Pulpit

Discours de conférence

Harold B. Lee

1947 October General Conference·Second Day Morning Session·1947-10-04

Il y a quelques semaines, j'ai eu un entretien avec un jeune homme qui se remet de façon remarquable de blessures très graves reçues sur le champ de bataille européen. Dans l'explosion d'une mine terrestre, ce jeune homme avait subi une grave blessure à la colonne vertébrale qui l'avait presque entièrement paralysé, et lorsque l'équipe de secours vint le porter hors du champ de bataille, l'ennemi ouvrit une rafale de mitrailleuse dont il reçut six blessures par balle dans la poitrine. On le transporta à l'hôpital dans un état que l'on croyait mourant. Alors qu'il était allongé sur son lit, après avoir été soigné par les chirurgiens, un aumônier vint le voir, portant l'insigne d'une église confessionnelle. Il demanda à ce jeune homme quelle était sa religion. Apprenant qu'il était saint des derniers jours, l'aumônier dit : « Eh bien, alors, vous préférez peut-être que je ne prie pas pour vous. »

Prière de l'aumônier

« Oh, si, dit le jeune homme, j'aimerais que vous priiez pour moi, si vous en avez le désir. »

Alors l'aumônier, avec beaucoup de déférence, dit : « Eh bien, je vais retirer l'insigne de mon église et m'agenouiller ici, près de votre lit. Nous prierons alors tous les deux simplement ensemble, comme deux hommes de Dieu. »

Le jeune homme raconta que l'aumônier pria pendant environ vingt minutes. L'essentiel de sa prière, la chose dont il se souvenait le mieux de ce que l'aumônier avait dit, ce qui le soutint et lui donna le désir de vivre, fut ceci :

Ô Dieu, aide-nous à ce que, dans notre vie, nous n'ayons pas peur de mourir, et que, dans notre mort, nous n'ayons pas peur de vivre.

J'ai souvent repensé à cette prière depuis, et je me suis posé cette question : combien de milliers sont-ils, parmi nous aujourd'hui, à mener une vie telle que, s'ils ne se repentent pas, elle les rendrait effrayés de mourir, et qu'en mourant, ils pourraient avoir peur de vivre dans l'au-delà ?

Le but de l'Évangile de Jésus-Christ est d'enseigner aux hommes à vivre de telle sorte que, lorsqu'ils mourront, selon les mots de l'immortel « Thanatopsis » :

Tu ne t'en iras pas comme l'esclave de la carrière dans la nuit, chassé à coups de fouet vers son cachot, mais soutenu et apaisé par une confiance inébranlable...

L'Évangile, « loi parfaite de la liberté »

L'apôtre Paul a défini l'Évangile comme la « puissance de Dieu pour le salut », et pour l'apôtre Jacques, l'Évangile était la « loi parfaite de la liberté ».

Le Maître a développé cette dernière définition dans les paroles qu'il adressa à ceux qui l'écoutaient, lorsqu'il dit :

Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. (Jean 8:31-32.)

La nature de cette liberté et de cet affranchissement dont parlait le Maître, il l'a expliquée plus avant dans une révélation qui nous a été donnée de nos jours, parlant d'Adam et de toute sa postérité, qui représente l'humanité tout entière. Le Seigneur dit :

C'est pourquoi, moi, le Seigneur Dieu, je le fis chasser du jardin d'Éden, de ma présence, à cause de sa transgression, en quoi il devint spirituellement mort, ce qui est la première mort, c'est-à-dire cette même mort qui est la dernière mort, qui est spirituelle, qui sera prononcée sur les méchants lorsque je dirai : Éloignez-vous, maudits. Mais voici, je vous dis que moi, le Seigneur Dieu, j'ai donné à Adam et à sa postérité de ne pas mourir quant à la mort temporelle, avant que moi, le Seigneur Dieu, j'eusse envoyé des anges pour leur annoncer le repentir et la rédemption par la foi au nom de mon Fils unique. Et c'est ainsi que moi, le Seigneur Dieu, j'ai désigné à l'homme les jours de son épreuve, afin que, par sa mort naturelle, il soit ressuscité dans l'immortalité pour la vie éternelle, oui, tous ceux qui croiront ; et ceux qui ne croient pas, pour la damnation éternelle ; car ils ne peuvent pas être rachetés de leur chute spirituelle, parce qu'ils ne se repentent pas ; ... (D. et A. 29:41-44.)

« Il faut que vous naissiez de nouveau »

Cette révélation qui nous a été donnée de nos jours rend plus compréhensible la réponse que le Maître fit à Nicodème, qui vint lui demander ce qu'il devait faire pour être sauvé. En réponse, le Maître dit : « Il faut que vous naissiez de nouveau », — nés de l'eau et de l'esprit, sans quoi il ne pourrait voir ni entrer dans le royaume des cieux.

Le baptême par immersion symbolise la mort et l'ensevelissement de l'homme de péché ; et la sortie hors de l'eau, la résurrection à une nouveauté de vie spirituelle. Après le baptême, les mains sont imposées sur la tête du croyant baptisé, et il est béni pour recevoir le Saint-Esprit. C'est ainsi que celui qui est baptisé reçoit la promesse ou le don du Saint-Esprit, ou le privilège d'être ramené en la présence de l'un des membres de la Divinité, à qui, par l'obéissance et la fidélité, celui qui est ainsi béni peut recevoir la direction et les conseils du Saint-Esprit dans sa marche et ses paroles quotidiennes, tout comme Adam marchait et s'entretenait dans le jardin d'Éden avec Dieu, son Père céleste. Recevoir une telle direction et de tels conseils du Saint-Esprit, c'est renaître spirituellement.

La parabole du semeur

Malheureusement, il en est beaucoup, parmi ceux qui sont bénis de recevoir le Saint-Esprit et la compagnie de l'un des membres de la Divinité dans leur vie mortelle, qui manquent leurs bénédictions. Le Maître l'a clairement enseigné dans la parabole du semeur, où le semeur représentait les instructeurs de l'Évangile. Il classa en quatre groupes différents ceux à qui l'Évangile était enseigné. D'un groupe, il dit, en substance : « Ce sont ceux qui reçurent la semence le long du chemin, et les oiseaux vinrent aussitôt et l'emportèrent en la volant », désignant ceux qui entendirent la parole mais manquèrent de compréhension, et le diable se hâta d'ôter la parole de leur cœur, de peur qu'ils ne la reçoivent et ne croient pour leur salut.

Un autre groupe, il le compara à ceux qui reçurent la semence sur un sol pierreux, et elle commença à prendre racine, mais lorsque le soleil parut, elle fut brûlée et se dessécha parce qu'elle n'avait pas beaucoup de racine, désignant ceux qui reçurent la semence et eurent, pendant un temps, de la joie dans cette compréhension, mais qui, lorsque la persécution et l'affliction survinrent à cause de la parole, se scandalisèrent et déclinèrent dans leur croyance.

Un autre groupe, parmi ceux qui entendent l'Évangile, sont ceux qui le reçoivent comme parmi les épines, et les épines, après un temps, étouffèrent la semence. Ceux-là, dit-il, étaient comme ceux qui laissent les soucis de ce monde, la séduction des richesses, et les plaisirs et les convoitises du monde détruire leur activité dans l'Église, qui aurait pu les conduire sûrement à la vie éternelle.

Heureusement, il en était qui reçurent l'Évangile en bonne terre, et ceux-là rapportèrent, l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente. Et c'est à peu près ainsi que les membres actifs de l'Église semblent se répartir parmi nous aujourd'hui, les uns rendant un service de cent pour cent, et d'autres, malheureusement, seulement trente pour cent.

Ne pas parvenir à obtenir les bénédictions

De nouveau, en ce jour, le Seigneur nous a donné une révélation qui indique clairement pourquoi certains hommes ne parviennent pas à obtenir leurs bénédictions. Il dit :

Parce que leur cœur se porte tellement vers les choses de ce monde et aspire tant aux honneurs des hommes, qu'ils n'apprennent pas cette grande leçon : que les droits de la prêtrise sont inséparablement liés aux pouvoirs du ciel et que les pouvoirs du ciel ne peuvent être maîtrisés ou utilisés que selon les principes de la justice. Il est vrai qu'ils peuvent nous être conférés, mais lorsque nous entreprenons de couvrir nos péchés ou d'assouvir notre orgueil, notre vaine ambition, ou d'exercer, avec quelque degré d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes, voici, les cieux se retirent ; l'Esprit du Seigneur est attristé, et lorsqu'il est retiré, c'est la fin de la prêtrise ou de l'autorité de cet homme. Voici, avant qu'il s'en aperçoive, il est laissé à lui-même pour regimber contre les aiguillons, persécuter les saints et combattre Dieu. (D. et A. 121:35-38.)

Il me semble, d'après ce que nous en avons fait l'expérience, que c'est là le chemin progressif par lequel les hommes commencent à s'écarter. Ils commencent d'abord par « regimber contre les aiguillons ». Je me suis demandé ce que cela signifiait. Ce sont sans doute là les aiguillons de l'Évangile. Je me demande si ce ne sont pas là les choses évoquées dans le remarquable article que le président Clark publia il y a quelques années dans l'Improvement Era, qu'il appelait des « restrictions », les restrictions de la Parole de Sagesse, les restrictions imposées par la sanctification du jour du sabbat, les interdictions relatives aux jeux de cartes, les restrictions imposées par le programme d'entraide. Et ainsi de suite. Ce sont là les restrictions contre lesquelles certaines personnes semblent se rebeller, et contre lesquelles elles regimbent constamment — les « aiguillons » de l'Évangile.

Je me souviens, à ce propos, de ce que quelqu'un a dit en classant l'humanité. Il a dit qu'il n'y avait dans le monde que trois sortes de gens — « les saints, les je-m'en-fichistes et les mécontents », et ce sont peut-être les « mécontents » qui représentent ceux qui semblent regimber contre les aiguillons. Ce sont eux qui, ensuite, commencent à « persécuter les saints » et, finalement, à « combattre Dieu ».

Les apostats dans les ténèbres

En parlant de ceux qui persécuteraient les saints, je me souviens de ce que le prophète Joseph a dit pendant qu'il était sur la terre. Il a dit :

Ce sont les apostats qui ont fait subir aux fidèles les persécutions les plus sévères. Judas fut réprimandé et trahit aussitôt son Seigneur entre les mains de ses ennemis, parce que Satan était entré en lui. Il existe une intelligence supérieure accordée à ceux qui obéissent à l'Évangile de tout leur cœur, et si l'on pèche contre elle, l'apostat est laissé nu et dépourvu de l'Esprit de Dieu ; il est, en vérité, proche de la malédiction, et sa fin est d'être brûlé. Une fois que cette lumière qui était en eux leur est ôtée, ils deviennent aussi obscurcis qu'ils étaient auparavant éclairés, et alors, il n'est pas étonnant que toutes leurs facultés se liguent contre la vérité, et qu'ils cherchent, comme Judas, la destruction de ceux qui furent leurs plus grands bienfaiteurs. (Joseph Fielding Smith, Teachings of the Prophet Joseph Smith, p. 67.)

Oui, la persécution semble être le lot de ceux qui enseignent la vérité. Vous vous souvenez de ce que le Maître a dit :

Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. (Matt. 5:11, 12.)

Je me souviens qu'il y a quelques années, sur mandat de la Présidence et du Collège des douze, j'ai interrogé un homme qui, à cause de son péché, s'était écarté et avait été excommunié de l'Église. Il me dit : « Je tiens à vous rendre ce témoignage que les dernières années ont été un chemin assez rude. Lorsque j'ai reçu la sentence du tribunal qui m'excommuniait de l'Église, ce fut exactement comme si quelqu'un avait éteint la lumière de mon âme. Depuis ce moment-là, je suis resté dans les ténèbres complètes. »

Ceux qui ont le cœur pur voient Dieu

Dans le Sermon sur la montagne, le Maître fit une autre déclaration très expressive lorsqu'il dit :

Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ! (Ibid., 8.)

Vous vous souviendrez que, de son vivant, certains ne voyaient en lui que le fils du charpentier. Certains disaient qu'à cause de ses paroles il était ivre de vin fort — que c'était un buveur de vin. Certains pensaient même qu'il était possédé de démons. Seuls ceux qui avaient le cœur pur le virent comme le Fils de Dieu.

Il en est de même aujourd'hui. Il en est qui regardent les dirigeants de cette Église et les oints de Dieu comme des hommes animés de motifs égoïstes. Pour eux, les paroles de nos dirigeants sont toujours déformées pour tenter de tendre un piège à l'œuvre du Seigneur. Prenez bien garde à ceux qui parlent en mal des oints du Seigneur, car ils parlent d'un cœur impur. Seuls ceux qui ont le « cœur pur » voient « Dieu », ou le divin, en l'homme, et acceptent nos dirigeants, les acceptant comme des prophètes du Dieu vivant.

Les témoignages de nos dirigeants, à cet égard, ont été très significatifs pour moi. Je me souviens d'avoir entendu le président Grant dire, en plusieurs occasions :

Chaque fois que certaines personnes qui ne mènent pas une bonne vie se mettent à me complimenter et à dire du bien de moi, je me dis : « Heber J. Grant, qu'as-tu donc ? Tu ne dois pas faire ton devoir, sans quoi ce genre de personne ne serait pas si bien disposé envers toi. »

Je me souviens de la déclaration prophétique faite de cette tribune par le président George Albert Smith il y a dix-huit mois, lorsqu'il dit :

Beaucoup ont rabaissé Joseph Smith, et ceux qui l'ont fait seront oubliés dans les restes de la terre mère, et l'odeur de leur infamie les accompagnera toujours, mais l'honneur, la majesté et la fidélité envers Dieu attachés au nom de Joseph Smith, et dont il a été l'exemple, ne mourront jamais.

Je souhaiterais que cette déclaration puisse être entendue jusqu'aux extrémités de la terre.

Les critiques sont spirituellement malades

Je veux vous rendre mon témoignage que l'expérience que j'ai acquise m'a appris que ceux qui critiquent les dirigeants de cette Église manifestent des signes d'une maladie spirituelle qui, si elle n'est pas maîtrisée, entraînera finalement la mort spirituelle. Je veux aussi rendre mon témoignage que ceux qui cherchent, publiquement, par leur critique, à rabaisser nos dirigeants ou à les discréditer, s'attireront à eux-mêmes plus de tort qu'à ceux qu'ils cherchent ainsi à calomnier. J'ai observé, au fil des ans, et j'ai lu l'histoire de nombre de ceux qui se sont détournés de cette Église, et je veux rendre témoignage qu'aucun apostat qui a jamais quitté cette Église n'a par la suite prospéré comme influence dans sa communauté.

Il est bon que nous nous souvenions aujourd'hui de cette déclaration du prophète d'autrefois, qui fut si magnifiquement chantée aujourd'hui par le chœur, sur les paroles du Maître. C'est le prophète Ésaïe qui a dit :

... Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près ! dit l'Éternel. Je les guérirai. Mais les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. Il n'y a pas de paix pour les méchants, dit mon Dieu. (Ésaïe 57:19-21.)

Frères et sœurs, ma prière pour nous tous est que nous puissions vivre de telle sorte que, lorsque notre heure viendra, nous n'ayons pas peur de mourir, et qu'en mourant, nous puissions envisager avec confiance une vie, une vie éternelle, en la présence du Seigneur Jésus-Christ dans le royaume céleste ; et je le prie humblement, en son nom. Amen.

Citer ce discoursHarold B. Lee, « Discours de conférence », 1947 October General Conference, Second Day Morning Session (1947-10-04). Pulpit Vault, 1947-10-harold-b-lee-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).