Discours de conférence
George F. Richards
En écoutant les rapports de ce matin, bien que nous soyons très nombreux ici, cette salle étant comble et débordant sa capacité, avec une variété de pensées et de réflexions, je crois que nous serons unanimes sur ce point : cette œuvre à laquelle nous participons est une œuvre merveilleuse et un prodige. Comme l'a suggéré l'ancien [Clifford E.] Young, nous devrions apprécier notre appartenance à cette Église avec tout ce qu'elle signifie pour nous, et je crois que les saints des derniers jours le font. En fait, nous en avons d'abondantes preuves. N'eût été la fidélité des saints des derniers jours dans le paiement de leurs dîmes et de leurs offrandes, et dans leur réponse à l'appel de l'autorité qui leur parvient, ce qui a été rapporté comme accompli durant l'année écoulée aurait été impossible. ¶
De nombreuses occasions de travailler dans l'Église ¶
En tant qu'Autorités générales de l'Église, si je puis parler en leur nom, nous considérons comme un honneur que vous nous témoignez par votre présence ici en si grand nombre. Nous apprécions votre fidélité en tant que Saints à vivre votre religion, et en tant qu'officiers constituant la direction de l'Église et le ministère du Seigneur. Nous prions pour vous, et vous priez pour les Autorités générales de l'Église, et il existe une harmonie. Je ne connais rien qui indique le contraire, et le Seigneur bénit ce peuple abondamment, et nous avons l'occasion de montrer notre reconnaissance pour ses bénédictions. Nul ne doit craindre d'être mis de côté dans cette œuvre s'il est digne d'y être employé. Il y a amplement d'occasions pour chaque membre de travailler de toute sa capacité, dans le seul but de l'accomplissement des desseins de Dieu, en vue du salut des âmes des enfants des hommes, les vivants et les morts. ¶
J'aimerais adresser quelques mots de mise en garde aux saints des derniers jours. Il nous arrive facilement, sans nous en rendre compte, si nous n'y prenons garde, de dévier de ce chemin étroit et resserré qui mène à la vie éternelle. Peut-être quelques mots de mise en garde ne seront-ils pas déplacés. Je voudrais, si je le pouvais, vous donner, mes frères, mes sœurs et mes amis, un peu du véritable pain de vie, et que vous le preniez avec appétit et une juste assimilation, ou, dans les mots de l'apôtre Jacques : ¶
[...] mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. (Jacques 1:22.) ¶
Porter un faux témoignage vient du malin ¶
J'aimerais attirer votre attention sur deux personnages importants au sujet desquels j'ai quelque chose à dire, la fréquentation de l'un devant être cultivée, celle de l'autre ignorée. L'un est l'ami et le Sauveur des hommes ; l'autre est l'ennemi de Dieu et de l'humanité. ¶
Pourquoi le Seigneur a-t-il donné ce commandement ? ¶
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. (Exode 20:16.) ¶
Il l'a donné à cause des méthodes subtiles de l'adversaire dans son effort pour diviser et déchirer l'amour et l'unité du peuple du Seigneur ! Porter un faux témoignage peut ne pas sembler une offense très grave, mais ses conséquences sont profondes et cruelles, d'où l'usage qu'en fait l'instigateur du mal. Le Seigneur nous met en garde contre cette pratique mauvaise. Porter un faux témoignage, colporter des ragots, la calomnie, les commérages, le scandale, la critique, la médisance et la mauvaise parole appartiennent à la même catégorie de pratiques mauvaises, et sont quelques-uns des moyens employés par Satan pour nous désunir en tant que peuple et détruire l'amour fraternel, la bonté et l'entraide les uns envers les autres. ¶
[...] tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Matthieu 22:39.) ¶
Nous ne blessons pas sciemment ceux que nous aimons. Personne n'aime un assassin de réputation. Par l'Esprit de Dieu, on est amené à aimer son prochain et à en parler en bien, en exaltant ses vertus. Un tel homme possède l'esprit et le royaume de paix, le royaume de Dieu en lui. Par l'esprit de Satan, on porte un faux témoignage et on divulgue les faiblesses de son prochain. On devient un colporteur de ragots, un assassin de réputation. On dépouille son prochain de ce qui l'appauvrit grandement sans s'enrichir soi-même. On rend les autres misérables et malheureux, et l'on porte en soi le royaume de Satan. ¶
[...] choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir [...] (Josué 24:15.) ¶
Le plan de Satan pour entraver l'œuvre de Dieu ¶
Satan est un ennemi de Dieu et de l'homme, et il œuvre constamment à contrecarrer les desseins du Seigneur dans ses efforts pour sauver les enfants des hommes. Nous devrions être sur nos gardes de peur de nous trouver à prêter main-forte à Satan et à entraver l'œuvre du Seigneur. Quand nous disons quelque chose de mauvais sur les dirigeants de l'Église, que ce soit vrai ou faux, nous tendons à affaiblir leur influence et leur utilité, et nous travaillons ainsi contre le Seigneur et sa cause. Quand nous parlons en bien de nos dirigeants, nous tendons à accroître leur influence et leur utilité au service du Seigneur. En son absence, si le caractère de notre frère est attaqué, il devrait être défendu, faisant ainsi aux autres ce que nous voudrions qu'on nous fasse. Le Seigneur a besoin de l'aide de nous tous. L'aidons-nous, ou l'entravons-nous ? Je cite : ¶
Maudits sont tous ceux qui lèveront le talon contre mes oints, dit le Seigneur, et crient qu'ils ont péché, alors qu'ils n'ont pas péché devant moi, dit le Seigneur, mais ont fait ce qui était convenable à mes yeux et que je leur avais commandé. ¶
Mais ceux qui crient : transgression ! le font parce qu'ils sont serviteurs du péché et sont eux-mêmes les enfants de la désobéissance. (D&A 121:16, 17.) ¶
[...] Tous les autres péchés ne sont pas à comparer avec le péché contre le Saint-Esprit et le fait de se montrer traître envers ses frères. ¶
Je vais vous donner l'une des clés des mystères du royaume. C'est un principe éternel qui a existé avec Dieu de toute éternité : cet homme qui se dresse pour condamner les autres, trouvant à redire à l'Église, disant qu'elle est dans l'erreur, tandis que lui-même est juste, sachez avec certitude que cet homme est sur la grand-route de l'apostasie ; et, s'il ne se repent pas, il apostasiera, aussi vrai que Dieu vit. (Joseph Smith, Compendium, p. 270-271.) ¶
Il nous est possible, en portant un faux témoignage, de détruire la foi d'autrui. Il peut s'agir d'un enfant, d'un parent, d'une épouse, ou de quelque autre ami cher. Nous pouvons nous repentir plus tard, mais nous ne pouvons pas nous repentir à leur place. Nous devrions être doublement prudents de ne causer aucun tort que nous ne puissions réparer. Lorsque nous portons un faux témoignage, nous blessons au moins quatre personnes : nous-mêmes, celui dont nous parlons, celui à qui nous parlons, et le Seigneur. ¶
[...] car dans la mesure où vous le faites aux plus petits de ceux-ci, c'est à moi que vous le faites. (D&A 42:38.) ¶
Le chemin du bonheur ¶
Sommes-nous certains que, sur l'écran de la vie, il n'y a aucune image dont nous aurions honte de voir la projection ? Ou doutons-nous de la capacité de Dieu à enregistrer et à reproduire à volonté ce que l'homme peut faire, la voix, les actions, et même les pensées et les intentions de nos cœurs ? ¶
George Eliot écrit : ¶
C'est la gloire du christianisme que d'exiger de ses fidèles qu'ils fassent du bien aux hommes : qu'ils se réjouissent de leur prospérité et non de leurs échecs ; qu'ils leur offrent de la compassion et ne rendent pas leur situation terrible aux yeux des autres. ¶
Nous devrions vivre et travailler de telle sorte que nos amis n'accordent aucun crédit à ce qui pourrait se dire de mal sur nous, de sorte qu'il faudrait une prépondérance de preuves pour nous condamner dans leur esprit. ¶
Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et instructeurs, ¶
pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, ¶
jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu [...] (Éphésiens 4:11-13.) ¶
Le Seigneur a dit : ¶
[...] je vous dis : Soyez un ; et si vous n'êtes pas un, vous n'êtes pas de moi. (D&A 38:27.) ¶
Nous serions bien seuls si nous devions vivre seuls sur la terre. Si nous nous apprécions les uns les autres, nous devrions le montrer en vivant ensemble dans l'amour et la sympathie, et en rendant cette association agréable. Cela se fait par le sacrifice et le service les uns envers les autres. Nous devrions éviter ce qui perturbe et déchire ces sentiments plus délicats. En tant que peuple, les saints des derniers jours sont bien instruits et connaissent la voie qu'ils doivent suivre pour obtenir le bonheur et les bénédictions du salut et de la vie éternelle. Ce dont nous avons le plus besoin, me semble-t-il, c'est d'être pénétrés de la nécessité de faire aussi bien que nous le savons. ¶
Les paroles inspirées du poète, sous une forme poétique, sont propres à rendre la vérité attrayante et saisissante ; aussi, sur le sujet du faux témoignage et des maux qui s'y apparentent, permettez-moi d'utiliser ici certaines de leurs expressions : ¶
Ne cherche pas les défauts en traversant la vie ; ¶
Et même quand tu les trouves, il est sage et bon de fermer un peu les yeux, ¶
Et de chercher les vertus qui se cachent derrière. ¶
Tiens-toi simplement à l'écart et regarde-toi passer, ¶
Pense à toi-même comme à « lui » plutôt qu'à « moi », relève les défauts, trouve à redire, oublie que cet homme, c'est toi, et efforce-toi de rendre ton jugement fidèle à la vérité. ¶
— « Watch Yourself Go By », par Strickland Gillilan. ¶
Il y a tant de bien dans les pires d'entre nous, et tant de mal dans les meilleurs d'entre nous, qu'il ne sied guère à aucun d'entre nous de parler du reste d'entre nous. ¶
— Auteur incertain. ¶
Porter un faux témoignage, une offense grave ¶
Un petit garçon revint de l'École du Dimanche un matin et trouva son père en train de lire le journal. Il appela son père : « Papa, papa, qu'est-ce qui est pire, voler ou porter un faux témoignage ? » Le père releva ses lunettes et, regardant par-dessus son journal, répondit : « Voyons voir, le Seigneur a dit : “Tu ne porteras pas de faux témoignage.” Il a dit aussi : “Tu ne déroberas point.” Qu'en penses-tu, mon garçon ? » « Eh bien, c'est pire de porter un faux témoignage. » « Comment arrives-tu à cette conclusion ? » « Eh bien, si je volais quelque chose à mon prochain et que je le regrettais ensuite, je pourrais rendre ce que j'avais volé et demander pardon, réparant ainsi ce que j'avais fait ; mais si je portais un faux témoignage contre mon prochain, je pourrais le regretter autant que possible par la suite, mais je ne pourrais pas défaire le tort que j'avais causé. » Une application de ce principe se trouve dans le poème intitulé « Scandal ». ¶
Une femme se rendit auprès du Saint-Père, ¶
La confession de ses péchés était son intention ; ¶
Et ainsi ses fautes, grandes et petites, ¶
Elle les récita fidèlement toutes. ¶
Et, principale dans sa liste de péchés, ¶
Elle avoua avoir été une colporteuse de ragots — ¶
Avoir répandu un peu de scandale de long en large, ¶
À tous les bavards à la langue bien pendue de la ville. ¶
Le Père, pour les autres péchés, lui accorda l'absolution demandée ; ¶
Mais, tandis que pour tout le reste il donna son pardon, ¶
Il lui dit que cette offense était très grave ¶
Et que, pour en faire pénitence convenable, elle devait aller, ¶
Au bord du chemin où poussent les chardons, ¶
Et en cueillir le plus grand, le plus mûr ; ¶
En disperser les graines ; et lorsque cela serait fait, ¶
Elle devrait revenir un autre jour, ¶
Pour le lui dire. Elle obéit à son ordre. ¶
La femme, pensant que c'était une légère pénitence, ¶
Se hâta d'accomplir sa volonté le soir même, ¶
Se sentant bien heureuse d'en être si bien sortie. ¶
Le surlendemain, elle alla le dire au prêtre. ¶
Le prêtre resta assis et écouta son récit jusqu'au bout. ¶
Puis il dit : « Il vous reste encore quelque chose à faire. ¶
Ces petites graines de chardon que vous avez semées, ¶
Je vous ordonne d'aller les recueillir, chacune d'elles. » ¶
La femme dit : « Mais mon Père, ce serait en vain, ¶
D'essayer de rassembler de nouveau ces graines ; ¶
Les vents les ont dispersées au loin et au large, ¶
Sur les prés, les vallées et les flancs de montagne. » ¶
Le Père dit : « J'espère maintenant que de ceci, ¶
La leçon que je vous ai enseignée, vous ne l'oublierez pas. ¶
Vous ne pouvez pas rassembler ces graines dispersées, ¶
Qui, au loin et au large, deviendront de mauvaises herbes nuisibles ; ¶
Ni le mal, une fois semé par le scandale, ¶
Ne peut, par aucune pénitence, être de nouveau défait. » ¶
Ceux qui ont cédé à la tentation et commis un péché d'une nature grave peuvent l'avoir fait à cause de la faiblesse de la chair plutôt que par désir pécheur. Ils doivent être plaints plutôt que blâmés et condamnés. ¶
Un plaidoyer pour ceux qui s'égarent ¶
Enfin : ¶
Pense avec douceur à celui qui s'égare ; ¶
Oh, n'oublions pas, si sombrement souillé qu'il soit par le péché, ¶
Il est encore notre frère. ¶
Héritier de la même hérédité, ¶
Enfant du même Dieu, ¶
Il n'a fait que trébucher sur le chemin ¶
Que nous avons foulé, nous aussi, dans la faiblesse. ¶
Parle avec douceur à ceux qui s'égarent ; ¶
Nous pouvons encore les ramener, ¶
Par des paroles saintes et des accents d'amour, ¶
Hors du sentier épineux de la misère. ¶
N'oublie pas, frère, que tu as péché, ¶
Et que tu peux pécher encore ; ¶
Traite avec douceur le cœur qui s'égare, ¶
Comme Dieu t'a traité toi-même. ¶
— Henry A. Tuckett. ¶
Citant Jacques : ¶
Si quelqu'un croit être religieux, sans tenir sa langue en bride, mais en trompant son cœur, la religion de cet homme est vaine. (Jacques 1:26.) ¶
Nous ne tirons profit d'un discours de cette nature que dans la mesure où nous en faisons usage dans le cours de notre vie, en nous laissant gouverner par ses préceptes. Y a-t-il, dans ce message, frères et sœurs, quelque chose de valable, digne d'une réflexion sérieuse ? Si oui, j'en serai heureux, et je prie que le Seigneur le sanctifie pour notre bien et notre avantage mutuels, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶