position pour laquelle il est proposé.

Les membres de l'Église, cependant, n'ont pas le pouvoir de proposer des hommes ou des femmes pour une fonction dans l'Église. C'est là un trait distinctif entre le gouvernement civil, son fonctionnement, et le gouvernement de l'Église. L'autorité et le pouvoir de proposer des hommes et des femmes pour une fonction dans l'Église résident dans l'autorité présidente. Le pouvoir d'approbation réside dans les membres de l'Église.

Dieu, notre Père éternel, a désigné le prophète Joseph Smith comme son prophète, et il était responsable devant Dieu, notre Père éternel, et le Seigneur Jésus-Christ, et non devant les hommes. Mais même ainsi, les membres de l'Église auraient pu rejeter le prophète Joseph Smith comme président de l'Église. S'ils l'avaient fait, il n'aurait pu présider sur eux. Ils auraient, bien entendu, été apostats s'ils l'avaient rejeté, car il n'a jamais perdu l'approbation du Seigneur.

Lorsqu'un membre du Collège des douze apôtres doit être désigné, tel que je le comprends, le pouvoir de nomination réside dans le président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le peuple a le droit de soutenir. C'est ainsi que cela se passe, à tous les niveaux de l'Église. Lorsqu'un pieu doit être organisé, la présidence de cette Église envoie des membres des autorités générales pour choisir et proposer au peuple l'homme qui doit être soutenu, et le peuple peut le recevoir ou le rejeter par son propre vote. Cela élimine la politique de notre Église. Vous n'entendez jamais un futur président de pieu promettre au peuple que, s'il le soutient, il fera de tel homme l'évêque de telle paroisse, et de tel autre homme l'évêque d'une autre paroisse, et de telle femme la présidente de la Société de Secours, et de telle autre la présidente de la Mutuelle, et ainsi de suite.

Une direction inspirée

Le Seigneur a établi une procédure parfaitement sûre en plaçant le pouvoir de nomination dans les officiers présidents, car derrière le gouvernement de l'Église sur la terre se trouve le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Je crois que lorsque la présidence de cette Église nomme une personne à une fonction, il ne s'agit pas d'une nomination personnelle. J'ai cette confiance en la présidence et ce témoignage de la divinité de cette Église. Je crois que le Seigneur Jésus-Christ leur révèle, par l'esprit du Saint-Esprit, les hommes qu'ils doivent nommer à une fonction, et je crois que ce même esprit inspirera et dirigera les présidents de pieu, les évêques de paroisse et les responsables des autres organisations de cette Église, s'ils vivent de manière à mériter une telle inspiration, de sorte que, lorsqu'ils nomment des personnes à une fonction, ils les nomment sous l'inspiration de l'Esprit Saint.

En plus de l'inspiration du Seigneur à laquelle chaque personne a droit selon son appel, nous avons, révélés et consignés dans les Doctrine et Alliances et les autres ouvrages de l'Église, des principes éternels de vérité pour nous guider à travers le monde. Je pense

que nous devrions nous rappeler que nous possédons ces principes, car c'est un jour où la doctrine de l'opportunisme règne dans le monde, et où les hommes et les femmes agissent généralement selon le principe de l'expédient. Ce faisant, ils s'enfoncent de plus en plus dans la confusion. Dans l'Église, en revanche, tant que nous suivons les principes de l'Évangile et la procédure d'organisation propre de l'Église, nous avançons vers la paix, la prospérité et le bonheur.

Je pense que nous devrions étudier ces principes éternels. Je sais que le Seigneur a dit que nous devions étudier toutes choses. Nous devrions devenir savants dans les choses de ce monde, étudier les nations, les histoires, les sciences et toutes les autres choses ; mais les principes éternels de vérité par lesquels nous devons guider nos vies, nous ne devons pas les apprendre par l'étude des choses enseignées par les hommes sans l'inspiration du Saint-Esprit. Rappelez-vous ce que le Seigneur a dit aux missionnaires lorsqu'il les envoya. Il a dit qu'il ne les envoyait pas pour être enseignés ; il les envoyait pour enseigner aux enfants des hommes les choses qu'il avait mises entre leurs mains par le pouvoir de son esprit. Ils devaient apprendre ces choses d'en haut.

L'homme responsable de ses actes

Or, je pense que, parfois, nous nous éloignons de ces principes éternels de vérité. L'autre jour, j'étais dans une conférence où un homme a présenté, dans une réunion de prêtrise, la doctrine selon laquelle les torts de l'adultère devaient être mesurés par leur effet sur le groupe entier, et que l'individu adultère ne devrait pas porter le fardeau de son propre acte. Quelque temps auparavant, j'avais entendu présenter la doctrine selon laquelle celui qui vit la Parole de Sagesse ne devrait pas s'attendre à une bénédiction individuelle, conformément à la promesse que le Seigneur a donnée que « tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, . . . recevront la santé en leur nombril », et ainsi de suite, mais que la probabilité que l'individu reçoive de telles bénédictions serait accrue en raison de son appartenance à un groupe dont les principes sont plus élevés. Or, je crois que chaque homme sera jugé selon son propre dossier, et que l'adultère devra personnellement porter le jugement de son acte, et qu'il sera récompensé selon son acte, et je crois, comme le Seigneur l'a promis au premier verset de la 93e section des Doctrine et Alliances : « qu'en vérité, ainsi dit le Seigneur : il arrivera que toute âme qui délaisse ses péchés, vient à moi [Dieu], invoque mon nom, obéit à ma voix et garde mes commandements verra ma face et saura que je suis. »

Je voudrais trouver, lorsque je lis les leçons présentées dans les classes des organisations de cette Église, l'assurance que ce qui s'y trouve a été écrit à la lumière de la connaissance et de la compréhension des principes éternels de l'Évangile, sans être affecté par le savoir et les philosophies des hommes. Je pense que nous ne pouvons expliquer les enseignements de Jésus, tels qu'ils sont consignés dans le Nouveau Testament, en l'absence de la lumière de ce que le Rédempteur lui-même a dit de ces enseignements dans les révélations modernes, et je pense que nous devons nous attacher à ces principes éternels. Nous

devons apprendre ce qu'ils sont. Si nous consacrions ne serait-ce qu'une partie du temps que nous passons à lire les écrits non inspirés des hommes à l'étude de l'Évangile de Jésus-Christ tel qu'il est écrit dans les révélations, nous ne serions pas trompés comme nous le sommes parfois.

Que Dieu nous bénisse afin que nous comprenions qui nous sommes et que nous possédons, dans l'Évangile, des principes éternels de vérité. Puisse-t-il nous donner le courage et la force de vivre selon eux, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursMarion G. Romney, « Discours de conférence », 1947 October General Conference, First Day Afternoon Session (1947-10-03). Pulpit Vault, 1947-10-marion-g-romney-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).