Discours de conférence
Milton R. Hunter
Mes chers frères et sœurs, c'est dans une profonde humilité que je me tiens ici ce matin devant vous. Frère Joseph Fielding Smith vient de raconter, d'une manière fort belle, la venue des pionniers mormons en Utah. J'aimerais moi aussi dire quelque chose à ce sujet ce matin. Tout au long de 1947, un million de personnes célèbrent le centenaire de l'arrivée des pionniers mormons dans la vallée du Grand Lac Salé. Nos cœurs se tournent avec amour et adoration vers cette noble race d'hommes et de femmes qui, il y a tout juste cent ans, furent chassés de leurs foyers dans l'Est et endurèrent des épreuves indicibles en traversant les plaines. Beaucoup d'entre eux sacrifièrent leur vie, tandis que d'autres arrivèrent en Utah, et là, ils bâtirent une grande communauté dans la région aride des montagnes Rocheuses. ¶
Un hommage aux pionniers ¶
Ces gens endurèrent des épreuves extrêmes et firent de grands sacrifices parce qu'ils savaient que le Père éternel et son Fils unique étaient descendus du ciel en réponse à la prière du prophète Joseph Smith dans le bosquet sacré. Ils savaient aussi que des anges avaient apporté à Joseph Smith la sainte prêtrise. Le Saint-Esprit avait rendu témoignage à leur cœur que Dieu avait de nouveau établi sur la terre le véritable Évangile de Jésus-Christ qu'ils avaient embrassé. Ainsi, ces pionniers mormons étaient un peuple pieux, craignant Dieu, qui croyait fermement avoir été appelé du Seigneur pour édifier Sion et préparer le monde pour le règne millénaire du Fils de l'Homme. En effet, ils persévérèrent parce qu'ils croyaient fermement que des Écritures telles que la suivante s'appliquaient à eux : ¶
Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pierre 2:9.) ¶
Ce ne sont pas les choses matérielles de la vie qui rendent un peuple grand, mais les hautes qualités spirituelles de l'âme, engendrées chez les hommes et les femmes par la foi en Dieu, par la conviction de l'immortalité et par la reconnaissance qu'il existe un ordre moral de lois auxquelles il faut obéir, qui élèvent une race de mortels à une position « de peu inférieur à Dieu ». (Psaume 8:5.) En effet, ce sont ces qualités spirituelles intangibles qui élèvent l'homme à sa pleine stature de fils de Dieu. ¶
Les pionniers mormons étaient de grands hommes et de grandes femmes, et nous les honorons aujourd'hui parce qu'ils possédaient ces qualités spirituelles et qu'ils étendaient leur vision jusque dans les éternités. ¶
L'accomplissement de la prophétie dans l'établissement des saints dans l'Ouest ¶
La question a souvent été discutée de savoir pourquoi et quand les pionniers mormons décidèrent de choisir le Grand Bassin comme leur foyer. ¶
L'évêque LeGrand Richards a très bien fait remarquer hier que les prophètes anciens, regardant à travers le cours du temps, virent que dans les derniers jours les saints s'établiraient au sommet des montagnes. J'aimerais ajouter aujourd'hui à cette pensée une affirmation précise : l'histoire confirme que ce peuple s'établit en Utah parce que Dieu choisit cet endroit pour lui et révéla aux prophètes modernes que c'était ici l'endroit où établir son peuple et édifier Sion. En effet, dès le 6 août 1842, le Seigneur fit savoir au prophète Joseph Smith que les saints seraient chassés de leurs foyers à Nauvoo et migreraient vers les montagnes Rocheuses. À cette date, le prophète écrivit dans son journal : ¶
Je prophétisai que les saints continueraient à souffrir de nombreuses afflictions et seraient chassés vers les montagnes Rocheuses, que beaucoup apostasieraient, que d'autres seraient mis à mort par nos persécuteurs ou perdraient la vie par suite d'exposition ou de maladie, et que certains d'entre vous vivraient assez longtemps pour aller aider à fonder des colonies, bâtir des villes et voir les saints devenir un peuple puissant au milieu des montagnes Rocheuses. (Documentary History of the Church, vol. 5, p. 85.) ¶
Un an et demi plus tard, et seulement quatre mois avant la mort de Joseph Smith, il prenait des dispositions précises pour explorer l'Ouest en préparation de la migration prévue. Le 20 février 1844, il écrivit dans son journal : ¶
Je donnai instruction au Collège des douze apôtres d'envoyer une délégation examiner l'emplacement de la Californie et de l'Oregon, et de chercher un bon endroit où nous pourrions nous transporter une fois le temple achevé, où nous pourrions bâtir une ville en un jour, avoir notre propre gouvernement, monter dans les montagnes, là où le diable ne pourra pas nous en déloger, et vivre dans un climat salubre, où nous pourrons vivre aussi vieux que nous le voudrons. (ibid., vol. 6, p. 222.) ¶
Nous devons garder à l'esprit qu'à cette époque la Californie comprenait l'Utah, et que l'Oregon comprenait l'Idaho ; par conséquent, lorsque Joseph Smith mentionnait l'Oregon et la Californie, il faisait référence à la région où nous vivons aujourd'hui. ¶
Conformément aux instructions données par Joseph d'envoyer une compagnie explorer l'Ouest et choisir un site pour une ville des saints, quatre hommes se portèrent aussitôt volontaires pour y aller, et quatre autres furent chargés de les accompagner. ¶
Deux jours plus tard, le prophète dit au Collège des douze apôtres qu'il voulait une exploration de tout le pays intermontagnard. Il dit : ¶
Envoyez vingt-cinq hommes. [...] Nommez un chef, et qu'ils fassent appel à des volontaires. Je veux que chaque homme qui partira soit un roi et un prêtre. Une fois dans les montagnes, il pourrait vouloir s'entretenir avec son Dieu. (ibid., vol. 6, p. 224.) ¶
Le dimanche suivant (25 février 1844), Joseph Smith parla aux saints, puis consigna dans son journal sa pensée principale en ces termes : ¶
Je donnai quelques instructions importantes, et prophétisai que d'ici cinq ans nous serions hors du pouvoir de nos anciens ennemis, qu'ils fussent apostats ou du monde ; et je dis aux frères de le consigner, afin que, lorsque cela arriverait, ils n'aient pas à dire qu'ils avaient oublié cette parole. (ibid., vol. 6, p. 225.) ¶
L'expédition d'exploration proposée vers les montagnes Rocheuses ne fut cependant jamais réalisée. C'est précisément à cette époque que la persécution des saints s'intensifia grandement et culmina avec le martyre de Joseph et d'Hyrum. Cependant, cinq jours seulement avant leur mort, Joseph et d'autres prirent des dispositions temporaires pour fuir vers les montagnes Rocheuses afin d'assurer leur sécurité et pour que les saints les y rejoignent plus tard. Le gouverneur Ford avait exigé que Joseph, Hyrum et d'autres dirigeants mormons se présentent à Carthage pour y être jugés. Lorsque la lettre du gouverneur fut lue à Joseph Smith, il dit à ceux qui étaient avec lui : ¶
La voie est ouverte. Ce qu'il faut faire est clair dans mon esprit. Tout ce qu'ils veulent, c'est Hyrum et moi ; alors dites à chacun de vaquer à ses occupations, de ne pas se rassembler en groupes, mais de se disperser. Il ne fait aucun doute qu'ils viendront ici nous chercher. Qu'ils cherchent ; ils ne vous feront de mal ni dans votre personne ni dans vos biens, pas même un cheveu de votre tête. Nous traverserons la rivière ce soir, et nous partirons vers l'Ouest. (ibid., vol. 6, p. 545-546.) ¶
Plus tard ce même jour, Hyrum confirma la décision de Joseph de fuir vers les montagnes Rocheuses. Dans une déclaration faite à Reynolds Cahoon, il dit : ¶
Un groupe d'hommes cherche à tuer mon frère Joseph, et le Seigneur l'a averti de fuir vers les montagnes Rocheuses pour sauver sa vie. (Hyrum Smith, cité dans ibid., vol. 6, p. 547.) ¶
Joseph et Hyrum traversèrent le fleuve Mississippi en vue de se rendre vers les montagnes Rocheuses ; mais à la suite de plaintes formulées par certains saints, ils retournèrent à Nauvoo, et peu après ils furent tués. ¶
Opinions des premiers explorateurs ¶
Après leur mort, les ennemis du mormonisme s'employèrent activement à détruire l'Église. À l'automne 1845, des hommes violents s'en prirent aux saints dans les colonies excentrées. Comme on savait généralement, au moment de la mort de Joseph Smith, qu'il envisageait un déplacement vers l'Ouest, les habitants de l'Illinois exigèrent que les saints quittent l'État et migrent dans le désert. Brigham Young, qui avait alors assumé la direction, et ses collaborateurs acceptèrent cette exigence et annoncèrent que les saints migreraient le printemps suivant. ¶
Les cartes et le récit de l'exploration du Far West par John C. Frémont venaient d'être publiés. Tout au long de l'hiver 1845-1846, tandis que les saints se préparaient à abandonner leurs foyers et à partir, Brigham Young et les autres dirigeants mormons étudièrent attentivement l'exploration de la région des montagnes Rocheuses par Frémont. ¶
À l'automne 1846, quinze mille saints exilés s'étaient installés temporairement sur les rives du fleuve Missouri, là où se trouvent aujourd'hui les villes d'Omaha et de Council Bluffs. Pendant leur séjour là-bas, ils recueillirent tous les renseignements qu'ils purent obtenir sur le Grand Ouest. Le père Pierre-Jean De Smet, un prêtre jésuite qui avait passé de nombreuses années comme missionnaire parmi les Indiens de cette région, rendit visite aux réfugiés mormons. Il rapporta ainsi une conversation qu'il avait eue avec les saints : ¶
Ils me posèrent mille questions sur les régions que j'avais explorées, et la vallée [c'est-à-dire la vallée du Grand Lac Salé] que je venais de leur décrire leur plut beaucoup d'après le récit que je leur en fis. (Cité dans Levi Edgar Young, The Founding of Utah, p. 86.) ¶
Alors que les pionniers traversaient les plaines l'été suivant, le 26 juin 1847, près de South Pass, ils rencontrèrent le major Moses Harris. C'était un homme qui avait passé vingt ans dans les montagnes Rocheuses. Orson Pratt consigna dans son journal la conversation qu'ils eurent avec le major Harris. Il écrivit : ¶
Nous avons obtenu de lui beaucoup de renseignements sur le grand bassin intérieur du Grand Lac Salé, le pays de notre destination. Son rapport, comme celui du capitaine Frémont, est plutôt défavorable à la formation d'une colonie dans ce bassin, principalement en raison de la rareté du bois. (Orson Pratt, Journal, 26 juin 1847, cité dans Andrew Jenson, Historical Record, vol. 9, p. 58.) ¶
Deux jours plus tard, les pionniers rencontrèrent James Bridger, qui se rendait à Fort Laramie. Pratt déclara que M. Bridger, ¶
... étant un homme d'une vaste connaissance de ce pays intérieur, nous lui avons posé de nombreuses questions au sujet du « grand bassin » et du pays au sud. Ses renseignements étaient plutôt plus favorables que ceux du major Harris. (Orson Pratt, Journal, 28 juin 1847, cité dans Millennial Star, 15 mai 1850.) ¶
Et William Clayton ajouta la pensée que Bridger ¶
... pense que la région autour du lac Utah est le meilleur pays aux alentours du Grand Lac Salé. (William Clayton, Journal, 28 juin 1847, cité dans Andrew Jenson, op. cit., p. 60.) ¶
Nous devons être conscients du fait que chacune de ces expériences apporte une preuve indiscutable que les dirigeants « mormons » savaient où ils allaient bien avant d'arriver dans la vallée du Grand Lac Salé, parce qu'ils y étaient conduits par révélation divine du Seigneur. ¶
L'inspiration de Brigham Young ¶
Le 30 juin, la troupe des pionniers était arrivée sur les rives de la rivière Green, dans le Wyoming. Ils y furent rejoints par Samuel Brannan. Il était venu de San Francisco pour persuader les mormons de s'établir en Californie. Bien qu'il ait donné à Brigham Young un rapport élogieux sur le merveilleux pays autour de la baie de San Francisco et un rapport tout aussi décourageant sur les étendues désertiques et stériles de la région des montagnes Rocheuses, le président Young refusa d'emmener les saints en Californie. Le dirigeant mormon suivait l'inspiration du Seigneur, et on ne put l'amener à l'échanger contre la sagesse des hommes. Dieu lui avait indiqué, ainsi qu'au prophète Joseph Smith, que l'endroit où établir les saints se trouvait « au milieu des montagnes Rocheuses ». ¶
Le fait que, le 12 juillet, Brigham Young chargea Orson Pratt de conduire une compagnie d'avant-garde devant le gros de la troupe des pionniers afin de tracer une route jusque dans la vallée du Grand Lac Salé apporte une preuve supplémentaire que les dirigeants mormons savaient où ils allaient. Neuf jours plus tard, Erastus Snow rattrapa frère Pratt, disant que Brigham Young voulait que frère Pratt oblique légèrement vers le nord après être sorti du canyon et choisisse un endroit pour labourer, semer et bâtir une ville. Le 21 juillet, Orson Pratt et Erastus Snow débouchèrent de l'embouchure du canyon d'Emigration. Puis ils gravirent le sommet d'une colline et contemplèrent la vallée du Grand Lac Salé s'étendant devant eux. Au sujet de cette expérience, frère Snow consigna ce qui suit dans son journal : ¶
D'après la vue que nous avions de la vallée depuis le sommet de la montagne, nous supposions que ce n'était qu'un bras de prairie s'étendant depuis la vallée de l'Utah, mais en gravissant cette butte, nous poussâmes involontairement, tous deux au même instant, un cri de joie en découvrant que c'était bien le lieu même de notre destination, et nous contemplâmes le large sein du Lac Salé qui s'étendait devant nous. (Erastus Snow, Journal, 21 juillet 1847, cité dans B. H. Roberts, A Comprehensive History of the Church, vol. 3, p. 216.) ¶
Dans cette déclaration, frère Snow faisait référence à une vue antérieure de la vallée du Grand Lac Salé qu'avaient eue frères Orson Pratt et John Brown deux jours plus tôt. ¶
La compagnie d'avant-garde de Pratt campa le 23 juillet près d'un cours d'eau qui prit par la suite le nom de City Creek. Là, il rassembla ses compagnons et consacra la terre comme le nouveau foyer des saints. ¶
Erastus Snow témoigna que Dieu avait conduit Brigham Young vers la vallée du Grand Lac Salé. Pour citer : ¶
Le président Young dit [...] que c'était l'endroit qu'il avait vu depuis longtemps en vision ; c'était ici qu'il avait vu la tente descendre du ciel et se poser, et qu'une voix lui avait dit : « Voici l'endroit où mon peuple Israël dressera ses tentes. » (Erastus Snow, « Address to the Pioneers », Journal History, 24 juillet 1880, ms.) ¶
Une vision de l'avenir ¶
En ce jour mémorable du 24 juillet 1847, au moment même où Brigham Young prononça la célèbre déclaration : « C'est ici ! Continuez », le Seigneur confirma ses révélations antérieures à Joseph Smith et à Brigham Young en laissant le chef des pionniers contempler en vision de nombreuses choses qui devaient se produire dans la vallée du Grand Lac Salé. Wilford Woodruff décrivit ainsi cette expérience dans son journal : ¶
Ceci est l'un des jours les plus importants de ma vie, et de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. [...] Nous découvrîmes en pleine vue la vallée du Grand Lac Salé, la terre de promesse, tenue en réserve par Dieu comme lieu de repos pour ses saints. ¶
Nous contemplâmes avec émerveillement et admiration la vaste vallée qui s'étendait devant nous, avec les eaux du Grand Lac Salé scintillant au soleil, des montagnes s'élevant jusqu'aux cieux, et des cours d'eau pure traversant la magnifique vallée. C'était la scène la plus grandiose que nous ayons jamais contemplée jusqu'à ce moment. Des pensées agréables traversaient nos esprits à la perspective que, dans peu d'années, la maison de Dieu serait établie dans les montagnes et élevée au-dessus des collines, tandis que les vallées seraient converties en vergers, en vignes et en champs fertiles, des villes érigées au nom du Seigneur, et l'étendard de Sion déployé pour le rassemblement des nations. ¶
Le président Young exprima son entière satisfaction devant l'aspect de la vallée comme lieu de repos pour les saints, et se sentit amplement récompensé de son voyage. Étendu sur son lit dans ma voiture, contemplant la scène devant nous, de nombreuses choses concernant l'avenir de la vallée lui furent montrées en vision. (Wilford Woodruff, Journal, 24 juillet 1847, cité dans Andrew Jenson, op. cit., vol. 9, p. 77.) ¶
Lorsque Brigham Young, Wilford Woodruff, Orson Pratt, Erastus Snow et d'autres chefs pionniers virent pour la première fois la vallée du Grand Lac Salé, ils ne contemplaient pas la région désertique et stérile couverte de tournesols, d'armoises et de terrains salins — un pays infesté de millions de grillons noirs — comme le firent nombre de leurs compagnons pionniers. Ces hommes de Dieu regardaient à travers les yeux de saints prophètes ; ils virent donc le Grand Bassin tel qu'il serait dans l'avenir, grâce à l'industrie et à l'économie du peuple, unies aux bénédictions du Seigneur. À une occasion ultérieure, Wilford Woodruff décrivit l'entrée de la troupe des pionniers dans la vallée du Grand Lac Salé, et il indiqua exactement ce que Brigham Young contempla. Pour citer : ¶
Lorsque nous sortîmes du canyon pour avoir pleine vue de la vallée, je tournai le côté de ma voiture, ouvert vers l'ouest, et le président Young se leva de son lit et examina le pays. Tandis qu'il contemplait la scène devant nous, il fut enveloppé de vision pendant plusieurs minutes. Il avait déjà vu la vallée en vision auparavant, et à cette occasion il vit la gloire future de Sion et d'Israël, telles qu'elles seraient, établies dans les vallées de ces montagnes. Lorsque la vision fut passée, il dit : « C'est assez. C'est bien l'endroit, continuez. » (Wilford Woodruff, Utah Pioneers, p. 23, cité dans Roberts, op. cit., vol. 3, p. 224.) ¶
Puis Brigham et ses compagnons entrèrent dans la vallée et rejoignirent le groupe d'Orson Pratt. Il assura à frère Pratt qu'il avait choisi le bon endroit où établir le peuple et bâtir la ville. En fait, nul homme n'a été plus convaincu que Dieu avait conduit les saints vers les montagnes Rocheuses que ne le fut Brigham Young. Le 28 juillet, quatre jours seulement après son arrivée, il écrivit : ¶
Certains des frères parlent d'explorer davantage le pays pour trouver un site d'établissement ; j'ai répondu que j'étais disposé à ce que le pays soit exploré jusqu'à ce que tous soient satisfaits, mais que chaque fois qu'un groupe partirait et reviendrait, je crois fermement qu'il conviendrait que c'est ici l'endroit où nous établir. (Journal History, 28 juillet 1847, ms.) ¶
Quelque temps après, il dit : ¶
Je ne veux pas que le peuple comprenne que j'ai été pour quelque chose dans notre venue ici ; cela fut la providence du Tout-Puissant ; c'est la puissance de Dieu qui opéra le salut de son peuple. Je n'aurais jamais pu concevoir un tel plan. (Journal of Discourses, vol. 4, p. 41.) ¶
Au moment de la ruée vers l'or en 1849, certains des mormons étaient impatients de quitter la région désertique et stérile de l'Utah pour migrer vers la Californie. Brigham Young fit de nouveau une déclaration publique selon laquelle Dieu avait conduit les saints en ce lieu. Pour citer : ¶
Nous avons été chassés de la poêle à frire pour tomber dans le feu, et du feu jusqu'au milieu de la pièce, et nous voici, et c'est ici que nous resterons. Dieu m'a montré que c'est ici l'endroit où établir son peuple, et c'est ici qu'il prospérera. [...] ¶
À mesure que les saints se rassembleront ici et deviendront assez forts pour posséder ce pays, Dieu tempérera le climat, et nous bâtirons une ville et un temple au Dieu Très-Haut en ce lieu. Nous étendrons nos colonies vers l'est et vers l'ouest, vers le nord et vers le sud, et nous bâtirons des villes et des cités par centaines, et des milliers de saints se rassembleront ici, venus des nations de la terre. Ceci deviendra la grande route des nations. [...] ¶
Prenez courage, frères. [...] Labourez votre terre et semez du blé, plantez des pommes de terre. [...] C'est notre devoir de prêcher l'Évangile, de rassembler Israël, de payer notre dîme et de bâtir des temples. (James Brown, Autobiography, p. 121-122.) ¶
La justification de cent années ¶
Le temps a donné raison au prophète Joseph Smith et à son successeur, Brigham Young, dans leurs déclarations selon lesquelles la vallée du Grand Lac Salé et la région intermontagnarde environnante étaient le lieu propice pour établir le peuple choisi de Dieu et édifier Sion. Cent ans se sont écoulés, et les mormons ont laissé une histoire littéralement remplie d'actes nobles et de réalisations herculéennes accomplis par un peuple pieux, craignant Dieu. Un grand crédit et un grand honneur ont été apportés à l'Ouest intermontagnard grâce aux contributions de nos ancêtres pionniers dans l'édification de cette frontière américaine. Vraiment, « C'est ici ! » ¶
Pour conclure, je veux rendre témoignage que je sais que Jésus est le Christ et que je sais que Dieu vit. Je suis aussi pleinement convaincu que les pionniers mormons furent amenés dans ce pays sous la direction de notre Seigneur. Puissions-nous, descendants des pionniers, toujours honorer ce grand héritage qui est le nôtre et vivre fidèlement selon les idéaux et les hautes normes spirituelles qu'ils nous ont laissés. Je le prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶